‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 398 sur 448 · HONORER · texte numérisé non relu

HONORER

Le mot honorer se prend ici comme un témoignage d'estime qu'on donne aux personnes de mérite, comme sont celles qui ont de la science et plus encore de la vertu. On va cependant faire voir qu'on peut et qu'on doit même honorer la dignité dont une personne est revêtue, quoique la personne considérée en elle-même ne soit digLe d'aucun honneur à cause de ses vices.

Cas I. Flavien «ait que Publius, son prélat, mène une vie dépravée. Est-il néanmoins obligé sous peine de péché de lui donner (ies marques de respect, quand l'occasion s'en présente ?

R. On doit, selon saint Thomas, distinguer deux choses dans un prélat. La première est sa propre personne ; la seconde est la digniié dont il est revêtu. A l'égard de sa personne, il ne mélite aucun honneur lorsqu'il est méchant, parce que l'honneur n'est riû qu'à la vertu. Mais il n'en est pas de même si on le considère par rapport à sa dignité, et comme personne publique. Car en cette qualité il représente Jésus-Christ et tient sa place dans l'Eglise. C'est pourquoi l'on est tenu de l'honorer, non pas à cause de lui-même, niais à cause de celui qu'il représente, et dont il a l'autorité en main ; à peu près comme nous honorons les images, non par rapport à elles-mêmes, mais seulement par rapport aux saints qu'elles représentent. Celle décision est de saint Tho-

— J'aimerais mieux dire qu'il faut toujours honorer la personne qui est de Dieu, et jamais le vice qui est du démon.

Cas IL Henri, archidiacre, veut aans ses visites être reçu avec une certaine distinction, avoir la première place, en un mot, être honoré : le peut-il sans péché?

R. Quoiqu'il soit dangereux de désirer l'honneur, parce que l'amour-propre est presque toujours le principe de ce désir, on peut cependant le faire sans péché et même avec mérite, quand on n'a pour On que la gloire de Dieu et le bien du prochain. * Et c'est ce qui peut très-bien arriver, et ce qui est en effet arrivé à de vertueux archidiacres qui, quoiqu'ils fussent charmés d'être le rebut et la balayurede la terre, voulaient néanmoins qu'on rendît à leur dignité ce qui lui était dû; tant parce que les peuples méprisent aisément ceux qui leur paraissent avilis, que pour transmettre à leurs successeurs ce qu'ils avaient reçu de ceux qui les avaient précédés. Voyez la Vie de M. H. Marie Roudon.

mas, Quodl. 8, a. 7

Page 1