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DOMESTIQUE

Un domestique est celui ou cei.e qui sert dans une maison en quelque qualité que ce soit. Ainsi un écuyer, un intendant, un maître-d'hôtel, un valet de chambre, un laquais, une femme de chambre , etc. , sont des domestiques. Leurs devoirs consistent, 1* à rendre , selon leur pouvoir, tout le service qu'ils doivent à leurs maîtres et maîtresses; 2* à se contenter du prix convenu entre leurs maîtres et eux, sans pouvoir rien prendre ni retenir de plus, sous quelque prétexte que ce soit; 3° à respecter leurs maîtres et à leur rendre, comme dit saint Paul , une entière obéissance , tanquam Christo , en tout ce qui concerne leur devoir et en ce qui n'est point contraire à la loi de Dieu, ou à leur salut, ni à la charité du prochain ; h' à leur être parfaitement fidèles, c'est-à-dire à ne leur faire aucun tort, et même à conserver leur bien comme le leur propre, et à leur donner avis en gardant les iè«lcs de la charité prescrites par l'Evangile, du dommage que d'autres leur pourraient causer : à quoi l'on doit ajouter l'étroite obligation où ils sont de garder la fidélité du secret

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sur tout ce qui concerne l'intérêt de leurs maîtres ; 5' à ne pas quitter leurs maîtres sans les en avertir un temps raisonnable auparavant, à moins qu'ils n'en aient une raison légitime et pressante.

Domestiques , avez-vous méprisé vos maîtres , vous étes-vous moqués d'eux , les avez- Vous tournés en ridicule? Si ce mépris est grave, péché mortel ; sinon, péché véniel.

Avez-vous raconté les défauls de vos maîtres ou fait connaître des secrets de famille dont la révélation pouvait nuire à leur réputation? Si c'est avec pleine adverlance , et qu'il en résul'e pour vos maîtres un tort considérable dans leur honneur ou dans leurs biens , vous avez pé'hé mortellement, et vous êtes obligés à réparer le tort que vous avez causé.

Vous êtes-vous laissés aller à l'emportement, à des injures, à des imprécations contre vos maîtres? Si elles sont graves et faites avec délibération , péché mortel ; sinon, péché véniel.

Les avez-vous fait mettre en colère de propos délibéré et sans raison suffisante? Péché mo'tel , si vous avez pu prévoir que la colère dût être grave. •

Avez-vous refusé d'obéir à votre maître sans motif, en matière importante et lorsqu'il vous commandait justement et sérieusement? Péché mortel* si le commandement n'était ni juste ni important, péché véniel.

Avez-vous accompagné de murmures, de réponses arrogantes, votre obéissance ou vos désobéissances?

Si , dans ces réponses et ces murmures , il y avait injure grave , vous avez péché mortellement. Si le manque de respect était léger, votre péché n'est que véniel. S'ils vous ont commandé des choses contraires à la loi de Dieu, avez-vous obéi? Votre péché est mortel ou véniel , selon que l'ordre qui vous était fait était mortellement ou véniellemenl contraire à la loi de Dieu ou de l'Eglise.

Avez-vous favorisé sciemment leurs intrigues criminelles ? Vous êtes, dans ce cas, devenu complice de leurs désordres. -Péché mortel. Ne vous êtes-vous point prêtés, par une complaisance coupable, à des désirs criminels? Dès que vous vous en êtes aperçus, vous deviez prendre consril et fuir une maison où votre >ertu n'était pas en sûreté. Laissez, s'il le faut, comme Joseph, votre manteau entre les mains criminelles qui voudraient vous rendre coupable; perdez tout, plutôt que de perdre votre âme.

Avez-vous volé vos maîtres? Leur avez-vous fait tort , prenant dans la maison du pain , du vin, contre leur volonté, pour donner à vos parents, à vos amis, pour faire des oarties de plaisir, ou payer des ouvrages que vous deviez faire par vous-mêmes ?

Avez-vous , par une négligence considérable , laissé dépérir ou égarer ce qui était confié à vos soins, n'avertissant pas vos maîtres des dommages qu'on leur fait, les quittant sans raison avant le terme, vous compensant injustement sous prétexte oue votre salaire est trop modique?

