‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 391 sur 448 · U!) HAB HAB · texte numérisé non relu

U!) HAB HAB

consulte peut tranauilliser sa conscience. Voyez Pakukes

HABITUDE, HABITUDINAIRR.

Par habitude, nous entendons ce penchant, celle facilité qu'on a contractée pour le péché par la répétition des ;ictes du même genre. On appelle hahiludinaire celui qui se confesse pour la première t'ois de quelques mauvaises habitudes. Il »eait el on l'appellerait récidif si, étant averti par son confesseur de se corriger, il retomhait néanmoins dans les même» péchés.

Cas I. Alexis ne s'est pas confessé depuis cinq ans; il vient qu nze jours avant Pâques accuser une habitude honteuse qu'il ;i contractée depuis un an : p ut-on l'absoudre pour le jour de Pâques?

R. Ou:, si rien ne l'ait présumer qu'il n'a pas !a contrition. Voici ce que dit saint Liguori : « Consuetndinarius inleligitur hic qui prima vice suum pravum habituai eonfitelur, et iste bene potest ahsoivi, etiamsi nulla emeudalio praecesserit, modo ram serio proponat, ut, cum seuientia eommuuissiuia, dicil Croix. Ratio, quia tais p j nit ns ex un i parle non est preesumendus malus, lia ut velil indispositus ad sac. .menturn aceedere; ex altéra nutem bene pruesumitur (lisj/ositus, dnni peccata sua confiletur, cum fusa sponianea confessio sit signum contritionis; nisi obstel aliqua positiva prœsumpiio in rontrarium; oinues enim conveniuut quod dolor per ceufessionem manifestatur. Nec valet dicere quod eadem prava cousuetudo est signum indisppsiliouis ; nam licet pravus habitus redd.it peccalorem propen siorem ad peccaum, non (amen al prsesumpiioiiem suas infirma? voluntatis. Attende quaedocetcalechismus •omaiu}s:Siatidilac<>n- (essione iudicaverit (con l'essor), neque in enumerandispecca(isdiligentiam,nequ: indetestandis dolorem omnino de fuisse, absolvere potest ; nota, omnino defuisse. » Ainsi, comme le fait remarquer Billuart : « Uiluale romanum Pauli V, agens de iis quibus concedenda, vel diiïecenda, vel deneganda est absolutio, inter eos quibus dicit differendam aul deneganlam absolutionem, non numéral consuetudinarios. Ergo censet eis eoncedendam.

Nun dici potest argument um esse negalivum; qu ■;;, ut dixi , non agit solum de iis quibus dene^andoesl absoluùo, sed etiam de iis quibus concedenda. « Le bienheureux Léonard de Port-Maurice dit aussi : « Si, n'ayam jamais été averti ni réprimandé par aucun confesseur touchani son état funeste, el si, actuellement éclairé par des av>s elficaces, le pé, heur d 'habitude promet de cœur de changer, accepte avec joie toute sorte de pénitence préservaiive ou satisfacloire , ou montre une ferme résolution de se corriger, il peut être absous. »

Cas II. Maximin , qui ne s'était pas confesse depuis vingt ou trente ans , se détermine à le faire le dernier jour d'une mission ; il s'adresse à un missionnaire qui partira le lendemain. Peut-on l'absoudre ou faut-il le r< nvover parce qu'il a plusieuis mauva ses habitudes : celles par exernp e de manquer à la messe, de travailler le dimanche, de manger gras le vendredi el le samedi ?

R. S'il promet de se corriger, cl qu'on n'ait

aucun motif de juter que sa promesse n'est pas sincère, on peut lui donner l'absolution, si d'ailleurs il a suffisamment examiné sa conscience, mis as^ez de soin à ac user ses péchés , et si surtout il éprouve à aller s'adresser au pré're du pays une répugnait e telle que le missionnaire a lieu de craindre que ce retardataire n'aille pas de sitôt se confesser à un autre. 11 sérail bien à désirer sans doute qu'on eût un peu plu> de temps | our éprouver ce pénitent; mais enfin pour changer notre cœur il ne faut qu'un moment, qu'un mouvem ut de la grâce, el les saints Pères tiennent moins à la durée du emps qu aux dispositions actuelles du pénitent: Non lam considei anda est mensura tempons (juam doloris, dit saint Augustin. Temporis muramnon /uœro,sed animœcon ep i<<nemt dit saint Jean Cbrysoslome, el saint Chai les en dit autant.

