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ÉGLISE

L'Eglise est l'assemblée des fidèl s qui sous la conduite des pasteurs légitimes ne sont qu'un même corps dont Jésus-Christ est le chef. Ce mol signifie aussi ie lieu où les fidèles s'assemblent pour faire les exercices de la religion. Notre but dans ce line est d'expliquer, 1* les cas différents où l'on viole la sainteté des églises; 2° quand elles out besoin d'êtres bénites derechef, ou réconciliées; 3° comment el par qui elles le do vent ê re.

N'avez-vous point profané les églises par des actions indécentes, cr minelles ? Sacrilège et péché mortel, si l'action est considérablement opposée à la sainteté du lieu. Véniel, si e le ne lui est que légèrement opposée.

Y avez-vous entretenu des pensées, des dési s, vous y êtes-vous permis des signes, des sourires, des regards, des actions contre l'aimable vertu? Y êtes-vous vonu avec des parures immodestes? y avez-vous donné des rendez-vous? y avez-vous choisi une place avec mauvaise intention ? Le téméraire qu eût profané 1 1 sain'eté ; rét ndue du temple des idoles eûl été frappé de mort. Le^ dames romaines venaient prier, et quelquefois prosternées devant leurs idoles, elles purifiaient les pavés du tempie avec leurs cheveux. Un Charlemague embrassait avec dévotion les piliers mêmes de églises; un Louis XIV n'y entrait jamais sans en baiser respectueusement le pavé. Et aujourd'hui que voit-on dans les églises de plusieurs de nos villes? Se tenir dans l'église, s'y promener pendant le saint sacrifice d'une manière scandaleuse, y rire, y donner un rendez-vous, est un péché même mortel quand il y a grave irrévérence ou grand scandale.

11 est défendu d'arrêter un débiteur dans les églises pendant les offices religieux

Cas I. L'église paroissiale de Saint-Juste est tombée pour la plus grande partie, et a été rebâtie des mêmes pierres ; a-t-elle besoin d'être consacrée de nouveau pour qu'on y puisse célébrer l'office divin ? Une église a-t-elle aussi besoin de l'être, 1° quand les murailles ne sont tombées que par parties, et qu'elles ont été successivement réparées? 2° quand tout le toit a été brûlé par accident ?

R. On doit consacrer une église dans le premier cas, parce que ce n'est plus moralement la même église; mais on ne le doit pas dans les deux autres par la raison contraire. C'est la décision d'Innocent III, c. 6, de Consecr. Eccl. lib. III, lit. 40. Saint Antonin dit la même chose, 2 p., tit. 12, c. 6, et ajoute qu'il faut encore réconcilier une église, lorsqu'on doute qu'elle ait été consacrée, parce qu'on n'en a aucune preuve testimoniale, ni par écrit.

— Un seul homme de bien, ne fût-il que témoin de auditu cerlo, suffirait pour lever le doute.

Cas II. Arbogaste, ayant été dénoncé nommément excommunié, et élanl mort subilement dans cet état, André, nouveau curé, l'a enterré dans l'église, ne sachant pas qu'il fût excommunié. L'église est-elle devenue pollue par la sépulture de cet homme?

R. Les églises et les cimetières, où un tel excommunié est enterré, deviennent poilus, et pour les réconcilier, il faut avant toutes choses en retirer le corps de l'excommunié, s; on peut le distinguer des autres corps des fidèles. Il en serait de même si on y avait donné la sépulture à quelqu'un qui fût mort dans la profession publique de l'hérésie. Voyez le ch. 7 de Consecr. , et Sainte-Beuve, tom. 111, cas CXXXIX.

Cas 111. Alcuin, excommunié dénoncé, se trouvant attaqué d'une maladie Violente, a fait venir son curé à qui il a témoigné en présence de plus.eurs personnes, qu'il était irès-louché de son malheureux état, et l'a prié de revenir dans une heure pour l'entendre en confession, avec promesse d'accepter telle pénitence qu'il lui plairait de lui imposer. Mais le curé, étant à peine de retour chez lui, a appris que cet homme était mort précipitamment. Ce curé ne peutil pas l'enterrer dans l'église sans péché et sans la rendre pollue ?

