‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 54 sur 448 · ANG ANG · texte numérisé non relu

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le désir ait été consenti et pleinement délibéré, péché mortel ; mais péché véniel si c'est en matière Ictère ou si, quoique en matière grave, il n'y a pas eu un plein consentement ou une enlièie adverlance. Quelques théologies enseignent qu'il - u f fi l en confession de dire qu'on a souhaité au prochain un grand mal, sans qu'il sait nécessaire d'exprimer la nature du mal qu'on lui a souhaité. D'autres estiment avec plus de fondement qu'on est obligé de spécifier le mal qu'on a souhaité, si c'est la mort, ou la pauvreté, l'ignominie ou quelque semblable malheur.

On peut désirera un pécheur pour quelque peu de temps un mal comme l'adversité, ou la maladie, afin qu'il revienne par ce moyen à lui et qu'il se corrige de ses vices, et dans Un esprit de charité. Vo:/. Charité.

Dans la baine que vous avez conçue contre une personne, vous éloignez-vous d'elle, la privez-vous de votre conversation? Si ('est seulement pour ne pas lui donner ce plaisir cl lui causer du chagrin, vous tombez dans le péché d'inimitié et de vengeance; mais si c'est parce que son caractère ne s'accorde pas avec le vôtre, c'est un péché d'aversion beaucoup plus léger que l'autre; ce ne sera pas même un péché, si celle personne que vous fuyez est notablement incommode et fâcheuse, pourvu que cela se fasse sans mépris, sans scandale et sans passion.

Avez-vous causé à quelqu'un de grands chagrins, de grandes peines, avec délibération? Pèche mortel.

Vous étes-vous affligé des succès de votre prochain, réjoui de ses malheurs? avez-vous traversé ses entreprises? éliez-vous content quand on en disait du mal, fâché quand on en disait du bien? avez-vous cherché à lui nuire en quelques manières? Dans tous ces cas, s'il y a consentement et que le mal souhaité ou fait soit grave, il y a péché mortel.

Avez-vou intenté des procès à quelqu'un par esprit de chicane, par envie ou par animosité? Dans cent livres de procès il n'y a pas une once de charité, disait saint Franco s de Sales. Que vous reste-t-il après ces combats dispendieux? de pauvres papiers, une haine implacable, le courroux et les vengeâmes du ciel. Faut-il donc laisser perdre son droit? non; mais plaidez d'abord à un tribunal où il ne vous coûtera rien, au tribunal de votre conscience. Si vous êtes forcé de plaider ailleurs, que ce soit honnêtement et avec droiture.

IN'étes-vous pas la cause de la désunion, de la discorde qui règne dans cette famille? S'il y a matière grave, péché, grave contre la charité. Souvent tel se dit chrétien qui vil sans ménagement, sans retenue, sans douceur envers sou prochain, qui se livre à toutes les saillies de sa mauvaise humeur, à toutes les bizarreries de sa propre volonté, qui est piquant dans ses paroles, fier dans ses commandements, emporté dans ses colères, fâcheux et importun dans toute sa conduite. Est-ce là être chrétien? Voy. Calomme, Médisance, Jugement TÉMÉRAIRE.

ANATOCISME.

Espèce d'usure qui consiste à faire payer les intérêts des intérêts. On demande si on peut tirer intérêt des intérêts, les capitaliser, par exemple, faire de plusieurs années d'arrérages de rente constituée un contrat de constitution sur son même débiteur?

R. Les anciens canonistes défendaient un tel contrat comme funeste aux familles. Le code civil a déterminé les cas où les intérêts échus peuvent être capitalisés et produire des intérêts : « Les intérêts échus des capitaux peuvent produire des intérêts, ou par une demande judiciaire, ou par une convention spéciale, pourvu que soit dans la demande, soit dans la convention, il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. On peut en conscience se conformer à cet article, lorsque le créancier souffre réellement du dommage à raison du relard que le débiteur met à payer les intérêts échus. Les revenus échus, tels que fermages, loyers, arrérages de renies perpétuelles ou viagères, produisent intérêt du jour de la demande ou de la convention.

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