‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 104 sur 354 · WA · texte numérisé non relu

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Liqueur Ligueur

pour les tableaux non pour les dessins et li-

vernis. thographies.

Dcxfrine 2 parties. 2 parties.

Eau 6 -- 2

Alcool à 33° 1 1^2

DIABÈTE. \'oy. Sucre.

DIALLAGE (Bronzite). — Ce minéral se trouve dans l'île de Corse, où il est connu des artistes, qui en font des tabatières, des bagues, etc., sous le nom de verde di Corsica. 11 existe aussi en Suisse, près du lac de Genève, aux environs de Turin, etc. La rtiche dont le diallage est une des parties constituantes essentielles a été décrite sous le nom de Gubbro. Couleur vert d'herbe, éclat luisant ou nacré. Par le clivage, on obtient un prisme rliomboidal dont les bases sont brillantes et les bords très-ternes. 11 est tianslucide, cassant, dui', fusible au chalumeau en un émail gris vcniâtre. Poids spécilique,3,l.

DIAMANT. — Corps vitreux, en cristaux plus ou moins parfaits qui offrent un clivage facile parallèlement aux faces d'un octaèdre régulier.

Pesanteur spécifKjue, 3,32.

Rayant tous les corps et n'étant rayé par aucun.

Très-fragile par suite de la facilité des clivages.

Se dépolissant à la surface au feu d'oxyaation du chalumeau, mais se consumant difficilement ainsi ; déionant lorsqu'il est réduit en poudre, avec le nitrate de potasse.

Composition. Carbone pur sans aucune portion d'hydrogène.

Variétés.

Diamant cristallisé. — En octaèdre régulier, en cube (rare), en tétraèdre régulier, en dodécaèdre rhomboïdal.

Diamant maclé. — En octaèdres simples ou modiliés sur leurs arêtes, réunis deux à deux, et |)resque toujours avec un très-grand élargissement des faces dejonction.

Diamant sphéroïde. — En cristaux dont les arêtes sont curvilignes. Ce sont les variétés les plus communes.

Diamant groupé. — Réunion de cristaux groupés de manière à otfrir l'apparence d'un cristal sur les surfaces duquel se trouveraient placées des lames cristallines, ou cristaux très-aplatis, qui laissent entre elles des angles rentrants de toute esiièce.

Le diamant a^i incolore, on jaunâtre, enfumé, brun noir et opaque, rai emeiil avec des couleurs \i\es, jaune, jaune verdâtre, vert, rouge hyacinthe, rose.

Le diamant n'a encore été trouvé que dans des dépôts de transport, dont on ne connaît lias l'âge d'une manière positive, mais qui paraissent assez modernes et à peu près de même nature dans toutes les localités. Ce sont en général des dépôts de fragments et de cailloux roulés quartzeux, liés entre eux par une matièieargilo-lerrugineuse, sableuse, l)lus ou moins abondante. Ces dépôts por-

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tent au Brésil le nom de Cascaiho, et y renferment accidentijiement du fer oligiste, de l'oxyde de fer magnétique, de l'oxyde rouge métalloïde, des fragments de kieselschiefer, de grun-tein granitoide, compacte et schisteux, diverses variétés de quartz coloré, etc.; ou y a également rencontré du bois pétrifié. Ils s'étendent sur de très-grands espaces, et partout sont absolument à découvert, ce qui est cause de l'incertitude 01^1 l'on est sur leur âge relatif. On cite dans l'Inde (wassergerrée, Munnemung, Largumboot) des couches solides au-dessus des matières terreuses qui renferment le diamant, mais on ignore quelle en est la nature, et rien ne prouve que ce ne soit pas encore le même dépôt consolidé. C'est absolument sai s aucune raison qu'on a prétendu, relativement aux Imies surtout, que ces dépôts diamantifères étaient des détritus de terrains trappéens, expression vague qui indique le plus souvent des roches d'origine ignée; on peut cmire avec plus de fondement que ce sont des déb. is de montagnes primitives ou tout au plus intermédiaires, comme nous verrons plus loin en parlant de l'or. Ces d 'pots reposent sur des roches granitiques, des roches amphiboliques, ou des roches schistiuses, quelquefois sur des calcaires qui ne fiai'aissent pas trèsanciens (Santorita, capitainerre de Saint-Paul).

Les diamants s>'. trouvent toujours en très-petite quantité dans ces dépôts, disséminés çà et là, et généralement très-écartés les uns des autres; ils snnt presque toujours enveloppés d'une croûta terreuse qui y adhère avec plus ou moins de force et empêche de les reconnaître avant qu'ils aient été lavés. On a cru remarquer au Brésil que c'était en général dans le fond et sur les bords des larges vallées plutôt que sur la croupe des collines, et à très-peu de profondeur- audessous de la surface du sol, que se trouve le diamant; les |)lus riches sont celles où il exisie beaucoup d'oxyde de fer, surtout en grains lisses.

On n'a encore découvert le diamant que dans un petit nombre de lieux à la surface du globe, et l'Inde est à cet égard le pays le plus anciennement connu, quoiqu'on ait | eu de renseignements sur les véritables points où se trouvent les exploitations. Il en exisie principalement dans les provinces de Visapour, de Hidrabad (Golconde), Orissa, Allahabad,qui font partie du Décan, et au Bengale. On cite particulièrement les contrées de Raolkunda à cinq journées de Golconde, de Outare, Carore, dans la partie septentrionale de Visa|iour, de Gaudjicoia, dans la vallée de Peiuiar sur les frontières Ue iMissore, de Sumbelpour, sur les bords de la rivière de Mahameddy, de Paina dans le AUahabad,etc.,elc.On trouveaussi des diamants dans l'île de Bornéo, où les princi|iales mines sont à Ambauwang et à Sandik, suivant les auteurs.

On a trouvé cette précieuse substance au Brésil vers le commencement du dix-huitième iàècle, dans la province de Minas Géraès. 11 y existe aujourd'hui plusieurs exploitations

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sur un terrain dont rélonduo est de soizo lifiu's du nord nu sud, sur huit lieues do l'fsl il l'ouest, aul(Uir de la ville de Téju«o. I.a plus eousidérable est eelle de Maudai^a, sur le Jigitoulioulia, dans le district de Seiro do Krio, )» dix ou douze lieues au nord do Tt^jueo. 11 en existe plusieurs autres, tel li's<|ue relies deSaint-Cionzalès.de Montero, du Uio- Parilo, de Caroliua,deCanjeea. Le Serro San Antonio, l'arrondisseuient de Uio-Plata, celui d'Abatje, sont aussi très-riches eu diamants, mais qui ne sont nulle part exploités, si ce n'est par iiuolques contrebandiers.

On vient (te trouver aussi cette substance en Sibérie, sur la [lente occidentale îles monts Ural, près de Keskanar, à 250 verstes à l'ouest de la ville de Pern, et 25 verstes au nordest de la mine de fer de Bissersk. 11 parait qu'elle y est exactement dans le même gisement qu'au Brésil, dans des dépôts aurifères et platuiifères.

La recherche du diamant a lieu par lavage et triage des matières dans lesquelles il est renfermé. Si ces matières sont solides, on commence par les briser: on les lave ensuite pour les débarrasser des parties terreuses (]ue l'eau peut entraîner, et après avoir enlevé les cailloux grossiers, on cherche dans le reste les diamants qui peuvent s'y trouver.

