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théologien du Mans, schedula confessioni^ ut iribuatur communio tempore paschali, nec extrt>neis ad sacrum mensum accèdent i bus denegatur, qu a prœsumitur e>s licentam a pasiore s ko vbliniiisse, vel in parocftia sua jam conimunicusse, aut unie finem paschutis communient tir os esse. V oyez Parois e.
Cas XXXV. Lisias, curé d'une paroisse rurale, a donné la communion à une de ses paroissiennes : 1° après la messe ; 2° même après midi ; 3° sans clerc; pour lui répondre. A-l-il pèche?
H. Loin de là, 1° Lisius a fait un acte de charité, surtout si sa paroissienne venait de loin et ne pouvait que difficilement revenir le lendemain* L'Egl se désire que les fidèles commun eut à la messe après le prêtre; mais dans les paroisses nombieuses, où il n'y a qu'une ou deux messes, il importe de ne pas taire attendre les fidèles qui doivent communier, et de ne pas leur rendre pénible ceile div ne action; on fait donc bien de les communier à toute heure de la matinée, même sans qu'ils aient entendu la messe ; et au jour de solennité, lorsqu'il y a un concours considéiable de fidèles à la sainte table, il est bon de communier après la messe, afin de ne pas retenir trop longtemps les assistants attendus à leur maison peut-être impatiemment; 2° celle paroissienne pouvait bien communier après midi, puisqu'elle était encore à jeun ; 3° dans .e cas où nul ne
se présente pour dire !e confilepr, le prêtre qui donne la communion peut le réciter luimême ou le faite réciter par un des communiants ou des assistants, mais non par une femme. Quelquefois on le fait réciter par une religieuse.
Cas XXXVI. Anna, touchée d'une tendre dévotion pour le sacrement de l'autei , a communié deux fois dans le même jour.
A-t-elle fait un grand péché?
R. Il n'est pas permis à un laïque de communier pi us d'une fois dans un jour. La loi, qui interdit de recevoir le sacrement de l'autel plusieurs lois nans la même journée, ne reçoit d'excep ion que pour les ecclésiastiques qui célèbrent les saints mystères. Ces cas d'exception sont • 1° Le jour de Noël, où, suivant l'usage antique de l'Eglise, ils célèbrent trois messes ; 2° la permission que quelques prêtres reçoivent de leurs évêques pour biner; 3' ]a nécess té de consommer le saint sacriiiee lorsque le prêtre qui l'a commencé se trouve dans l'impossibilité de le continuer ; 4° le cas d'une invasion des ennemis de la foi, le saint sacrement se trouvant expo-é à la prolan lion des infidèles ou d s hérétiques, un prêtre ou un laïque, à défaut de prêtre, peu consommer les saintes hostie>, même n'étant point à jeun.
Anna ne devait donc pas communier deux fois dans le même jour. La bonne foi peut l'excuser.
Communion fréquente. C'est 1° l'intention de Jésus-Christ ;2° la doctrine des apôtres, 3° des saints Pères ; k° de l'Eglise ; 5° des papes el des évêques ; 6 des saints et des maîtres de la vie spirituelle, que nous communiions souvent. Celui qui oserait le nier encourrait parle fait les analhèmes de l'Eglise. Notre intention n'est point d'en donner en <e moment des preuves, ni de repeter ce que nous avons dit dans no re ouvrage sur le dogme de la présence réelle et de la fréquente communion. Si vou* me dites que la communion Iréquenle ne convenait qu'à ces temps de la primi ive Eglise où les chrétiens étaient auiant de saints , je vous réponds que les intentions , les désirs , le-» piomesses, les invitations de Jésus Christ, se> instances poussées jusqu'à l'impdrlunité s'adressent à tous hs lem; s , à tous les peuples ; que son Evangile est aujourd'i.ui ce qu'il était hier, qu'il doit être prêi hé à toutes les créatures. Les chrétiens du dix-neuvième siècle sont donc, aussi bien que ceux de tous les autres siècles, invités à faire le repas quoiidien de la communion ; c'est donc pour nous comme pour les premiers chrétiens qu il est érr.t : « Prenez et mangez ; ma chair est vraiment une nourriture , et mon sang est vraiment un breuvage. Si vous ne mangez ce pain , vous n'aurez point la vie en vous. »
On demande si, pour la communion fréquente et même pour la communion quotidienne, il est nécessaire, rigoureusement prescrit d'avoir des dispositions plus emmenles que l'état de grâce ou l'exemption du péché mortel?
