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CONTRITION

La contrition est une douleur de l'âme et une détestation des péchés qu'on a commis, avec une ferme résolution de n'en plus commettre à l'avenir. Pour être véritable , elle doit être, 1° Intérieure, c'est-à-dire, dans le fond du cœur. 2° Souveraine, c'est-à-dire, nous faire haïr le péché plus que tout autre mal. 3° Universelle, en sorte qu'elle s'étende à tous les péchés au moins mortels. k° Surnaturelle, parce qu'elle doit disposer à la grâce, et que les mouvements de la nature seule n'y disposent pas.

II y a deux sortes de contrition : l'une parfaite, qui est un regret d'avoir offensé Dieu, causé par le motif de sa bonté infinie; l'autre imparfaite, qu'on appelle communément altrition, et qui naît ordinairement de la considération do la laideur du péché, ou de la crainte qu'on a d'en être puni dans l'enfer, laquelle crainte est un don de Dieu, quand elle est inspiré;' par le Saint-Esprit, et dispose le pécheur à devenir ju^le, pourvu qu'elle exclue la volonté de pécher, et qu'elle soit accompagnée dt l'espérance du pardon. L'atlrition suffit pour recevoir avec fruit le sacrement de la pénitence, pourvu qu'elle renferme un amour de charité au moins commencé; c'est-à-dire, que le pécheur commence à aimer Dieu, comme source àe toute justice.

On est tenu à s'exciter à la contrition, 1° dès qu'on s'est rendu coupable d'un péché morîel, 2° quand on se trouve en péril de mort, 3° lorsqu'on va administrer ou recevoir quelque sacrement, et qu'on croit être en état de péché mortel, et qu'on est dans l'impuissance de *o confesser.

Cas I. Gralien est demeuré trois mois en différemment, à moins que le pécheur ne se péché mortel, sans l'avoir même détesté par trouve ou en dangerdemort,ou dans un fléau un acte de contrition, quoiqu'il y ail souve.it public, qui l'oblige à apaiser la colère de pens'. A t-il commis autant de péchés qu'il Dieu, ou dans la nécessité de recevoir (U y a pc... j de fois sans l'avoir délesté? d'administrer quelque sacrement. Leurs rai-

II. Saint Antonin dit, après saint Thomas, sons sont que le sentiment de saint Antoniu Paludanus, saint Bonaventure, etc., que, n'est bon qu'à multiplier les péchés , cl que quoiqu'un homme ne soit pas obligé à se tout homme qui aurait fait une faute moiconfesser, quand il a péché mortellement, il telle serait aussitôt coupable d'une seconde, est obligé de faire un acte de contrition; et en ne se repentant pas de la première; ce qu'ainsi, s'il y manque, il fait un péché d'o- qu'aucun confesseur n'admeldans la pratique, mission , qu'il réitère toutes les fois que son et ce qui je lierai! les consciences dans mille péiïië se présente à sa mémoire. Melch. Ca- scrupules mal fondes. Celte seconde opinion nus, Navarre, Médina, Sylvius, etc., pensent nous paraît la plus probable.

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— Pour moi, je la crois três-Tausse, et je ne doute pas que sa pratique n'ait damné un million de pécheurs. Au reste, ce grand embarras, ces mille scrupules qui effraient si fort Mi P. se terminent à demander aux pénitents si , après avoir péché mortellement, ils ont été longtemps sans en demander pardon à Dieu, etc. Voyez ma Morale, loin. X, p. 348 et suiv.

Cas II. Gellius étant en péché mortel, tombe dangereusement malade dans un lieu où il ne peut avoir de confesseur: est-il tenu, sous peine d'un nouveau péché mortel, de faire un acte de contrition?

11. Il y est obligé, et par l'intérêt de son propre salut , et par la nécessité de réparer au moins, dans une circonstance si critique, l'injure qu'il a faite à Dieu, sans quoi il se remirait coupable d'un nouveau péché , qui est l'impénitence.

Cas III. Hilarion s'étant confessé de plusieurs péchés mortels n'en a eu qu'une alt: i lion , qui ne provenait que de la considération de la laideur du péché et de la crainte des peines de l'enfer, mais qui était accompagnée de l'espérance du pardon. À-t-il pu être justifié par là avec le sacrement?

