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EXTREME-ONCTION

Les fidèles reçoivent quatre sortes d'onctions pendant le cours de cette Vie, 1° quand ils rei çoivent le sacrement de baptême; 2° quand ils reçoivent celui de la confirmation; 3° quand ils sont ordonnés prêtres; k" quand, étant à l'extrémité de leur vie, ils reçoivent l'onction qui fait le sujet de ce titre; et c'est la raison pourquoi on l'appelle extrema nhetio. On la définit : Sncramcntum quo per acerdotalem orationem oleique unrtinnem infirma gralia conferiur. Par ces mots : sacerdotal cm oradonem, on entend la prière qui est contenue dans les paroles de la forme de ce sacrement, dont le seul prêtre est le ministre, c'i st-à-dire, le curé ou tin autre prêtre commis par lui : cl par ces au;res. oleique unctionèm, on entend l'huile d'olive bénite par l'évêque, qui seule en est la matière éloignée, comme l'onction en esl la matière prochaine. Par le mol infirmo, on doii entendre le malade qui esl en danger de mort. Enfin, par le mol gratin, on entend la grâce habituelle qui sanctifie l'âme du m .lade, efface en lui les restes du péché, le fortifie dans ses maux contre les attaques du démon, et le soulage même, lorsque Dieu le juge utile pour son salut.

Un malade qui est en danger de mort ne doit jamais différer à l'extrémité a recevoir ce sacrement; mais il doit y recourir pendant qu'il a l'entier usage de la raison, et qu'il est encore en étal de profiler des grâces de ce sacrement par les saintes dispositions qu'il doit y apporter, en le recevant avec une vive foi, une ferme espérance, un sincère amour de Dieu, une vraie contrition de tous ses péchés et une soumission parfaite à la volonté de Dieu; car ce sont là autant de vertus nécessaires à tous les fidèles, ei à la pratique desquelles les mourants sont encore plus particulièrement obligés que les autres, à raison du danger évident où ils sont de perdre la connaissance et d'élie peut-être bientôt hors d'état d'en pouvoir exercer les actes.

Mais parce qu'il arrive fort souvent que les malades ne connaissent pas assez le danger

de leur maladie , les pasteurs , les confesseurs , les médecins, les parents et autres qui ont soin d'eux, doivent leur faire connaître le péril où i s sonl, afin qu'ils aient soin de recevoir ce sacrement dans le temps convenable, c'e t-à-dire, avant ou après avoir reçu le saint viatique, selon l'usage de leurs égl ses, que chacun doit suivre , quoiqu'un pasteur prudent puisse quelquefois changer cet ordre, lorsque le hes< in est pressant, ou que le malade le demande.

Cas 1. Cyconius, curé, néglige quelquefois de donner le sacrement de l'extrém '-onction aux malades. Il prélend ne pas p cher, p.uee que l'extrêmc-onclion non-seulement n'est pas nécessaire de nécessité de moyen ; mais qu'elle ne l'est pas h éme de nécessité de précepte, soit divin ou ecclésiastique. Ne se trompe-t-il pas ?

R. Ce curé pèche mortellement, puisqu'il est cause que quelques-uns de ses paroissiens manquent des secours at lâchés à ce précieux sacrement , qui, outre la grâce sanctifiante, leur donnerait des forces contre les attaques du démon , de la confiance en Dieu, et peutéire leur rendrait la santé. * Voyez le Traité des devoirs d'un pasteur, ch. 6, § 4.

Cas II. Agapius êlr.ni pressé de porter l'extrême-om lion à un de ses paroissiens , et ne trouvant pas l'huile des infirmes, s'est servi de celle des catéchumènes ou du saint chrême. A-t-il conféré validement ce sacrement ?

R. Nous le croyons ainsi avec Matdonat, Sainte-Beuve, etc., parce que la matière de ce sacrement est l'huile d'olive, et qu'elle domine dans le saint chrême. Néanmoins , comme ce point de doctrine n'est pas tout à fait certain , parce que l'Eglise nets a rien décidé , et qi e d'ailleurs il est toujours dangereux de faire un tel changement eu l'administration d'un sacrement, nous devons ajouter que si le prêtre s'était servi par mégarde du chrême ou de l'huile des catéchumènes au lieu de celle des infirmes, il doit, dès qu'il s'en aperçoit, réi'.érer, au moins sous condition, les onctions et la forme, en se servant de celte dernière huile, ainsi que I ordonne saint Charles Borromée, dans son cinquième concile de Milan. * A moins , dit un docte Lovanisie, qu'il n'y eût un grand scandale à ciaindre.