R. Evidemment non. Jésus-Christ et l'Eglise pressant les hommes de communier souvent ne peuvent pas demander une préparation au-dessus de leurs forces et hors de leur portée. 11 y aurait de la f lie et de l'impiété à penser el à dire le contraire. Le p'^re, la mère les moins attentifs iront-ils placer la nourriture de leurs enfants dans un endroit où ils ne pourraient atteindre? Jésus-Christ n'exclut de son festin que le >eul convive qui n'est pas revelu de la robe nuptiale, tous les autre» y sont bien reçus, bien traites, placés à la table royale , quoique ramassés sans choix , et même avec une sorte de contrainte , dans les rues, sur les places publiques, le long des haies el des chemins, et que parmi eux il s'en trouve de pauvres, d'infirmes, d'aveugles el de boiteux. Un seul est exclu el jeté dans les ténèbres extérieures , pour n'avor pas eu la robe nuptiale, c'est-à-dire la b-râce sanctifianîe. Voyezvous, pourvu qu'on ne soit pas mort à la grâce par le péché, les détauts, les faiblesses, les infirmités spirituelles n'excluent point de la table eucharistique, et, selon notre divinMaitre, il faul y inviter avec une sorte d imporlunité quiconque csl exempt de péché mortel. Telle est la doctrine de Jésus-Christ, telle est aussi celle des apôlres, des saints Pères et des docteurs : ils n'exigent même pour la communion de chaque jour, comme indispensable et absolument néce sait e , que l'exemption de tout péché mortel.
Cas :1. Félix, jeune prêlre plein de moyens jour en prêchant que quiconque était exempt et de zèle pour la gloire de Dieu, a dit un de pèche morlel pouvait communier fré-»
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quemmenf, même chaque jour, et même en retirer du fruit; son curé, homme âgé, ['en a repris. Ce curé a-t-il en raison?
R. Félix, ce jeune prêtre, était parfaitement d'accord avec le concile de Trente; on ne peut pas en dire autant de son curé. Ce concile ne demande point en rigueur d'autres dispositions, parce qu'il n'en connaît point d'autrt qui soit absolument nécessaire. Bien plus le concile exhorte à la communion de tous les jours sans dire un moi d'une plus grande disposition. 11 le pouvait; si elle eût été nécessaire, il le devait. Cependant il tient ferme à dire que les prêtres qui sont obliges par office de ce ebrer tous les jours sont obligés seulement, s'ils sont coupables d'un péché mortel , de s'en confesser , sinon ils ne doivent pas célébrer. Avec celte disposition, ils le peuvent donc; cette disposition est d ne suffisante et seule commandée. Voilà la vérité qui a parlé , qui oserait dire le contraire? L'exemption de tout péché mortel, voilà la grande sainteté qui nous rend dignes de communier : tout le reste est conseillé. Je me fixe là avec l'Eglise, et ji; conclus dès lors que ma con-xieece ne me reproche aucun péché mortel, soit à cause de l'innocence de ma vie, soit à cause d'une bonne conf; ssion où je me suis purifié. J'ai la sainteté commandée, la sainteté nécessaire pour communier et bien communier : je ne profanerai donc pas le sacrement; je n'y recevrai donc pas ma mo; t, ma condamna ion, mon jugeaient ; ma communion ne sera donc pas indigne. Si je suis donc a-sez heureux pour étr3 souvent exempt de fautes mortelles par la demeure du Saint-Esprit en moi, je puis souvent communier et communier dignemeni ; et si, par un bonheur encore plus digue d'envie, je suis toujours exempt de fautes mortelles, je puis toujours communier, et j'aurai la consolation d'apporter à la communion la grande sainteté commandée par l'Eglise. Voilà ma reiigi on, et c'est l'Eulise qui me l'eus igné.
