HUILE SAINTE
On appelle saintes huiles celles dont l'Eglise se sert pour l'administration des sacrements de baptême, de confirmation, d'ordre et d'extrême-onclion.
Ie Pour le baptême, il faut deux sortes de saintes huiles ; celle des catéchumènes et le saint chrême. Le prêtre qui en administrant le baptême solennel omettrait sans raison et volontairement de faire les onctions pécherait gravement. Les saintes huiles doivent être bénites par l'évêque le jeudi saint; elles sont ensuite distribuées aux prêtres du diocèse, et celte distribution faite, il n'est plus permis de se servir de l'huile de l'année précédente. Si dans le cours de l'année elles venaient à diminuer notablement, en sorte qu'elles ne pussent suffire et qu'il ne fût pas possible d'en prendre ailleurs, il faudrait verser dans l'huile bénite qui resterait un peu d'huile d'olive commune, en moindre quantité, et les mêler ensemble.
Ce qui peut rester de saintes huiles dans les vases, après la distribution des nouvelles, doit être versé dans la lampe qui est allumée devant le saint sacrement, pour y être brûlé.
On doit avoir pour les contenir deux petits vases d'argent. Si on ne peut pas en avoir d'argent, il faut au moins qu'ils soient d'étain. Ils doivent être tenus dans une grande propreté. Chaque vase doit avoir sa propre inscription, pour qu'on ne se trompe pas en prenant l'un pour l'autre. Sur le vase de l'huile des catéchumènes seront gravés en gros caractères ces mots : Oleum catechumenorum, ou du moins ces lettres initiales et majuscules O. C, et sur celui du saint chrême : Sanctum chrisma, ou S. C.
On ne doit point mettre ordinairement les vases des saintes huiles dans le baptistère, bien moins encore dans le tabernacle où repose le saint sacrement; mais on doit pratiquer dans la chapelle des fonts une petite armoire, fermant à clef, pour les y conserver. C'est la règle que donne saint Charles.
Cas I. Stéphane, curé, voyant qu'il lui restait encore beaucoup d'huile sainte de la dernière année, a uégligé de participer à la distribution des nouvelles saintes huiles ; pendant plus de deux mois il a continué à administrer l'extréme-onction avec l'huile ancienne : on demande s'il a péché gravement, cl s'il a administré validement le saeremcni, d'extièmc-onclion ?
R. lia péché gravement; il a administré validement le sacrement d'extréme-oncti<»n , mais illicilement : Benoît XIV le dit expressément : « 1s lanlum culpa; vacuus et immunis erit, qui oleo veteri aîgrotanles unxerit ob eam rationem, quod .recens olcuin accipere, légitima causa impedilus, non poluerit. »
Cas il. Louis, examinant l'huile sainte
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qu'il avait renfermée dans les vases destinés 2° Pour la confirmation, l'huile et le
à la recevoir, a cru s'apercevoir qu'elle était baume mêlés ensemble forment le saint
corrompue: que devait-il faire? chrême.
R. L'huile la plus pure, si elle est déposée L'huile est nécessaire pour la validité du
dans des vases malpropres, peut aisément sacrement. 11 s'agit d'huile d'olive, la seule
se corrompre. Si Louis doutait avec raison qui soit proprement appelée huile,
qu'elle fût corrompue, il devait s'en procu- 3* Pour le sacrement d'extrême-onction, la
rer d'autre chez ses voisins, afin de ne pas matière est aussi l'huile d'olive consacrée
exposer la validité du sacrement de l'ex- par l'évêque. Celui qui se servirait d'huile
trême-onction ; car ce sacrement dépend de commune pour administrer ce sacrement
la substance de l'huile, comme l'eucharistie pécherait mortellement, parce qu'il risque-
dépend de la substance du pain et du vin. rait la validité du sacrement. Même le prê-
Cas III Albert conserve chez lui l'huile des tre qui, par ignorance ou par inadvertance,
infirmes : pèche-t-il? aurait pris du saint chrême ou de l'huile des
R. il pèche s'il n'a pas des raisons graves, catéchumènes pour administrer le sacre-
comme serait l'éloigncment de l'Eglise et la ment des mourants, serait obligé de recom-
craintequ'en allant y chercher l'huile sainte mencer avec l'huile qui a été bénite pour
il n'éprouvât un retard qui mît en danger le l'extrême-onction. Cependant, dans un cas
salut du malade ; mais s'il a des raisons gra- de nécessité, à défaut de l'huile des infirmes,
ves, il peut conserver chez lui l'huile des on pourrait administrer, sous condition,
infirmes, ayant soin de placer le vase dans l'extrême-onction à un mourant, avec le
un lieu décent où il ne soit pas confondu saint chrême ou avec l'huile des catéchu-
avec des objets profanes. mènes, sauf à réitérer le sacrement aussitôt
Nous remarquerons que le prêtre qui va qu'on aura pu se procurer de l'huile des inadministrer l'extrême-onction doit lui-même firmes.
porter l'huile sainte : il ne peut confier le 4° Pour l'ordre, c est avec de l'huile des
vase au sacristain que dans, des circonstan- catéchumènes que l'évêque fait l'onction
ces extraordinaires et pour une véritable aux mains de l'ordinand pour la prêtrise, nécessité.