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ou quand on se met, par la dépense excessive qu'on fait, hors d'état de paver ses dettes ou de restituer le bien d'aulrui ; 3" lorsque, par l'excès qu'on fait, on intéresse notablement sa santé ; k° quand on cause du scandale à son prochain; 5° quand on prévoit que l'intempérance portera à quelque péché mortel d'impureté, de blasphème, de paroles injurieuses, etc.
Cas I. Théodelinde, jeune fille de 16 ans, soin, et qu'elle le fait enfin en des temps mange souvent des fruits du jardin de la qui ne sont pas convenables, elle ne peut
maison de son père, ou des confitures que l'on fait chez elle, ou enfin d'autres choses qui lui paraissent délicates, seulement pour contenter son goût. Pèche-t-elle en cela par intempérance ?
R. Ce n'est point un péché de manger avec plaisir une chose qu'on trouve agréable au goût, puisque ce plaisir est un moyen que la nature nous a donné pour nous porter à faire les actions nécessaires à la conservation de notre vie; mais il n'est jamais permis d'en faire la fin de ses actions, en agissant pour la volupté; ce qu'on fait quand on use des aliments, prœpropere, laute, nimis, ardenter, studiose. Ainsi, puisque Théodelinde nemangeces fruits, ces confitures, etc., que par le désir qu'elle a de satisfaire son goût, et de se procurer la délectation sensuelle qu'elle y trouve et qu'elle se propose comme sa fin, sans qu'elle en ait aucun be-
1NTENTION.
Nous expliquerons, dans les deux décisions suivantes, tout ce dont il est nécessaire d'être instruit sur cette matière, savoir : la définition, les différentes espèces d'intentions, les principes et les maximes sur lesquels on se doit régler pour décider sûrement les difficultés qu'on peut former sur ce sujet. On peut encore consulter les titres Consacrer, Domestique, Ordre et Tuer, sur les quatre cas qui sont indiqués dans la table au mot Intention.
Cas I. Marcoul a administré le sacrement qui est hors de la thèse, et ce qui formerait
être excusée du péché d'intempérance.
Cas H. Gérard, fort adonné aux plaisirs de la bouche, fait une dépense considérable pour sa table, sans néanmoins jamais tomber dans aucun excès qui lui fasse perdre la raison, ou qui nuise notablement à sa santé. Mais ces dépenses l'empêchent de payer ses créanciers, qui en souffrent un dommage considérable. Pèche-t-il mortellement par son intempérance ?
R. Oui, puisque soc intempérance est la cause de l'injustice mortelle qu'il commet à l'égard de ses créanciers, qu'il lui serait aisé de payer en tout ou en partie, si, en ne dépensant que ce qui lui est nécessaire pour vivre, il voulait employer le reste à acquitter ses dettes.
Voyez Gourmandise, Jeune; Ivresse, cas ,r
de la pénitence, sans avoir eu aucune intention actuelle ni virtuelle; mais seulement une habituelle Les absolutions qu'il a ainsi données sont-elles valides?
R. Nota. 1° L'intention* n'est autre chose que la volonté qu'on a de faire une chose; 2° cette volonté peut être absolue, ou seulement conditionnelle; 3° la volonté ou l'intention absolue est actuelle, ou virtuelle, ou habituelle. Elle est actuelle quand elle précède immédiatement et accompagne ce qu'elle nous fait faire. Elle est virtuelle quand elle est l'effet d'une intention actuelle, ou d'un acte par lequel on a voulu ; mais qui ne dure plus, quoique n'ayant pas été révoqué, il soit la cause de ce qu'on fait, et qu'autrement on ne ferait pas. Enfin elle est habituelle quand, à force d'avoir voulu une chose, on a acquis la facilité de la vouloir. Or, cette facilité, qui peut se trouver dans un homme endormi , n'es! pas une vraie intention. Donc, puisqu'il faut une vraie intention pour conférer validement un sacrement, ainsi que l'a décidé le concile de Trente, sess. 7, can. 11, et que Marcoul n'en a eu qu'une habituelle, comme on le suppose dans notre cas (et cela fort ridiculement, puisqu'un prêtre ne va au sacré tribunal, qu'il n'entend la confession d'un pénitent, qu'il ne l'excite à une juste douleur de ses péchés, et qu'il ne l'absout que parce qu'il veut faire ce que font tous les autres ministres de la pénitence , à moins qu'il ne renonce exprès à celte intention, ce
une autre difficulté sur l'intention extérieure ) ; donc, dis-je, Marcoul n'a rien fait.
— M. P. s'objecte les exemples de saint Athanase et de saint Genès, qui ne reviennent ici ni de près, ni de loin, et que par cette raison nous laisserons pour ce qu'ils sont. 11 aurait pu, à leur occasion , examiner si l'intention purement extérieure suffit dans l'administration des sacrements. Nous l'avons fait pour lui avec beaucoup d'étendue, dans le VIL vol. de notre Morale in-8°.
Cas IL Amélius et Gentien disputant ensemble, le premier soutenait que toute action, en matière de mœurs, n'était bonne ou mauvaise que par l'intention qu'on avait en la faisant. L'autre soutenait au contraire , que souvent une action était mauvaise, nonobstant la bonne intention qu'on avait. Lequel des deux a raison ?
R. Amélius a tort, parce que les actions qui sont mauvaises de leur nature, ne peuvent devenir bonnes, en vertu delà bonne intention qui les fait faire. Par exemple, un blasphème, un mensonge, ou un adultère, no peut en au^un cas devenir permis, sous prétexte qu'on ne le fait que pour sauver la vie du prochain, ou la sienne propre. C'est pourquoi saint Antonin, p. 1, Lit. k, c. 0, dit trèsbien : Si quis fenus exerceret, ut hospilalia et ecclesias consecraret ; vel etiam aliéna ra~ perd, ut pauperibus subveniret ; seipsum deciperct, cum nil merertlur, sed peccatum ïncurreret. Quod ergo ciiatur, quod quidquid agant homincs, inîentio judicat omîtes, intel-
îigendumest hoc,nondehi$quœm,(ilasunt se- l'homme ne peut être caché. Delà on peut cundurri se, sed de bonis seu indifferentibus. tirer bien des conséquences pratiques ; par Si donc un confesseur lit un casuiste qui exemple, qu'il n'est pas permis à un i dômestraite du sixième commandement, afin de tique de servir son maître dans ses intrigues s'en bien instruire et de se mettre en état d'amour, sous prétexte qu'il ne le fait à aud'instruire les personnes dont il a la direc- tre inleniion que d'éviter son indignation, et tïon, il fait en cela une bonne action , à de se conserver dans sa condition, où il gacausede la droiture de soninlenlion;mais s'i' gne de bons gages; ce que certains casuistes ne f;iit cette lecture que dans l'intention de ont autrefois soutenu comme licite ; mais satisfaire sa curiosité criminelle, son action qu'Innocent XI condamna le 4 mars 1669; est mauvaise devant Dieu, à qui le cœur de prop. 50.