R. Le concile de Trente demande pour la justification dans le sacrement, outre la foi et l'espérance du pardon, un commencement d'amour de Dieu, comme source de toute justice. Ainsi Hilarion, qu'on suppose n'en être pas venu jusque-là, n'a pas obtenu la rémission de ses péchés.

— Si toute grâce est charité, comme le prétendent certaines gens , il y a sur celle matière bien des cris et bien des questions inutiles.

Cas IV. Salo ayant commis dix péchés mortels s'en est confessé, et en a formé un acte de contrition le plus parfait qu'il a pu ; mais il n'a point pensé à former la résolution de n'y plus retomber. Ses péchés lui sont-ils pardonnes, sans aucun acte de bon propos?

R. Cet acte de contrition renferme un bon propos implicite, qui suffit pour sa justification. C'est ainsi que, sans bon propos formel, David fut justifié en disant, peccavi Domino. Voyez Sylvius, in suppl. quest. 1, a. 1.

Cas V. Philon s'étant accusé d'un grand nombre de péchés différents n'en a eu qu'une contrition générale. Cela suffit-il?

R. Oui: autrement un homme coupable de mille péchés mortels, et qui, comme le bon larron, n'aurait plus qu'un quart d'heure à vivre, ne pourrait rentrer en grâce avec Dieu.

Cas VI. Satyr ayant confessé Eusèbe, qui s'est accusé de dix péchés mortels , et lui ayant demandé si sa contrition était souveraine, c'est-à-dire, s'il avait une douleur qui n'en eût point d'égale, il lui a répondu

qu'il ne sentait point celle douleur. Ce curé a-l-il dû l'absoudre?

R.Si Eusèbe a voulu dire qu'il n'était pas aussi fâché de ses péchés qu'il le serait di> la perte de ses biens, feu sorte qu'il no fût pas disposé à tout sotffrir plutôt que d'offenser Dieu, sa contrition a été fausse. Mais s'il a seulement voulu dire qu'il ne sentait pas aussi vivement sa douleur que celle de tout autre mal qui pourrait lui arriver, quoique d'ailleurs il fût disposé à tout sacrifier pour Dieu , sa contrition n'a pas laissé d'être bonne. La sensibilité ne dépend pas de l'homme, et ainsi elle ne peut lui être commandée.

—Il est bon de remarquer, avec Sylvius, qu'il y aurait bien de l'imprudence à deman^ der en détail à un pécheur, s'il serait prêt à tout perdre, à être brûlé vif, etc., plutôt que de retomber. Descendere in talibus ad sir.~ guldy dit saint Thomas, est indueere hominem in tenlationem.

Cas VIL Julite s'est confessée de quelques péchés véniels, sans en avoir eu de contrition, ni le dessein de s'en corriger. Ce» péchés lui ont-ils été pardonnes par la vertu du sacrement?

R. Si Julite n'a pas eu une contrition au moins implicite de ses péchés, non-seulement elle n'en a pas reçu le pardon , mais elle a commis un sacrilège, en rendant nul, par sa faute, le sacrement.

Cas VIII. Martine ne s'étant confessée que de péchés véniels en a eu à la vérité de la contrition, mais elle n'a pas fait une sincère résolution de n'en plus commettre aucun à l'avenir. Sa contrition a-l-elle été suffisante?

R. Oui , si elle a résolu d'éviter les péchés véniels en particulier, dont elle s'est accusée, et de travailler à s'en corriger autant qu'il lui sera possible, quoique son bon propos ne s'étende pas sur tous les péchés véniels en général, étant impossible à l'homme de les éviter tous, comme dit saint Thomas, in k. dist. 16.

— Si M. P. veut dire que le sacrement est nul, quand un pénitent n'a pas eu une vraie douleur de tous les péchés véniels dont il s'est accusé, quoiqu'il eût une vraie douleur de quelques-uns d'eux, je crois son sentiment très-faux. Voyez le 10e vol. de notre Morale, ch. h, p. 328. Nota qu'il est très-bon de s'accuser d'un péché mortel de la vie passée, quand on n'a que des péchés véniels à dire. Mais celle accusation peut et doit souvent se faire d'une manière générale: et il faut toujours que l'acte de contrition tombe sur ce péché, comme surles autresdont on s'accuse.

Voyez Absolution, Cas VI et VU; Confession, Cas I, II, III, V, VU, XX, XLII, XLVTI1, L et LL

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