ÉPOUX
Les époux contractent ensemble, par le fait seul du mariage, l'obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfanis : celte obl!:,;?!ion est solidaire et commune à l'un et à l'autre; les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance. Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari. La femme est obligé • d'habiter avec le mari et de le suivre partout où il juge à propos de résider, mémo en pays étranger, pourvu qu'il lui offre ufTdomicilc honnête et convenable. Le mari est obligé de la recevoir el de lui fournir lout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son étal. La femme ne peut ester en jugement, c'est-à-dire se présenter devant les tiibunaux sans l'autorisation de son mari, quand mémo elle serait marchande publique, ou jpu>Q commune, ou se arée de biens. L'autorisation du mari n'est pas nécessaire lorsque la femme est poursuivie en matière criminelle ou de police. La femme, même non commune ou séparée de biens, ne peut donn r, aliéner, hyf oilénuer, acquérir à litre gratuit ou onéreux, sans le concours du mari dans l'acte, ou son conrenlement par écrit. Si le mari refuse d'autoriser sa femme à ester feè jugement, le juge peut donner l'autorisation. Si le mari refuse d'autoriser sa femme à passer un acte, la femme peut faire citer son mari directement devant le tribunal de première instance de l'ariondi-semont du domicile commun, qui peut donner ou refuser son autorisation, après que le mari aura éé entendu ou dûment appelé en la chambre du conseil. La femme, si elle est marchande publique, peut, sans l'autorisation de son mari, s'obliger pour ce qui concerne son négoce; et audit tas elle oblige aussi son mari, s'il y a communauté entre eux; elle n'est pas réputée marchande publique, si ello ne fait que détailler les marchandises du commerce de son mari, mais seulement quand elle fait un commerce séparé. Lorsque le mari est frappé d'une condamnation emportant peine al'fliclive ou infamante, encore qu'elle n'ait été prononcée que par contumace, la femme, même majeure, ne peut, pendant la durée de la peine, ester en jugement, ni conliaeler, qu'après s'être fait autoriser par le juge, qui peut, en ce cas, donner l'autorisation, sans que le mari ait été entendu ou appelé. La femme peut tester sans l'autorisation de son mari. Si elle contracte une dette avec son mari, ou si elle intervient au contrai en qualité de commune, elle cesse d'être obligée de payer la dette du moment qu'elle a renoncé à la communauté; el même, après I avoir acceptée, elle n'est tenue de l'obligation à l'égard des créanciers que jusqu'à concurrence de ce qu'elle a retiré de la communauté, pourvu qu'il y ait eu un bon et iidèle inventaire, et qu'elle rende compte de tous les objets qui lui sont échus par le partage. C'est un privilège particulier qui lui est accordé. Ainsi la, loi civile l'a-l-elle réglé. Mais la loi de Dieu va plus loin
Comment êtes- vous entrés dans le mariage? Dieu a-t-il été consulté? ayez-vous pris conseils de vos parents et des personnes vertueuses ? S'agit-il de se donner à Dieu, on prend tant de précautions el avec raison sans doute; avant de consacrer à Dieu les vierges chrétiennes, ou les fait passer par tant d'épreuves ! El lorsqu'il s'agit de s'unir non pas à un Dieu trois fois saint, mais à une créature qui île saurait être sans défaut, car la perfection n'est pas de celte vie, on n'y fait aucune réflexion.
N'avez-vous pas recherché la fortune plus que la vertu et .a piété ? Que notre siècle ne nous reproche pas de lui mettre devant les jeux !o conseil que donne un incrédule, Rousseau lui-même, celui de craindre par-dessus tout de s'unir à un homme qui n'a pas de principes religieux. Qui peut concevoir, dit-ii, quel tourment c'est de vivre avec celui qui partage notre existence, s'il ne peut partager l'espoir qui nous !a rend chère; de ne pouvoir bénir avec lui es œuvres de Dieu, ni parler de l'heureux avenir que promet sa bonté; do le voir insensible, en faisant le bien, à lout ce qui le rend agréable à faire, et par la plus bizarre inconséquence, penser en impie, et vivre eu homme de bien I imaginez deux, époux
sincèrement unis, n'osant, de peur de s'importuner mutuellement, se livrer aux réflexions que l< ur inspirent les objets qui les entourent, et tirer (te leur attachement le devoir de se contraindre incessant me., t.