Cas 111. Marin a conféré l'exlrême-onction avec de simple huiie d'olive non consacrée par l'évoque. Le sacrement est-il valide?

R. 11 est non-seulement plus sûr de suivre le sentiment de saint Thomas et des autres, qui estiment que la bénédiction de l huile est essentielle au sacrement; ma s celle doctrine esl encore beaucoup mieux fondée et plus probable, puisqueles conciles et les Pères, en parlanlde la matière de ce sacrement, ont toujours marqué qu'elle doit être bénile. Ou doit donc dire que !e sacrement est nul , st on l'administre avec de l'huile qui n'ait point été consacrée par l'évcque d.ins l'Eglise latine, ou par le prêtre dans l'Eglise grecque , et que par conséquent Marin n'a pas administré u- I dément l'exlrême-onction dans le cas dont il s'agit.

— Si la bénédiclion est essentielle à la matière de ce sacrement, c'est sans doute une bénédiclion, non vague et en général , mais propre et relative à ses effets. Comment donc l'auteur soutient-il dans le cas précédent,

que le chrême ou l'huile des catéchumènes suffisent , puisque l'un et l'autre n'ont eu qu'une bénédiclion qui n'a aucun rapport aux malades, nia la grâce qui leur doit être communiquée. D'ailleurs les conciles des cinq premiers siècles ont toujours demandé la bénédiction d.- l'évêque. Et cependant chez les Grecs l'huile des mourants est bénite par les simp'es prêtres, ce que Clément VIII a approuvé. Je m'en tiendrais donc à l'opinion de l'auteur, uniquement pane qu'elle est plus sûre. Mais je ne condamnerais pas ceux qui croient qu'on peut se servir d'huile commune dans le cas, je ne dis pas de toute nécessité, mais d'une nécessité fondée sur des circonstances particulières; comme si un mourant* surmonté par la force de ses douleurs, était prêt à se livrer au désespoir , et qu'on crût que l'exlrême-onction pourra le calmer.

Yoyz mon douzième volume de Morale, c. 3, p. 660 cl suiv.

Cas IV. Nizier avant été appelé pour porter I extrême-onction à deux ou trois malades, et n'ayant pas assez d huile bénite pour tous , y en a ajouté une quantité beaucoup plus grande d'autre non bénite, pour en avoir suffisamment, tant pour cesmala es que pour les autres qui dans la suite pourraient demander ce sacrement. A-t-il pu s'en servir va idemenl?

II. Non, en supposant que la bénédiclion esl essentielle, p^rce qu'il n'y a aucune raison de croire qu'une petite quantité d'huile sanctifie une quantité beaucoup plus considérable d huile commune, puisque autrement il n'en faudrait que très-peu pour consacrer toute celle d'un tonneau. Ainsi le Hiluel de Paul V dit : Si, forte mfra unnum uliquo modo ita d< (icittt olettm, ut suffirtre non poss« videalur, nequealiud benedictum haberi queat, niodico oleo bew-dicto in minoiï quantilale superinfuso, reparuri polest.

— Quand même on ne regarderait pas la bénédiction comme nécessaire neces ihite *«crantent i, ce curé aurait toujours tort de s'écarter de la pratique de l'Église, et de ne se procurer pas au plus loi le sec ours dont il a besoin pour ses malades. Au resie, en ajoutant toujours de nouvelle huile en moudre quantité à l'ancienne, la bénédiction se perpétue; parce que la dernière l'ayant reçue par son union avec l'au.re, elle peut la communiquer.

Cas X.Jean, en donnant l'extréme-onction à un de ses paroissiens, a omis dans la forme ordinaire ces dernières paroles : > er visum, pe> auditum , ptr gusium et lucittiouem. per urdorem libidinis, pr incessum p-dum, cl n'a rien ajouté à celles-ci, quidqrid peaastt.b en étant aperçu avant que de quitter le malade, a-l-ildû recommencer les onctions, et répéter la forme entière, sous peine de nullité du sacremeni?

