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HÉRÉSIE, HÉRÉTIQUES

L'heresie est une erreur Opiniâtre et directement opposée à quelque article de foi, à une vérité que l'Eglise nous propose de croire comme étant révélée de Dieu. Pour qu'il y ait hérésie, il ne suffit pas qu'il y ait erreur, il faut de plus qu'il y ait obstination. Celui qui doute, tout en suspendant son jugement, n'est point encore hérétique; mais il le deviendrait s'il jugeait que tel ou tel dogme, enseigné par l'Eglise comme article de foi, n'est pas certain ; mais qu'il y ail ou non hérésie dans un doute sur les vérités révélées, il y a toujours péché mortel, si ce doute est volontaire, et pleinement délibéré, et péché véniel, si l'on n'a donné qu'un consentement imparfait; si ce doute n'est qu'une pensée vague contre tel article de foi, on doit ordinairement le regarder comme un pur effet de l'imagination, ou comme une tentation. Si le doule est accompagné dt quelques raisons fausses, mais apparentes, qui frappent l'esprit, iLfaut le rejeter par un acte de foi sur la vérité qui est l'objet de ce doute. Il est des personnes de piété horriblement assaillies par ces sortes de doutes ou de pensées ; si elles en ressentent de l'ennui, de la peine, si elles ont de l'aversion pour l'erreur et de la crainte de Dieu, qu'elles se rassurent, et qu'elles regardent ces pensées comme involontaires et un effet de leur imagination.

Un sentiment contraire à une vérité que l'Eglise ne nous oblige pas de croire, parce qu'elle ne la regarde pas comme immédiatement révélée de Dieu, n'est pas une hérésie, mais une opinion erronée. C'est pourquoi le concile de Constance distingue une proposition hérétique de celles qui sont erronées et qui sentent l'hérésie.

Celui qui s'attache à soutenir une opinion erronée en matière de foi pèche très-grièvement quand il a été repris de son erreur. Celui qui est dans l'erreur, ne sachant pas que l'Eglise ait condamné son opii ion, ni qu'elle soit contraire à la loi, mais qui est dans la disposition d'esprit de s'en tenir au sentiment de l'Eglise, quand elle aura porté son jugement, n'est pas censé défendre son erreur avec ouiuiàlrcté, et il n'est pas hérétique.

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Ceux qui, par légèreté, par complaisance ou par crainte, avanceraient quelques propositions hérétiques ou donneraient des signes extérieurs d'hérésie, mais qui conserveraient intérieurement la foi, quoiqu'ils fussent de mauvais chrétiens, ne serai nt pas proprement hérétiques, et n'encourraient pas l'excommunication portée contre les hérétiques. Le droit d'absoi dre de l'hérésie appartient incontestablement aux évoques. L'hérésie est un jugement; si ce jugement regardait toute la foi catholique en général, ce ne serait pas hérésie, mais apostasie

Cas I. Avez-vous assisté au prêche et aux céiémonies religieuses des hérétiques? Si c'est par curiosiié, sans y prendre part ou pour rire, c'est lout au plus un péché véniel. Mais le péché serait plus grave, il pourrait être mortel s'il y avait scandale, et surtout danger de séduction pour vous.

Cas IL Nestor a accompagné le convoi et assisté à l'enterrement d'un de ses vo sins protestant, a-t-il péché? Cette action de Nestor n'é ait probabl ment qu'un devoir de civilité, ou un témoignage d'amitié; il n'a donc pas péché en assistant aux funérailles de ce voisin protestant, à moins que cette assistance n'ait causé quelque scandale.

11 est certains end-oits en France où difficilement on pourrait assister aux funérailles des protestants sans occasionner du scandale. 11 en serait de mémo et à | lus forte raison si on assistait à leurs mariages: si c'était simplementcommetemoin du mariage civil fait par le maire, il n'y aurait assurément aucun péché; mais si ce mariage avait lieu dans un tempe prot stanl, devant un ministre protestant, comme cérémonie religieuse, ce ne serait plus simplement une action politique.

Cas 111. Cqïus, voyageant dans un pavs peuplé d'hérétiques, a mangé de la viande, les vendredi et samedi, devant des prolestants ; il est aujourd'hui bien repentant, et il demande ls'il a renoncé à la foi catholique; 2e s'il ne lui était pas permis défaire gras, parce qu'il craignait, en faisant maigre, d'être reconnu pour catholique et persécuté comme tel par ces protestants qui, dans ce pays- là, sont fanatiques?

