ADORATION
Acte de religion par lequel nous rendons un culte à Dieu comme au créateur et au souverain seigneur de toutes choses. Ce culte qu'on appelle de latrie ne convient qu'à Dieu. Nous sommes obligés, sous peine de damnation, d'adorer Dieu en esprit et en vérité, nous livrant aux mouvements de notre cœur , qui réclament le secours de la parole , des cantiques, des larmes et des prosternemenls.
Les catholiques se servent de cette expression : adorer la croix , adoration de la croix; c'est pourquoi les protestants leur reprochent d'être idolâtres : n'ont-ils pas raison?
R. Non, assurément; car ce n'est ni à la croix, ni à la pierre, ni au bois, ni au fer donl elle est composée que se rapportent ces hommages que les catholiques appellent adoration, mais bien à Jésus-Christ mort sur cette croix.
— Une jeune demoiselle née à Londres, de parents protestants, dit qu'elle avait une antipathie contre Henri VIII, parce qu'il n'aimail pas les crucifix. Choqué de cette déclara ion, ce père, quoique rempli d'amour pour sa fille, lui dit d'un ton sévère : Serait-ce quelque Français ou votre institutrice qui vous aurait inculqué ces sentiments? La jeune Anglaise répondit que non, et ajouta avec toute la candeur de son âge, elle était alors dans sa dixième année : Ecoutez, mon père, je m'ennuyais beaucoup hier en votre absence ; ma mère n'était pas bien, je me disais : Si mon bon père était ici, je m'amuserais ; en levant les yeux j'aperçus votre portrait, je le pris et je l'embrassai avec reconnaissance; il me vint tout à coup dans la pensée que telles étaient sûrement les idées des catholiques , quand ils embrassaient avec amour le crucifix ; qu'il était sûr que ce n'était ni la peinture , ni la dorure qu'ils baisaient, mais le portrait de Notre-Seigneur, parce qu'il leur rappelait tout ce que Jésus-Christ avait souffert pour eux. Mon cher père , ajoula-t-ellc , Jésus-Christ est mort pour les protestants comme pour les catholiques ; je veux aussi avoir un crucifix. Quelques années après, celte jeune demoiselle se converlil à la foi catholique.
Les protestants reprochent aussi aux catholiques, aux cardinaux d'adorer le pape : ontils raison?
R. Les catholiques, les cardinaux adorent le pape, comme David adorait Jonatham : promis in terrant adoravit tertio ; comme les Anglais et d'autres peuples adorent leur roi , c'est-à-dire qu'ils se mettent à genoux devant eux, afin de leur témoigner leurs hommage»