BATELEUR
L,es bate.eurs sont des baladins ou des charlatans qui, montés sur une espèce de théâtre dressé dans une place publique, amusent la popu ace par des tours de souplesse, etc., pour engager les spectateurs à acheter leurs drogues et leurs menues curiostés. Le batelnge est une profession méprisable cl in ligne d'un bonne e h >mrne et surtout d'un homme chrétien ; aussi ceux qui l'exercent sonl-ils mis au nombre des personnes infâmes par le V concile de Cariha°e, lenu en MO : Omnes etiam in fa niœ maculis aspersi , id est , histriunes, etc. On va examiner si on la peut exercer sans péché mortel.
Cas I. Eusiratc, bateleur, demande s'il des actions ou des gestes contraires à la
est lenu de renoncer à sa profession pour mériler l'absolution que son curé lui a refusée à Pâques, prétendant que sa profession est infâme, et qu'il ne peut l'exercer sans péché ?
EL Si Eustrate est du nombre de ces farceurs ou bateleurs qui mêlent dans leurs discours des paroles iudéceules, ou qui font
pudeur et aux bonnes mœurs, son curé a eu très-grande raison de lui refuser l'absolution s'il refusait de renoncer â sa profession , ces sortes de divertissements étant péchés mortels de leur nature. Mais si Lustrale ne mêlvi rien de malhonnête dans ses plaisanteries , et qu'il ne fasse rien qui blesse les bonnes mœurs ni la religion, le
BEN
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qu'ils ont eue, n'ait point encouru d excommunication ?
R. S. Mirocle faisait profession publique de bateleur, Jean n'a encouru au: une excommunication en le frappant, parce qu'il a perdu tout privilège clérical; eu cas qu'il l'ait faite pendant &ée année, ou moins de temps, après trois monitions de son supérieur. Mais s'il n a fait ce jeu qu'en particulier et pour se récréer, Jean n'a pu le frapper, sacbant qu'il était ecclésiastique, sans tomber dans cette censure.
Cas IV. Adrien danse et voltige sur la corde, et se précipite même sur une grosse corde attacbée au h ut d'un clocher en bas, ce qu'il a déjà fait plus de cent fois sans se faire aucun mal. Le peut-il faire sans péché mortel?
K. Le métier senl de danseur sur la corde paraît aux meilleurs théologiens un péché mortel, tant parce qu'il expose à perdre la vie sans une vraie nécessité, que parce qu'un ne l'exerce guère sans y mêler des gestes et des paroles fort indécentes. Voyez Comédie
curé n'a pas dû lui refuser l'absolution , ni regarder ce qu'il a gagné comme un bien mal acquis. Toute cette décision est de saint Thomas, 2-2, q. 108, art. 3 et 6
Cas. II. Eustadc, clerc tonsuré, fort pauvre, fait le métier de bateleur pour subsister plus aisément , en vendant une drogue qu'il dit être un excellent remède contre toutes sortes de coliques. Pèche-t-il mortellement?
R. S'il le fait sans avoir renoncé à la clérical ure, et en conservant ses habits ecclésiastiques, on ne doit p as douter qu'il ne pèche mortellement, puisqu'un ecclésiastique qui a choisi Jésus-Christ pour son partage, et qui e>t destiné au service de l'Eglise, est tout à fait inexcusable en exerçant une profession si éloignée de la sainteté de son étal, et qu'il ne peut même jamais l'exercer sans causer un fort grand scandale aux Odè es.
Cas III. Mirocle, acolyte, a un si grand penchant à joue- des gobelets eî à faire des tours de bateleur, qu'il se laisse aller souvent à ces î-ortes de divertissements. N'a-Uil pas perdu son privilège clérical, en sorte que Jean, qui l'a fraoné dans une ouerelle