‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 99 sur 402 · T» ORD ORD · texte numérisé non relu

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11 est vrai que deux do ces pontificaux qualifient aussi de consécration celle pnere Drus tancti/icationum, etc., mais ces deux pontificaux, comme les antres, ne la présentent à l'é- Vêque à lire qu'après qu'il a rew lu de la chasuble ou de l'habit licerdotal les prêtres qu'il ordonne ; ce qui prouve que ceux-ci onl déjà reçu le caractère du sacerdoce dans le temps de celle prière.

Cependant il est vrai aussi qii'\ suivant deux autres pontificaux, cette prière doit èlre pécilec avant la cérémonie dfl donner la chasuble. Mail ils fournissent eux-mêmes la réponse à la difficulté. Car, comme on a dit, ils qualifient la prière ou préface, Honorum auclor, etc., do consécration, COnsecratÎQ l cl ils donnent ensuite à la prière Deus sanclt/icatiotuun omnium auctor, etc., simplement le titre de bénédiction, bénédictin.

Cette bénédiction ou prière a pour objet originairement d'achever les cérémonies de l'ordination presbvtcrale, en demandant les grâces qui sont nécessaires au nouveau prêlre pour bien remplir son ministère et se bien acquitter de ses devoirs, ;. insi que le déclarent même des pontificaux. Consummatio presbglcri... item benediclio ad con wnmandum prrsbytcraïus officium. Aussi dans dos pontificaux celte prière ne se lrouvc-l-elle qu'après celle-ci, Bénédictin Dei... ut sitis bemdicti... o (ferai is placabiles hostias, elc, et n'esl-elle que la dernière prière de toute l'ordination sacerdotale. [Voij. le sacram. de (îélase de Tbomass.. p. SI. Miss, franc, ibid. p. -'i()o. Marlène, p. 111, 122, 181,210. )

Il e>l donc constant, par les anciens pontificaux, que la forme de celle ordination ne consiste, ni dans l'oraison Kxaudi nos, (juœsumu*, etc., ni dans l'orais m Deus sanclificationum auclor, elc. On peut encore s'en convaincre par le pontifical romain d'aujourd hui. 11 ne prescrit rien touchant la situation où l'évoque doit tenir ses mains, quand il prononce l'une et l'autre de ces oraisons. Si elles étaient la forme de l'ordination des prêtres, le pontiQcaj laisserait-il là une liberté ou un embarras à l'évéque sur la situation de ses mains? Ne marquerait-il pas dans ces endroits, exactement comme dans lous les autres où cela est nécessaire, que l'évéque doit joindre, l'imposition ou l'extension des mains à la prière ?

D'ailleurs, à l'égard de l'oraison Deus sanctificationum, etc., le pontifical romain d'aujourd'hui esl aussi formel que les anciens sur le temps où elle doit être prononcée. Il ordonne positivement que ce soit aptes que l'évéque aura revêtu les prêtres de la chasuble, el il enjoint à l'évéque de les en revéir immédiatement après la préface, Honorum uuclor, etc.. c'est-à-dire après la conclusion Per eumdem D. N., etc., Par là le poniifical montre clairement qu'il les regarde comme prètr> s aussitôt que l'évéque a achevé la prélace, Honorum auctor, etc., ei avant la récitation de la prière, Deus sanctificationum, elc.

Il fait bien voir que ce sont deux prières différentes ; car il les termine loules les deux par des conclusions particulières à chacune d'elles, et non sous une seule conclusion . Elles ne sont point une seule et même prière ou préface qui soit seulement coupée el interrompue par la cérémonie de donner les babi s sacerdotaux, comme la préface pour la consécration desévêques, Uonor omniu n dignitatum, etc., est entrecoupée parla cérémonie de l'onction de la têie, et reprise par ces paroles, hoc, Domine, elc, el dont ces deux parties, quoiqu'ainsi coupées, sont terminées sous la même conclusion per eumdem Dominum, < te. Après celte prélace Honor omnium, dignitatum, etc., qui est qualifiée, dans des pontificaux, de consécration de l'évéque, consecralio episcopi, et qui s'est dite autrefois tout de suite jusqu'à ces paroles, possit esse dévolus ; per eumdem, etc., et sans être interrompue par la prière d'aucune onction, ni même par aucune onction (1) ; après cette préface, d s-je, immédiatement suivie aujourd'hui de l'onction des mains, on donne à l'évéque consacré des ornements pontificaux.