Sans doute les saints P< res exhortent tous et n us e horl >ns aussi de toutes nos fores les fidèles à s'approcher des saints mystères avec, un grand respect et un •■ grande dévotion. « Ma(s pas un, répond le docte Suarez, n'enseigne que ces grandes dispo i ions sont nécessaires pour en approcher dignement et avec Irait. »
« En effet, dit fli ssi B mnlaloue, faisons valoir cette paro'e que les saints Pères et les docteurs avaient si souvent dans la bouche, cl qui saisissait de frayeur les premiers fidèles: Sanda sancis. Après avoir épuisé là dessus toute notre éloquence et tout notre zèle, il en faudra toujours revenir au point décide, que quiconque est en état de grâce, exempt de péchés mo tels, est dans la disposition de punie qui sulfit, selon la dernière rigueur du précepte, pour communier; ainsi nous i'enscigne le concile île Trente, et c'est une vérité de foi. De là. il s'ensuit que si je suis souvent dans cet étal de grâce, j'ai dés lors la pureté absolument suffisante pour communier souvent; et que, si tous les jours
de m,i vie je me trouvais dans cette môme disposition, j'aurais chaque jour de ma vie le degré de pureté nécessairement re ;uis pour ne pas profaner le corps de lésus- Christ en communiant; et non-seulement pour ne le p ofaner pas, mais pour recuèi lir à l'autel uu Seigneur une nouvelle force et y recevoir un grand accroissement de grâce; si bien qu'en ce sens la parole de saint Augustin se vérifierait à mon égard: Accipe quotidie qund quotidie tibi proait. Voilà des principes établis contre lesquels tous les raisonnements ne prévaudront jamais. »
Cas. II. Alride^ préchant sur les dispositions nécessaires pour communier tous les huit jours, a dit qu'il faut être exempt de. toute affection au péché véniel, et il s'est appuyé sur une décision de saint Fran. ois de Sales. De plus il a prétendu que l'affection au péché véniel empêche l'effet du sacrement. N'a-t-il pas été trop loin ?
R. Ce prédicateur a exigé pour la communion hebdomadaire ce que ni les apôtres ni l'Egise n'ont jamais exigé. Le concile de Trente ne dit-i| pas que c'est une chose salutaire de s'approcher de la table sainte quand on est revêtu delà r. be nuptiale? Or, celui qui est exempt de péché mortel est revêtu de la robe nuptiale : il fait donc une chose qui lui est utile, quand même il garderait de l'affection pour le péché véniel. Si celte exemption de toute affection au péché véniel était nécessaire pour communier chaque semaine, ce serait en vertu ou d'une loi ou de la nature du sacrement ; mais il n'est pas de loi qui prescrive l'exemption de .\.fl'cclion au péché véniel, et la na ure du sacrement n ex ige que l'exempt ion du péché mortel.
« Un raisonnement qui me paraîtrait décisif, dit Y Examen raisonné, c'est que les péchés véniels n'ont jamais été soumis comme un objet nécessaire à la confession et au sacrement de pénitence. Or, si l'affection aux fautes légères eût paru un obstacle à la communion, 'Eglise se serait mi se en de voir de jugerdeceltedi position, et conséquemmeni aurait exigé la déclaration des péchés venie s. Donc l'affection aux faute? légères n'est point par elle-même un obstacle à la communion ; donc il n'est pas vrai que la communion, non-seulement ne procure aucun fruit pour celui qui communie avec l'affeclion du péché véniel, mais qu'elle charge davantage sa conscience. »C<ile doctrine, dit le i\ Scaramellï, est admise par le commun des pères spirituels, et paraît être maintenant |a pratique de la sainte Eglise.
— Mais saint François de Sales commande à ceux qui communient tous les huit jours d'être détachés de toute affection au péché véniel ?
Ji sus-Christ ni l'Eglise ne l'ordonnent pas, ce saint n avait garde de le faire; il était trop habile, pour cela: seulement il le conseille el nous le conseillons ans i.
Nous remarquerons à ce sujet <;ue le saint évéque de Genève a été entraîné dans ce sentiment par un passage qu il croyait de saint Augustin, tandis qu'il est de Genuade, pré-
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tre de Marseille, qui vivait au cinquième siècle et qui a été fortement soupçonné de sémi-pélagianisme. Voici ce passage : i< Recevoir tous les jouis l'eucharistie, ni je ne le loue ni je ne le blâme, niais communier tous les dimanches, j'y exhorte chacun, pourvu que l'esprit soit sans aucune affection de péchés. » Ce sont, dit saint François de Sales, les propres paroles de saint Augustin d ni j'épouse le sentiment. Or, aujourd'hui, reprend saint Liguori, il est certain que ce passage est de Gennade et non de saint Augustin , comme l'a cru Gr.ilicn, et avec lui saint François de Sales ; et c'est ce qui l'a porté à dire que la communion de tous les huit jours ne doit être accordée qu'à ceux qui n'ont point d'affection au péché véniel. Aussi les Bénédictins ont-ils retranché des œuvres de saint Augustin et attribué à Génn'aije le passage sur iequel s'appuie saint François de Sales.
