BOURSES DE SÉMINMRE OU DE COLLÈGE
Les bourses de collège ou de séminaire sont des fondations qui ont élé faites par des particuliers pour servir à l'éducation de quelques écoliers. Le gouvernement paye quelques bourses dans les collèges et quelques-unes dans les grands séminaires.
On demande à quoi sont tenus les jeunes gens qui ont reçu dans les séminaires '.me éducation gratin e au moyen des bourses qui y sont fondées, soit par le gouvernement , soit par les particuliers, lesquels jeunes gens ont ensuite et librement renoncé à l'étal ecclésiastique ou s'en sont rendus indignes?
R. S'ils avalent réellement l'intention d'entrer dans l'état ccclésias ique , qu'ils aient fait ce qui dépend. lit d'eux pour y entrer, mais qu'ils en aient été élo'gnés par la volonté t'e leurs supérieurs, ou parce qu'ils ne s'y croyaient pas appelés, ils ne sont pas tenus à restitution, parce qu'ils ont agi selon l'intention présumée des bienfaiteurs.
Mais au contraire ils seraient tenus à resti uti >n, si , ne se sentant nulle inclina'ion pour l'étal ecclésiastique, ils ont dit qu'ils s'y croyaient appelés, afin d'obienir une éduca ion gr tuite, ou si par leur faute ils se sont rendus indignes de ce saint état. Car, pour jouir en conscience d'un don, il faut remplir les conditions voulues par les donateurs , et avec une semblable conduite ces intentions ne sont assurément pas remplies.
Peu importe que les jeunes gens aient profité d'une bourse accordée par le gouvernement ou qu'ils aient reçu une éducation gratuite dans un collège ou dans un séminaire, ils n'en sont pas moins tenus à restitution.
Ceux qui doutent de leur vocation ne doivent point recevoir gratuitement l'édur.iîion avan qu'ils n'aient fait connaître leur doute à ceux qui appliquent le don. Si leur éducation est déjà commencée lorsque ce doute leur survient, ils doiven; au plus tôt déposer ce doute, ou le faire connaître, s'il persévère, aux supérieurs des séminaires ou col.eges ; sinon ils agiraient contre l'intention des bienfaiteurs.
Cas I. Une bourse v.quedansun collège, celui qui a le droit par sa place d'en faire l'application, l'a promise à un pauvre écolier, moyennant vingt pistoles. Ne peul-on pas excuser ce trafic sur ce que c'est l'usage de ce collège?
R. Il est aussi criant d'exig< r de l'argent ou des présents pour une bourse que pour recevo r des pauvres eans un hôpital qui a été fondé pour eux. S'il y a dans quelques collèges un usage contraire, c'esl un abus, et un abus ne lait pas preuve.
Cas 11. Candide, étudiant, a obtenu par faveur une bourse , quoiqu'il no soit pas pauvre. Peut-il en conscience la garder?
R. Candide est obligé non - seulement à s'en démettre, mais encore à la restitution , s'il en a profilé. La raison est que les bourses ne sont accordées ou n'ont été fondées
qu'en faveur de quelques écoliers, qui, faute de biens suffisants , vont hors d'étal de pouvoir éluder. Ainsi Candide est au*si injuste que le serait un homme bien accommodé dans ses affaires, qui, pour épargner son bien, charg rait un hôpital de la nourri! u:e et de l'entretien de ses enfants.
Cas 111. 11 y a douze bourses fondées dans un collège pour de pauvres écoliers picards. Antoine, qui en fait l'application, en a duftué une à un Champenois. Son application n'estelle pas io jus le?
R. Comme une somme léguée aux pauvres de telle paroisse ne pourrait se donner à' d'autres, de même une bours fondée pou.* une telle province, ne peut se donner ;>ux' habitants d'une autre, parce que l'un ou l'autre est formellement contre la volonté lies fondateurs