DISPENSE DE LA SIMONIE
Il y a deux sortes de simonie : l'une de droit naturel et divin, comme est celle qu'on commet en achetant un bénéGce; l'antre de droit ecclésiastique, comme d'apposer dans une résignalurn ou dans une permutation quelques clauses défendues par l'Eglise. Le pape même ne peut jamais accorder aucune dispense valide à l'égard de la première; mais il le peut à l'égard de la seconde. Quand la simonie n'est que mentale, ou qu'elle ne regarde ni la réception des saints ordres, ni les bénéfices, nï I entrée en religion, celui qui en est coupable en peut être absous par son confesseur ordinaire, et n'a besoin d'aucune dispense, n'ayant en ce cas encouru aucune peine canonique, quoiqu'il ait gffèV) -ment péché. Les
évoques de France ont, à la vérité, le pouvoir d'absoudre du péché de la simonie, même réelle, et <le réhabiliter un simoniaque à l'exercice de se9 ordres; mais il n'y a que le pape qui puisse, par une dispense, le réhabiliter au litre du bénéfice, et lui accorder la condonation des fruits.
Cas 1. Le pape peut-il par la plénitude de sa puissance dispenser de la simonie en permettant de faire ce qui autrement serait simoniaque?
R. Le pape peut bien dispenser de la simonie purement ecclésiastique, puisqu'elle n'est fondée que sur une loi humaine; mais il ne peut dispenser de celle qui est de droit naturel et divin, puisque, selon saint Thomas, 2-2, quœst. 100, art. 1 : Papa potest incurrere vitium simoniœ, sicut et quilibet alius homo... et ideo si reciperet pro cliqua re spirituali pecuniam de reditibus ecclesiœ alicujus, non careret vitio simoniœ. Voyez Simonie, Cas XL1X.
Cas IL Fauste et Flavien ont disputé si l'évêque a droit de dispenser des peines canoniques portées contre les simoniaques : Circa ordines aut bénéficia. Que faut-il penser sur celie matière?
R. Les simoniaques encourent 1° l'excommunication ipso facto, lorsque la simonie est réelle, et qu'elle a été exécutée de part et d'autre; 2° la suspense de l'exercice des
l'acte fait par simonie, par rapporta la collation du bénéfice, d'où s'ensuit l'obligation de s'en démettre. * Les évêques, en France, absolvent des deux premiers genres de peines quand la simonie est occulte, mais la troisième est réservée au pape. Voyez le cas suivant.
Cas III. Bertaud, qui a obtenu une cure par une simonie volontaire, mais occulte, a eu recours à son évèque pour obtenir l'absolution du crime de simonie, sa réhabilitation et la condonation des fruits qu'il a perçus : l'évêque n'a-t-il pas le pouvoir de lui accorder ces grâces?
R. L'évêque peut l'absoudre de son crime et des censures qu'il a encourues, si elles sont occultes ; mais il n'est pas en son pouvoir de le réhabiliter au titre de son bénéfice, et encore moins de lui accorder la condonation des fruiis qu'il en a perçus injustement et sans une institution canonique. Il doit donc le ren\ oyer au pape, à qui il faudra expliquer son intrusion.
Voyez le litre Simonie.
ordres qu'ils ont reçus; 3e la nullité de