‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 303 sur 448 · EGL · texte numérisé non relu

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alors l'église ne serait pas profanée, comme l'enseigne Ducasse c. 8, n. G, avec Sylvius., ibid.

Cas VIII. Ibrahim, turc de religion, et Daniel, juif, s'étanl trouvés dans une église, ont pris querelle ensemble; et Daniel y a frappé Ibrahim d'un coup sans effusion de sang, dont il est néanmoins mort p:u d'heures après dans sa maison, ou bien il a répandu dehors beaucoup de sang par la pl;iie qu'il avait reçue. L'église est-elle devenue profanée par cet accident ?

R. Elle l'est dans ces deux cas, et elle l'est encore, lorsque l'homicide se commet dans un lieu saint sans effusion de sang, quand même il aurait été fait par l'autorité du juge, comme si on y avait étranglé un malfaiteur condamné à ce genre de mort : car quoiqu'eu ce cas l'homicide fût juste à l'égard du criminel, il ne laisserait pas d'être injurieux au lieu qui est consacré à Dieu. Tout ceci est fondé sur le sentiment commun des théologiens. Voyez Sylvius, ibid. quaest. 3.

Cas IX. Jeanne, s'étant jetée dans une église sur Charlotte, l'a serrée si fortement, qu'elle en a presque perdu la respiration : mais ayant été transportée dans une maison voisine, les chirurgiens ont déclaré qu'elle était dans un danger évident de mort. L'église doit-elle être réputée pollue par celle ai lion violente, et particulièrement à cause du danger d'une prochaine mort et le curé doit-il cesser d'y célébrer les divins oifices?

R. Cabassut, consulté sur ce cas, répondit 1. III, c. 21, que si cette femme revenait en convalescence, il n'y aurait aucune nécessité de réconcilier l'église : mais qu'il fallait néanmoins cesser d'y célébrer les divins offices, et que si elle venait à mourir, l'église deviendrait alors profanée et aurait par conséquent besoin d'être récom iliée. Voilà ce que doit faire le curé dans cette occasion.

— J'ai ajouté dans le Traité des saints Mystères, ch. 7, n. 12, qu'en attendant l'événement, je célébrerais les dimanches et fêtes dans mon église, s'il n'y en avait point d'autre où je pusse le faire.

Cas X. Asdrubal, ayant été dangereusement blessé, s'est sauvé dans une église, et y est mort un quart d'heure après de sa blessure. L'église est-elle pollue par celte mort?

R. Elle ne l'est pas, parce que celui qui a blessé ce pauvre homme n'a fait aucune injure au lieu saint. C'est le sentiment de saint Antonin , p. III, lit. 12 , c. 6; de Sylvius , ibid. etc.

Cas XI. Patusius, étant tombé dans une furie, s'est tué dans l'église. Est-elle devenue profanée par cet accident ?

R. 11 faut raisonner d'une telle mort com ne de celle qui arriverait à quelqu'un par la chute d'une pierre de la voule de l'église, puisqu'on ne peut dire que l'action d un homme en furie soit volontaire, ni par conséquent criminelle. C'est la raison de

saint Antonin, et elle est adoptée par lous les plus célèbres auteurs, qui ont traité de celte matière.

Cas XII. Athenor, ayant été poursuivi jusque dans l'église par Léandre, qui le voulait tuer, s'est trouvé si pressé, qu'il n'a pu sauver sa vie, sans luer son agresseur , quoiqu'il n'eût d'autre dessein que de se défendre, en repoussant la force parla force. L'église a-t-elle été profanée par cet homicide ?

R. Non, parce que celte action n'a été injurieuse, ni à l'église, puisqu'il est permis par le droit naturel de se défendre; ni à Léandre, puisque Alhénor ne l'a tué qu'en gardant les bornes d'une juste défense. La grande difficulté est de discerner dans la pratique si celui qui a tué son agresseur a gardé loule la modération nécessaire, ou si la passion ne lui en a point fait outre-passer les bornes légitimes. En cas de doute, il faudrait conclure pour la nécessité de la réconciliation de l'église, où une telle action se serait passée.

Cas XIII. Elme et Basile, bedeaux , étant dans une cave voûtée, qui < st sous le chœur de l'église, ont pris querelle ensemble, et Elme a tué Basile. L'église est-elle devenue profanée par ce meurtre?

R. Oui, si le caveau est destiné à la sépulture des fidèles; parce qu'alors il fait partie de l'église. Non, s'il ne sert qu'à des usages communs. Par cette raison un meurtre commis sur le toit d'une église, dans une sacristie séparée , dans ie clocher , ne la profanerait pas. C est le sentiment de Navarre, de Suarez, liv. m, de Relig,, c. 9, tom. I, etc.

Cas XIV. Avircius, célébrant la messe un jour de fête, et étant tout près de consacrer, un homme est tué dans l'église par un assassin. Ce curé doit-il achever le sacrifice?

