ENN
lui a dit, en mourant, de sa naissance.
\n La mère n'ét mt point tenue de révi 1er si propre turpitude, quand même c'eût été un moyen efficace et néce s ire pour restituer le bien de son marj , la fille y c?t encore bien moins obligée, puisque, outre l'honneur de sa mère, elle a encore le sien .' conserver. En effet, comme l'honneur et la ré*putat on sont des biens supérieurs à ceux, de la fortune, quand les premiers sont notablement intéressés, comme ils le seraient si on était obligé de se déshonorer soi-même, on en doit preiérer la conservation à celle des b:ens qui sont d'un ordre inférieur.
2'J Cette îî 1 le, en faisant une telle déclaration , ne serait plus en état de reslituer tout le bien de la succession du premier mari de sa mère. Mais supposé qu'elle fût obligée d'en restituer le bien aux vrais héritiers, elle ne serait pas tenue do restituer ce qui a été consommé dans le second mariage; de sa mère, parce qu'il l'a été dans la bonne foi et dans le temps que la (ille se croyait légitime. À l'égard du bien qui lui reste, si elle en a besoin pour vivre, elle peut le garder, en donnani ordre qu'après sa mort on le rende aux héritiers du premier mari de sa mère , sans rien faire connaître qui puisse faire tort à sa répula ion ou à celle de sa mère.
On pourrait même dire, avec B marinna et d'autres auteurs, que, dans le cas dont il s'agit, la fille n'est obligée à aucune restitution, parce qu'ayant possédé ce bien de bonne foi et assez longtemps pour prescrire, la prescription est acquise et par conséquent elle le possède légitimement , d'autant plus que les héritiers sunt censés le lui ..voir abandonné, pui-que, ayant pu intenter acii n pour le re« couvrer, ils ne l'ont pas fait et qu'ils ont même bien voulu la reconnaîlre pour leur parente. Von. Enfant adultérin, naturel.
ENNEMI, AMOUll DES ENNEMIS.
11 est indubitable que nous devons aimer nos ennemis ; c'est une loi fondamentale de notre religion. Pour accomplir ce précepte on n'est pas obligé de donner à un ennemi des marques spéciales d'amitié, elles ne sont que de conseil ; il suffit qu'en aimant le pro h.in comme soi-même, on n'exclue point ses ennemis de cet amour général, et qu'on soit dispo-sé à leur rendre les services, à leur accorder les secours dont ils peuvent avoir besoin dans un cas de nécessité.
Avez-v. us refusé de donner à vos ennemis les marques ordinai.es de bienveillance, de leur rendre le saluî ou d autres devoirs exigés par la civilité ? Personne, dil saint Thomas , n'est obligé d'aimer son ennemi par un acle positif, ni de le saluer, ni de lui parler, ni de le recevoir chez soi, ni d'agir familièrement avec lui ; et Liguori cl beaucoup d'autres théologiens pensent comme saint Thomas, à moins qi e cet ennemi ne soit supérieur, ou que, vu les circonstances, ce refus ne soit raisonnablement regardé comme un signe de haine. Mais si on refuse de lui rendre le salut qu'il a fit le premier, ('est un péché contre la charité plus ou moins grave, selon les circonstances auxquelles il faut avoir égard pour apprécier justement ces sortes de manquemenis.
Si on refuse de voir un ennemi, si on évite de le rencontrer, on pèche contre la charité, à moins cependant qu'on n'ait lieu de craindre que sô présence ou sa rencontre ne soit la cause de quelque fâcheux accident. On excuse un mari qui refuse de saluor le corrupteur de sa femme, un père celui de sa iille.
Ayez-vous exclu votre ennemi des prières communes ou des au.i ôncs que vous avex coutume de faire? Avez-vous refusé de lui vendre les marchandises que vous exposez en vente? Vous manquez à la charité plus ou moins, et vous péchez selon le plus ou le moins d'importance de la chose. Si vous donniez l'exclusion à votre ennemi , dans une chose que vous proposez à tout le monde ; si par exemple vous faites du bien à toute la /ville à l'exclusion d'un citoyen qui vous a offensé; si vous invitez toute une parenté à
l'exclusion d'un parent avec lequel vous avez eu des difficultés ; si vous saluez foute la co mpagnie à l'exclus on d'un des assistants M,,e *<>us ne croyez pas être de vos amis, vous violez a loi de la charité, vous exercez !<» vengeance, et vous ne pouvez pas vous • xcuser de péché morte!, s'il n'v a point quelque motif t aïs nnahle qui jusl (ie rel e conduite.