11 paraît qu'aux Indes la recherche du diamant est à peu près libre, qu'il existe seulement un droit pour les chefs des contrées où elle a lieu. Au Brésil , le gouvernement se l'est réservée, mais il emploie k ce travail des nègres que lui louent des particuliers qui en obtiennent le privilège. Ce mode de location est, à ce qu'on assure, la principale source de la contrebande, qui est très-considérable , et par laquelle entrent dans le commerce les diamants les plus gros et les plus beaux. Ces nègres sont cependant surveillés très -rigoureusement par des inspecteurs, qui ne les perdent de vue dans aucun de leurs mouvements ; ils sont aussi encouragés par des primes, suivant la grosseur des diamants qu'ils trouvent ; celui même qui a trouvé un diamant de 17 carats li2 (1) est mis solennellement en liberté, et son maître est indemnisé.

Le lavage se fait ici sous un hangar, sur une espèce de plancher incliné, partagé dans sa longueur en différents compartiments ou caisses dans chacune desquelles est un nègre : un courant d'eau est amené vers la partie supérieure, où se trouve un tas de de cascallio, dont chaque laveur fait tomber successivement quelque partie pour la bien laver, et cherche ensuite dans le gravier qui

(1) Curaf vient du nom de la fève d'une espèce d'eiyi/iij/na du pays du Shaiigallas, en Afrique, où se fait un grand commerce d'or. Cet arbre est appelé /liuiirn, mot qui signifie soleil dans le pays, parce qu'il porte des fleurs et des fruits de couleur rouge de feu. Comme les semences sèclies de cet arbre sont toujours à peu près également pesantes, les sauvages de te pays s'en sont servis, de temps immémorial, pour peser l'or. Ces fèves ont été ensuite transportées dans l'Inde, où on les a employées, dans les premiers temps, à peser les diauiaiils. '

DicTtoMN. DE Chimie,

reste les diamants qui peuvent s'y trouver. 11 y a ordinaii-emenlvingt nègres dans cliaipuj atelier, et plusieius inspecteurs , (jui sont assis sur des baiiqiK^ttes élevées , placées vers la partie siipérieurcï des caisses.

Aussitôt ([u'uii nègre a trouvé un diamant, il doit eu avertir en fiappaul des mains, et Itï remettre à un inspecteur, ([ui le dépose dans une gamelle suspendue au uniieu de l'atelier; cha(iue soir cette gamelle e>t portée à l'oflicicr principal, qui compte et pèse les diamants et les enregistre.

Les mines de diamant exploitées lu Brésil ont rapporté au gouvernement, depuis 1730 jusqu'en ISi'i^ , 3,023,000 carats , ce qui produit un revenu annuel de 30,000 carats, un peu plus do 15 livres; mais co jiroduit a considérablement diminué dans les dernières années , car M. Maw assure que, de 1801 k 1806, il.n'aétéque de 115,075 carats, ce qui ne porte la moyenne annuelle qu'à 19,279 carats. La dépense réelle du gouvernement pour les employés pendant ce mème'intervalle de temps a été de4-,4-19,7001r.; en en défalquant le jiroduit en orde ces mêmes lavages, il en résulte que le carat de diamant brut coûte 38 fr. 20 c. de frais d'exploitation. La contrebande, que nous avons déjà dit être très-considérable , est évaluée au tiers du produit des exploitations.

C'est le Brésil qui fournit aujourd'hui tout le commerce de diamants; il en parvient en Euroi)e de 25 à 30,000 carats par an, c'està-dire de 10 à 15 livres, qui sont réduits par la taille à 8 ou 900 carats.

Usages. — Tout le monde sait le prix qu'on attache en général au diamant; sa dureté, son éclat, sa force de réfraction qui décompose la lumière et la fait jaillir en faisceau de mille couleurs, l'ont fait rechercher dans tous les temps et le mettront toujours au premier rang des pierres précieuses qu'on emploie dans la joaillerie. On estime surtout celui qui est d'une parla'ite limpidité, et il perd beaucoup de son prix lorsqu'il a quelque teinte jaunâtre, ce qui arrive fréquemment. Ce n'est que quand les couleurs deviennent franches et vives qu'il reprend sa valeur, et quelquefois même une plus considérable.

Jusqu'à la fin du xv° siècle on a employé lesdiamants bruts ;lesplus recherchés étaient alors ceux qui présentaient une forme jiyramidale, que l'on nomm-dt pointes naïves. Ce ne fut qu'en 1576 que Louis de Berguem découvrit l'art de tailler cette pierre , au mo,> en de sa propre poussière, et ce fut alors seulement qu'on connut toute sa beauté. On a taillé le diamant de diverses manières , mais on a renoncé successivement à la plupart des formes imaginées , et l'on se tient aujourd'hui à la taille en rose pour les pierres plates , et à la taille en brillant pour les pierres épaisses (1).

(t) C'est le liasard qui a fait découvrir les moyens de tailler le diamant. Un jeune homme de Bruges, d'exlraclloii noble, Lniiis Je Berguem, ayani remarqué, eu li>76, qu;j UeuA, diaiuums frottis forlenieiit

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Le diamant est toujours d'un prix trèsélevé; nous avons vu qu'il revient à 38 fr. 20 cent, le caiat (4 grains) au gouvernement brésilien pour les frais d'exploitation. Aussi les pierres brutes défectueuses , reconnues pour ne pas pouvoir être taillées , se vendent-elles encore à raison de 30 ou 36 francs le carat. On les emploie pour faire la poudre du diamant, ou égrisée, qui sert à tailler, polir, graver les diil'érentes pierres dures. . Les petits diamants bruts de bonne forme our la taille valent, lorsqu'on les achète en ois, 48 fr. le carat ; mais lorsqu'ils sont audessus d'un carat , on les estime par le carré de leur poids multiplié par 48; c'est-à-dire qu'un diamant brut de 2 carats vaut 4 X 48 ou 192 fr.

On conçoit que le diamant taillé est d'un prix beaucoui) plus élevé, parce que, d'une part, il a coiUô du temps, et que, de l'autre, onaperçoii des défauts qu'on n'avait pas vus dans la' pierre brute , qui en font rejeter beaucoup. Les très-petits diamants en rose, dont on se sert pour des entourages de peu de valeur, dont il se trouve jusqu'à 40 au carat, valent de 60 à 80 fr. le carat; plus gros ils valent 123 fr., et même beaucoup plus, quoique le peu d'épaisseur les tienne toujours beaucoup au-tiessous du brillant.

Le brillant de-J- à 3 grains de belle qualité, aclieté par parties de 10 à 50 carats, vaut de 168 à 192 fr. le carat ; ceux de 3 grains, qui sont très-recherchés , valent en lots jusqu'à 216 fr. A 4 grains ( 1 carat) un brillant vaut de 216 à 240 et môme 288 fr., lorsiju'il est très-beau ; mais au-dessus d'un carat, le prix augmente beaucoup et hors de proportion, et il est sujet à quelques variations, suivant le besoin du commerce. Une pierre de 3à 6 grains vaut de 312 à 336 fr. ; à 6 grains, de 400 à 480 fr.; à 12 grains ou 3 carats, où elles sont très-recherchées pourdis centres de collier, elles vont de 1680 à 1950 fr.; à 16 grains, de 2,400 à 3,120 fr., et pour un seul grain de plus, elle peut aller à 3,800 fr.

