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ENVIE

L'envie est une tristesse que nous concevons du bien de notre prochain, a cause que nous le regardons comme un mal par rapport à nous, en ce que nous nous imaginons qu'il diminue notre propre gloire, notre mérite ou notre excellence. Or on peut s'atlr st: r du bien d'autrui en plusieurs manières; comme, 1" quand on craint qu'il ne nous en arrive du mal; 2' quand on voit que celui à qui il arrive du bien en est indigne ou qu'il en fera un mauvais usage, etc. Nous allons développer ceci dans les décisions suivantes.

Cas I. Fastidius, qui est pauvre, s'atlr.sle une cure à Pierre, parce que je sais que c'e. t souvent de voir qu'un de ses voisins abonde un homme vicieux et ignorant ; ou bien do en richesses. Se rend-il par là coupable du ce que Pau! est parvenu à la magistrature, péché d'envie? parce que, outre qu'il en est incapable^ je le

11. C'est là* à proprement parler, ce qu'on connais pour Un homme de caractère à venentend par le pe» lie d'envie : c'est pourquoi dre la justice à prix d'argent; ou enfin de ce cette espèce de tristesse ne peut jamais être qu'il est arrivé une grosse succession à Jacpermis -, parce que c'est l'affliger d'une chose qm s, parce qu'étant adonné à plusieurs sordont au contraire on doit se réjouir, selon les tes de débauches , il est à croire que celle règles de la véri able charité. Néanmoins, si augmen aiion de biens lui donnera occasion cet homme no, s'attristait pas préiiséimnt de de persévérer plus longtemps dans la mauce que son voisin est riche, mais seulement Vaise vie qu'il mène.

de ce qu'il n'en a pas lui-même autant dont Cas IL César s'accuse souvent en confession il aurait besoin pour le soutien de sa famille, du péché d'envie. Su» quelles règles son conil ne serait pas par là coupable du [tâché fesseur doit-il former son jugement, p mr d'envie, lui étant permis de désirer son né- discerner le péché morU i d'avec le véniel, ccusaire-, pourvu qu en le désirant il se con- 11. Quoique le péché d'envie soit mortel

serve toujours dans la parfaite soumission cl même capital de sa nature, ii peul né.iuq ■■'il doit à Dieu, et qu'il ne le désire que sous moins n'être que véniel, ou à cause de l'unsnn bon plaisir. On \aut aussi sans béclié perfection du mouvement qu'on en conçoit, s'allr.sler du bien qui air ve au prochain, ou à cause que ce mouvement n'est pas enquand on sa. t qu'il en est indigne. iVr e\em- lièrenunl volonl.ira, ou enfin a cause que pie, Je puis m'uUrislcr do ce qu'on a donné l'objet de l'envie est fort peu considérable.

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e.evalion pour l'opprimer. Se rend-il par là coupable (!u péché demie?

K. La tristesse de Scipion n'est pas vértablemenl envie, mais u.i mouvement de rrainle, qui peut, cire sans péché, selon celle maxime de saint Crégoire, lib. u Moral, c. -2 -.Eve-nire plerumque sold, utf non amissa cnritaie, et inimici nos ruina lœtifîcet, et rursum pjus (jloria sine invidiœ culpa contristet , cum et ruenle to. (/uesdam bene erigi credimu* , et proficien'e*iVo, pleros(/ur, injuste opprimi for* tnidamus. Ce serait autre chose si Scipion désirait de posséder lui-même le bien et le crédit de Prosper, et que Prosper en fût privé contre l'ordre de !a Providence, toujours juste et toujours adorahle dans la distribution qu'elle fait deces sortes debiens aux hommes.

Si donc le confesseur do César remarque quelqu'une de ces circonstances dans les péchés d'envie dont il s'accuse, il ne. les d'.it point regarder comme des péchés mortels , mais seulement comme des péchés v« nie!*.

— En général, «1 faut tâcher d'étouffer l'envie dans le cœur des pénitents. Invidi, dit saint Chrysoslome, Hom. 40, in Mal Mu* sua invidia ila lavianlur, ut nullum faciant peccandi finem. Und<>. mim Coin fratemn se cœde conl'tntinavit. Unde Esau fralrem exagitavil. Quid La ban adversus Jacob ? Quid Jacob libéras in fratrem suum Joseph inflammuvit, etc.

Cas III. Scipion, voyant que Prosper est devenu fort puissant en liens et en crédit, s'en af lige, parce qu'il appréhende que cel homme, qu'il a autrefois désobligé, ne se serve de son

ÉPAVE. Voyez Chose trouvée

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