Quand ou vous a demandé pardon d'un" oîTense, l'avcz-vous refusé? Si c'est par suite d'une haine grave, péché mortel; si )a haine est légère, péché véniel. Nous sommes obligés de pardonner à ceux qui nous on< offensés, avant même qu'ils aient reconnu leur tort et qu'ils demandent pirdon; vous n'y éles pourtant pas obligés dans la chaleur de l'offense, et dans le inouï ni que vous lavez reçue, parce que. dirent les théologiens, c'est Une < hos ■ trup viob-u e et trop ci vée au-dessus de la ragilté humaine; il suffit qu'en attendant que le trouble «te l'âme soit passé, on dépose oute hune. Tout en paidonnant les injures qu'on a reçues, ou peut recourir aux liibunaux pour d mander réparation; mais il rie faut pas lui faire des fsais mal à propos, ni le poursuivre eu vue de lui laire du m I et par vengeance , mais uniquement pour conserver p ir des voies justes et légitimes son bien, son honneur, el sa réputation ; il est très-difficile et assez rare qu'on la se celle poursuite sans aigreur et sans animosVé , c'< st pourquoi on ne d«»H pas s'y engager, si on n'y es', pas ' biigé par quelque nécessité publique o i parliculiè e, ou par quelque devoir de piéié ou Oc justice. >i c lui qui s'est r ml i coupable envers nous offr » entière satisfaction, la charité nous défend de le poursuivre devant I s tribun inx , à moins que le coupable ne soit un homme dangereux pour son pays, el que l'injure qu'il a faite ne rejaillisse sur loute une famille, dont l'honne ir ne scnil pas rétabli par une satisfaction particulière ou secrète
Quoiqu'on soit obligé de pardonner dans le Ion I du cœur à celui qui nous a offensés, lors même qu'il ne reconnaît pis sa faute, on n'est pas obligé de le regarder comme inno eut ors qu'il ne l'est pas, ni de le dispenser de l'obligation de demander pardon lorsque Dieu l'y oblige.
On n'est pas obligé non plus de le prévenir extérieurement ni de chercher à se réconcilier avec lui quand on est certain qu'on ne l'a pas offensé.
Lorsque vous avez offensé quelqu un, a vez-vous refusé d'offir 1-s satisfactions convenables ? C'est à celui qui a offensé à aller trouver celui qui a reçu l'offense ; si de part et d'autre on se regarde connue offensé, c'est à celui qui a offensé le premier ou qui a offensé plus grièvement a fa re les premières démarches de réronci iat'on. On ne doit pourtant pas exiger de, toutes sortes de personnes qu'elles demandent pardon à ceux qu'elles ont offensés. Qu ind ce sont d s supérieurs qui ont offensé leurs inférieurs, la prudence el la char, le les engagent à ne pas le faire pou; ne pas rendre leur autorité méprisable ; ma s ils doivei t suppléer à cela eu donnant hs premiers à leurs inférieurs des témoignages de charité el de bienveill uice.
Lorsque la condition est égale, que l'outrage vient également des deux côtés, aucun de9 offensants n'est obligé de demander pardon à l'autre; mais ils ne sont nullement dispensés de se réconcilier.
Quand vous avez vu vos ennemis dans le malheur cl l'humiliation, vous en ctes-vous réjoui? Si ces malheurs sonl grands, et si la joie qu'on en ressent est volo taire et pleinement délibérée, vous avez péché grièvement contre la charité. On restent quelquefois certains premiers tnouvemen s de joie ou de tristesse qui s'élèvent dans le cœur, lorsqu'on voil son ennemi dans la bonne ou dans la mauvaise fortune, ou quelques émotions qui sont seulement dans la partie inférieure, lesquelles naissent au pr mi r aspect de la personne qui a fail injure. Ces premiers mouvements ne sont point pèches, si on ne les a pu prévoir el si la volonté y renonce aussitôt qu'on s'en apeiçoi:.
A*ez-vous désiré de vous vendre , vous êtes- vous vengé en effet d'un ou'rage? Si la vengeance e*l gravis le désir de telle vengeance pleinem ni consenti, vous avez péché mortellement contre la chanté. C'est à l)i u que I • vengeance est réservée.
Par vengeance avez-vous dit du mal de votre ennemi, excité les autres à en dire, pris p!ai ira en entendre dire? Si Ce mal est considérai) c, péché mortel ; s'il n'est pas d.- nature a offenser grièvement le prochain, ou à diminue» notablement sa réputation, péché véniel. Y oyez Médisance. Calomnie.