Cependant, continue saint Liguori, à Dieu ne plaise que je veuille accuser saint François de Sales, que je révère profondément, de négligence à examiner si la proposition était de Gennade ou de saint Augustin. J'ai seulement voulu dire que si saint François de Sales, qui conseillait tant la fréquen e communion, avait su que ce sentiment n'était pas de saint Augu-tin,. mais, de Gennade, son antagoniste, ii est fort à croire que ce saint n'en aurait pas tenu compte.
Quoi qu'il en soit, toute la difficulté se réduit à savoir s'il faut entendre ce 5 paroles du texte de Gennade : Si lamen sine affectu peccancli sit, de l'affection au péché véniel ou mortel. Aristate et saint François de Sales (es entendent de l'affection au péché véniel ; mais les docteurs, et des docteurs aussi savants, les entendent communément de l'affection au péché mortel. Sis soutiennent qu'il est bien que tus les fidèles communient chaque dimanche, pourvu que l'esprit soit exempt de touie affection au péché mortel.
Il est donc bien permis de ne pas prendre pour règle de conduite et de direction ces paroles si souvent citées de saint François de Sales. Je sais que Benoît XIV renvoie à la Philolhée de saint François de Sales comme à un ouvrage à suivre en celle matière ; mais je sais aussi qu'il renvoie à Jean Thaulère comme à un auteur à suivre dans le même sujet. Or, il est certain que ce savant dominicain permet la comusunio.i de chaque semaine a quiconque est exempt de péché mortel ; ce qui prouve que ce savant pape n'a rien voulu décider sur celle question.
Mais Rome a approuvé les écrits de aint François de Sales avan de procéder à sa canonisation? Oui, comme elle a approuvé ceux de saint Liguori, qui ne demande que l'exemption du péché morlel pour toute disposition à la communion hebdomadaire. C'est que l'Eglise n'approuve jamais les écrits des saints que dans ce sens qu'ils ne renferment rien qui soit contraire à ce
Qu'elle enseigne. Or, l'Eglise s'est contentée 'enseigner que l'exemption du péché mor-
lel est nécessaire pour communier , pans rien préciser des dispositions spéciales à la communion hebdomadaire ; il est donc permis de suivre le sentiment de saint François de Sales, quoique peu fondé, et celui de saint Liguori, sans qu'on puisse cire accusé d'aller contre l'enseignement de l'Eglise. Maïs le sentiment de s i:;t Liguori sur cette matière est le seul qui soit solidement prouvé ; un confesseur l'ait bien non-seulement de permettre, mais même de conseiller la communion aux lidèîes qui conservent encore de l'affection au péché véniel.
« Nulle indisposition, dit le P. Lacolombière, à la réserve du péché mortel, ne peut empêcher l'effet du sacrement qui est de sanctifier l'âme, de lui donner des forces et de la vigueur pour faire le bien et résister au mal. Saint Thomas, Suare'z, Svlvius, Tournely, Concinna, saint Liguori, enseignent positivement que les péchés véniels ne peuvent empêcher tout i'effel de ce sacrement, c'està-dire 1 augmentation de la grâce et de la charité. »
(« Il n'est donc pas vrai, dit l'auteur des Principes de la communion fréquente, comme l'ont avancé quelques auteurs, que la communion non- seulement no procure aucun fruit pour celui qui communie avec l'affection au péché véniel, mais qu'elle chargo davantage sa conscience. Si cela était vrai, rien n'autoriserait un GJèle qui aurait affection au péché véniel à communier â Pâques, ni même à la mort, puisqu'il n'est pas pennis de commettre avec réflexion un péché véniel pour quelque bien et quelque devoir que ce puisse être. Alors ou tomberait dans le système le plus ou ré des rigoristes; les maximes qui portent à s'éloigner de la communion le plus que l'on peut seraient prudentes; car qui pourrait s'assurer d'être ex-rmpt de toute affection au péché véniel?»
