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ENFANTS

Devoirs des enfants envers leurs parents. Les enfants doivent à leurs père et mère 1° l'amour; 2° le respect; 3° l'obéissance ; k° l'assistance.

1* Nous devons aimer nos parents, c'est le cri de îa nature, c'est le cri de la r ligion, c'est le cri de la reconnaissance. « O mon fils, s'écrie saint Ambroise, que ne devez-vous pas à votre mère ? Que de soins, que de précautions pour vous garantir des incommodités des saisons, pour vous préserver des dangers qui vous environnait nt ! quelles alarmes au moindre signe de maladie 1 que de veilles autour de votre berceau ! que de caresses pour apaiser vos cris 1 Et ce père, comme il travaille, comme il s inquiète! il va, il vient, H s'use, il se consume ; pour qui? Pour vous. Aimez-vous ceux qui vous aiment si tendrement ? Quand on aime véritablement quelqu'un, ce qui le réjouit nous réjouit; ce qui l'afflige nous afflige. Un fameux gérera! de l'antiquité, après une célèbre vicoire qu il venait de remporter, s'écria en montrant toute sa piété filiale : Je me réjouis de ma victoire, surtout à cause de la joie qu'elle causera à mon père et à ma mère. Vous, au contr lire, ne les avez-vous point contristés, par vos manières, vos paroles et par toute votre conduite ? Ne les avez-vous pas traités avec durelé, les regardant de travers, refusant de leur parler, leur témoignant de l'aversion. Péché mortel ordinairement, selon s int Liguori et autres. Jeudis ordinairement, car pour juger de la nature du péché que commet un enfant par ses airs d'éloignement, ses paroles offensantes, il faut avoir égard à l'éducali >n qu'il a reçue, aux ma urs, aux usages d'une famille et même d'un pavs. Telle parole dans la bouche d'un enfant noble et bien élevé serait une offense, un trait déchirant pour des parents, qui, de la part d'un enfant grossier, mal élevé, ne sera pr sque pas remarquée par un père et une mère qui sont habitués à de telles démonstrations.

Quand on aime véritablement quelqu'un, on lui souhaite toutes sortes de prospérités; on voudrait qu'il vécût autant et plus que soi. Sont-ce là v s sentiments envers ?o» père et mère? Ne leur avez-vous pas, au contraire, souhaité du mal? ne vous êtes-vous pas réjoui de celui qui leur arrivait? ne leur avez-vous pas désiré la mort afin d'être plus libre et de jouir de leurs biens ? Ne leur avez-vous pas donné des ma édictious ? Pécttè ".rave contre la charité et la piété filiale. Que nos parents aient des défaus, qu'ils soient bi>ns ou mauvais, parfaits ou vicieux, nous devons les aimer, ne haïssant dans leurs personnes que leurs vices et leurs défauts. La haine pour les pères et mères devient facilement mortelle; une haine qui ne serait pas grave à l'égard d'un autre peut l'être à l'égard des parents.

2° Le respect, l'autorité paternelle est la plus ancienne et la plus vénéra h- qu'il y ail sur la terre. Avant qu\l y eût des trônes, les pères étaient roi de leur nombreuse famille. N'avez-vous point eu de sentiments de mépris pour vos parents? ne leur avez-vous point manifesté ce mépris par vos paroles ou vos actions ? leur faiant des réponses dures et insolentes : Taisez-vous, vous m'ennuyez, vous ne savez ce que vous dites, je n'ai que faire de vos réprimandes, gardez pour vous vos conseils, et autres propos injurieux que nous rougirions de répéter.

N'avez-vous point affecté à leur égard un silence plus insolent encore que des paroles, un air de dédain, des manières hautaines, une mauvaise humeur, des bouderies pendant des heures entières, en sorte que vos père et mère ont été obligés de se dérider les premiers et de vous prévenir? ne leur avez-vous pas fait des invectives, de» menaces telles qu'à peine des valets pourraient les endurer de la part de leurs maîtres ? S'il y I pleine délibération, scandale pour les personnes qui entendent de tels propos, il peut y avoir péché mortel ;

mais si celte manière de parler est la suite d'une mauvaise éducation ou de la grossièreté de l'enfant, et si les parents ne s'en offensent que médiocrement, le péché pourrait n'être que véniel.

Mani établi et à l'âge de majorité, vous êtes-vous cru affranchi du respect que vous deviez à vos père et mère ? Avez-vous dédaigné leurs observations, disant : Faites vos affaires et laissez-tnoi faire les miennes ? On aime à se rappeler ce fils de soixante ans passés, aussi tendre, aussi affectueux, aussi caressant envers son père que nous pouvions l'être à six ans. 11 pressait quelquefois dans ses mains celles de son père plus qu'octogénaire, puis les portant sur son cœur : N'est-ce pas, mon père, lui disait-il avec une sorte de transport, n'est-ce pas que je ne vous ai jamais conlristé? Non, mon fils, répondait le vieillard, en levant sur lui des yeux mouillés de douces larmes; non, jamais, c'est tout le contraire ; aussi je prie le bon Dieu tous les jours pour que vos enfants vous ressemblent.

