‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 164 sur 448 · CIRCONSTANCES · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES

On appelle circonstance lout accident sans lequel une action peut subsister, et qui rend plus ou moins bonne, ou plus on moins mauvaise, l'action qu'elle accompagne. Nos ariions morales peuvent avoir sent circonstances qui sonl comprises dans ce vers : Quis, c/uid, ubit quibus uvxiliis, car, quomodj, quando

La première marque la qualité de celui qui a fait une action, et qui en augmente la bonté ou la n aliee : comme si c'est un laïque, un prêtre, un religieux. La 2' marque la qualité oq "la quantité accidentelle de l'objet : comme si une chose qu'on a volée est sacrée ou profane, de petite ou t'e grande valeur. La 3e, la qualité du lieu ou l'action a été faite, comme si c'a élé dans un lieu saint, ou dans un lieu profane, d ;ns un lieu public, ou privé. La V, les moyens el les instrumenté dont on s est servi : comme si l'on a rail une chose par un maléfice , ou si un prêtre a célébré av< c des ornements non bénits. La 5", la fin extérieure qu'on s'est proposée : comme si l'on a fait l'aumône par un motif de vanité. La (>', la manière avec laquelle on a fait l'action : comme si on l'a faite volontairement, ou par contrainte, ou par ignorance-, en cachette, ou en public; avec délibération, on par un prenver mouvement. La 7e marque la qualité du temps : par exemple, si on a fait une. œuvre servile dans un jour de fêle

Il y a des circonstances qui changent l'espèce du péché, en ajoutant à l'action une malice distincte de celle qui y est es entieUement attachée, comme il arrive dans les péchés d'adultère, du vol d'une chose sacrée, d'uiie par.de seulement oiseuse de sa nature, mais dite à dessein de corrompre la personne à qui l'on parle, etc. 11 en est d'autres qui. sans cha ger l'espèce du péché, le rendent notablement plus grief, teile que serait une haine du prochain qui irait jusqu'à souhaiter sa damnation; ou une d<lecla!ion morose, dans laquelle on aurait persévéré plusieurs heures. Il y en a d'autres qui, en augmentant la malice du péché, en augmentent au^si le nombre, en multiplanl les transgressions par une seule et même action : comme quand on mange de la chair le carême, lorsqu'on est obligé au jeûne. Enfin, il y en a qui diminuent la malice du péché, quand on h commet par inadvertance ou par ignorance. On fera voir (Voyez Confession) quelles sont celles qu'on esl tenu d'exprimer, ou qu'on peut omettre en se confessant»

Est-on obligé de confesser les circonstances notablement aggravantes?

La question est controversée. Le plus grand nombre des théologiens enseignent qu'on doit les accuser. D'aulres, en moindre nombre, mais parmi lesquels sont saint Thomas, saint Liguori , pensent que généralement on n' si point obligé de les confesser, « La différence des sentiments, dit le Rituel de Toulon, ne peut autoriser sur ce point aucane variété dans la pratique , puisau'en matière oui concerne les sacrements, on doil ioujours orendre le plus sûr. »

« Le concile de Trenle ne décide formellement que l'obligation de déclarer les circonstances qui changent l'espèce; mais il a établi pour principe qu'on est obligé de se montrer au prêtre tel qu'on est. et de lui donner lien, par notre confession, de bien connaître l'état de notre âme, la grièvelé el la malice du péché, afin de pouvoir juger des remèdes qui conviennent o» d'imposer des pénitences proportionnées. C principe prouv cla rëineni la nécessité de déclarer eo confession les circonstances aggravantes, aussi bien que celles qui changent l'espèce du péché, el c'est aussi la doctrine du couciie de Trente el de suiul Chai''*

îes, aans les instructions qu'il donne aux confesseurs; et du Irès-grand nombre des catéchismes diocésains ; nous n'en connaissons même aucun où il soit dit qu'on n'est pas obligé de déclarer les circonstances dont il s'agit. »

Saint Liguori lui-même admet qu'on est obligé de déclarer les circonstances notablement aggravantes, soit lorsqu'à raison de ces circonstances, il y a quelques censures ou quelque réserve, soit lorsque le confesseur ci oi! devoir interroger tant pour le bien spirituel de son pénitent, que pour s'assurer s il n'y a pas lieu à prescrire quelques restitutions ou quelques satisfactions.

« On serait scandalisé, dit Gousset, ou il y aurait au moins danger de scandale, si un catéchiste avait l'imprudence de dire publiquement qu'on n'est point oblige de confesser les circonstances notablement aggravantes; car outre que cette proposition serait mal comprise et qu'elle serait fausse a cause de sa trop grande généralité, ce serait vouloir décider une question qu'un pasteur discret se gardera bien de décider. »

Dans cette question controversée que fera un pasteur, un confesseur prudent? Il s'en tiendra à l'enseignement de son diocèse et de son catéchisme, se gardant bienjderien innover. Dans le tribunal de la pénitence, quand il ne s'agira que de circonstances qui, quoique aggravantes, ne sont pas bien difficiles à accuser, il interrogera le pénitent qui, loin de le trouver mauvais, s'en sentira soulagé et même édifié. Mais en matière odieuse, quand il sera question des péchés contraires au sixième commandement, il se gardera bien, je ne dis pas d'insister sur les circonstances aggravantes, mais même d'adresser d'autres questions que celles qui sont nécessaires pour connaître les circonstances qui changent l'espèce des péchés ou qui en augmentent le nombre ; car dans l'incertitude si l'on doit accuser celles qui aggravent notablement la malice du pécné, il vaut beaucoup mieux, toutes choses égales, rester en deçà que d'aller trop loin , dans les interrogations qui ont rapport aux péchés contre la modestie ou aux devoirs des époux; se rappelant que si, d'une part, il est obligé de pourvoir à l'intégrité de la confession, de l'autre, il est encore plus obligé d'éviter tout ce qui pourrait scandaliser ie pénitent, et lui donner des idées désavantageuses du sacrement et de son ministre.

CLANDESTINITÉ. Voy. Empêchement.

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