Ou estime en général le diamant taillé audessus d'un carat par le carré de son poids multiplié par 192 fr., prix du carat; mais de cette manière on n'arrive pas toujours à des prix exacts pour des pierres de grande dimension ; par exemple , un diamant de 49

l'un contre l'autre s'usaient mutuellement et se réduisaient en poussière, mil à prolit cette observation importante, et créa l'art de la taille, qui s'exécute encore aujourd'hui à peu prés de la même manière. Cette taille se pratique au moyen d'une plale-lbnne horizontale, en acier très-doux, qu'on recouvre de poudre de diamant ou égrisée délayée dans de l'huile, et contre laquelle on appuie, pendant qu'elle tourne rapidement, le diamant qu'il s'agit de tailler. Lorsqu'une des faces est usée, on le change de position, et ainsi de suite. La découverte de Louis de Beiguem fut très-bien accueillie .par Charles le Téméraire, duc deBourgogne, qui le récompensa raagniliqueuieut. Le "jremier diamant taillé fut porté par ce prince, qui e [iL-rdit, avec tous ses auircs joyaux, a la bataille de Moral, qiif les Suisses ga^uerjnl sur lui. Ueiniis il a été reU'ouve et vendu a fïéi.ri VUI, roi d'AuijIetei-re, qui le donna eu présent de noces à sa fille, ors^u'elle épousa l'hilippc il, roi d'Espagne.

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carats ou 196 grains vaudrait, suivant cette estimation, 49 X 49 x 192 ou 460,992 fr.. et une telle pierre a été payée par le vice-roi d'Egyiite 760,000 fr.

Lorsque le diamant a des couleurs vives bien décidées , ce qui est en général trèsrare, il prend encore une valeur plus considérable que lorsqu'il est limpide , quoiqu'il soit généralement moins recherché. Un diamant de 8 grains d'un beau vert a été poussé à la vente de M. de Drée, jusqu'à 900 fr., et un diamant rose de 11 grains l'a été jusqu'à 2,000 fr. Les couleurs jaune et hyacinthe sont beaucoup moins recherchées. Un diamant jaune de chrysolite de 10 grains n'a été, à la même vente, qu'à 600 francs, et une couleur hyacinthe do 15 grains, à 1560 fr. , par conséquent au-dessous de la valeur des diamants limpides du même poids.

■ Les diamants de 5 à 6 carats sont déjà de fort belles pierres ; ceux de 12 à 20 carats sont rares , et à plus forte raison ceux d'un poids plus élevé : on n'en connaît que quelques-uns qui dépassent 100 carats.

Le plus gros diamant connu est celui du raja de Matun, à Bornéo ; il est évalué à plus de 300 carats (plus de deux onces). Celui de l'empereur du Mogol était de 279 carats , et avait été évalué par Tavernfer à 11, 723,000 fr.; il le compare à un œuf coupé par le milieu. Celui de l'empereur de Russie , 193 carats ; , il est de la grosseur d'un œuf de pigeon, et de mauvaise forme ; il a été acheté 2,160,000 fr. et 9,600 fr. de pension viagère. Le diamant de l'empereur d'Autriche pèse 139 carats ; il a une teinte jaunâtre , est faille en rose et de mauvaise forme ; il est estimé 2,600,000 fr. Le diamant du roi de France, qu'on nomme le Régent, pèse 136 carats ; il pesait 410 carats avant d'être taillé. On assure qu'il a coûté deux années de travail. II est lemarquable par sa belle forme, ses belles proportions et sa parfaite limpidité, et il est regardé comme le plus beau diamant de l'Europe. Il fut acheté par le duc d'Orléans, alors régent, 2,250,000 fr., et il est estimé plus du double. Tous ces beaux diamants viennent de l'Inde; le [)1lis gros qu'on ait trouvé, au Brésil , et que possède le roi de Portugal , est, suivant les plus fortes estimations , de 120 carats ; mais M. Maw n'en porte le poids qu'à 95 cacatsA; il n'a pas été taillé, et il porte la forme octaèdre naturelle.

La dureté extrême du diamant le fait aussi employer dans les arts ; on en arme des forets qui servent à percer les pierres, des espèces de buriiis pour les graver, etc. Les vitriers s'en servent habituellement pour couper le verre , et emploient à cet usage le diamant cristallisé à arêtes curvilignes; mais, suivant les justes observations deWollaslon, c'est moins la dureté de la pierre que sa forme curvLligue qui fait ici le principal mérite : les diamants taillés, ou à arêtes trop vives, ne tout que rayei- le verre au lieu de le couper, et au contraire toutes les SiUjstaaces capables de ra^'ier le vene acquièrent la propriété de le couper, lorsqu'on les taille à faces bombées et à arêtes curvilignes.

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DIASPORE. Voy. Ai.uminicm.

DIASTASK. \'of/. Sucuii. — Sa r(?ac(ion pour rompre les tô^umonts de lalt'cuk'. Ko//.

Em)OS\U)SK.

DIC.IlUOÏSiME. Voy. Polychuoismi:.

DiriKSTlON. — Los aliiucnts, «pr^s avoir «5tt^ |jlarés dans la Imuclie, smit d'al)onl cou- })<5s, décliirôs et l)royi's par les dents ; pcndaiil que celle Ibnclion s'exécute, la s.ilivc et le liquide sécrété par les cryptes do la lueaibrauc muqueuse ullluent dans la houclie , les liumecleut de manière à on former une matière molle , désignée sous le nom dcbol athiicntairc. A cette iiremièro fonction succède la déijlutition par le [iliarynx et i'œsopliago, (jui transmettent le bol alimentaire de la bouche à l'estomac. Les moiiitications que l'aliment a ainsi éprouvées dans la bouche, le pharynx et l'cosophage, ne sont que préparatoires : parvenu dans l'estomac, il s'y imprègnedesucgastrique queson contact fait sécréter, y séjourne plus ou moins , change de nature, devient mou, acide, et se convertit en une l)ouillie nommée chyme.

Cette matière, qui présente des différences suivant la nature des aliments , contient du reste une grande quantité d'albumine soluble et des molécules organisées , semblables à celles qu'on trouve dans le chyle ; elle passe bientôt, à des intervalles plus ou moins rap-

[irochés, de l'estomac dans les intestins grées, oCi elle se môle à la bile et au suc [lancréatique, qui y sont versés continuellement par des canaux particuliers. C'est alors, suivant la i)lupart des physiologistes, que s'opère la séparation du chyle d'avec la matière excrémentitielle ; mais si, comme l'ont observé M. Leuret et M. Lassaigne, il se forme spontanément dans le chyme des molécules chyleuses , la bile et le suc pancréatique ne feraient que favoriser cette formation en atténuant et dissolvant les substances qui ne l'ont pas été dans la chymitkaiion. Enlln , par suite de la progression du chyme dans les ditlérentes parties des intestins, le chyle est absorbé, et la matière excrémentitielle rejetée en dehors au bout d'un temps plus ou moins long. Sa couleur particulière est due à son mélange avec la matière colorante de la bile altérée.

Lorsque ces fonctions s'exercent dans toute leur force, il ne se dégage aucun fluide élastique dans l'estomac et les premiers intestins. Ce n'est que vers les dernières régions du tube intestinal que le résidu des aliments, déjà converti en véritable excrément , commence à éprouver, par son séjour et la chaleur, les premiers mouvements de la fermentation putride. Alors ces parties sont distendues par des fluides élastiques composés d'acide carbonique, d'hydrogène, d'hyîlrogène carboné , d'azote , et quelquefois d'hydrogène sulfuré. ïouleiois, les rapports de ces gaz sont très-variables ; la proportion d'acide carbonique est plus abondmte Uans le gros intestin (pie dans les autres parties (lu tube intestinal.