Une femme qui épouse un homme sans religion s'expose au danger presque certain de se perdre pour le temps ot pour l'éternité.
Époux, épouse, vous aimez-vous mutuellement? n'avez- vous pas l'un pour l'nulre de l'indifférence, de la haine et du mépris? Si ce mépris, celte haine sont graves, vous péchez mortellement.
Faites-vous des efforts pour vous supporter et vous rendre supportantes mutuellement? Vous êles-vous livres à des injures, à des querelles? ne vous étes-tous point provoqués I un l'autre à la colère, à des Imprécations, àde mauvais traitements ? Si ces colères sont graves, et qu'on s'y soit porté mutuellement, avec adverlmce et en les prévoyant, on a péché g ra— veinent, à plus forte rais u fei un mari en venait jusqu'à frapper sa femme gravement et avec, malice.
Ne lui avez-vous point occasionné de fausses couches par les chagrins que vous loi avez causés et les mauvais I rafle me i t> que vous lui avez fa t endurer? Vous avez péché très— grièvement, surtout si vous avez pu prévoir les suites de votie mauvaise conduite.
Vous cles-vous diffamés mutuel ement , faisant connaitie vos défauts et vos mauvaises actions? Péché grave évidemment si c'est en ma 1ère grave.
Epi ux, avez-vous refusé à votre épouse la nourriture et un entretien convenable? Vous avez i éché contre la loi civile qui vous en fait une obligation, à plus forte raison contre la loi de Dieu.
Avez-vous refusé de la secourir dans ses malidies, de lui procurer des médecins et des remèdes? Pécl é plus ou moins grjve, selon que le besoin l'est plus ou in lias.
Av. z-vous négligé gravement l'administrât on de vos affaires, pouvant prévoir qu'il en résultera. t pour votre famille une ruine peut-être complète? Péché grave, si la négligence est grave et continuée malgré la prévoyance des suites le- plus déplorables.
Epoux, avez-vou-. détourné ou empêché voire épouse de remplir ses devoirs religieux ? L'avez-vous reprise lorsqu'elle s en écartait ou qu'elle offensait Dieu? Lorsqu'elle a été en danger de mort, avez-vous eu soin d'api eer de bonne heure un prêtre? Est-elle morte sans sacrements par votre faute? Dans le premier cas, impiélé, ir. éligion, scandale; dans es autres, négligences, péché grave contre la charité et la pété conjugale. De même si apiès sa mort vous avez omis de prier ou de faire prier pour elle.
Ne lui avez-vous point donné de sujet de jalousie par vos légèretés et vos liaisons imprudentes ? péché contre la charité, et si la peine qu une telle imprudence a c usée à votre femme a été considérable, si vous avez pu et dû la pévoir, vous avez pèche giièvemeut.
Y.ivrz-vous point injustement soupçonné sa fi 'é' ïté ? Si re soupçon a été pleinement volontaire, comme il est en matière grave, il y aurait péché grave contre !a chanté.
Ne lui avez-vous manqué de fidélité, ou l'ail des refus injustes? ne vous êtes-vous point séparé d'elle malgré elle, sans taisons et sans «v ir recouru à l'autorité Igiiime? Si celle séparation a été longue ei tout à fait contre la volonté de voire femme, seloa saint Liguori et autres vous avez pèche mortellement.
Epouse, avez-vous obéi à votre mari d ns les choses qu'il vous commandait sérieusement et justement ? ne vous êtes-vous point donné le droit de gouverner I i maison roi. re son gré? S. c'est au détriment de vote famille et avec obs ination, vous avez péché gravement. Mais si votre mari est sans génie, wsou iani, prodigu • et moins propre que vous à gouverner les affaires, vous pouvez sans pécher prendre t adm nislraiion de voire mai on; surtout s'il vous commande des choses contraires à la loi de Lieu, vous n'êtes pas tenue de lui obéir.
