GRADUÉ
On appelait Gradué celui qui, ayant étudié pendant le temps prescrit dans une Université célèbre, y avait obtenu après son examen, des lettres de maître ès-arts, de bachelier, de licencié ou de docteur. Les gradués en théologie avaient, en vertu du concordat, fait entre Léon X et François Ier en 1516, les bénéfices qui venaient à vaquer le tiers de l'année, c'està-dire, dans les mois de janvier, d'avril, de juillet et d'octobre. On distinguait deux sortes de gradués; les gradués nommés et les gradués simples. Ils avaient divers privilèges dont nous ne parlerons pas: la révolution de 89 a détruit et les gradués et leurs privilèges. Il n'en reste plus qu'une ombre dans les gradués des facultés de notre Université; nous en dirons quelques mots seulement :
Les grades, dans chaque Faculté, sont au nombre de trois : le baccalauréat, la licence et le doctorat. Ces grades sont conférés par les facultés, à la suite d'examen et actes publics. Les grades ne donnent pas le titre de membre de l'Université, mais ils sont nécessaires pour l'obtenir. Pour être admis à subir l'examen du baccalauréat, en théologie, il faut, d'après les règlements universitaires, 1° être âgé de vingt ans, 2° être bachelier dans la Faculté des lettres, 3° avoir fait un cours de trois ans dans une des Facultés de théologie. Pour subir l'examen de la licence en théologie, il faut produire ses lettres de bachelier obtenues depuis un an au moins. On n'est reçu licencié en théologie qu'après avoir soutenu deux thèses publiques, dont l'une nécessairement en latin. S^our élre reçu docteur en théologie, on soutiendra une dernière thèse générale.
Le corps épiscopal, en France, a toujours réprouvé et regardé l'établissement des Facultés comme anticanonique. A part la constitution civile du clergé qui fut un schisme manifeste, dit Mgr Parisis, évêque de Langres, jamais il n'y eut en France d'institution plus effrayante pour l'Eglise.