Quels sont les usages de la salive et du suc gastrique sur les aliments dans l'acte de la

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digestion I Ces liquides, essentiellomem form(''s d'eau, n'agissent sans doute qu'en les rauiollissant , les altéimant et dissolvant les pi'incipes solublos, car ils n'exercent aucune autre action dissolvante (|ue celle de l'eau; c'est sous cet état qu'ils sont alors facilement transformés en chyle, et qu'ils passent dans les tubes ca[)illaii-es, où s'achève l'assinidation. Quant aux usages de la bile ot du suc Itaucréatique , on leur avait attribué la i>ropriété do séparer le chyle des matières excrémentitielles , mais les expériences senddont prouver que ces liquides n"a,;;issent encore qu'ijn atténuant les substances qui ne l'ont été qu'imparfaitement dans la chymiticalion; peut-être môme la bile, qui colore alors ces matières, les rend-elle assez irritantes pour exciter les contractions de cette partie du tube intestinal, de manière à favoriser leur expulsion à l'état d'excréments.

On conçoit du reste qu'il est impossible de déterminer, dans l'élat actuel de la science, les altérations chimiques qu'éprouvent les aliments végétaux ou animaux dans le canal digestif, paice que leur mélange avec les liquides qui sont sécrétés aux difïérentes parties de ce canal complique extraordinairoment les résultats, et ne permet pas d'isoler ce qui provient de l'aliment altéré, de ce qui appartient au liquide inteslinal dont il se trouve im|)régné. Toutefois, les substances alimentaires nourrissent d'autant mieux qu'elles sont plus dispos^ées à entrer en fermentation, que leur composition alimentaire se rapproche plus de celle des matériaux constitutifs du corps animal, et qu'elles sont plus solubles dans l'eau et les acides faibles, etc. Celles qui ne renferment point du tout d'azote , quelle que soit la classe d'oii elles ont été extraites , ne peuvent servir à la nutrition; elles se comporient de deux manières : 1° si elles sont insolubles, elles passent dans le tube di,L;estif sans être aliéi-ées, comme l'amidon ou le ligneux, etc.; 2" si au contraire elles sont solubles, elles sont en ]iartie absorbées , et Unissent par produire un changement dans la nature do plusieurs sécrétions : telles sont la gomme , le sucre , qui ne peuvent entretenir la vie qu'un certain temps, comme l'a prouvé M. Magendie

La digestion n'est point un phénomène aussi compliqué qu'on l'avait d'abord supposé; c'est une simple fonction d'absorption, car l'animal ne crée point de malière organique , il se borne à l'assimiler ou h la dépenser en la brûlant. Les matières solublos des aliments passent dans le sang, inaltérées pour la plupart; les matières insolubles arrivent dans le chyle , étant assez divisées pour ôti 0 aspirées par les oriQçes des vaisseaux chylifères. Ainsi , les matières amylacées se changent en gomme et en sucre; les matières sucrées s'absoroent; le' matières grasses se divisent, s'émuisi mcent, ei passent ainsi dans les vaisseaux, pour former ensuite des dépôts que le sang re| rend et' brûle au besoin. Les matières azotées neutres , la fibrine , l'albumine , la caséine, dis-

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soutes d'abord , iiuis précipiléos , passent dans le chyle très-divisées ou dissoutes de nouveau.

« Auisi , dit M. Dumas , l'animal reçoit et s'assimile presque intactes des matières azotées neutres qu'il trouve toutes formées dans les animaux ou les plantes dont il se nourrit; il reçoit des matières grasses qui proviennent des mêmes sources; il reçoit des matières amylacées ou sucrées qui sont dans le même cas.

« Ces trois grands ordres de matières, dont l'origine remonte toujours à la plante , se partagent en produits assimilables, fibrines, albumine, caséine, corps gras, qui servent à accroître ou à renouveler les organes , et en produits combustibles , sucre et corps gras, que la respiration consomme.

« L'animal s'assimile donc ou détruit des matières organiques toutes faites , il n'eu crée donc pas.

« La digestion introduit donc dans le sang ■ des matières organiques toutes faites; l'assimilation utilise celles qui sont azotées; la respiration brûle les autres. Des matières organiques nouvelles peuvent bien naître dans les tissus ou les vaisseaux animaux ; mais ce sont toujours des matières plus simples, plus rap|irochées de l'état élémentaire que celles qu'ils ont reçues.

« Les animaux défont donc peu à peu ces matières organiques créées lentement par les plantes; ils les ramènent donc peu à peu vers l'état d'acide carbonique , d'eau, d'azote, d'ammoniaque , état qui leur permet de les restituer à l'air. En brûlant ou en détruisant ces matières organiques, les animaux produisent toujours de la chaleur qui, rayonnant de leur corps dans l'espace , va rem- E lacer celle que les végétaux avaient absorée.

« Ainsi, tout ce que l'air donne aux plantes, les niantes le cèdent aux animaux, les

Le végétal

Produit des matières azotées neutres , des matières grasses , des sucres , fécules , gommes.

Décompose l'acide carbonique, l'eau, les sels ammoniacaux.

Dégage de l'oxygène.

Absorbe de la chaleur.

Soutire de l'électricité.

Emprunte ses éléments à l'air ou à la terre. Transforme les matières minérales eu matières organiques.

Est un appareil de réduction.

Est immobile.

DIMORPHIS.ME. Voy. Isomorphisme.

DIOPSÎDE. Voy. Pyroxène.

DISTHÈNE. Syn. cyanite , schorl bleu. — Couleur naturellement hlanclie, mais fréqueiunienl bleue , d'oili le nom de cyanite, quel juefois rougeàtre, jaunâtre par suite de mélanges.

Disséminé dans les roches de micaschiste, quelquefois dans les hyalomicles , dans la tlolomie , dans le calcaire grenu. 11 est fré-

animaux le rendent a l'air : cercle éternel dans lequel la vie s'agite et se manifeste, mais où la matière ne fait que changer de place. »

Nous savons maintenant que le sang provient du chyle; mais il nous reste à apprendre le rôle qu'il remplit dans l'économie. On sait , à n'en pas douter, que c'est lui qui fournit à tous les organes les matériaux nécessaires à leur développement; qu'il donne des phosphates terreux et du tissu cellulaire aux os ; de l'albumine aux membranes et aux cartilages; de la fibrine aux muscles, etc. Mais comment chaque organe agit-il sur la masse du sang pour en séparer les principes qui lui sont essentiels? comment s'opère l'assimilation, la nutrition des organes? C'est un secret que la science n'a encore pu pénétrer. Ces mystérieuses opérations s'accomplissent avec une régularité admirable, sans qu'il soit possible de reconnaître les agents employés à les effectuer.

Mais, indépendamment de cette fonction réparatrice , le sang concourt aussi à la formation de ces liquides ditférents qui paraissent nécessaires à la conservation de l'économie animale , et qu'on désigne d'une manière générale sous le nom de sécrétions. Telles sont la bile , la salive , les larmes, la synovie ou matière qui suinte à la surface des articulations, dont elle favorise le jeu, etc. Tels sont le lail , la sueur, l'urine , qui sont rejetés au dehors du corps , et qui ne pourraient y être conservés longtemps sans danger. Nous ne sommes pas plus instruits, d'ailleurs , sur la production de ces sécrétions que sui' la manière dont s'effectue l'assimilation.