Si on ne pouvait pas ah oudre ce pénitent, ce serait sans doute à cause de s< s mauvaises habitudes; mais il promet de s'en corriger , il se repenl de s'y être livré, i. donné des signes de repentir el d'un terme pr pos véri atile, il n'est poin réedif, il n'abuse pas i.es avertissements d'un charitable confesseur, puisqu'il y a trente ans qu'il ne s'est pas confessé. Pourquoi donc le renverri zvous? Qu'avez-vous conlre lui? La crainte qu'il ne retombe dans ses habitudes? mais ce sont ses dispositions présentes que vous de\ez examiner, et non son amendement fuiu : Dispositio su/ficiens est dolor et propositum prœsens,non emendatio futura. Ci oyezvous qu'il a le regret véritable du passé et un ferme propos de ne plus retomber dans ses péchés? vous devez l'absoudre, quand même vous jugeriez qu'il retombera ; aiuue itd pœnitens potent ubsolvi , licet judiedur rdupsurus. Cet homme vous promet, vous donne, sa parole qu'il ne retombera plus dans ses péchés , pourqu i croiriez-vous qu'il y manquera? Il n'y a encore pas manque , puisqu'il ne l'a encore pa- doutée et qu'il n'e.-t pis récidif. Ne dues pas que le pape Innocent XI a condamné celle propos lion : « Pœnitenli babenti consm tuckr.em p cc.indi contra legem Dei, naturaa au E clesiae, et si emendalio iis spes nulla appaieal, mec est deneganda , nec differenda abso'utio , dummodo ore proférai se dolere et propuuere emendationem. » Carde cette condamnation il suit seulement qu'on ne doit pas absjcdie le pécheur d'habitude qui n'offre aucun espoir d'amendement, nulLi spes euundutioiis, quoiqu'il dise de bouche qu'il a la douleur de se» pèches. Lors uouc qu'il y a que que espérance d'amendement , ou peut absoudre un pénitent , sans aller contre le décret du

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samt-siége. « Igitur, dit saint Liguori,consuetudinarius qui dat aliquam emendalionis spern, modo hœc sit solida et fundata, potest absolvi. » Si le pécheur dont il est ici question était récidif, il Faudrait, pour qu'on pût l'absoudre sans éprouve, qu'il donnai des signes extraordinaires de contrition ; mais comme il n'est qu'habiludiuaire, il suffit que les signes qu'il donne de sa contrition soient vrais, et qu'il y ait queloue espérance de son amendement.

Cas III. Germain, depuis six mois, tombe une fois par semaine dans un péché honteux; il est allé se confesser pendant une mission, et il a été absous, quoiqu'il y eût plusieurs années qu'ilnesefût confessé. A Pâques, c'està-dire deux mois après , il rencontre le missionnaire à qui il s'était adressé pendant la mission et va se confesser à lui de nou veau dans l'intention de faire ses pâques. 11 s'accuse des mêmes fautes et d'hêtre retombé comme auparavant chaaue semaine. Le

missionnaire doit-il l'absoudre, quoiqu'il n'y ait que deux mois qu'il s'est confessé ?

R. Non, à moins qu'il ne donne des marques extraordinaires de contrition ; car à présent ce pécheur est récidif, tandis qu'auparavant i! n'était qu'habitudinaire. Dans ce dernier cas le confesseur n'avait rien contre lui, il avait lieu d'espérer qu'il se corrigerait, il donnait des marques non extraordinaires, mais suffisantes de repentir ; il pouvait donc être absous, tandis que dans le nouveau cas, le confesseur a contre ce pénitent une raison de craindre que sa contrition, dont il ne donne que des marques ordinaires, ne soit pas sincère, à raison de ses rechutes promptes et sans résistance dans son péché d'habitude. Il faut donc, cette fois, pour que ce missionnaire puisse absoudre Germain, l'épreuve du temps ou des signes ^extraordinaires de contrition, surtout si Germain peut facilement rencontrer le même confesseur, et lui promet de revenir dans une quinzaine de jours.

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