Cas 1 II. Léon, prêtre très-instruii et trèszélé, admet à la communion fréquente , ex» horle vivement à la faire les personnes qui croient et qui révèrent avec dévotion nos sai ils mystères. Il conseille même la communion de chaque jour aux personne? qui à cette dévotion joignent, 1° l'exemption de toute faute vénielle pleinement délibérée; 2J le désir de leur perfecli n selon leur capacité. Quelques-uns de ses confrères l'accusent de relâchement, ont-ils raison?
R, Léon est dans les vrais principes : il conseille ce que le concile de Trente conseil e; Léon conseil e encore l'exemption de toute faute vénielle délibérée, et le désir do la perfection selon la capacité de celui qui communie; loin d être irop relâché, il est au contraire dans la doctrine des conciles, des docteurs et des Pères
Cas IV. On demande, 1" s'il est permis de donner la communion aux enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de raison; 2° à quel âge on doit admettre les enfants à la première communion; 3° si les enfants doivent faire leur première communion dans leur p roisse et par le ministère de leur curé? B. 1° L'antique discipline de l'Eglise étail
do donner la communion aux enfants. Saint Cyprien et le Sacramenlaire de saint Grégoire font mention de cet usage, qui s'est conservé dans l'église grecque. On y continue toujours d'administrer tout de suite les trois sacrements du baptême, de la confirmation et de l'eucharistie. Mais dans l'Eglise d'Occident cet us go est depuis longtemps aboli. Les irrévérences extérieures, quoique innocentes, quç commettent ces enfants, incapables de discerner le pain céle>te d'une nourriture commune, et le désir de concilier lui plus grand respect à ce sacrement, en ne le conférant qu à des personnes qui pussent l'honorer co urne il doit l'être, ont déterminé l'Eglise d'Occident à abroger la coutume de donner la communion aux petits enfants, et à atiendre que l'âge de discrétion les eût mis en état de connaître suffisamment les vérités ei les devoirs de la religion.
2* Age de la première communion. La soll citude pastorale a peu de fonctions aussi touchantes, et n'en a certainement pas qui 6oil d'une plus sérieuse conséquence que la première communion des enlants. En les disposant à un ;ictede religion si important, un pasteur doit continu) llemenl avoir devant les yeux qu'il va peut-être décider de leur sort éternel.
Nous ne pouvons pas puiser dans les canons <5e la première Eglise les règles pour l'atlmissi n des enfants à la première communion, puisque l'a icien usage de l'Eglise faisait, comme nous I avons dit, parlicip r à l'eucharis ie les plus petits enfants. La discip'ine actuel. e, confirmée par le concile de Latran et par celui de Trente, détermine le temps de la première communion à l'âge de discrétion. Cet e époque est fixée aux pasteurs non pour qu'ils admettent à la première communion tous 1 s enfants qui ont atteint l'âge de discrétion, mais pour qu'ils travaillent à les disposer et à les rendre dignes d'une si sa nte action. Il n'est pas toujours Facile de dé erminer dans les enfants l'âge de discrétion; il est plus difficile encore de donner à cet égard des règles communes ; il arrive plus tôt dans quelques enfants, plus lard dans d'autres; il dépend de la tournure de leur esprit, de leur caractère, de leur éducation. Il n'est pas rare de voir des enfants de dix ou onze ans plus instruits et plus formés que d'autres qui en ont quinze ou seize. Un pasteur vigilant observe avec soin les diverses dispositions des enfants confiés à sa sollicitude; il suit avec attention leurs progrès dans l'instruction et la piété.
Nous pensons , en général , qu'excepté quelques sujets rares, dans lesquels les dispositions préviennent les années, on ne doit pas espérer de trouver dans des enfants les connaissances pour recevoir Notre-Seigueur Jésus-Christ avant l'âge de onze ou douze ans. Nuis pensons aussi qu'en général il est à désirer que les premières communions ne soient point d ffé ées au delà de quatorze Ou quinze ans: de plus longs dél.iis ont louionrs de grands inconvénients. Plus on dif-
fère, moins les enfants on' de dispositions à apprendre, plus les passions se forifient, plus les habitudes vicieuses s'enracinent ; il faut considérer aussi que les enfants du peuple , devenant grands et forts, sont plus occupés au travail et ont moins de facilité pour fréquenter les catéchismes.