Le tableau suivant , que j'emprunte à M. Dumas , résume parfaitement les différences fondamentales qui existent entre les deux grandes séries des êtres vivants :

L'animal

Consomme des matières azotées neutres, des matières grasses , des sucres , fécules , gommes Produit de l'acide carbonique , de l'eau , des sels ammoniacaux.

Consomme de l'oxygène.

Produit de la chaleur, De l'électricité.

Rend ses éléments à l'air ou à la terre. Transforme les matières organiques en matières minérales.

Est un appareil de combustion ou d'oxydation. Est locomoteur.

quemment accompagné de staurotide , de grenat , de tourmaline , etc. , quelquefois de graphite, par lequel il est coloré en gris.

Le disthène , à cause de son infusibilite, est quelquefois employé comme support dans les essais au chalumeau.

DISTILLATION. — La distillation est une opération par laquelle on réduit les liquides en vapeur, à l'aide de la chaleur, pour les faire retourner ensuite à l'état liquide par le

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retVoiiliS'^oiiient. Celte opération a iioiir Iml principal ilo st^parer les li(iiii(ics (l'avec li's corps lixes , ou des eorps li'nne volatilili' ditri^rente. Elle peut encore avoir pour but la désunion des éléments d'un composé , et de donner ainsi naissance h (tc,s produits nouveaux. On opère la dislillation dans des vases parliouliers (Voy. Alambic). L'art dislillatoire n'est pas une invention des Arabes, cet art est beaucoup pins ancien.

Pline décrit ainsi un procédé distillatoire extrêmement curieux , et qui prouve combien l'esiirit humain est habile a faire varier les moyens pour arriver au même but. « On allume, dit-il, du feu sous le pot qui contient la résine : une va|ieur {halitus) s'élève et se condense dans de la laine qu'on étend sur l'ouverture du pot où l'on tait cuire la résine. L'opération étant terminée, on exprime la laine ainsi imprégnée d'huile. » Ce procédé distillatoire, dont Pline ne prétend pas être l'inventeur (ce qui en fait remonter Ja découverte probablement à plus do 2000 ans), rappelle le passage suivant d'Alexandre A{)hrodise, déjà signalé par l'illuslrc Alex, de Humboldt : « On rend, y est-il dit, l'eau de mer potable en la vaporisant dans des vases placés sur le feu , et en recevant la vapeur condensée sur des couvercles (récipients). » Le célèbre commentateur d'Aristote ajoute qu'on peut traiter de même le vin et d'autres liquides. Geber (qui vivait, d'après Abulféda , vers la fin du viu' ou au commencement du IX' siècle) s'exprime ainsi sur la distillation : « 11 y a deux espèces de distillations : l'une s'opère à l'aide du feu, l'autre sans le feu. La première peut se faire de deux manières ditférentes : ou par ascension des vapeurs dans l'alambic , ou per descensum , dans le but de séparer des huiles ou d'autres matières liquides par les parties inférieures du vase. Quant kla distillation sans l'aide du feu, elle consiste à séparer les liquides limpides par le filtre : c'est une sim- ])le filtmtion. » On voit que le mot distillation avait autrefois un sens beaucoup plus large qu'aujourd'hui. « La distillation par le feu peut être , continue Geber, variée dans son intensité , suivant qu'on chauffe le vase sur un bain d'eau ou sur un bain de cendres. » (HoEFER , Histoire de la Chimie, t. I, pag. 317.)

DISSOLUTIONS CHIMIQUES, effets électriques produits. Voy. Electricité dégagée dans les actions chimiques.

DORURE. — Depuis 18il, deux nouveaux procédés et tous deux fort curieux ont été imaginés pour dorer le laiton, l'argent et presque tous les autres métaux. L'un a lieu par une réaction cliimique et par voie humide, l'autre par une réaction électro-chimique.

Le premier, d'origine anglaise, et dû à M. Elkington, consiste à dissoudre l'or dans l'eau régale, à évaporer la dissolulion au bain-marie, jusqu'à vaporisation de l'acide superflu, i dissoudre le chlorure d'or dans

l.'JO luis son poids d'eau, et à y ajouter »uie ipianlilé (l(î l)icarlionale de potasse égale à 7 fois le poids du clilorure d'or. C'est dans ce mélan^i^ IxMiillaiit ([u'oii plonge, l)endant quelques minutes, les métaux (pi'on veut «lorer. (a) (ju'il y a de [)lus singulier, c'est que la dorure cesse d'avoir lieu aussitAt que le bain ne renfernK; plus de bicarbonate (le potasse. iMais ]iar ce procédé on ne f)cut fixer (ju'une quantité d'or tellement faible à la surface de la pièce, (pi'il est impossible à la meilleure dorure par la voie numide d'att(Mndre l'épaisseur à larpiclle la plus mauvaise dorure au mercure est iorcée d'arriver.

L'autre procédé est tout différent. L'idée première en appartient à M. de la Rive, savant professeur de physique à Genève, qui, le premier, a songé à utiliser la propriété du courant électrique pour opérer la |)récipi talion de l'or sur le laiton et l'argent. Cette idée lui a été suggérée par les belles expériences galvano-plastiques du professeur Jacoby, de Saint-Pétersbourg. Lorsqu'on soumet à l'action d'un faible courant-électrique, par le moyen de petites piles à cloison amorcées avec le sulfate de cuivre , des plaques sur lesquelles des figures ou des caractères sont tracés au burin, la décomposition du sulfate de cuivre est déterminée par le courant, et il se dépose du cuivre métallique qui s'attache aux planches gravées plongeant dans la liqueur. 11 en résulte alors des empreintes en relief des dessins gravés en creux sur l'original. M. Jacoby obtient ainsi des empreintes en cuivre de médailles, de bas-reliefs, de planches gravées au burin, qui ont toutes le précieux et le ]ioli des modèles. Ce nouvel art, qu'utilisent déjà l'imprimerie, la stéréotypie, la fabrication de billets de banque, la gravure sur cuivre, a reçu de son inventeur le nom de Galvano - Plastique. Il a été singulièrement perfectionné, depuis quelques années, par MM. de la Rive, Boquillon, Vogel, Soyet, etc. On a pu former un moule des images daguerriennes, recouvrir d'une couche mince de cuivre des statuettes de plâtre et des têtes en ronde-bosse, etc.

Eh bien! ce sont ces procédés galvaniques qui ont été étendus par M. de la Rive, puis par M. Perrot, de Rouen, et en dernier lieu par MM. Elkington et de Ruolz, non-seulement à la dorure et à l'argenture du cuivre, du bronze, du laiton, de l'étain, du plomb, du fer, du platine et de l'acier, mais au platinage, au zincage, au cobaltisageet au nickelisage du fer, c'est-à-dire à l'opération par laquelle on recouvre ce dernier métal d'une couche mince et homogène de platine, de zinc, de cobalt et de nickel. M. de Ruolz s'est assuré la propriété de ce nouvel art par un brevet d'invention en date du 19 décembre 1840. Aujourd'hui la dorure des métaux, la fabrication du vermeil, sont effectuées dans tous les ateliers par soi: procédé, qui consiste en définitive à [ilonger les objets à dorer dans un bain composé da chlorure double et de potassium dissous dans

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(lu cynnnro de potassium, en môme temps que les ol).iets et le bain sont soumis à l'aclioii d'un faillie courant galvanique. Les métaux sont dorés très- rapidement par ce moyen avec des couleurs très-pures et trèsbelles. On varie à volonté ré|)aisseur de la couche d'or, sa couleur mi'me. On peut faire sur la même |iièce des mélanges de mat et de poli; enfin, on dore avec une égale" facilité les pièces de grande dimension, les pièces jilates ou à relief, les pièces creuses ou gravées, et les filaments les plus déliés. Le niaillechort, l'acier, le fer, prennent bien la dorure; aussi fabrique-t-on maintenant beaucoup de couverts en maillechort vermeille, et recouvre-t-on d'iin vernis d'or suffisamment résistant les couteaux de dessert, les instruments de laboratoire et de chirurgie, les armes, les montures de lunettes et d'autres objets en fer ou en acier.