Lorsque pour un emploi ou pour de bonnes raisons il a changé de domicile, avez-vous ref;sé de le suivre? Voire mari pouvait mus y fore r pu l'autorité civile, même quand il aurait été envoyé en exil, à moins que dans le rouirai le Contraire n'ait été stipule, ou que voire n.ari devint un vagabond. Si vous ne suivez pas voue mari, vous péchez encore contre la loi de D.eu, à moins qu'il n'y ail péril évident pour voire âme ou pour voire corps.
Quand voire mari vous a réprimandée, qu'il s'est fàc!é contre vous, lui avez-vous tenu tête, repondu des injures, Pavei-vuus po-ic à des kdasphèm s, à une grande colère, à «les imprécations? Si vous avez pu prévoir qu'il en serait ainsi su égard au caractère de volro mari, et qu'il y ait eu entière advrrlaiicc, vous avez péché par scandale et contre la charité conjugale. Sainte Monique vivait en paix avec son mari qui était brutal, emporté et d'un caractère extrêmement dilfîcile. Ses vo.smes èl «muées lui demandèrent comment elle s'y prenait. Mes sœurs, leur répondit-eile, quand je vois mon mari ni colère, |e me lais. aussitôt* je le supporte, je prie Dieu pour lui el je conserve ^insi la paix. Faites de mémo et vous vivrez en repos.
Epoux, avez-vous usé contre le gré de votre épouse des biens à elle appartenant et qui ne t'ont pas partie de sa dot? avez-vous dissipé cel>e dot, dont vous n'aviez que lu ulruil ? avez-vou. forcé voire épouse à la vendre, à vous eu faire une donation, à renoncer à sa part d'acquisition, à vous servir de camion dans vos marchés imprudente, a payer de ses
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biens dotaux les dettes que vous avez contractées avant votre mariage ? lui avez-vous refusé une quittance des sommes que vous en avez reçues ? Péché contre la justice et contre la charité, grave si c'c<l en maliére grave.
I Epouse, avez-vous fait tort à voire mari en prenant contre sa vo.onlé de l'argent ou des denrées pour satisfaire votre vanité, celle de vos enfants; pour fournira votre jeu, à d'au- ; lies dépenses folles, lorsque vous n'avez pas do hiens qui ne fassent pas partie de voire dui ? Si ces dépenses sont consi lérableS et contre la volonté bien connue ou du moins bien présumée d un mari, il y a péché grave et obligation de restituer. Cependant si votre mari est un avare, un homme ri liculc qui vous refuse le néeèssâire, à qui vous n'usez rien demander, \ous pouvez pourvoir à votre entretien honnête et selon votre condiiion.
Après la mort de votre mari, avez-vous tout rapporté eu partage avec ses héritiers? Combien de femmes de secondes noces, qui non contenues de mentir, de se parjurer dans les inventaires, n'auront peut-être pas attendu que leur mariait rendu le dernier soupir pour mettre de côlé, meubles, argent et papiers en faveur de leurs propres enfants au préjudice de «eux de leur mari, dont elles n'auront été que les marâtres? Dans ces diverses injustices, dès qu'il y a matière grave, 'e p«'ché est mortel, si on l'a commis avec réflexion.
Si votre mari est devenu pauvie, et que vous ayez des hiens à vous et qui ne font pas par ie de la communauté, avez-vous refusé, quoique riche, l'entretien et la nourriture nécessaires à votre mari ? Votre mari y est obligé à votre égard par la loi (.iviue et la loi humaine, vous n'y êtes pas moins obligée, et vous péchez mortellement si vous vous obstinez dans ce refus.