R. Caïus, en mangeant gras les jours d'abstir.enee en présence des hérétiques protestants, n'a pas du tout renoncé à sa ioi ; car l'abstinence n'est point commandée comme un témoignage, une protestation de la vraie religion. 2JSi vraiment Caïus avait lieu de craindre d'être gravement maltraité par les protestants s'ils l'avaient reconnu pour catholique en mangeait maigre, il lui était permis de faire gras. Mais si on l'avait forcé d'en manger en haine de la religion, il était obligé, quoi qu'il lui en coulât, d'observer les loiv de l'Eglise.

Cas IV. Polydore a lu un grand nombre de livres faits par des hérétiques, qui traitent de la religion, sans que cependant il y ait des hérésies : a-t-il encouru la peine d'excommunication portée contre ceux qui lisent des livres hérétiques?

R. Il est défendu par l'Eglise, sous peine d'excommunication à encourir ipso facto, de lire des livres composés par les hérétiques, dès qu'ils y traitent de la religion, lors même qu'ils ne renferment aucune hérésie. Mais

cette excommunication n'est en viaueur en France que dans les diocèses où l'index a été publié; cependant, dans heaucoupdediocèses, les évéques ont poité excommunication contre ceux qui lisent ou qui retiennent sans permission des livres faits par les hérétiques. Souvent c'est un cas réservé, et l'on péché pour l'ordinaire mortellement en les lisant, s'exposant ainsi au danger probable de perdre la foi. Voyez Livrks.

Cas V. Constant est cure dans un pays où il y a un tempe et beaucoup de protestants; il arrive souvent que la partie catholique \a, après être mariée par lui propre curé, se pré senter encore, pour le mariage, devant un ministre protestant ; d'autres fois, elle v ent à lui curé, immédiatement après avoir < la au temple et s'y être présentée au ministre pour le mariage: il prie les docteurs de lui dire comment il doit se conduire en pareil cas, et quand il a à réhabiliter le mariage des protestants au moment où ils rentrent d ins li religion cilholique, ou quand lia à faire de* mariages mixtes.

K. Ceux qui se présentent pour le minage devant un ministre protestant sont coupables d'une aule grave, soit qu'ils aient déjà cont: aclécemariageauparavan pardevani lq curé catholique, soit qu'ils se proposent d'y recourir bientôt ou immédiatement après ; n'im> porte que l'a e des parties soit protestante. Le cure en pareil cas pourra-l-il assi«i r à leur mariage? Nous pensons qu'il le peut, dit .Mgr Gousset, et même qu'il fera bien d'y assister, à raison de la crainte que la partie non catholique ne veuille s'en te.ir à l'acte civil. Lu supposant même que les deu\ époux >u que le catholique seul reçoivent le sac' émeut, la profanation qui s'ensuivait ne retomberait pas plus sur le curé que sur les autres témoins, puisque, de l'aveu de tous, en s'âbstenant de donner la bénédiction nuptiale, il n'assiste à ce. mariage que comme témoin et non comme minisire du sacrement.

2e On regarde comme valides les mariages contractés sans la présence du curé, dans la Hollande etla Belgique, soit entre deux hérétiques, soii enl e un catholique et une hérétique. Ainsi l'a déclare Benoît XIV. Il en est de même assez probablement, suivant Mgr Gousset, des mariages que les protestants font entre eux parmi nous; quand ils reviennent à la foi catholique, on les engage à renouveler leur consentement, mais on ne l'exige pas. Il se rencontre de temps en temps, ainsi que le remarque ce savant théologien, des hérétiques, des protestants, par exemple, des calvinistes, ou îles anglicans qui, pour obtenir la main d'une personne catholique sans recourir à Rome,

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déclarent renoncer à leur secte et vouloir ses efforts sont infructueux, il demandera

rentrer dans le sein de l'Eglise Il ne faut pas la dispense à l'évêque qui pout l'accorder,

s'y fier, on ne doit les admettre à la récon- s'il est muni d'un induit du souverain pon-

ciliatiôn qu'après les avoir suffisamment lil'e. La dispense obtenue, il fera promettre

instruits des dogmes de la vraie religion et à la partie protestante de laisser la partie

les avoiréprouvés pendant un certain temps, catholique suivre sa religion en toute liberté,

Au reste, un curé ne fera rien sans avoir et d'élever ses enfants dans la religion ca-

consullé son évêque. tholique ; puis, à la sacristie et non à l'église,

3# Quant aux mariages mixtes, au mo- il recevra leur consentement, ne se regar-

ment où la partie catholique viendra lui en dant que comme témoin, sans surplis, s'abs-

parler au plus tard à l'effet d'obtenir la tenant de toute cérémonie religieuse, et par-

dis; ense exigée pour de semblables maria- dessus tout de leur donner la bénédiction

ges, le curé tâchera de lui faire sentir les nuptiale, inconvénients de ces sortes d'alliances; si

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