L'adoption de ces nouveaux procédés de aorure est un événement mémorable dans l'histoire de l'industrie, au point de vue de la science et de la pratiq\ie ; mais c'est de plus un bienfait pour la classe des ouvriers doreurs, qui sont ainsi atl'ranchis de la meurtrière influence des vapeurs mercurielleSiqui les décimaient si rapidement. Aussi, envisageant la question sous tous ces rapports, l'Académie des sciences a-t-elle décerné, dans sa séance publique du 19 décembre 1842, un prix de 3,000 francs à M. de la Rive, et des prix de 6,000 francs à MM. Elkington et Ruolz.

Pour la dorure de la porcelaine, on fait usage d'or en poudre, obtenu de deux manières différentes. Lorsqu'on verse une dissolution de sulfate de fer dans une dissolution d'or ]tar l'eau régale, il se dépose de l'or, réduit en poudre noinUre, qu'on lave bien, qu'on fait sécher, et qu'on broie ensuite avec du miel pour mieux le diviser. On lave la pâte à l'eau bouillante pour enlever le miel, et lor qui reste, étant mêlé avec un douzième de sous-azotate de bismuth, est fixé sur la porcelaine au moyen d'un mordant gras. On passe la pièce au feu; le mordant gras se brûle, le fondant entre en fusion, et l'or se colle à la pièce.

L'autre moyen d'avoir la poudre d'or consiste à broyer des feuilles d'or sur une glace avec du miel ou une dissolution épaisse de gomme arabique , qu'on sépare ensuite à l'aide de l'eau chaude. L'or très-divisé qui reste est ordinairement étendu en couches minces dans des coquilles; aussi le connaîton, dans les arts, sous le nom d'or en coquille. Cet or, broyé de nouveau avec la gomme, s'emploie pur pour dorer la porcelaine tendre; mais, pour la porcelaine dure, on ajoute un fondant qui est souvent le sousazotate de bismuth.

On fait la dorure à l'huile ou à la colle en recouvrant la surface qu'on veut dorer de l'une ou l'autre substance; et quand elle est presque sèche, on applique les feuilles d'or, tni les appuyant légèrement avec du coton. C'est ainsi qu'on dore la tranche des livres,

le plâtre, le bois, le carton, le cuir, le fer, etc. On recouvre ensuite le plus souvent l'or avec un vernis. Les cadres de tableaux sont d'abord encollés avec de la céruse, puis poncés, polis et dorés ainsi qu'on vient de le dire. Dans tous les cas, il faut mettre plusieurs couches successives d'or. Enfin on frotte au brunissoir.

Cette pratique de dorer les bois, les lambris, le marbre et autres objets d'ornementation, nous vient des Romains, qui adoptèrent généralement ce luxe peu de temps après la ruine de Carthage, 146 ans avant Jésus-Christ.

DURETÉ. — On jugeait autrefois de la dureté des corps par le choc du briquet; cette méthode est défectueuse : c'est moins la dureté des corps qui détermine les étincelles qui se produisent, que leur mode d'agrégation ; car nous avons des variétés de quartz qui, étant friables , ne donnent point d'étincelles, quoique étant de môme nature que les silex les plus durs. On a donc cru juger de la dureté des minéraux par la résistance qu'ils opposent h se laisser rayer jiar d'autres , et c'est la comparaison de cette même résistance entre les corps plus ou moins durs qui établit leur degré de dureté. Lorsqu'on fait de pareils essais, il faut, autant que possible , prendre des échantillons cristallisés. Sous le rapport de la dureté, on a divisé les minéraux en six classes.

La première comprend ceux qui ne sont rayés que par le diamant, qui est le plus dur de tous les corps.

La deuxième, ceux qui le sont par le quartz.

La troisième , ceux par l'acier : ainsi le marbre est rayé par l'acier, tandis que le porphyre ne l'est pas , ce qui sert à les distinguer.

La quatrième , ceux dont on compare la dureté avec celle du verre : ainsi , quoique l'asbeste et la trémolite se ressemblent beaucoup , celle-ci raye le verre, tandis que la première ne produit point cet effet.

La cinquième a pour point de comparaison le marbre.

La sixième , la chaux sulfatée ou gypsey qui est rayé par l'ongle.

Le professeur Mohs, qui a beaucoup étudié les degrés de dureté des minéraux, les a exprimés ainsi :

exprime celle du

talc.

gypse.

spath -calcaire

spath-fluor.

apatite.

feld-spath.

quartz.

topaze.

corindon.

diamant.

Dans quelques ouvrages de minéralogie, on range les corps en durs , demi-durs et tendres.

1° Les durs ne se laissent pas entamer pa* le couteau , et font feu avec l'acier On appelle extrêmement durs ceux tjui ne se lais-

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sent pas entamer par lalimo; très-durs ceux qui lui (•i''(ifiit un peu , et durs ceux qu'elle est su.sceplil>le do r^ytir.

2" Les diuni-durs no font pas feu au briqiiel, ol se laissent dillicilemùnt entamer par le couteau.

3' Les tendres sont eoupésaisénionl |)arle coiile.ui , mais mm entamés par l'ongle.

DllSODYl.li (houille papyracée ; terre (litninineuse feuilletée, cte.). — M. Cordier a donné ce nom à une nialièro rapportée de Sicile par Ddioniieit, (pii se présente en masses feuilletées, h feuillets nnnces, papyracés, tendres et llexihles, d'un gi'is jaiuuUre ou verdjUre, combustible, brillant facilement en répandant une odeur infecte, qui lui a

valu le nom de Stcrcus DiaboU ou Merda dl Diarolo, qu'il port(! vulj^airemcnt en Sicile, et laissant un résidu terreux très-considérable.

Le dusodyle se trouve h Melili près do Syracuse, en Sicile, (-n couches minces, entre des bancs calcaires qui paraissent appartenir aux formations tertiaires; il renferme quokiuefois entre ses feuillets des empreintes de poissons et aussi de plantes qui paraissent appartenir h la division des dicotylédones. On a cité une matière analogue à CiiAteauneuf, près "Viviers, département du UliOne.

DUTROCHET, ses expériences d'endosmose. Yoy. Endosmose.

EAU.— L'eau est composée d'oxygène et d'hydrogène.

