‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 225 sur 448 · CRAINTE · texte numérisé non relu

CRAINTE

La crainte est un mouvement du cœur, un trouble de l'esprit qui redoute un mal dont on se croit menacé. Ce mal peut être léger ou considérable , le sentiment de crainte peut être plus ou moins vif; c'est ce qui fait distinguer deux sortes de crainte : l'une, qui est produite parla menace d'un mil considérable, et qu'on appelle crainte prave; l'autre, qui vient de l'appréhens on d'un mal léger, et qu'on nomme crainte légère , viine. Pour juger de l'une et de l'autre il faut avoir égard à l'âge, au caractère , au sexe. Quoique la crainte et la violence aient beaucoup de rapport ensemble, que la première soit souvent l'effet de la seconde, il y a néanmoins entre elles quelque différence. La violet) e suppose un mal présent ; la crainte un mal futur dont on est menacé. Il ne. faut pas confondre les actions fuies par crainte, et dont elle est le principe, avec celles qui se font avec crainte mais par un autre motif.

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Quel que soit le mal dont on est menacé, pourvu qu'on n'ait pas entièrement perdu la tête et qu'on n'en soit pas soudainement troublé au point de ne savoir plus ce que l'on fait, il est certain que les actions faites par la crainte de ce mal sont véritablement libres et volontaires elles ont les deux qualités qui conslitu nt les actions libres : la connaissance de l'entendement et le choix de la volonté; par conséquent elles sont imputables a celui qui les l'ait. Un péché fait par crainte, fût-ce de la mort même, n en est pas moins un pèche.

Ouoique les actions faites par crainte soient réellement volontaires , comme elles ne se font qu'avec répugnance, elles n'ont pas. dans toute son étendue, la honte et la malice qui leur convient naturellement. Celui que la crainte conduit et domine ne se porte point de lui-même à la vertu et nu vice; il est donc et moins verlmux et moins coupable.

d'employer tous les moyens possibles pour se soustraire à ce qu'on exige d'eux.

Les engagements contractés sous l'impression d'une crainte grave sont-ils nuls de plein

Suivant l'art. 1117 du code civil , la convention contrariée par vio'ence n est point nulle de plein droit; elle donne seulement lieu à une action en nullité ou en rescision. La plupart des canonistes sont ici d'accord avec le code civil, si ce n'est quand il s agit du mariage et de quelques autres act s. Mais, au tribunal de la conscience, celui qui , par crainte grave , a fait un contrat peut l'annuler, le rescinder lui-même , et si de cette convention contractée par violence , il est résulté pour lui quelques dommages, il peut, de sa propre autorité, user de compensation, si la partie adverse refuse de lui donner satisfaction.

Cas. Belvire voyant son fils sur le point Cependant, si celte somme de 10,000 francs de se noyer a promis 10,000 francs à Joannis était , eu égard à la fortune de Belvire, s'il parvenait à le sauver. H dit que c'est la énorme, de nature a le mettre à deux doig s crainte qui lui a fait faire cette promesse ; il de sa ruine, on pourrait penser que la crainte refuse de la tenir. A-t-il raison? avait égaré sa raison, et cette somme pro-

B. Non , car la crainte de voir périr son mi*e à itre de récompense pourrait être refils ne lui a pas ôté le consentement néces- du>(e par des hommes prudents. \ oyez Lmcessaire pour la validité d'une convention, pêchement au mariage.

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