‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 279 sur 448 · DISPENSE DE LA RÉCITATION DU BRÉVIAIRE · texte numérisé non relu

DISPENSE DE LA RÉCITATION DU BRÉVIAIRE

Cas I. Un docleur célèbre prétend que le pape même ne peut dispenser du bréviaire. A-t-il raison?

R. Non; car, quoique la prière, considérée en général , soit de droit divin , et que par conséquent l'Eglise même n'en puisse pas totalement dispenser, il est pourtant sûr qu'un certain nombre, ou un certain ordre de prières, n'est que de droit purement humain : ce qui est évident par la diversité des offices divins qu'on récite dans les différentes églises de tout le monde chrétien. Or l'on ne peut nier que le pape ne puisse validement dispenser de ce qui a été établi par le seul droit ecclésiastique. Il peut donc pour une cause légitime dispenser celui qui, à raison d'un ordre sacré ou d'un bénéfice, est obligé à la récitation du bréviaire , en changeant celle obligation en quelque autre œuvre pieuse convenable, et qui soit capable de la compenser. Mais comme une telle dispense regarde une matière qui est de droit commun, il n'appartient qu'au pape seul de l'accorder; ce qu'il fait quelquefois , peut-être trop facilement, en faveur des jeunes bénéficiers jusqu'à l'âge de quinze ans.

A l'égard des évêques , tout ce qu'ils peuvent faire, c'est de permettre le changement de l'usage du bréviaire pour quelque cause raisonnable ; mais ils ne peuvent pas réformer le bréviaire de leurs diocèses sans le consentement de leurs chapitres; et même

Dictionnaire de Cas i>e covscienci:.

sans avoir obtenu des lettres patentes du roi qui autorisent ce changement, comme nous le disons ailleurs. Voyez la remarque sur le cas suivant.

Cas II. Blosius , chanoine, âgé de douze ans, étudiant en troisième, a obtenu un bref de Rome qui le dispense de la récilalion du bréviaire jusqu'à ce qu'il ait achevé ses humanités, parce qu'en récitant le grand office entier, il ne lui resterait pas un temps suliisant pour satisfaire à ses devoirs de classe. Peut-il se servir de cette dispense en sûreté de conscience?

R. Il ne le peut, 1° parce qu'autrement on pourrait a fortiori en dispenser celui qui étudie en philosophie, parce que celle étude demande plus de temps; 2° parce que l'obligation de réciter 1 oifice divin doit l'emporter sur la nécessité de l'étude, à laquelle on peut toujours satisfaire, en y employant quelques années de plus qu'on n'eût fait si l'on n'avait pas été obligé au bréviaire; 3° parce qu'il sera facile à Blosius de trouver assez de temps pour son office et ses devoirs de classe , s'il l'emploie comme il le doit, et qu'il retranche celui du jeu et des autres amusements où les enfants de son âge se laissent emporter ordinairement avtc passion, et sur lesquels un clerc déjà bénéficier est obligé de se modérer beaucoup plus que tout autre.

— L'auteur des Conf. d'Angers dit, ton sur les contrats, que les évêques permette J. 21

de réciter le pelit office au lieu du grand, à serais leur en faire un crime. Au reste, M.

ceux qui n'ont pas encore quinze ans, quand Ponlas suppose faussement qu'on accorde

leur bénéfice est si mince qu'il n'atteint pas des dispenses pures et simples comme celle

la plus petite somme de celles qui sont taxées dont il parle, dans les diocèses pour servir de litre. Je u'o-

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