Je crois superflu de décrire ici toutes les ex|iérienccs rigoureuses qu'on a faites pour recomposer l'eau avec ses éléments, et déterminer les qualités relatives de ceux-ci. Il suffit de dire qu'on a brûlé ensemble du gaz oxygène et du gaz hydrogène dans des appareils oCi le poids des gaz pouvait être déterminé avec précision avant l'expérience, ainsi que celui de l'eau obtenue et du gaz restant, et que constamment on a trouvé le poids de l'eau fabriquée ainsi égal à celui des gaz qui avaient disparu. Dans les expériences que Fourcroy, Vauquelin et Séguin ont faites assez en grand pour produire une quantité d'eau pondérable avec des gaz d'un poids connu, et qui leur ont fourni plusieurs onces de liquide résultant de la combustion, on a eru trouver que l'eau était com|iosée de 85 parties d'oxygène et 15 d'hydrogène. Mais il a été constaté ensuite, par des expériences rigoureuses, que deux volumes de gaz hydrogène se combinent exactement avec un volume de gaz oxygène, et depuis que l'on a déterminé les poids relatifs des deux gaz, il a été reconnu que l'eau est comiiusée de 88,904. parties d'oxygène, et 11,096 d'hvdrogène, en poids.

Après la pesée des gaz eux-mêmes, le meilleur moyen d'apprendre à connaître la composition de l'eau d'une manière précise, consiste à mettre une quantité connue d'oxyde cuivrique dans un tube de verre convenablement disposé, à diriger ensuite du gaz hydrogène pur et sec dans ce tube, et, après l'expulsion de l'air atmosphérique, à chautl'er l'oxyde au-dessus d'une lampe à esprit-devin ; l'oxyde se trouve réduit et de l'eau formée. On recueille cette eau et on la pèse; on pèse également le cuivre métallique restant : alors ce que l'eau pèse au delà du poids que l'oxyde a perdu exprime les quantités relatives de l'hydrogène et de l'oxygène qui ont servi à la formation de l'eau. Ce résultat est conforme à celui qu'on obtient par la déter-

mination de la pesanteur spécifique des deux gaz.

La découverte de la composition de l'eau appartient à Cavendish, et ne date pas encore d'un demi-siècle. Elle fut constatée par les chimistes français, mais trouva cependant d'opiniâtres contradicteurs. On crut avoir trouvé que l'eau versée goutte à goutte sur des métaux rouges, ou conduite à travers des tubes d'argile rougis au feu, se convertissait partiellement en gaz nitrogène. Mais de Hauch prouva que ce gaz nitrogène provenait de l'air atmosphérique voisin, et qu'on n'en obtenait point lorsqu'on employait des appareils de métal, en évitant les vases poreux, tels que ceux de terre ou de grès. On crut aussi avoir trouvé que l'eau peut se convertir en terre, soit par la trituration dans un mortier, soit par la coction dans des vases de verre. Mais la terre obtenue provenait, dans le premier cas, de l'usure du mortier, et, dans le second, de la dissolution du verre. Lavoisier tint de l'eau en digestion pend.tnt quatorze semaines, à une température de -f-85 degrés, dans un vaisseau de verre clos, et reconnut que le vase avait perdu un poids égal à celui que formaient ensemble la terre mêlée avec l'eau et les substances que celleci laissa lorsqu'on la fit évaporer.

L'eau est toujours liquide à la température ordinaire de notre atmosphère : mais si la température baisse usqu'au-dessous de zéro du thermomètre, elle prend la forme solide, et se convertit en glace. La glace n'est donc autre chose que de l'eau solidifiée ; il y a la môme dilférence entre elle et l'eau licjuide, qu'entre le soufre solide et le soufre fondu. Une partie considérable delà surface de la terre est formée par de l'eau à l'état solide, et on ne la trouve liquide que dans les régions qui peuvent être échauffées par les rayons solaires.

Lorsque l'eau se congèle, elle prend une forme cristalline, comme la plupart des autres corps. C'est ce que prouvent assez les figures dont se couvrent eu hiver les vitrages

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de nos fenêtres. Si l'on examine l'eau qui commence à se congeler lentement, dans un vase mince et à un froid modéré, on voit se former d'abord une légère pellicule de glace à la surlace, puis des aiguilles qui se dessinent sous des angles déterrninés de 60 et 120 degrés; à ces aiguilles s'en joignent d'autres, puis d'autres encore, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'entin la masse entière soit devenue solide. Ces cristaux prennent, comme ceux d'autres corps, des formes diverses, qui dépendent soit de la violence du froid et de la rapidité avec laquelle euxmêm"S se produisent , soit des différents degrés de repos pendant la congélation, et d'autres circonstances semblables. Ainsi on trouve l'eau cristallisée, tantôt en longues liguill's droites, tantôt en plumes, tantôt en feuilles brillantes et écailleuses, qui laissent entre elles des intervalles polygones, etc. Cependant on n'a observé que rarement des cristaux de glace bien formés. Dans un endroit où la nébulosité d"une chute d'eau avait produit, à une température de 0'',5, des stalactites de glace pendantes à une arche de pont, Clarke trouva des cristaux rhomhoédriques jirésentant des angles de 60 à 120 degrés. On a rencontré plus souvent des prismes hexaèdres réguliers, mais presque jamais ces prismes n'étaient terminés , et Smithson dit avoir observé des cristaux de glace sous la forme de doubles pyramides à six pans, dans lesquelles les deux faces terminales faisaient ensemble un angle de 80 degrés. Toutes ces formes appartiennent au système rhomboédrique.

A un repos parfait il faut une température bien plus basse que le degré de congélation, pour que l'eau passe à l'état solide. On a déjà dit précédemment qu'alors elle peut demeurer liquide à plusieurs degrés au-dessous de zéro, et qu'elle ne se prend en masse que quand on la remue. Dans le vide, elle ne gèle jamais que quand elle est refroidie pres-que jusqu'à — 5 degrés, mais, au moment de sa solidilication elle se réchauffe jusqu'à zéro.

La glace fait une exception peu commune au rapport qui existe ordinairement entre le volume des corps à l'état liquide et celui de ces mêmes corps à l'état solide. Elle est plus légère , et par conséquent occupe un espace plus grand qu'un pareil volume d'eau liquide. Sa pesanteur spécifique est de 0,916, et quelquefois moindre encore. Nous ignorons à quoi tient celte expansion de l'eau congelée. Elle commence à quatre degrés au-dessus du point de congélation, augmente peu à peu, jusqu'au moment où l'eau se solidifie, et augmente alors tout à coup considérablement. Elle dépend en partie d'une cause accidentelle qui rend la pesanteur s.pécifique de la glace moindre qu'elle ne serait sans cela. Cette cause consiste en ce que l'eau contient une quantité déterminée d'air, qui ne peut point prendre la forme solide, et qui, au moment de la congélation, se sépare en une infinité de jietites bulles, dont la présence rend la glace opaque, t)i qu'on peut apercevoir même à l'ieil nu.

On a essayé de débarrasser i eau de cet air par l'ébullition ou par la machine pneumatique, et malgré cette précaution on a toujours trouvé ensuite des bulles dans la glace. Cependant, lorsqu'on fait bouillir de l'eau distillée dans un petit alambic en verre, de manière que l'air sorte par la partie supérieure de l'appareil, et soit remplacé par du gaz aqueux, puisqu'on bouche hermétiquement l'alambic pendant l'ébullition, et qu'ensuite on ex[)Ose cette eau à la congélation, on obtient une masse de glace parfaitement exempte d'air et transparente, dans laquelle la glace ne se distingue de l'eau qu'au moyen de la réfraction des rayons lumineux parles faces de ses cristaux. Mais cette glace même est moins pesante que l'eau. L'expansion de la glace se fait avec une telle force, qu'un globe de cuivre qu'on remplit d'eau et qu'on bouche bien, éclate lorsque le liquide vient à se congiler.