Quand on trouve dans les enfants a«sez de raison pour discerner le corps du Sauveur, de l'instruction et des mœtus reliées, avec un saint désir de recevoir le Sauveur, faites-les communier, n'eussent- ils que dix ans, dit la Méthode dedireciion. C'est la doctrine de saint Charles, et saint François de Sales disait qu'on devait faire communier les enfants de bonne heure; il appelait la pratique contraire une grande erreur.
Mais que faire à l'égard des enfants de treize à qua'orze ans, quelquefois même de quinze ans qui ne savent point ou presque poin; de catéchisme? Se contenter du strict nécessaire, leur apprendre ou faire apprendre les principaux mystères, l'oraison dominicale , le symbole des Apôtres , les commandements de Dieu, au moins qu nt à la substance . et les admettre à !a première communion. Dans un an , d ins deux ans , ils n'en sauron' probablement pas plus, et peutêtre mous. Les passions fortifiées présenteront une difficulté de plus; le temps delà conscription, d'un établissement arrivera ; ils rougiront de >enir apprendre le catéchisme, de n'avoir pas fait leur première communion; ils fuiront les prêtres et l'église, et vivront sans religion. Si au moment de la mot un prêire est appelé, quelle difficulté ne rencontrera-t-il pas pour administrer les sacrements à ce pauvre ign rant? D'ailleurs, comme le dit La Luzerne, il n'est pas juste d'exiger autant de ces enfants que de ceux qui ont plus de pénétration et de facilité, pourvu qu'on remarque en eux de la doclilé, de la dévotion et de la bonne volonté.
Ce que nous venons de dire ne concerne pas les enfants, les jeunes gens de seize ou de dix-sept ans, indociles et libertins : quelque âge qu'ils aient, tant qu'ils restent tels, ils doivent être exclus de la communi >n ; mais il est du devoir de leur curé de faire tous ses efforts pour les corriger, et de ne rien négliger pour les mettre en état de remplir le précepte de l'Eglise, et pour les rendre dignes de recevoir Jésus-Christ.
Aucun motif humain ne doit influer sur l'admission ou l'ex lusion des enfants à la première communion ; ni la petite prétention d'avoir re du capable un plus grand nombre de sujets , ni la prédilection pour quelques enfants , ni l'affection pour leurs parents. Be ucoup moins encore un pasteur peut-il se permettre d'en exclure quelquesuns parce qu'il aurait eu à se plaindre ou d'eux ou de leurs parents. Il ne doit pas même se laisser s «unçonner d'être mu, surtout dans une matière aussi importante, par une tel c considération. Il n'est pas rare de voir des parents qu'un zèle peu éclairé , un amour aveugle pour leurs enfants, ou d'au-
m COM COM 4 lu très motifs d'intérêt portent à désirer qu'ils à ia première communion un enfant qui fassent leur première communion avant le n'est pas de sa paroisse, qui n'y est que detemps convenable, et qui importunent l<'ur puis peu de temps, et qui n'y <-s même venu curé de so 1 citations à ce sujet* A <e> de- que p ut ne pas faire la promière eommuniat des indiscrètes, un véritable pasteur ré- nion de la main de so i propre curé? Ouel pond par des représentations dômes cl par que soit le moiif de l'enfant ou plutôt de ses des tefus fermes. Il remontre à ces aveugles parents, le cure qui k communie ne fait parents le tort qu'ils veulent faire à leurs rien de contraire aux lois de l'Eglise. enfants, et il ne se î. is^e jamais déterminer Peut-on donner la communion aux insenpar «i cune considération étrai gère au bien ses? C< Ile question n'est pas une question spirituel de ces jeunes âmes qui lui sont simple. Il y a une infinité de nuances de fo- COnfiees. lie, depuis l'imbécile né tel, qui a élé per-