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R. Ce curé est à la vérité fort blâmable d'avoir fait celle omission ; mais il n'est pas obligé à répéter les onctions et la forme, parce que ces paroles, per visum, et les autres qu'il a oubliées, ne sont pas de l'essence de la forme. La raison est que celles qui précèdent et qu'il a prononcées, expriment suffisamment ce que la forme du sacrement doit exprimer; savoir, la cause principale, qui est la miséricorde de Dieu, et la cause instrumentale, qui est l'onction sacrée; et enfin l'effet, qui est la rémission des p< chés, d'où s'ensuit souvent le retour de la santé corporelle, la maladie étant ordinairement l'effet du péché, suivani cette parole de Nolre- Sei^neur : Erce sanus fœtus es, jam noli peccare. ne de ter un a i'jiid tibi contingat.

Cas VI. Calixte, vojant qu'un de ses paroissiens était près de mourir, et qu'il n'aurait pas le lemps de lui conférer l'extrême-onction en la manière prescrite par le Rituel, la lui a donnée sous cette forme : Eijo teungo oteo sancto, in nomine Patiis, etc. Le sacrement est-il valide?

R. La forme absolue ou indicative ne convient pas à ce sacrement, il faut donc s'en tenir à la forme déprécaloire, comme à la seule qui soit suffisante, et qui est en usage depuis tant de siècles , non-seulement dans 1 Eglise latine, comme en fon1 foi tous les anciens Rituels, et en particulier celui de l'abbaye de Jumièjjes, ancien de plus de 600 ans, mais encore dans 1 Eglise grecque , où l'on n'en reconnaît point d'autre, se on le témoignage d'Arcudius, prêtre grec de l'ile de Corfou; et l'on doit dire, par conséquent, que Calixte n'a pas conféré validement le sacrement de f extrême-onction, pour ne s'être pas servi d'une forme sulfisanle pour la validité de ce sacrement.

— Voyez sur cette matière , qui souffre de grandes difficultés, que Pontas a supprimées, mon Traité de l'cx rême-onction, ton». XII, c. k, a num. 22.

Cas Vil. Georges et Claude, son vicaire, ayant trouvé un malade à l'agonie, lui ont conféré l'exlrême-onclion ; et pour avoir plus lot fait, le curé a seulement fait les onctions, et le vicaire a prononcé la forme. Ontils pu administrer ce sacrement de celte manière validement et sans péché ?

R. Non, et même le sacrement est nul, parce qu'il est nécessaire pour sa validité, que le même prêlre qui fait les onctions, prononce aussi la forme en les faisant. C'est ce qui est assez clairement marqué par ces p:iroh s de saint Jacques : Orent super eum, ungentes eum oleo.

— Renoît XiV a ainsi résolu cette difficulté dans sa consiilulion , E sipastoials, sur les rites des Grecs, n. 5.

Cas VIII. Plulémon, élant près d'expirer, son curé et un autre prêre lui adm nistrent promplcmenl 1 extrême -onction , l'un lui faisant l'onction aux yeux, et l'autre aux pieds, elc. , afin qu'il pût recevoir toutes les onctions avant sa mort. Le sacrement est-il valide, chacun ayant prononcé la forme convenable à chaque partie où il a fait l'onction?

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R. Il est valide , et c'était même autrefois l'usage d'employer plusieurs prêtres ensemble pour administrer, comme il paraît : 1° par l'auteur de la Vie de Cbarlemagne, qui témoigne que ce sacrement fut donné à cet empereur par plusieurs évêques ; 2° par plusieurs anciens rituels où il est marqué que l'extrêaie-onction était administrée par plusieurs prêtres ensemble ; 3° par saint Thomas, qui dit que de sou temps cette coutume était la plus ordinaire ; î° p ir l'ancien usage qui a été observé de tout temps dans l'Eglise grecque, où l'on n'administre jamais ce sacrement qu'il n'y ait sept prêtres, ainsi que le témoigne Arcudius, ei qu'on le voit dans les eucologes. Au reste , chacun se doit conformer à i'usage présent de l'Eglise, et ne peut s'en départir sans péché, à moins qu'il n'y fût obligé par une pressante nécessité, telle qu'elle paraît l'être dans l'espèce proposée. *On reviendra à celte difficulté au Cas Manliut, XIII.

