‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 120 sur 448 · BOU · texte numérisé non relu

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cela lui serait plus nuisible qu'utile. Ce confesseur a-t-i! agi prudemment?

R. Il y a ici une distinction à faire : si l'action qun se permet Albert tourne au détriment du publie, son confesseur doit l'en avertir, dût sou avertissement être pris en mauvaise pari. Egalement, si cette bonne foi ou celle ignorance invincible avait pour objet des vérités dont la connaissance est nécessaire au salut, le confesseur doit le tirer de sa bonne foi.

Mais hors ces cas et quelques-uns peutêtre du môme genre, un confesseur doit laisser dans la bonne foi son pénitent quand il prévoit que ses avis lui seront plus nuisibles qu'utiles ; c'est le sentiment de saint Liguori et d'une foule d'autres théologiens, et même de la Méthode de direction. « Si vous trouvez, dit celte Méthode généralement très-reeommandablc , un pénitent qui ne croit pas pécher, en faisant ou en omettant des choses qui sont cependant défendues ou ordonnées dans certains cas, vous l'avertirez, vous le tirerez de son erreur; dans quelques autres vous le laisserez dans la bonne foi, surtout dans des matières qui ne sont que contre le droit positif. Si on juge les pénitents dans la bonne foi, on les y laisse, tans les avertir, lorsqu'on craint raisonnablement un plus grand inconvénient qui naîtrait de l'avertissement qu'on leur donnerait.

« Le confesseur, par exemple, remarque un empêchement après la célébration du mariage faite dans une entière bonne foi ; s'il prévoit qu'en avertissant ce pénitent de l'invalidité de son mariage, il va l'exposer à

des divisions, à des scandales, il fera mieux de le laisser dans la bonne foi. »

De deux maux, il faul choisir le moindre ; or, n'est-ce pas un moindre mal de commettre un péché matériel, que de commettre un péché formel? Dans le doute, si l'avertissement sera utile ou nuisible au pénitent, il vaut mieux, selon saint Liguori, ne pas l'avertir. Ne pourrait-on pas faire l'application de ces principes quand il s'agit de ces fautes contraires à la sainteté du mariage, qui rendent si difficile l'administration du sacrement de pénitence? Je le souhaite, et je suis porté à le croire. On nous objectera que dans ces fautes, contraires au droit naturel, on ne peut pas supposer une entière bonne foi. L'expérience que nous ont donnée vingtcinq ans de mission nous porte à penser différemment ; mais dans le doute, et quand on prévoit tant d'inconvénients pour le pénitent, pour le confesseur, je dirais même pour la religion, ne serait-ce pas le cas de s'abstenir de donner de funestes éclaircissements ?

« Quand le confesseur, dit la Méthode déjà cité, est consulté sur de semblables cas, il doit lui répondre et l'instruire, soit parce que le pénitent qui interroge est dans le doute et n'est plus dans la bonne foi, soit parce que le silence du confesseur serait regardé comme une approbation de ce qui n'est pas permis. Le confesseur ne répondra précisément qu'à la demande du pénitent, lorsqu'il craindra qu'une plus ample instruction ne devienne un piège à sa conscience, et il l'instruira plus parfaitement lorsqu'il le croira plus utile à son salut. »

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