3° La première commun on ne doit se péluellemenl en enfance, jusqu'à celui qui faire, même hors du temps pascal, que d ns n'a que des absences passagères; el la mal'ég ise paroissiale et par les mains du pro- nièie de se conduire dépend du degré de h'«r pre curé ou de celui qui en tient la pi ce, à déraison. Il faut aussi distinguer l'adminisrnoins que, pour de bonnes raisons, le curé traîion pendant leur vie, et lorsqu'ils jouisne permette, qu'elle se fasse ailleurs; mais sent de leur santé, de l'admini (ration à la dans ce cas, qui doit être fort rare < t qui ne mori. Ceux qui ont été continuellement inpeut regarder que quelques particuliers, il sensés, et en qui il n'a jamais paru aucun ne doit point oublier qu'il demeure toujours intervalle de raison, doivent être exclus de charge devant Dieu de l'événement de la la participation de l'eucharistie, tant p npremière communion, et que le discerne- danl leur vie qu'à l'article de la mort. Ils mem des âmes qu'il convient d'y admettre sont dans le même cas que les pli. s petits lui appartient. Le propre curé des enfants, enfants, ils n'en recevraient pas plus d'effets, pour leur première ermmunion, est celui de Ceux qui, sans être dans ee degré d'imbéleur résidence personnelle, el non pas, cillilé qui ressemble à l'enfance , n'ont comme pour le sacrement de mariage, celui qu'une faible lueur de raison, sont suscepdu domicile de leurs parents. Une discipline ti blés de quelque instruction ; ainsi lorstrès-sage , établie dans" p usieurs diocèses, qu'on peut croire qu'ils entendent les prindéfend aux curés de recevoir à 'a première cipales vérités de la religion, spécialement communion les enfants qui n'ont pas fait ce qui conce;nc les sacrements de la péniune résid. nce réelle el fixe de six mois dans tence el de l'eucharistie, et lorsqu'on les leurs paroisses, à moins qu'ils n'aient une voit dociles cl qu'ils donnent quelques marpermission de leur ancien curé. Quoiqu'un ques de piété, on doit les recevoir à 1 • comenfant n'ait pas encore passé dans son do- munion, non-seulement à a mort, mai» penmicile de fait le temps fixé par les tègle- danl Je cours de leur vie. Il vaut mieux rismonts du diocèse, si ses parents désirent quer de donner le sacrement à celui qui est qu'il y f.isse sa première communion, le incapable de le recevoir, que de priver celui curé du lieu d'origine de cet enfant doit se qui i eut en être capable, montrer facile el s'en rapport r au juge- Ceux qui sont tombés en démence, après ment de son confrère pour la première coin- * avoir eu l'usage de la raison et après avoir munion de cet enfant. Un curé ne doit rien élé instruits des vérités saintes, mais qui en tant craindre que de compromettre son mi- sont atteints continuellement et sans internistère , el éloigner la confiance des fidèles valle, ne doivent pas être admis à la commuen montrant ou du moins en paraissant nion d ms le cours de leur \i<>, puisqu'à chamontrer trop de susceptibilité au sujet de que moment il est clair qu'ils ne sont pas ses droits. munis des dispositions convenables, ,-^u mo-
Quelque générale que soit la loi qui attri- ment de la mort, quand ils ont perdu l'ubue au propre curé le droi' d'admettre ses sage de la parole, s'ils ont témoigné quelparoissiens à la première communion, elle ques désirs d' recevoir les sacrements, on souffre cependant une excepion. Ces! à l'é- peut espérer que la nature et surtout la gard des enfanls de l'un et de l'autre sexe , grâce ont f.iit un effort, el que le secours du pensionnaires, soit dans des couvenls, soit sacrement peut leur êire utile dans ce redans des collé-es, qui sont en possession de doutable passage. Nous croyons que dans les disposer à cet acte de religion. Il est aisé cet e circonstance on doit les administrer, de sentir que l'exception dé ouïe du même Mais s'ils sont toujours restés dans le même principe qui a fait établir la règle. Ces en- étal d'aliénation , sans aucun changement fants sont et mieux connus et plus conli- apparent dans leurs dispositions religieuses, nuellement préparés par les supérieurs qui on ne leur conférera pis le sacrement, on se les élèvent que par le cu:é de la paroisse , contentera de les absoudre. avec lequel ils n'ont pour l'ordinaire que Enfin ceux qui ont des intervalles lucides peu de relations. peuvent el doivent dans le c urs de leur vie
L'enfant qui peut faire sa première com- recevoir ce s crement, lorsqu'on est assuré
