DIS DIS
Les anciennes dispenses qn'accordaii autrefois l'Eglise ne se donnai' nt qu'après le pèche commis, au lieu qu'aujourd'hui on demande et l'on obtient souvent des di-penses pour s'exemnter d'observer les règles de l'Eglise , quelque justes qu'e les soient. C'est pour o! uer a ce ruai que saint Augustin , en' parlant de l'indigence qu'a\.n l'Eglise pour le» donati-tes qui se convertissaient, à qui eile permeliait de demeurer dans la dignité qu'ils avaient occupée auparavant . dit que les pasteurs ne doivent accorder des dispenses que lorsqu'ils sont persuades qu'il v a une juste compensation des biens qu'elles procurent \ec les maux qu'elles tolèrent : Hoc non fieret , dit ce Père, quoniam r&ceïa (quod faeiendum r«t lieri non deberel , scilicet ut post pœnilenliam cterici vel eliam episcopi permanerent} ntst Mets ipsius eompensatiokt sanaretur : sed sibi hoc dicant $l multo uuxime humliltr doleant qui in (anta morte prœtisiênh jacent ; ut iito quodam vulnert matrU catholicœ reti- *... Detrahendmm e»t aliquid stteritati, ut majorions malis sanandis caritas sincera subvtni i(. Ainsi l'on doit examiner avec soin et avec pru ieiue le> m >iifs qui peuvent porter à accorder une dispense, tels que sont lux de la crainte d'un scandale, le bien de la religion en général on en particulier , le mérite ou la science, la dignité ou les bonnes mœurs de celui qui demande la dispense, le grand no,, bre des coupables qui en ont besoin , l'ignorance de la loi ou la bonne toi, l'espérance d'un plus grand bien et plusieurs autres motifs semblables.
Quand une dispense a é'é une fois accordée par le pape, elle subsiste après sa mort.
Une dispense peut ère invalide, ou parce qu'elle est obreptice, c'esl-a-dire parce qu'on l'a obtenue sur un faux expose, ou parce qu'elle est sulr-piice , c'est-à-dire parce qu'on n'a pas exprime une vérité qu'il était nécessaire de déclarer pour l'obtention de la dispense.
On peut diviser la dispense en dispense tacite et en dispense expr sse. La première est quand , pair etemple . le pipe accorde un bénéfice à celui qu'il sait ère su>pens , ou le roi un office à un homme qu'il sait n'avoir pas encore l'âge requis par ses ordonnances ; car alors celui qui a ele pourvu du bénéfice "U de l'office est censé avoir été en même temps tacitement dispense de l'inhabilité où il était. La seconde est celle où est exprime le terme us. Lu Fiance , l'usage est de n'y reconnaître pour valide aucune dispense accordée | ar le pave sur une chose au sujet de la juelle les saints canons ne lui permettent pas de dispenser, et qui es! contraire à nos maximes.
On j eut voiir sur cette matière les principaux auteurs qui ont traité des dispenses en général . comme Chassane et Charondas. ma s surtout saint Bernard, où vous trouverez cette matière éclàircie par un gràrtti nombre de passages qui sont rapportes dans les décisions des titres qui concernent les dispensés.
Voyez ci-après les titres des dispenses particulières.
Cas 1. Le supérieur peut-il toujours ac- q. 3, art. 3; mais il peut dispenser des autres
corder des dispenses , quand ou les lui demaude pour des causes qui lui paraissent est
K. Le supérieur peut dispenser pour de bonnes raisons des lois purement humaines , parce que la même autorité qui les a établies peut en lever l'obligation ; mais il ne ne peut dispenser ni des lois du droit naturel, parce qu'elles sont immuables , ni de celles qui sont de droit divin , parce qu'el es em inenl d'une autorité supérieure à la sienne, el qu'elle ne peut eu dissoudre le lien, sinon dans les cas où D:eu lui-même lui a permis de le faire en son nom: et c'est pour cela que l'Kgiis ■• peut quelquefois dispenser des vœax el des serments , comme elle peut remetre les péchés.
C\> IL Un théologien et un canomste disputent si le pape peut , par la plénitude de puissance qu'il a dans l'Eglise, dispenser validemenl des choses instituées par les apôtres : l'un l'affirme et l'autre le nie, lequel a raison?
R. Us l'ont tous deux à différents égards ; car le pape n'a aucun pouvoir de dispenser dans les choses insinuées par les apôtres, lorsqu'elles sont de droit naturel ou qu'elles sont de foi , ou qu'el. es regardent ce qui est essentiel aux sacrements. Quantum ad m quœ $unt de jure naturaii., et qaantu'n ad ^a qui»
ratnentorttm et jMLsi soal les termes de saint Thomas, in + dist. 27,
choses, l'Eglise a\ant encore aujourd'hui le même pouvoir d établir ou d'abolir qu'elle avait au temps des apôtres. Sed in attis qui nslitutione apostolorutn , ajoute ce saint, cum Kcclesia habeat nunc eamdem potestatem siatuendi et destruendi quam lune habuit , polest per eum qui primàtutn in Ec-
- ; tenet iùpensari. C'est par celte distinction qu'on peut mettre le iheologien et le canoéiste d'accord >ur la difficu te proposée , et c'est pour cela qu'elle dispense de la bigamie, quoique instituée par sainl Paul.
— Verbiage, quant à la première partie. Les apôtres onl-ils institue ce qui regarde le droit naturel , la foi ou la substance des sacrements?
Cas 111. Détnétriade, fille d'une pieté singulière, a dessein de faire profession d ms un monastère de capucines ; elle y demeure depuis dix ans , elle a une entière connaissance des austérités qui s'y pratiquent, elle les pratique souvent eile-mè. e par dévotion , e' toules let, relig;eoses seul pareillement miormees de la bonne qualité de son esprit et de ses bonnes mœurs. Peut-elle obtenir du pape la dispense de l'aûnee de la probation?
K. Elle le peut , et le pape peut la donner, puisque l'année de probalion établie par le C mi ile de Trente n'est que de dro<t positif, et que le pape dispense dû droit positif, quoiqu'établi par les apôtres , comme il parait
observés, et qu'il appréhendait fort de transpresser encore à l'avenir. Ce confesseur, qui d.ms ce cas pont l'absoudre des cas réservés au pape même, ne peul-il pas lui accorder la dispense qu'ildemande, après lui avoir donné l'absolution sacramentelle?
R. Un prêtre ne peut, en cas de mort , que ce qui est nécessaire au salut de son pénitent; il ne peut donc le dispenser de ses vœux , ni les lui commuer, et c'est, dit Navarre , le sentiment de tous les docteurs. C'est pourquoi il faut , pour assurer son salut sur ce point, qu'Offilius prenne une forte résolution d'être à l'avenir plus exact à les exécuter, ou qu'il en obtienne une légitime dispense du supérieur.
par l'exemple de la bigamie, et qu'enfin la piété de cette Glle et la longue épreuve qu'elle a faite sont des raisons assez foriez pour la dispenser. Cependant comme il pourrait arriver qu'une telle dispense fût déclarée abusive par les parlements, comme étant contraire au 20e article de l'édit de Blois, qui ordonne la nécessiié d'une année de noviciat pour une profession valide, il est à propos que Démétriade et son couvent prennent des, mesures du côté de l'autorité séculière , * et plus à propos encore qu'elle suive le train commun et qu'elle fasse un bon noviciat.
Cas IV. OffiliuSy étant dans un péril évident de mort, a prié son confesseur de lui accorder la dispense de quatre vœux qu'il avait faits, mais qu'il avait souvent très-mal