‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 52 sur 448 · AMO AMO · texte numérisé non relu

AMO AMO

Dieu. La grande sensibilité dans les affections pour les créatures vient d> ce que leur objet étant sensible, frappé plus vivement l'i ma pi naiion qu'un objet spirituel tel que Dieu; mais il s u i fi l que l'impression que l'amour de Dii u fait dans le cœur soi la plus forte quoique moins s'eùsil le, et on doit juger qu'elle est la plus forte quand on est intérieurement dans la disposition de renoncer pour Dieu à loules les affections sensibles, s'il étail nécessaire; quand on s'abstient de toute action mauvaise \ ar le <lesir de ! la:re à Dieu ; quand on est z> lé pour l'honneur et la gloire de Dieu , et qu'on n'esl point ind. fieront a ce qui peut les blesser.

Mais menez vous une \ ie molle, oisive et délicieuse dont le jeu et le divertissement fassent le capital? ne songez- vous qu'au monde et rarement à Dieu? ne vous on upez-vous que des hoi ne ors et des grandeurs du monde, sans en considérer la vanté ej senlir en vous aucune inclination qdi en retiré? ne schlez-vôus en vous. que de j'ayèrsion pour les bumilialions , pour les souffrances, i oui* loules les pratiques de la pénitence? C'est une marque trop certaine (;ue l'amour de Dieu n'esl point dans votre cœur.

Âvez-vbus eu soin de ràjppôilçr toutes vos a< lions à Dieu? Soil que nous buvions, dit saint Paul, soit que nous mangions, s< il que nous fassions quelque au re chose, nous devons le faire pour la gloire de Dieu. Lé commaîidemenl esl formel. Nous ne pouvons , dit saint Thomas, remt ;lir I précej le de la charité envers Dieu qu'eu lui ra; portant nos actions comme à notre fin dernière.

— Toulefois , quand le préeeple de faire des actes d'amour de Dieu n'urge pas, il n'est pas nécessaire de lui rapi or 1er chaque aclion par un acle formel et explicite. Il suffit que le désir d'obéir à Dieu, de lui jdaire, .soit \ irluelb ment ie primipe de nos actions, qu'il n'ait poim élé re raclé par aucun amour qui lui s^it opposé, <:e sorte que nous agissions en vertu du désir (pue nous avions formé de plaire à Dieu <n lot t. Cela fait que nos p< usées, nos paroles, nos actibns sont dans l'ordre, et se rapportent à Dieu directement ou indirectement.

Avcz-vous eu contre Dieu des sentiments de haine? Haïr Dieu esl un très-grand péché, et cependant beaucoup plus commun qu'on ne pense; car encore qu'on ne haïsse pas Dieu considéré i n lui même comme le souverain bien, on le bail pourlan. à cause de ses jugements et de sa jus ice, quand on le considère comme vengeur des crimes ou comme auteur de quelques maux que l'on souffre. On reconnaît souvent, par expérience , que plusieurs pécheurs considérant que leuis péchés, pour les mis ils ne peinent concevoir d'aversion, déplaisent à Dieu , et qu'il les en punira . haïssent Dieu , puisqu'ils voudraient qu'il n'y eût point de Dieu, ou que Dieu ne punît point leuis péchés. Souvent ces misérables accompagnent de paro es, de murmures, ces détestables sentiments; ils se plaignent que Dieu les traiie trop sévèremei t et qu'il leur commande des choses trop difficiles, et ils rejettent leur faute sur Dieu. C'est de ces hommes-là que sain' Augustin dit : Ou ■ ce sont des mi érables qui, voulant être méchants, ne veulent fias qu'il y ait une vérité qui les condamne* Ils ne veulent pas qu'elle soit ce qu'elle est, au lieu qu'ils devraient vouloir ne pas être ce qu'ils sont.

Ne vous êles-vous point laissé dominer par le dégoût des choses spirituelles? C'est un ennui, une tristesse, un cloignement du service de Dit u qui le font paraître trop pénible, qui l'ont qu'on omet ses devoirs envers Dieu plutôt que de se faire violence, qui donnent de l'aversion i our la parole de Dieu, qui causent de la répugnance pour la j iété, qui rendent insupportables les personnes qui travaillent à procurer la gloire de Dieu. Quand ce dégoût e-t considérable il éteint en nous la charité, dont le propre e>l de nous rendre fervents et zélés pou» le service et la gloire de Dieu ; par conséquent, c'est un péché mortel de sa nature ; ce dé»oûl peut n'être que sensible et involontaire, alors il n'e»t pa> un véritable péché, mais seulement une fait) es e qui peut être une occasion de victoire et de vertu; mais s'il esl volontaire, et qu'il domine tellement l'âme qu'il rie laisse aucune affection pour le service de Dieu, il est cei taim nient un péché mortel; mais s'il est peu considérable, et qu'il cause seulement une pesanteur d'esprit qui n'empêche pas qu'on ne fasse son devoir, quoi-» qu'avec quelque négligence, il n'est qu'un péché véniel, mais Irès-dangereux parce qu'il conduit insensiblement à un déplorable étal.

Avez vous passé un temps considérable sans faire des actes d'arnour de Dieu?( Voyez le mot Acte.) Nous ajouterons avec saint Liguori , qu'il n'est pas nécessaire que les actes d'amour de Dieu soient faits avec l'intention expresse d'accomplir le précepte; on peut les faire dans un autre but, comme, par exemple, pour chasser une tentation, pour faire un acle de contrition ; il n'est pas nécessaire non plus que les actes d'amour de Dieu soient formels Celui qui dil dévotement : Que votre nom soil sanctifié, que votre volonté soit faite sur la te>re comme au ciel, fait un acte d'amour de Dieu.

Cas. Basile, jeune enfant de douze ans, Oui, puisque la pratique du précepte de l'aélant interrogé par sou confesseur s'il a fait mour de Dieu oblige imiispensablemenl ceux. quelque acle d'amour de Dieu, après qu'il a qui ont atteint l'usage de la raison, et aussieu atteint l'usage de la raison, répond qu'il tôt qu'Us l'ont atteint. Cct'e décision esl vraie n'y a pas pensé et qu'il ne s'en esl pas en- pour le fond; cet enfant devait faire un acle core confessé. Le confesseur doit-il l'obliger d'amour de Dieu quand il a eu l'usage de la à s'accuser de celle omission? raison; mais d'après le principe établi plu»

H. Puntas, Collet répondent ueilcmcût ; haut «t développé au mot atit, si cet euùni

427 DICTIONNAIRE DE CAS DE CONSCIENCE. i2$

a récité dévotement l'oraison dominicale il a n est pas nécessaire qu'il l'accuse de nou-

fait un acte d'amour de Dieu ; si c'est pour la veau.

première fois qu'il se confesse et qu'il ait — On distingue l'amour parfait et l'amour

véritablement omis de faire cet acte d'amour imparfait; le premier nous fait aimer Dieu

de Dieu, qu'il accuse celte omission positi- pour lui-même; il appartient à la charité; le

vement; mais s'il s'est confessé déjà d'avoir second nou< fait aimer Dieu plutôt | our nous

omis ses prières, cette accusation renferme que pour lui même, et se confond avec l'es-

celle de l'omission de l'amour de Dieu, il pérance. ( Voyez Charité.)

Page 1