munion dans son domicile de fait conserve qu'ils sont dans leurs bons intervalles et
le droit de la faire dans son domicile de qu'on leur voit d'ailleurs les dispositions
droit. Celui qui a deux doinici es pourra convenables; quant à l'article de la tour»,
choisir pour sa crémière communion celui leur administration doit dépendre de l'état de
qu'il voudra. Mais un curé oeut-il admettre leur raison à ce moment, et le minisire doi'
toujours avoir devant les yeux ce grand nistrer les condamnés à mort. On doi sur
principe que les sacrements étant pour les ce sujet, comme sur lou^ les antres qui ;.■; —
hotnmps et non les hommes p>ur les saTe- partiçnnenl à la discipline, se conforme^
ments, dès (|u'il y a que que raison d'espérer aux usages de !'Eg ise dans laquelle on se
que le sacrement sera utile, il vaut mieux trouve. Les nôtres sont fondés sur la sorte,
risquer le sacrement que l'homme, et l'expo- d'irrévérence qu'il y aurait de faire entrer ie
ser à être conféré sans fruit, que de priver corps de Jésus-Christ dans un corps qui doit
un ch . élien de ses salutaires effets; ainsi être le même jour traité avec ignominie par
s'exprime le cardinal de a Luzerne. L'ar- l'exécuteur de la vengeance publique; sur
chevêqne de Reims ajoute : On doit les cpm- le troubla où le jugement doit jeter le ron-
munier, au moment de la mort, qu'ils ;>i«nt damné, trouble qui ne doit pas i< i lais er la
ou non recouvré l'usage de la raison, s'il n'y pré-ence ores prit nécessaire pour un a< te
a rien dans leur conduite passée qui les aussi important ; enfin sur la craint" de très-
rende indignes de la communion, pourvu fréquentes profanations de la paildesper-
touteiois qu'on n'ait à craindre aucune ir- sonnes souvent accoutumées au crime, et
rêvé ence envers le saint sacrement. plus frappées de la terreur de la peine que de
Doit-on donner la communion aux sourds la douleur du péché,
et muets de naissance? On ne doit pas la A ces raisons, apportées par un grand,
leur donner légèrement et sans les avoir même par le plus grand nombre des Rituels
examinés. Si on ne voit pas qu'ils aient une et des théologiens français , renouvelées
idée suffisante de la religion, il faut lus ex- dans ces derniers temps par le ordinal de
dure. Mais si, après les avoir éprouvés, ils la Luzerne, Gousset répond que ce n'est
paraissent instruits des principaux mystères point diminuer les honneurs qui sont dûs à
de la foi , s'ils assistent avec respect au saint la victime de nos autels que d'en rendre
sacrifice, s'ils sont de bonne conduite, s'iis participants ceux qui vont achever de laver
témoignent au prêtre, par des signes exté- leur cr me dans leur sang, puisque tout ce
rieurs, de la douleur des fautes qu'ils coin- qui est salutaire aux hommes ne pei.t ja-
metlent; si on voit qu'ils discernent le pain mais déshonorer cette divine hostie qui est
céleste du pain commun, et qu'ils on! p ;ur pour leur salut, il est donc à désirer, dit-il,
l'eucharistie une vénération particulière , que les évoques de France fassent revivra
alors i! convient de les y faire participer. On les anciens règleme ts des églises de Reims,
ne doit pas les en priver >ous le prétexte de Paris et de Câmbr i, et introduisent dans
qu'ils ne paraissent avoir qu'une idée con~ leurs diocèses respectifs, poureequi regarde
fuse du sacrement, puisque l'Egl s:1 l'a long- la communion des condamnés à mort, ce qui
temps conféré .iux enfants qui n'en avaient se pratique généralement ailleurs, confor-
pas de plus grande notion. méinent aux décrets des souverains pontifes
On demande si on dot donner la commn- et des conciles. C'est l'esprit de l Eglise ,
nion à ceux qui sont condamnés à m >rt? La c'est l'esprit du Sauveur du monde qui est
discipline de l'Eglise de France el ce le d'Es - venu principalement pour les pécheurs, qui
P'igne , contraire en ce pont à celle de l'ta- a demandé grâce pour ses bourreaux, qui a,
lie et de l'Allemagne, e^t de ne point adml- exaucé le larron sur la croix.
COMMUNION DES MALADES. Voij. Malade, Viatique.