CHASTETÉ
Voeu. On distingue le vœu simple et le vœu solennel. Le vœu simple est celui qu'on fait en particulier ou dans un ordre religieux non approuvé. Le vœu solennel est celui que l'on fait dans la réception des saints ordres ou dans un ordre religieux approuvé. Le vœu simple ne dirime point le mariage, mais il fuit qu'on ne peut le contracter sans pécher mortellement; c'est un empêche i enl prohibant. Mais il est de foi que le vœu solennel est un empêchement dirimant, mais seulement d'institution ecclésiastique quand il n'est question que du vœu annexé aux ordres sacres; ii est par conséquent susceptible de dispense; il n'appartient qu'au souverain pontife d'en dispenser, et il n'en dispense que très-rarement, que dans certaines circonstances extraordinaires dont il lui appartient de juger. Selon le sentiment le plus probable, le vœu émis solennellement en faisant profession dans un ordre religieux n'est dirimant que de droit ecclésiastiqae ; le souverain pontife peut donc aussi en dispenser ; il n'en dispense que très-rarement.
Nous disons que le vœu de chasteté est solennel par la profession faite dans un ordre religieux approuvé par le saint-siége comme absolument régulier. Par conséquent, les congrégations religieuses qui ne sont approuvées que par l'évèque diocésain n'ont pas de vœux solennels. 11 ne suffirait même pas pour considérer les vœux comme solennels que la congrégation dans laquelle on a fait profession eût une approbation quelconque du saintfliége; qu'il en eût par exemple approuvé les règles et les constitutions, il faut de plus qu'elle ait été élevée véritablement à l'état d'une parfaite régularité. Ainsi, la congrégation des prêtres de la mission, celle des sœurs de Saint-Vincent de Paul, des frères des écoles chrétiennes n'ont pas de vœux solennels.
Bien plus, les vœux faits en entrant dans un ordre religieux absolument approuvé ne seraient même pas solennels, s'ils étaient faits avec quelque restriction, pour un temps par exemple. Ainsi en France, même dans les congrégations formellement et strictement approuvées , les vœux ne sont pas solennels quand on ne les fait que pour un temps, sous quelque condition, ou quand, d'après les lois civiles, on se réserve la propriété parfaite sur les biens présents ou futurs. C'est dans ce sens que la pénitencerie a répondu plusieurs fois, entre autres le cardinal Fonlana aux religieuses visitanîines de l'aris ; la pénitencerie, consultée spécialement au sujet des vœux de congrégation d'hommes, a répondu que les décrets qu'elle a poriés ailleurs ne regardent que les communautés de femmes. 11 est donc bien probable que les vœux que l'on l'ait en France dans les communautés religieuses, quoique approuvées d'ailleurs, ne sont que des vœux simples qui ne diriment pas le mariage. Celui qui a fait un vœu de chasteté même en particulier, quand il commet contre la pureté quelque faute de pensée, de désir, de parole ou d'action, pèche tout à la fois contre la chasteté et contre la vertu de religion.