Parvenu à quelque honneur ou à quelque fortune, n'avez-vous pas rougi de vos père et mère, les avez-vous méconnus ? Que ne rougissez-vous aussi d'être né 1 Les avez-vous tournés en dérision ? Avez-vous fait contre eux des signes de mépris, ou des gestes de colère ? Leur avez-vous donné des surnoms injurieux ? Les avez-vous maudiis, menacés. Péché mortel, si la mauvaise éducation n'excuse, et si l'on prévoit aue des parents se tiendront pour grièvement offensés.

Avez-vous levé la main pour les frapper? Crime affreux, s'il y a advertance pleine ; frapper ses parents est un cas réservé dans beaucoup de diocèses.

N'avez-vous point décrié vos parents, découvrant leurs défauts secrets, les exagérant même et faisant contre eux des plaintes outrées ? Diffamer gravement ses parents, c'est un péché mortel contre la eharitéella piété filiale: nous avons des def.uts, ils ne veulent pas les voir, ils les excusent, ne voyons donc pas en eux les défauts les plus visibles.

Ne leur avez-vous point intenté des procès, ne les avez-vous point traduits en justice? Péché mortel, ordinairement. Cependant un fils peut en appeler devant les tribun ;ux, lorsque son père commettrait une injustice à son égard. Mais ce n'est qu'en détournant la tête que la justice prête sa balance à de pareilles contestations : elle déteste ces guerres de famille qu'elle est obligée de pacifier.

N'avez-vous point engagé vos frères et sœurs à manquer de respect a vos oarents? Outre l'irrévérence il y a scandale.

3° L'obéissance; dans les faiblesses elle est une nécessité, mais dans les jours orageux de l'adolescence, elle est un besoin. Comment avez-vous obéi à vos parents? N'ont-ils pas été forcés d'employer des commandements réitérés, les menaces les plus sévères et tout l'appareil de la terreur ? N'avez-vous fléchi qu'à la dernière extrémité , employant toujours des prétextes et de nouveaux délais? Si les parents sont gravement offensés de celte résistance, qu'elle soit habituelle et avec réflexion, le péché est plus ou moins grave, selon qu'il y a plus ou moins d'opiniâtreté, et que l'ordre donné est plus ou moins important. Pour que le péché soit mortel en ceci, il faut, 1 que les parents commandent sérieusement, avec l'intenlio.! au moins implicite d'obliger sous peine de péché mortel; 2° que la chose commandée soit importante; 3* que la désobéissance soit pleinement volontaire, et que l'enfant connaisse ou puisse connaître l'importance de la chose commandée.

Avez-vous désobéi à vos parents, lorsqu'ils vous commandaient des choses qui avaient rapporta votre salut, d'aller à la messe, à confesse , d'éviter les jeux publics, les danses, les maisons ou les compagnies dangereuses ? Ces choses é'anl déjà commandées ou défendues par la religion, deux préceptes sont ici violés en matière grave.

Etes-vous sorti comme un enfant prodigue de la maison paternelle sans une juste raison et contre la volonté de vos parents? Péché mortel d'insubordination. Ne vous èles-vous point marié sans raison légitime, malgréeux,avec une personne qui ne vous convenait pas e. qui ne pouvait que déshonorer voire famille ? Péché mortel. Tremblez jusque dans ces sommations qu'on appelle respectueuses, qui sont rarement sans révolte et qui sont presque oujours suivies des châtiments du ciel. Cependant si vos père et mère étaient assez malheu.eux pour vous porter à une vocalion pour laquelle vous n'auriez ni inclination ni talents, <>u pour vous commander quelque chose contre la loi de Dieu, de dérober, de mentir , de faire tort à quelqu'un, d'entrer dans leurs sentiments de vengeance, c'est le cas de vous rappeler ces paroi s de Jésus-Christ : Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes.

Avez-vous refusé ou négligé de les consulter pour le choix d'un état de vie, tel que l'état religieux, ou pour vous marier ? Quoique les enfants ne soient pas tenus d'obéir a leurs parents quand il s'agit de l'état religieux ou du mariage, il est du moins fort convenable qu'ils les consultent; néanmoins une personne qui, connaissant les mauvaises dispositions qu'a son père ou sa mère pour la vie religieuse, ferait en secret tons ses préparatifs pour entrer en religion ne pécherait pas. Mais quand il s'agit du mariage, saint Li.-uori, Sanchez, Goricia, prétendent qu'un enfant qui ne consulterait pas ses parents pécherait mortellement; mais après qu'il lésa consultés, s'ils persistant dans leur refus, le fils peut, sans pécher, épouser une personne digne de lui.

Avez-vous exactement accompli les dernières volontés de vos parents, surtout celles qui déterminaient des legs pieux? En différer l'exécution, pendant un temps notable, sans raison grave, et lorsque le défunt laisse assez de bien, sans blesser les droits de légitime, c'est un péché grave. Vous ne savez pas Quelles ont été les intentions de vos parents lors-

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