CHANOINESSES
Les chanoinesses sont des filles assemblées en communauté qui font l'office divin dans 1q chœur, comme le font les chanoines. Il y en a de deux sortes, les unes régulières , qui sont de véritables religieuses; les antres séculières, qui ne font ni vœux, ni profession de religion : elles ne sont pas cloîtrées, et peuvent se marier si elles le veulent : leur institut n'ayant jamais été approuvé comme religieux.
En France il n'y a plus de chanoinesses ; il y en a encore beaucoup en Allemagne. Ce sont des dames issues des plus nobles familles. Elles chantent l'office au chœur revêtues d'une aumusse. Ces chanoinesses ont des affiliées laïques qui portent aussi le tilre de chanoinesses. En France quelques dames pieuses sont chanoinesses de Munich, ou d'autre chapitre.
Cas I. Ernestinc, chanoinesse séculière, refuse souvent d'obéir à son abbesse, soutenant que puisqu'elle n'y esl pas obligée par vœu, elle n'y est pas tenue sous peine de péché, non pins qu'un chanoine au doyen de son chapitre. Est-elle dans l'erreur sur cet article ?
R. Ernestine ne peut sans péché refuser une obéissance raisonnable à son abbesse, 1° parce qu'Honorius 111 voulut qu'en pareil cas on usât de censures contre des chanoinesses dyscoles ; 2° parce qu'on peut être tenu d'obéir, sans y être obligé par vœu, comme il parait dans un enfant à l'égard de
son père, d'un particulier à l'égard du magistrat, de tout inférieur à l'égard de ses supérieurs, selon ce mot de saint Paul, Ilrbr. XIII lObedileprœposilis veut ri s. etc. Au reste, une abbesse esl essentiellement supérieure: mais un doyen ne l'est pas ; et il n'y a que le corps du chapitre qui le soit de chaque chanoine en particulier.
Cas II. Ilortensc, chanoinesse, ayant adopté Pauline son amie pour sa nièce, piur la rendre par là capable de posséder le premier canonical qui viendra à vaquer, a reçu du père de celle fille (rente pis oies, sans aucune convention préalable; mais seulement
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en vertu de la coutume ancienne, qui est de Nous l'avons ainsi décidé dans le Traité frau-
faire un présent à la chanoinesse adoptante, çais de l'Office divin, ch. -1, n. 16, d'après les
L'a-t-elle pu sans péché? meilleurs théologiens. Nous en avons conclu
R. Non : parce que la coutume ne peut qu'elles sont tenues à restituer au prorata
justiûer une simonie, et qu'il y en a une deleur omission, comme les chanoines. Nous
dans le cas présent circa beneficium: et n'avons osé dire la même chose des nièces,
quand ce ne serait pas une simonie propre- quand elles ne résident nas. Enfin nous avons
menldile,ceseraittoujours un commerce sor- observé, que la coutume où sont quelques-
dideet contraire à l'intention des fondateurs. unes de ces chanoinesses de ne faire d'office
— M. Pontas laisse ici la plus grande dif- public que les dimanches, pourrait bien
fici'lté, qui consiste à savoir si ces dames n'être qu'un abus, dont il faut juger par les
sont obligées à l'office en leur particulier, fondations, quand elles ne se trouvent pas au chœur.