ADULTÈRE, CAUSE DE RESTITUTION
S'il survient un enfant, les deux coupables sont tenus conjointement, solidairement, de réparer le dommage causé au mari de la femme adultère, lequel élève cet enfant adultérin cl lui laisse sou patrimoine, comme s'il lui appartenait.
Cas I. Co' staminé a un enfant ne d'adul- — Toutefois, saint Alphonse de Liguori et
1ère, lequel passe pour legi ime, ainsi que plu ieu -s autres théologiens pensent que la
ses autres enfants. Son confesseur doit-il femrncdoitavouerson crime toute*, le* foisque
l'obliger de déclarer la vérité à son mari ou le do am âge que souffre son mari e! ses en-
à cei enfant, afin de recéder a l'injustice fanls legitLnesl'e nporlesur lesin* onvénients
que les autres en souffriront; ou sous quelle quYlie peut craindre pour elle. Mgr Gous-
condition la doit il absoudre? set trouve ce. te opinion do saint Liguori
H. Constanline ne l obligée à déclarer son difficil- dans la pratique, et il .-e range à l'apéché, ni à son mari, ni à sou enfant illégi- vis des Conférences d A ;gersT qui n'est autre lime, ni à <l autres : car, régulièrement par- que celui île Pontas pour le fond; le voici : lant, on n'est pas tenu de reslilu r les biens « Si la mère ne peut rien faire pour reparer d'un ordre inférieur, quand on ne le peut led nvr.agequ'eile cause à son mari, à ses aufaire sans perdre un bien d'un urte supé- lresenfanis,ouàleurs lier tiers légitimes, elle rieur. Or, le bien de la réfutation est d'un n'est en aucune manière obligée dedécouvrir degré beaucoup supérieur aux biens tempo- son crime, ni à son mari, ni à son enfant rels et domestiques. Le conlesseur ne aoit a ullérin, ni à sesautrs enfants; on ne doit donc pas engager Conslantine à déclarer son jamais lui conscillerde f lire celledéclaration, crime. Uailieurs, comme l'enfant adultérin sous prétexte de remédier au tort qu'elle serait toujours juge légitime dans le for leur cause : ce serait l'exposer à perdre son extérieur, ce. le déclaration serait inuiile et honneur <t peut-être sa vie, ce serait troun'aurait d'autre effet qu..- de déshonorer celle bkrla paix du mariage et causer un grand qui la fait, de faire tomber sa honte sur son scandale aux parents. II suffit que la mère mari et sur sa famille, et de produire la fasse pénitence, et ou ne doit pas lui refuser discorde, a h ine, la jalousie et d'autres l'absolution de sa faute; car personne n'est maux semblables. Voici les ri flexions de obligé de découvrir sa turpitude, ni à se pu- Collet sur celle décision de Pontas : Pontas nir soi-même autrement que par la pénidevaii ajouter que cette femme, pour réparer tence. »
son injustice, doit redoubler sou trava.l et Mais si elle a quelques biens dont elle
ses sous, épargner sur ses habillements et puisse disposer, elle doit s'en servir pour
ses autres dépenses d'ailleurs honnêtes, et si reparer ies dommages qu'< Ile a causés à son
elle a des biens dont ele puisse disposer mari et àseseufanls. S. ellen'a rien, ou qu'elle
selon la loi, en ava.tag.:r ses enfants légit.- ne puisse disposer de rien sans de graves in-
nies au préjudice de l'adultérin. J n'ai po ut convenienls, elle emploiera les moyens que
rapporte ce. que dit saint, Antonio, qu'une nous venons d'indiquer ; que si elle voit
femme d'ailleurs violemment soupçonnée dans l'enfant adultérin des dispositions à
pourrait av uer -a faule à'un mari vertueux. rest r dans le célibat, elle doit les entretenir.
Pontas a rai -on de d re qu un confes cur ne Elle doit au<si s'efforcer de persuader son
do. (jamais prescrire ni cous ni, r une pareille mari do favoriser ses enfants légitimes, soït
démarche. Une infidélité certainement cou- par testament, soit par contrat de mariage,
nue aigrit la vertu la plus pure; nous savons, Cas 11. Dans le doute si l'enfant est légi-
dil-il, ce qu'il en a coûe à des fem nés im- time ou adultérin, ceux qui ont commis le
prudentes pour avoir trop compté en ce cas crime sont-ils obligés à restituer ?
sur la prétendue vertu de leurs maris. R. Plusieurs théologiens distingués, enl
autres saint Antonin, saint Liguori, pensent que dans ce doute les coupables ne sont tenus à rien. Mais ici, Mgr Gousset n'est pas d'accord avec saint Liguori : « Il nous paraît, dit-il, plus probable qu'ils sont obligés de restituer au prorata du doute. D'ail-* leurs, si le doute suffirait pour dispenser l'homme et la femme adultères de toute obligation de restituer, il s'ensuivrait que la femme, qui eodem iempore patravil adulterium cumduobus, serait seule tenue de réparer le