Cas IX. Epipuilius, ayant vu qu'un de ses paroissiens, à qui il donnait l'extréme-onction, était près d'expirer, a omis toutes les prières qui précèdent les onctions, pour les lui faire. L'a-t-il pu sans péché?

R. Il l'a pu, et il l'a dû, comme il est marqué dans le R'luel, avec celle circonstance : Si post uneliones supervivat infirmus, dicantur aliœ oraiions suo loco prœlermissœ.

CàsX. Candide, ayant été appelé Irop lard pour donner l'extréme-onction à un de ses paroissiens, n'a eu que le temps de lui faire une seule onction aux yeux, après laquelle ce malade est expiré. Ce malade a-t-il reçu validement ce sacrement ?

R. Plusieurs anciens théologiens, comme saint Itonaventure , saint Tiiomas , Durand, etc., soutiennent que les cinq onctions des cinq sens du corps sont essentielles à ce sacrement. Mais le sentiment contraire a prévalu jusque dans les Rituels. Voici comme parle celui de Paris : Si vero non posst super infirmum fieri nisi unien unctio, untjaur oculus vel aliud sensuum orqanuir , et cœteris precibus prœlermissis, dicatur ; Per islam sacri o!ei onction m et suam piissimam misericordiam indulgeat tibi Deus quidquid peccasti per sensus. Ce sentiment peut se confirmer : 1° par les propres paroles dont se sert saint Jacques ; car puisqu'il dit seulement, ungentes eum oleo, sans spécifier plusieurs onctiuns , il est évident qu'on satisfait suffisamment au précepte de cet apôtre par une seule onction ; de sorte que l'on peut interpréter le mot ungentes d'une seule onction , comme on a fait celui de baptizantes, d'une seule ablution dans le baptême; 2° parce que la tradition générale de l'Eglise ne nous apprend point la nécessité absolue des cinq onctions; autrement saint Thomas, qui ne prouve son opinion que par une simple raison de convenance, n'eût pas manqué d'en produire des preuves, ce que néanmoins il n'a pas fait, non plus que saint Ronaveniure et les autres qui les ont suivis ; 3° au contraire, on peut faire voir par la tradition qu'une seule onction est sufîi-

sànte pour la validité de ce sacrement ; car la forme qui se lit dans le Sacramentaire de saint Grégoire ne marque qu'une seule onction.

Cas XI. Anistius , âgé de trente an?, né aveugle, étant malade à l'extrémité, a demandé l'extrême-onciion ; son curé doit-il lui faire l'onction aux yeux comme aux autres parties du corps?

R. Non ; parce que n'ayant pas péché par la vue, la forme, quidquid per visum deliquisti, se trouverait fausse.

— Ce sentiment, qui est de saint Antonio, a été suivi par le Rituel de Strasbourg, p. 175. Mais Tolet, l'auteur des Confér. d'Angers, qui cite pour lui saint Thomas , le Rituel de fiordeaux, les PP. Paul de Lyon et Antoine , etc., pensent différemment, et je crois qu'ils ont raison. Un aveugle n'a point fait de péchés extérieurs par la vue ; mais il a pu souhaiier de voir de mauvais objets; et ce souhait, comme bien d'autres, se rapporte très-bien au sens, par lequel on aurait vouiu l'accomplir. Dans les diocèses où le Rituel est contraire, je demanderais a l'évéque permission de m'en écarter. Voyez le Cas Benoît, où Pontas fournil des armés contre lui.

Cas XII. Materne, administrant l'extrêmeonction à un agonisant, et étant près de iui faire la dernière onction , il a cru qu'il était expiré. A-t-il dû omettre celte dernière onction, ou bien, dans le doute où il était , la faire sous condition ?

R. Si ce curé éla't assuré que cet agonisant fût expiré, il n'a pas pu' lui faire la dernière onction. Mais s'il était seulement dans le doute, il a dû la lui faire sous cette condition : Si vivis, per ixtam, etc. C'est la régie que le Rituel romain veut que l'on suive.

Cas XIII. Mcmlius étant tombé en apoplexie en administrant l'extrémc-ouction à un malade, à qui il avait déjà fait les trois premières onctions , on a eu recours à son vicaire pour suppléer à son défaut. Ce v caire a-t-il dû réitérer les onctions laites par le curé, ou achever seulement celles qui resiaient à faire?