R. Il ne le peut pas, parce que la censure subsiste toujours, jusqu'à ce qu'elle ait été levée par le supérieur légitime : Quantacunque pœnitenliœ signa prœcesserint, dit Innoc. 111, c. 28. de Sent, excom., I. v, tit. 39, si tamen morte priœventus, absolutionis non potuerit benejicium obtinere, quamvis absolutus apud Deum fuisse credalur, nondum tamen habendus est apud E clesiam absolutus. Le cure doit donc alors recourir promplement au supérieur légitime, p0UF obtenir celle grât e en faveur du défunt, avant que d'accorder à son corps la sépulture ecclésiastique.

Cas IV. Plimûs, nommément dénoncé ex- :ommunié., a célébré dans une église, non-

obstant la censure dont il était lié. Estelle devenue profane par cet attentat?

R. Elle ne l'est pas; parce que les peine» ne s'encourent pas sans une loi qui les décerne, et il n'y en a point ici. C'est le sentiment de Suarez, de Sylvius, etc.

Cas V. L'église de Saint-Claude ayant été consacrée par un évêque publiquement excommunié par le pape, pour le crime de simonie , a-t-elle été valablement consacrée ?

— M. P. croit que dans un pareil cas il faudrait consulter l'évéque diocésain, et s'en tenir à ce qu'il déciderait. Mais cela n'est point nécessaire. Et on croit aujourd'hui contre saint Antonin qu'une telle consécration est valable, parce qu'elle n'a jamais été déclarée nulle dans aucun texte du droit.

Cas VI. Palémon, ayant grièvement blessé Justin dans l'église avec une grande effusion de sang, le curé n'a pas laissé d'y célébrer, à cause que c'était le jour d'une fête annuelle. Celle église, qui étail pollue, n'a t-elle pas élé réconciliée par le saint sacrifice que le curé y a offert ?

R. Tostat et d'autres le croient ainsi et le prouvent par la comparaison d'un calice qui de profane devient bénit par l'attouchement du précieux sang de Jésus-Christ et n'a pas besoin d'être bénit derechef. Mais ce qu'on peut dire de moins, c'est que cela est fort douteux, et qu'ainsi le seul parti à prendre est celui de réconcilier l'église.

— Cela est d'autant plus juste, qu'il est faux qu'un calice soit consacré par le seui usage qu'on en fait à la messe, comme je l'ai dit v. Calice.

Cas VIL Jean a frappé très-grièvement Jacques de plusieurs coups de bâton dans l'église. Jacques s'étant enfui dans la rue, Jean, qui était encore dans l'église, a tiré sur lui un coup de fusil et l'a tué sur la place. L'église esl-elie devenue profanée par les coups qui s'y sont donnés de pa t et d'autre, ou du moins par le coup de fusil, dont Jean qui étail dans i'églisc a tué Jacques qui élait dehors ?

R. L'église n'a pas élé pollue dans le premier cas, à moins qu'il n'y ail eu une effusion de sang considérable, soil dans l'église même, soil dehors. C'est le sentiment de Svlvius in 3 p., q. 83, n. 3.

Il n'y a pas non plus de profanation dans le second cas, selon le même théologien : car quoique celui qui étant hors de l'église tue, même sans effusion de sang, ou blesse avec effusion de sang celui qui est dedans, rende l'église pollue par son action, ainsi que le déclare Innocent III, c. V. de Consecr. eccl.t il n'en e>l pas de même de celui qui étant dans l'église blesse avec effusion de sang, ou tue celui qui est dehors; car en ce cas le crime D'étant pas consommé dans l'église, il n'y donne aucune atteinte. Remarquez que si l'effusion de sang, même notable, n'était pas causée par une action qui fût péché mortel, comme il peut arriver à l'égard des petits enfants qui badinent ou se battent,

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