R. La rubrique décide ce cas, disant que si le canon est commencé, il faut achever la messe; et que s'il ne l'est pas, il faut en rester là.

— Si celle église n'avait été que bénite, le prêtre pourrait la réconcilier sur-le-champ avec de l'eau bénite commune et les autres courtes cérémonies qui sont prescrites dans le cérémonial; et alors, ou il continuerait la messe, ou il la recommencerait a capite, si l'interruption avait duré plus d'une heure. Mais si elle a été consacrée, il faut s'en tenir à la rubrique. Voyez le cas XVII.

Cas XV. Plusieurs hommes et femmes s'élant réfugiés dans l'église d'une ville assiégée, Faustus y a commis un adultère , et d'autres y ont exigé le devoir du mariage. L'église doit-elle être censée profanée par ces actions?

R. Oui, si elles étaient publiques; non, si elles ont été secrètes ; parce que, comme dit Sylvius, les prélats ne doivent pas rendre publics par une réconciliation solennelle les péchés qui sont occultes, parce que ce serait un grand scandale

Cas XVI. L'église de Sainl-Thierri ayant été profanée par un meurtre, le curé de-

mande 9i le cimetière doit être pareillement censé profané.

R. Il l'est, s'il est coniigu à l'église. Mais il ne l'est pas, s'il en est séparé. Si le cimetière était profané, l'église ae le serait pas, quoiqu'il lui fût contigu, parce que le principal ne suit pas la condition de l'accessoire, quoique l'accessoire suive le sort du principal. Tout ceci a élé décidé par Boniface VIII, cap. un., de Constcr. eccl., in 6, lib. m, tit. 21.

Cas XVII. Anselme, curé, ayant été commis par l'éVi que pour réconcilier son église qui était pollue, l'a fait en se servant d'eau simplement bénile avec la mixtion du sel. Un autre curé a prétendu que celte réconciliation n'était pas valide, parce qu'il ne s'était pas s rvi de Periù bénite qu'on nomme lîrégorienne, laquelle doit être bénite par l'évêque uiéme, et dans laquelle on mêle du vin et de la cendre. Celte église doit-elle être réconciliée derechef?

II. Si celie église n'a été que bénite et jamais consacrée, la réconciliation dont il s'agit esi bonne, ainsi que le décide Grégoire IX, cap. fin. de Cunsecr. e cl. Mais si elle a été consacrée, il faut de droit commun, ibid. c. V), qu'elle soit réconciliée avec de l'eau solennellement bénile par l'évêque, cum vino et aqua, à cet effet.

— Si l'évêque était absent, son grand vicaire pourrait, soit par lui-même, soit par un autre prêtre commis pour ce sujet, l'arroser d'eau bénite avec les prières prescrites dans le pontifical, et permettre d'y faire le servit e divin, avant qu'on la consacrai de nouveau. C'est à quoi il faudrait s'en teoir dans la praiique, sans s'ariêîer à la discussion de l'auteur.

Cas XVIII. Ambroise, bedeau, a coutume

de dîner dans l'église , aans le temps nés fêtes solennelles , parce que son logement en est un peu éloigné. Ne pèche l-il po nt en cela conlre le respecl dû au lieu saint?

II. L'église étant un heu destiné au culte divin, il n'esl pas permis de la faire servir à d'autres usages, si ce n'est pour une juste nécessilé. C'est pourquoi , si l'on n'avait point d'autre lieu pour manger,* on pourrait sans p< clié s'en servir pour y prendre sa nourriture ordinaire, ou pour d'autres usages permis et honnêtes. Mais comme il est presque impossible qu'un sonneur ou au re ne puisse prendre son repas que dans l'église, il est très-difficile de l'excuser de péché dans le cas proposé.

Cas XIX. Damarin ne va jamais à la saiule messe ou aux autres offices, sans mener avec lui un chien qui le suit à l'église comme ailleurs : pèche-t-il en cela contre le respect dû au lieu saint?

R. Un mahomélan s'offenserait con're celui qui lui ferait une pareille question. Car c'est un crime chez les Turcs de mener avec soi, et même de laisser entrer un chien dans leurs mosquées. Après cela un chrétien peutil douter que ce ne soit une indigne profanation de la ma'sou de Dieu d'y introduire des chie is qui sont le symbole de l'immondici'é, et qui, outre les ordures et le bruit qu'ils y font souvent, ne sont propres qu'à incommoder les fidèles étales distraire de l'attention qu'ils doivent avo r dans leurs pr ères? Indécence affreuse et désor re lontenx, que bien des gens, qui ne sont chrétiens que de nom, regardent cependant comme une chose innifférente. Charlt magne, par un de ses capitulaires, avertit, en 789, les évéques de ne pas souffrir ce criminel abus

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