11. 11 n'a rien dû réitérer, parce que les onctions précédentes étaient aussi bien faites que le serait la consécration d'une hostie faite par un prêtre, qui meurt avant la consécration du calice. C'est à peu près le raisonnement de saint Thomas, dont l'opinion a été suivie par saint Charles et par plusieurs autres.

— D'habiles théologiens sont d'un avis contraire ; et leur sentiment a cela de bon , qu'il pourvoit à la sûreté du sacrement. ! a preuve tirée de la validité de la consécration d'une hostie ne prouve rien. Voyez mon Traité sur celle matière. Mais suivez votre Rituel.

Cas XIV. Nicandre étant absent lorsqu'on l'est venu chercher pour donner l'exlrèmeonction à un de ses paroissiens qui se mourait, un prêtre d'un autre diocèse qui set trouvé présent, la lui a administrée , quoi-

Su'il n'en eût reçu aucun pouvoir de Nicanre. L'a-t-il pu faire licitement?

R. 11 est vrai que le seul curé ou autre prêtre commis par lui ou par son supérieur est le seul ministre ordinaire du sacrement de l'exlrêmc-onclion, et que Clément V a défendu cette fonction aux religieux, sous peine d'excommunication ipso facto , à l'égard des clercs et des laïques malales , s'ih ne l'exercent par la permission expresse des curés. Mais quand le curé est absent, et qu'un malade se trouve dans un danger pressant, tout prêtre séculier (ajoutez et régulier) peut administrer ce sacrement, comme l'enseigne saint Charles dans son 5- Concile provincial, où il dit : Si parocltus in mora est, moriisque periulum instal ; lune sacerdos alius minietret licite.

Cas XV. ,Un enfant de trois ou quatre ans étant à l'extrémité, son père prie le curé de lui administrer l'extrème-onclion. Le curé le doit-il faire ?

R. Non , selon saint Thomas : 1" parce que la forme n'aurait pas un sens véritable dans un enfant qui n'a encore péché , ni par la vue, ni par l'ouïe, etc. ; 2' parc* que le sacrement demande une dévolion actuelle, dont un enfant n'est pas capable.

— J'adopte volontiers c tle décis on du Rituel de Bordeaux, page Vt\. « Il faut administrer ce sacrement aux enfants malades qui ont atteint 1 âge de dscrétion, quoiqu'ils n'aient pas fait leur première communion ; mais on ne doit pas le donner à ceux qui n'ont pas cet âge, non plus qu'aux insensés », à moins qu'ils ne l'aient. virtuellement désiré dans un intervalle de bon sens. La dévotion actuelle n'est pis plus nécessaire pour recevoir ce sacrement , que pour recevoir l'eucharistie. Or nous avons prouvé ailleurs par des canons bien précis qu'on l'a souvent donnée aux Irénétiques.

Cas XVT. Benoît ayant été appelé pour donner l'exlrème-onition à Basile, reconnaît qu'il n'a qu'une main et qu'une jambe. Suflil-il qu'il applique tes onctions sur l'autre main et sur l'autre pied du malade?

R. Non : mais il doit en outre les faire aux parties les plus proches de celles qui lui manquent, c'est-à-dire au poignet et au genou en prononçant la forme ordinaire, ainsi qu'il est prescrit par le Rituel romain. La raisou est qu'uni homme p<>ut pécher intérieurement à l'égard du membre qui lui manque, quoiqu'il ne le puisse exlérieuremen!, comme si n'ayant point de mains, il souhaitait en avoir pour dérober le bien d'aulrui, ou pour faire quelque violence à son proe'iain. C'est le raisonnement de saint Thomas cl de S\lvius in suppl. q. 32, a. 7, et il renverse la décision qu'a donnée l'auteur, Cas XI.

Cas XVII. Luc7/us demande s'il peut donner l'exlrème-onction à un de ses paroissiens qui est tombé en frénésie?

R. On doit administrer ce sacrement aux frénétiques, non- seulement s'ils l'ont demande lorsqu'ils avaient le jugement sain , mais lors même qu'ils (,nl donne des marques d'une véritable contrition avaut la fié*

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