Apiès la mot t de votre mari avez-vous eu soin de payer les dettes qu'il avait contractées pour nourrir et entretenir la famille? Si votre mari a laissé du bien, vous devez l'employer à acquitter .-es délies; mais s'il ne vous laisse rien, vous n'êtes pas tenue de payer ses dettes, quand même il les aurait contractées pour vous procurer la nourriture et un entretien convenable. Vous aviez droit à ces dépenses; vous n'êtes pas tenue de les payer, à moins que les dettes n'aient été contractées en votre propre nom, de Vvitre consentement, et dûment autorisée par votre mari ou par le tribunal.
Avez-vous, contre la volonté de votre mari, fait des aumônes excessives? La femme, suivant la rai on et le conférencier d'Angers, peut sans la permission de son mari faire les aumônes ordinaires que les femmes de sa condition ont coutume de faire; mais si elle en fait d'extraordinaires et malgré son mari, et qu'il n'est pas tenu en conscience de faire, elle pèche plus ou moins contre la justice, selon que la chose qu'elle donne et qu'elle prend dans les biens de la communauté est plus ou moins considérable.
Remorque: Ce que nous avons dit de l'obligation où sont les époux de nourrir, élever, entretenir leurs enfanls, regarde les pères et mères des enfants naturels légalement reconnus; il au for intérieur cette obligation s'étend aux enfanls naturels non reconnus, fussent-ils adultérins et incestueux; et cette obligation est commune au père et à la niera dès le moment de la naissance de ces enfants jusqu'à ce qu'ils puissent se suffire à euxmêmes. La distinction que l'ont les théologiens des trois premières années qu'ils laissent à la charge de la mère, et des trois suivantes à la charge du père, est donc vaine, puisqu'elle n'est plus eu harmonie avec nos lois.
ÉQUIVOQUE — On appelle équivoque un discours ambigu et à doub'e entente, dont on use pour faire naître dans l'esprit de celui à qui un parle une idée i ifl'ercnie de celle qu'on a soi-même. Les mauvais casuisles des dernieis temps avaient furieusement accrédité la doctrine des équivoques; mais le saint-siege ci le clergé de France l'ont foudroyée.
Avez -vous usé d'équivoques ou de restrictions mentales? Ce sont de vrais mensonges quand, eu égard aux circonstances, au Ion de voix, aux gestes, elles présentent un sens contraire à ce que l'on pense. Par exemple, on vous demande si vous avez rencontré ure telle personne, et vous répondez : Non, en sous-enlendanl hier. Vous vous informez de la Conduite d'un homme; je vous réponds : C'esl un homme de biens ; mais j'entends par là qu'il a de grandes richesses : ce qui est vrai. Je mens, parce qu'au moyen de l'équivoque ceux qui m'entendent ont cru que je louais sa probiié. Mais si te sens ne la restr clion ou de l'équivoque peul être compris par la manière de parler et de répondre, ou par l'usage reçu, ces restrictions ne sont pas des mensonges, car celui qui les emploie n'a pas intention de romper , mais seulement de cacher la »ériié, et la personne qui interroge ne peut ê re trompée que par sou ignorance ou son inadvertanc <•. Vous niiez faire une visite; un domestique vient vous dire : .Monsieur n'y est pas, lors même qu'il y est. Celle restriction est-elle un mensonge? Non, car il est reç i de répondre ainsi lorsqu'une personne n'esi pas visible, et l'on ne s'y trompe pas pour peu qu'on ail d'usage. In pauvre demande l'aumône; | e lui réponds : Je n ai pas de monnaie, quoique j'en aie. Est-ce un mensonge? Non : le pauvre comprend que je n'ai pas de monnaie à lui donner. Il en est de l'équivoque, comme de la restriction mentale. Par exemple, on demande à quelqu un : Avez-vous lait cela? 1. répond : Pourquoi l'aurais- je fait? Il ne ment pas. On voit aisément qu'il n'a pas envie de due la vérité. Toutes les fis qu'on interroge quelqu'un sur une chose qu'il a intérêt de tenir secrète, il peut sans pécher user d'une équivoque. Comme l'auteur en parle assez aux mots Jurer, Opinion probable et Parjure, nous n'en dirons rien de plus ici.