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COMÉDIE

La comédie est un poème dramatique qui représente une action qui d'une manière ingénieuse et plaisante corrige les défauts des hommes et divertit par la peinture naïve qu'elle fait de leurs différents caractères; de sortequ'on appelle comédien celui qui moule sur un théàire, et qui, par le rôle dont il s'est chargé, aide aux aulresày représenter publiquement quelque pièce dramatique, afin de div< rlir le peuple et de gagner par là de quoi subsister. Il n'est point ici question de son origine, qui sûrement vient des païens, il s'agit uniquement de savoir ce qu'il en faut penser. On va le voir dans les cas suivants.

Cas I. Un mari et une femme, gens de et de libertinage ; 2° parce que si un seul requalité, vonl à la comédie: le mari, parce gard jeté sur une femme, même dans léqu'il se rendrait ridicule à ses amis, s'il re- glise, est capable d'avoir des suites crimifusait d'y aller avec eux; la femme, parce nelles, que doit-on penser de ceux qui se que son maii veut qu'elle y aille : tous deux, font avec une pleine liberté d us ces lieux où parce qu'ils ne font que s'y délasser; que l'immodestie triomphe impunément; 3J parles comédies d'aujourd'hui sont fort châtiées; ce que l'Eglise, qui après tout doit être la que c'est une coutume reçue dans les pays grande règle d'un chrétien, condamne ces policés, et même à Rome, qui est le centre spectacles, et regarde comme excommuniés de la religion. Le confesseur ne peut-il pas ceux qui moment sur ie théâtre. Que, si on leur passer cet article? les souffre à Rome ou ailleurs (quoiqu'ils y

R. Il ne le peut, 1 parce que tous les SS. soient fort différents de ce qu'ils sont en

Pères ont condamné les spectacles, et ceux France, soit pour les acteurs, soit pour les

mêmes qui avaient élé réformés, et que saint pièces, qui toutes subissent l'examen avant

Chrysostome les appelle des écoks d'adultère que d'être jouées,) ce n'est que comme oq

mi

to'èro un moindre mal pour en éviter de plus grands, selon ce mot de saint Augustin : Toile meritrices, etomniareploti libidinibus.

— On peut lire sur cette matière l'ouvrage de M. le prince de Conti, de M. Bossuel, et l'écrit si connu de M. Rousseau de Genève, contre un article de l'Encyclop die. De ces principes, j'ai conclu aille, rs qu'on ne peut pas même permettre d'assister à la première» représentation d'une comédie: 1° parce qu'il n'est jamais permis de coopérer à un exercice au moins très-dangereux; 2° parce i]ue l'exemple d'un homme réglé qu'on verrait au spectacle autoriserait une infinité de personnes d'une vertu plus que médiocre à y assister. Voyez ma Morale, tome VI, c. 3, art. 7.

Cas II. Licinius, comédien , connu pour tel, s'élant présenté à Pâques à la communion, à la vue de to'it le monde, son curé la lui a refusée, t.'a-t-il pu en conscience ?

R. Puisque ce cornélien est connu publiquement pour tel, son curé a dû lui refuser la communion, après néanmoins lui avoir demandé publiquement s'il s'était confessé et avait renoncé pour ton jours à sa profession. Car autrement, comme dit saint C>prien en son épîlre à Encra lias, c'est profaner la sainteté et la gloire <ie l'Eglise et violer les règle- de l'Evangile, que «le perme Ire qu'elles goieni souillées par la communication de persone.es aussi infâmes.

Cas III. Pliilométir, comédien, élant au lit de la mort, et n'ayant pa* voulu promettre de renoncer à sa profession, est mort sans recevoir les sacrements, et a été privé de la sépulture ecclésiasl que. Le curé qui a fait l'un et l'au're n'est-il poim coupable?

R. Puisque les com <li ns sont excommuniés, infâmes, attachés à une profession criminelle, le curé de Phiiomélor a fait son de-

voir en lui refusant les sacrements, à cause de l'opiniâtreté où il était de vouloir persévérer dans sa profession; et par conséquent il a dû refusera son corps la sépulture ecclésiastique, puisqu'elle n'est (Sue qu'à ceux qui meurent dans la communion de l'Eglise, et que le Rituel romain défend de la donner aux pécheurs publics.

— L'auteur pense et parle différemment, Voyez Pécheur public.

Cas IV. On demande si des communautés religieuses peuvent représenter en particulier des pièces de théâtre sur des sujets de pié'é, avec les habits dont on se sert à la comédie et à l'opéra, en n'y admettant point de personnes de dehors?

R. On ne peut excuser ce genre de récréation d'un péché grief, 1° parce que c'en est un de prendre d'autres habits que ceux de son sexe; 2° parce qu'il est défendu à un religieux de quitter son habit, même pour un peu de temps; 3" parce qu'on ne peut emprunter des habits de théâtre sans que bien des gens le sachent et en soient scandalisés. * Ajoutez que, pour apprendre une pièce, pour s'exercer a bien faire son rôle, etc., il faut bien du temps, dont on peut assurément faire un meilleur usage. Au reste, on ne prétend pas ici blâmer les tragédies qui se représentent dans plusieurs collèges, 1* p;irceque ce ne sont pas les religieux qui font les différents peisonnages, riia^s des écoliers séculiers ; 2' parce que cet exercice est très-utile aux jeunes gens, tant pour fortifier teur mémoire que pour les rendre plus hardis à parler un jour en public, s<>it dans la chaire ou au barreau; 3° parce qu'on n'y voit | oint de garçons travestis en femmes, et que tout s'y passe dans la modestie et sans que personne s'en scandalise.

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