‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 390 sur 448 · HABITS DE MASQUE · texte numérisé non relu

HABITS DE MASQUE

Cas I. Une personne depuis loniilemis fait un trafic considérable d» toutes sortes d'habits de masque; e le en fournit p >ur le peuf>lc , pour es divertissements publics, pour es tragédies, pour les princes et pour la coin; quelques personnes lui ont donné quelques srrupules sur ce commerce; elle est donc bien aise de mettre son esprit en repos à cet égard. C'est pourquoi elle demande, 1° si elle peut continuer ce négoce Bans intéresser sa conscie me; 2° si, supposé quelle ne !e puise, ell est obi gée à quelque s réparations pécu iair s pou le profit qu'elle y a fait? 3 si, posé que ce commerce soit défendu, elle peut se def li e de ses marchandises , les vendre à d'attirés personnes qui en feront le même usage?. 4* si eile ne peut pas au mous retenir quelques-unes de ses marchandises, telles que tes rôties d'Arméniens et plusieuis autres habi s de celle nature, et si elle i ourrail en louer, soit pour les tragédies, soit pour les princes ou pour la cour?

R. Le conseil de conscience consulté eslime que, sans entrer dans la qucst on générale, si l'on peut tég tintement ou non se déguiser et aller en masque, il est certain que, selon I usage et dans la pratique, ces dég lisemenU sont des occasions prochaines d'offense Dieu. Si l'on ne faisait ce commerce d'habits de masque que pour servir dans la cour kies princes ei p ur leurs divertissements, ou pour le* tragédies de collège , il n'y aurait pas lieu d'avor tant de scrupule ; mais comme ceux qui tout ce trafic ne demeurent pas d'ordinaire dans «es bornes, l'on a eu raison de donner quelqu s scrupule-» à la personne dont il s'agit, si elle fait ce commerce d'habits de masque indifféremment à l'égard <le toutes suites de gens qui veulent se déguiser.

Si ces babils ne servaient qu'à représenter des personnes de différentes nations, comme des babils de Turcs, d Arméniens et autres , on ne voit pas que dans ce cas ce traficlûl mauvais, et qu'on lût même responsable du mauvais effet q Si en arriverait quelquefois par la malice de ceux qui s'en serviraient. Mais comme on sait qu'ordinairement et moralement parlant, il arrive qu'il y a d'autres mauvaises circonstances qui

accompagnent eesdégnisements, comme, par exemple, dans les comédies et autres divertissements semblables , il s'ensuit qu'on ne peut sans péché trafiquer indifféremment de ces habits de masque, et par con équent les vendre à d'autres qui en feraient un pareil commerce.

On ne doit pas néanmoins inférer de là qu'une personne qui a fa t du profil dans ce coin uerce doive le restituer; car si elle a fait un commerce contre la décence et qui a servi au péché, ce gain n'e I point contre la justice précisément parce qu'il a été l'ail à l'occasion de ces habits de masque. On doit conclure de là que la personne n'esl point obligée à res itution. tille doit ce ser son trafic, demander pardon à Dieu, et pour qu'elle l'obtienne plu* lacilement , on doit lui conseiller de faire quelques aumônes. Délibéré à Paris 1701. Fromageau.

Cas 11. On demande si madame N. peut aller à la chasse, déguisée ainsi qu'il va être expose. Cette dame de Paris habite une partie de r.iiiuee la campagne où elle voit peu de monde, et mène une vie sage et chrétienne, pratiquant tout le bien qu'elle peut dans les occasions qui se présentent. Son mari, qui est grand chasseur, se fait un g> nid plaisir d'avoir sa femme en sa compagnie; et comme ils sont en pays de bois ei de forêts où les ha bits de femme sont incommodes pour la chasse, celle dame est obligée de prendre des babils à peu près d'hommes ; des bottines de femmes, une jupe, un jus tau-corps d'homme, une cravaie, un petit chapeau. Celle pieuse dame craint en cela d'offenser Dieu. Ces craintes sont-elles fondées ?

R. Une femme ne peut porter un habit d'homme sans quelque nécessité. Mais saint Thomas , Cajetan , Navarre et beaucoup d'autres estiment que le changement d'habit qui ne se l'ail pas à mauvaise lin, mais pour quelques divertissements honnêtes, n'est point un péché. Ainsi une femme qui aura soin de prendre tellement un babil d'homme qu'elle garde beaucoup des habits de son sève qui la font aisément reconnaître , ne pèche pnini lorsqu'elle se serl quelquefois d'une partie de l'habiliemeni d'hommes pour

plaire a son mari , qui veut qu'elle lui tienne compagnie à la chasse. La dame pour qui on

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