On voit la même chose dans l'ordination des diacres. La préface Honorum dator, etc., que d'anciens pontificaux qualifient aussi de consécration du diacre (2), consecralio, et qui s'est dite sans interruption (3) jusqu à ces paroles : Potiora mercatur; per eumdem, etc. l'éfèque la coupe et l'interrompt aujourd'hui par une imposition de sa main droite, accompagnée d'une prière, sur la tête de ciiaque diacre ordinand. Puis il reprend cette préface, qui est la même, continuée par ces paroles, emitte in eum, elc, avec l'extension de sa main drôle, el il termine ces deus. parties de cette préface sous la même conclusion per eumdem, elc Ce n'est non plus qu'après cette préface, Honorum dator, etc., entièrement achevée par ces paroles, per eumdem, etc., qu'il est enjoint à l'évéque de revêtir les diacres i!es habits du diacre ; el deux p m ificaux marquent expressément que c'est après que les diacres auront été consacres, qu'ils seront revêlus de la dalmalique : Cum vero consecrati fuerint induantur dalmalica. Quand le diacre reçoit cet babil de son ordre, il en a donc déjà le caractère. Quand l'évéque consacré reçoit de la main de l'évéque consécraleur des ornements pontificaux, après la préface entière, Honor omnium dignitatum, etc., per eumdem Dominum, etc., l'évéque consacré a déjà aussi le caractère de I episcopat ; el de même le prêtre , quand il reçoit l'habit sacerdotal avant la récitation de la prière. Deus sanctificatio-

(1) On trouvera la preuve de tout ce qui est dit rranc. ibid. pag. 401. Sacram. S. Gregor. apud Me-

ici dans le Sacram. de Gelase chez Tliomass. pag. nard. pag. 'loti. Marlène, eod. loin. Il, pag. 120, 137.

153, Miss. Franc, ibid. pag. 408. Sacraui. S. Greg. 145, 100.

de Mcuard, pag. 259. Marlène, ubi supra, pag. 123, (5) Sacram. Gelas., pag. 52. Mis$. Franc, ibid.

liiy, 181. elc. pag. 401. Sacram. S. Greg. pag. 23b. Marlène, pag.

num, etc., a déjà le caractère du sacerdoce. Celle prière n'est donc pas la forme de l'ordination sacerdotale.

El à l'égard de la prière Exaudi nos, quœsumus, etc., .e pontifical romain d'aujourd'hui suppose manifestement que, pendant la récitation de celte prière, l'évèque n'a pas les mains levées ou étendues ; car c'est à la fin de celte prière, après ces.mols, Spiritus sancti Deus, qu'il ordonne à l'évèque d'étendre ses mains devant sa poitrine : Tum extensis manibus anle pectus dicit : Per omnia sœcula. etc., et la préface. L'évèque est donc supposé n'avoir pas eu les mains étendues pendant l'oraison Exaudi nos, quœsumus, etc.

Or, cette injonction que le pontiGcal d'aujourd'hui fait à l'évèque de joindre l'imposition ou l'extension des mains à la préface Honorum auctor, etc., l'attention expresse qu'ont eue les anciens pontificaux d'intituler ainsi cette préface Consécratt on des prêtres, ce qui est dans la vérité déclarer que ce sont là les paroles de cette consécration : tout cela réuni prouve que cette préface ou prière, Honorum auctor, etc., est la forme de l'ordination presbytérale, et que le pontifical romain d'aujourd'hui, comme les anciens, la regarde en effet comme telle.

