‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 382 sur 448 · GOURMANDISE · texte numérisé non relu

GOURMANDISE

La gourmandise est un désir ou un usage désordonné du boire et du manger. Le dérèglement de ce désir est compris dans ces vers : Prœpropere, laute,nimis, urdenter, studiose; c'est-à-dire, manger ou boire avant le temps convenable, avec trop de délicatesse, avec excès, avec empressement ou avec trop de plaisir : c'est ce qu'on peut voir fort bien expliqué dans saint Thomas, 2-2, q. Ii8. Ce péché, quoiqu'il ne soit pas toujours mortel, est pourtant mis au rang des capitaux, parce qu'il est la source de plusieurs autres péchés : car, dit saint Thomas, 2-2, q. 148, a. 6. Ex venlris ingluvie inepta lœtitia, scnrrilitas, immunditia, muitiloquium, hcbetudo mentis circa intelligentiam, propaguntur.

Cas I. André s'est trouvé très-incommodé de boire jusqu'à se rassasier, et il le fait

pour avoir mange avec excès, oh pour avoir mangé ce qu'il savait bien être tout à fait contraire à sa santé; doit-on juger qu'il ait péché mortellement en cela?

R. Si la quantité ou la qualité des viandes cl du vin qu'André a prise a été fort dommageable à sa santé, et qu'il ait fait cet excès avec une délibération suffisante, il parait très-difficile de l'excuser de péché mortel. C'est ce qu'enseigne saint Thomas, q. tfc, de Malo, art. 2.

Cas 11. Sinodin a coutume de manger et

principalement pour goûter le plaisir qu'il trouve dans les viandes et dans le vin. Commet-il en cela quelque péché, lorsqu'il n'y excède pas jusqu'à en être incommodé? R. 11 pèche : car quoiqu'on puisse sans péché ressentir, même volontairement, le plaisir que Dieu a attaché à l'action de manger ou de boire, lorsqu'on ne se le propose pas pour fin de cette action, et qu'on ne mange ou qu'on ne boit que dans l'intention de reparer les forces du corps, et pour conserver sa santé, néanmoins on agit contre

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