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ÉCROUELLES

Les écrouelles, en latin strumœ, scrofœ et sodellœ, sont un mal qui consiste en des tumeurs ^anguilles, remplies d'humeurs froj les qui arrivent aux parties du corps qui sont glanduleuses et principalement à la gorge. Elles s nt souvent causées par l'usage de l'eau trop vive ou trop froide. C'est pour cela que ce mal est assez ordinaire en Espagne. Becman dit que Dieu a accordé le don de guérir les écrouelles à quelques rois : cependant nous n'en voy ns aucun en Europe qui se l'attribue, à l'exception du roi très-chré ien ; car pour celui d'Angleterre, il ne le prétend qu'en conséquence du droit chimérique sur la couronne de F rame : aussi n'enlreprend-il pas de l'exercer.

Cas I. Tiburcc, ayant eu de suiie sept g ir-

çons de son mariage, et Marcnul qui est le sepliè ne, s'étanl fait prêtre, ous ceux qui sont affligés des écrouelles s'adressent à lui pour eu être guéris par sa bénédiction; et cela est fon lé sur l'opinion générale, qu'un septième garçon a le don n'en procurer la guerison. N'est-ce pas un abus qu'on doit abolir?

R. Cette pratique est un abus. En eflVt, si le septième mâle guérissait des écrouelles, ce ne pourrait être que par une vertu naturelle ou par un don surnaturel. Or ce ne peut être par une ver u naturelle, puisque le septième garçon n'a rien ni dans sa conception, ni dans sa naissance, de plus que les six autres qui l'ont pr cédé. Ce ne peut être non plus par un don surnaturel de Dieu, car l'Eglise, ni toute la tradition n'a jamais reconnu un pareil don dans les septièmes mâles. L'histoire, tant sacrée que profane, garde là-dessus un profond silence : pas un auteur n'en a parlé, et il est constant que

l'expérience ne favorise point l'opinion du vu gaire sur ce sujet, puisqu'on ne voit aucune guéiiso i avérée, qu'ils aient opérée.

Cas IL Calule, malade des écrouelles depuis six ans, ayant ouï dire que Dieu avait a. cordé au roi de France le don d'en guérir, s'e^ allé présenter à ce prince avec plusieurs autres, et a été parfaitement guéri de ce mal que Sa Majesté a seulement louché delà m i in en prononçant qu lqucs paroles. N'y a-l-il point quelque superstition en cela?

R. Il et sûr que les rois de France ont ce don (quoiqu'ils le perdent quelquefois par leurs pèches). C'est ce qu'attestent un grand nombre d'anciens écrivains, qui en avaient été témoins oculaires. * J'ajoute à ceux qu'a cités M. P., le continuateur de Monstrelet, qui dit que Charles Vlll toucha et guérit plusieurs personnes à Gênes, en LV93; et ceux des Italie*, poursuit-il, voyant ce mystère, ne furent onc si émerveillés. Y oyez le 1'. le Brun, tom. I des Pratiques superstitieuses, pag. 110 £t suiv

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