Il faut présentement prendre garde que le Mémoire ne dit rien de l'évèque touchant la préface Honorum auctor, etc., ni touchant l'extension des mains qui doit l'accompagner, ce qui fait juger qu'on n'y a rien trouvé à redire. Ainsi il faut regarder comme constant que l'évèque a prononcé cette préface conformément à l'ordre du pontifical, c'est-à-dire étendant les mains devant la -poitrine, exlensis manibus ante pectus. Il est même si naturel, et l'habitude est si grande, d'élever ou d'étendre ses mains devant la poitrine quand on dit une préface, qu'alors les mains prennent, pour ainsi dire, d'elles-mêmes cette position. Il n'est donc pas douteux que, pendant cette préface, l'évèque n'ait eu les mains étendues anle pectus ; or, on voit par le pontifical romain de M. Colbert ce qu'on doit penser de cette extension-ci. Ce pontifical, comme on l'a remarqué, prescrit à l'évèque, lorsqu'il récite successivement Or émus t dileclissimi, Deum Palrem omnipotentem, etc., Exaudi nos, quœsumus, etc., Honorum, etc., d'avoir les mains élevées comme quand on dit les oraisons à la messe, et Me dicit sine mitra orationem super eos, tenens mnnus elevalas, sicut quando dicuntur orationes in missa. Ce qui démontre, ainsi qu'on l'a déjà dit, que l'extension des mains ou l'élévation des mains (ce qui est la même chose) est une véritable imposition des mains. Autrement, puisqu'il esl incontestable que la forme de l'ordination consiste dans une de ces trois formules, et que, pendant la récitation de toutes les Irois, il faut, suivant ce pontifical, que les mains de l'évèque soient élevées de la même manière qu'à la récitation des oraisons de la messe ; si celte élévation des mains n'en était pas une vraie imposition , jamais, suivant le même Pontifical, la matière ne se trouverait jointe à la forme dans l'ordination sacerdotale. Il faut donc reconnaître que d'y réciter la préface Honorum auctor, etc., les mains étendues devant la poitrine, c'est appliquer la forme à la matière, et que l'évèque l'ayant fait dans l'ordination dont il s'agit, il y a réellement consacré les prêtres qu'il y a ordonnés (1).

On a appris que l'évèque qui a fait celte ordination, consulté sur ces doutes, les a désapprouvés, et qu'il est vertueux et éclairé. Tout ce qu'on vient de dire donne en effet une opinion avantageuse de la vertu et des lumières de cet évêque, qu'on ne connaît pas d'ailleurs. On estime que, par des principes de religion, se mettant au-dessus d'une mauvaise honte, et sans égard à l'idée humiliante qu'il pouvait donner, il a pris le parti, dès qu'il s'est aperçu de L'omission, de suppléer exactement tout ce qui avait été omis. On estime encore qu'ayant ces diverses connaissances qu'on vient de recueillir, soit du chap. Prèsbyt. de Grégoire IX, extra de Sacramenlis non ilerandis, soit des anciens ordres romains , soit du pontifical rom<:«:n d'aujourd'hui, ce prélat s'est borné à faire l'imposition muette et l'extension des mains avec les prêtres, et à prononcer dans le temps de cette extension ces paroles : Oremus, fratres charissimi, etc., il s'en est tenu là sans aller plus avant. 11 n'a point recommencé l'oraison Exaudi nos, quœsumus, etc., parce qu'il l'avait dite, et peutêtre avec les mains étendues ou élevées ; el que, quand il ne les aurait pas tenues alors dans cette situation, il n'aurait rien fait contre l'ordre du pontifical qui ne marque rien, qui ne dit rien du tout sur ce sujet. Ubi enim non est lex, nec prœvaricatio. 11 n'a point recommencé la préface Honorum auctor, etc., parce qu'il l'avait dite aussi, gardant sans doute l'ordre que le même pontifical prescrit, d'avoir alors les mains étendues devant la poitrine, et qu'ayant dit de la sorte cette préface, il avait joint la forme à la matière de l'ordination presbytérale. Motif qui l'a oblige à se bien donner de garde de recommencer ce rit particulier, pour ne pas réitérer un sacrement qui imprime caractère. 11 y a des grâces délai, et les soins de la Providence sont singulièrement admirables dans les occasions importantes (2).

(t) On aura toujours peine à concevoir comment mieux de dire que l'imposition îles mains qui a

L'évoque impose les mains sur des gens à qui il précédé, s'y trouve Jointe moralement, ce qui suf-

tourne le dos. Jusqu'ici on n'a point cru que les pre- fil dans un lout moral de la nature de celui de l'or-

tres, en disant la Préface, imposassent les mains sur din.uion.

le peuple. On dirait, avec beaucoup plus de raison, (2) Malgré toutes ces grâces d'élat, je crois, disait

qu'ils les imposent a.lors sur l'autel. Eh supposant un habile nomme, qu'il n'y :> point d'ecclésiastique

donc que ces mots, Honorum auctor, sont la forme qui ne fui irès-laclié d'avoir été ordonné d'une ma-

dc la consécration sacerdotale, il sera peut-être nicre si décousue cl si peu complète.

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