Entre domestiques de différentes maisons, vous êtes-vous plaints mutuellement de vos maîtres, avez-vous murmuré, vous étes-vous donné les uns aux autres des conseils de révolte ou d'infidélité?

Avez-vous eu, à l'égard des enfants confiés à vos soins et à votre vigilance, les attentions et la délicatesse d'une mère, dont vous tenez la place? Quel horrible crime, si vous favorisiez leurs passions, leurs inlrigues, si vous étiez vous-mêmes les corrupteurs de l'innocence de ces enfanis.

Avez-vous refusé à vos maîtres le service qu'ils ont droit d'exiger oe vous? C'est comme si un marchand refusait de livrer la marchandise qui lui est payée, comme s'il la donnait de mauvaise grâce, en grondant, ou en en retranchant une partie. Ce refus de service devient grief à proportion du tort que vous faites à vos maîtres?

Cas 1. Françoise demeure depuis un an au glise; qu'il la voulût contraindre d'assister à service d'Flelvidius, hérétique public, qui ses prières ou à des assemblées de sa fausse lui laisse une pleine liberté de s'acquitter des religion, ou enfin qu'elle se trouvât en dandevoirs de la religion catholique , et elle ger d'offenser Dieu à l'occasion du service s'en acquitte exactement. Est-elle néanmoins qu'elle lui rend, elle serait obligée en conobligée en conscience à quitter ce maître à science de le quitter et de le regarder comme cause de sa religion ? une pierre de scandale par rapport à son

R. Saint Paul ne défend pas aux nueles de salut, servir des païens ou des hérétiques, et Ori- Cas 11. Ladislas, chrétien, s'est mis à Bel-

gène vécut longtemps avec un fameux sec- grade au service d'un Turc. L'a-t-il pu sans taire. Françoise peut donc demeurer avec péché?

Helvidius, pourvu que le service qu'elle lui R. Il est non-seolement permis à un chré-

rend ne préjudicie en rien aux devoirs de sa tien de servir un infidèle, mais ceiaest même religion ; car si son maître la faisait travail- quelquefois utile pour la défense des autres 1er les jours de fête à des œuvres serviles, fidèles, ainsi que le prouve saint Thomas par ou qu'il ne lui donnât pas le temps d'assis- l'exemple de saint Sébastien, qui était au serter à la messe les jours d'obligation et aux vice de l'empereur Dioclétien. C'est pourinstructions qui lui sont nécessaires, et qu'il quoi l'Eglise toléra que des chrétiens renia sollicitât à renoncer à la religion calholi- dissent service à Julien l'Aposlat et qu'ils lui que, ou qu'il ne lui permît pas d'observer obéissent dans les choses qui ne blessaient l'abstinence et lé jeûne commandés par TE- pas la foi.

Cas III. Alpins , ayant porté depuis long- ginem, et multoties eidem subservit, deferendo temps des lettres à une dame de la part scalam, aperiendo januam, aut quid simile d'Alphonse, son maître, a connu qu'il avait cooperando, non peccat mortalitcr, si id faune intrigue d'amour avec elle. Peul-il con- cial metu noiabilts damni ; pwa ne a domine tinuer les mêmes messages pour se conser- maie tractetur. ne torvis oculis aspiciatur, ne ver avec Alphonse qui lui donne de gros ga- domo expellatur. Ce pape défend'de soutenir ges, et de qui d'ailleurs il espère sa fortune ? celle pernicieuse opinionsous peine d'exeom-

R. Il ne le peut pas, parce que celle ac- munication ipso facto, dont il réserve l'ahso-

lion est mauvaise de si nature, et que par lution au saint-siége, excepté seulement à

conséquent elle ne peut être rectifiée par au- l'article de la morl.

cune bonne intention. C'est pourquoi Inno- Voyez Restitution-, Cas GenesiusL. Di-

cent XI, entre plusieurs autres propositions, dace LXXV, Géraud LXXVH, Dnnat

condamna celle-ci, ><um. 51 : Famulus, qui LXXXIX. Bhésilt XCVII, Cnniixius CXT,

submissis humer is scienler adjurât herum suum il y a CXVII, Macrabius CXXXil ascendere per fenestras, ad stuprandum vir-

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