L'eau qui contient d'autres substances, par exemple, des sels, des acides, de l'alcool, etc., gèle, à peu d'exceptions près, plus lentement que l'eau pure, et avec d'autant plus de lenteur, que la quantité de ces substances étrangères y est plus considérable. Quand une dissolution semblable se congèle en partie , il n'y a ordinairement que l'eau presque seule qui prenne la forme solide, et la concentration du reste augmente en raison de la perte de liquide qu'il a éprouvée. Aussi est-on dans l'usage d'employer ce moyen pour concentrer, par exemple, le vinaigre et le suc de citron.

La glace est conductrice de la chaleur pour tous les degrés au-dessous de zéro , mais c'est un mauvais conducteur du calorique. Au dessus de zéro, elle absorbe ce dernier, et se convertit ainsi en eau. On peut l'électriser par le frottement, de manière qu'elle ne saurait être rangée parmi les corps conducteurs de l'électricité. Lorsqu'elle se fond, les cristaux les plus réguliers et les aiguilles qui se sont formées en premier lieu se conservent plus longtemps que le reste, moins régulièrement cristallisé, de la masse. Pour se convertir en eau à la température de zéro, elle fait passer à l'état latent autant de calorique qu'il en fiiudrait pour échauffer jusqu'à -1-75 degrés une égale quantité d'eau liquide à 0".

L'eau à l'état liquide est peu élastique, comme tous les liquides, et la compression qu'on peut lui faire subir est tellement peu considérable , qu'on a pendant longtemps considéré comme une chose impossible de la réduire à un volume moindre que le sien. La pression d'une atmosphère entière diminue à peine son volume de 0,0000+5. Cependant sa propre pesanteur la comprime à tel point, dans les lacs et dans la mer, que sa densité va toujours en augmentant depuis la surface jusqu'au fond. La compression de l'eau a été difficile à déterminer pendant longtemps, parce que les vaisseaux dans lesquels on l'essayait étaient susceptibles de se distendre par la [iression, mais enfin Perkins est jiarvenu à (entourer l'appareil, propre k,

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constatiM" la ron>prossiliilit(^ dn l'i^nii, d'nnu conii)riiiu''i> ;nocl;i iiuMiic loicc. Cet apiparci) a tM(5 simplilii^ (Icpuis par OF.rstcil; du ni.iiiit'io ((110 l'('X|i(''i'ic'iu'0 est maiiitfii.iiit uiio de ctdK'.s qu"(iii p<Md t;\iroavcr la plus grande l'arilili^ dans une looiii indilicinc.

I,a pcsaiitiMir speciliquo de l'eau est admise jiour 1,000, et sert de tenue comitaratif pour eelle de tous les autres eorps.

L'eau pure n'a ni couleur, ni odeur, ni saveur. Kilo est, par elle-môme, absolument invariable.

A l'instar de tous les autres corps, elle est dilatée par le calorique. Mais il y a une dill'érence remarquable entre cette dilatation et celle d'autres corps. Elle est très-faible, et, depuis zéro jusqu'à + lOO degrés, elle ne s'élève qu'à 0,012 du volume de l'eau.

La plus grande densité de l'eau ne correspond point à zéro, mais seulement h -f- k"4 au-dessus du point de congélation. .\ partir <le ce point, le liquide va toujours en se dilatant , soit qu'il se refroidisse , soit qu'il s'écliaulfe. de manière qu'à zéro il occupe exactement le même volume qu'à -f 9 degrés. C'est ce qu'on peut démontrer par une expérience fort simple. On plonge deux thermomètres dans lui verre d'eau <i zéro, de manière que la boule de l'un soit un peu plus élevée que celle de l'autre. A mesure que l'eau s'échaulfe, le thermomètre dont la boule est ic plus profondément située, monte, parce que l'eau plus chaude s'enfonce dans la froide. Lorsque l'instrument inférieur est arrivé à -}- h°,l, il cesse.de monter ; mais le supérieur s'élève jusqu'à -f 1% 1, et les deux instiuments sont alors égaux ; au bout de quelques instants, le supérieur monte bien plus rapiment que l'inférieur , parce qu'à cette époque l'eau chaude surnage la froide. Cepenilant cette expérience ne peut jamais être assez exacte pour donner autre chose qu'une indication approximative du véritable état du thermomètre, et beaucoup de physiciens ont »fait à ce sujet des expériences diversement combinées , dont le résultat a varié entre trois et cinq degrés. Les recherches les plus approfondies à cet égard sont celles de Haellslroem d'Abo : correction faite de toutes les circonstances qui pouvaient induire en erreur, elles ont donné le nombre, déjà cité précédemment, de -f i", !•

Cependant à ce degré extrême de densité, l'eau ne rétracte pas la lumière avec plus de force qu'elle ue fait quand elle est moins dense. Arago et Fresnel ont observé que son pouvoir réfringent augmente continuellement jusqu'au point de congélation, absolument de même que si elle se condensait sans cesse jusqu'au moment oh elle se prend en masse.

Cette exception, unique en son genre, aux règles de l'action que le calorique exerce sur les corps liquides, mérite d'autant plus d'attention, que, s'il n'en était point auisi, une grande partie des zones froides de notre globe serait inhabitable. En hiver, cll'ectivement, l'eau, même dans les grands lacs, se refroidirait promptement jusqu'à zéro et au-dessous, et se prendrait en masse tout à

la fois; les poissons périraient tous, les autres classes d'êtres vivants manf(ueraient d'eau li(pnde, et l'été sutlirait à peine pour foudre ces énormes masses de glace. Mais, dans l'état aciLiel des choses, l'eau, dès (pi'elle est refroidie jus(iu'à -|- ^",1, tombe au fond des bassins, et c'est seulement lorsque sa masse entière a ac(juis cette tenijiél'ature que sa surface peut se refroidir encore davantage, ])arce que l'eau jilus froide surpasse alors celle qui l'est moins en légèreté, et que l'eau, comme tous les licpiides, transmet le calorique avec beaucoup de lenteur. Ainsi, le fond des lacs conserve la température de -j- 4%1, et l'eau qui s'en écoule est toujours à trois ou quatre degrés au-dessus du point de congélation, température qu'elle conserve également au fond des rivières, de même qu'il est rare de voir, même dans les plus rigoureux hivers de Suède, les rivières et les gros ruisseaux gelés jusqu'au fond.

Dans la mer, au contraire, où l'eau contient une très-grande quantité de sel en dissolution, cette anomalie n'a point heu, d'après les recherches de Marcel. Ce n'est point à-|-4-° 1 que l'eau salée de la mer a le plus de densité ; elle n'a pas non plus de point correspondant qui exprime son maximum de condensation ; elle se condense constamment jusqu'à ce qu'elle prenne la forme solide, et même alors il n'y a que de l'eau qui se solidifie ; car le sel reste avec l'eau non congelée, formant un liquide d'autant plus concentré et pesant. \oilà pourquoi, dans la mer elle-même, il n'y a que la surface de l'eau qui puisse se convertir en glace. Erman fils a fait voir que la présence du sel marin dans l'eau abaisse le point de la plus grande densité, qui finit par disparaître tout à fait lorsque le sel est assez abondant pour que la dissolution ait une pesanteur spécifique de 1,020.

Haellstroem a dressé des tables sur les changements de volume de l'eau suivant les ditîérents degrés de chaleur, aux températures ordinaires do l'air. En s'aidant du calcul des probabilités, il a reconnu que les incertitudes dans le poids qu'il donne s'élèvent à 0,0000033, et par conséquent ne portent que sur les deux dernières décimales.

Depuis -{-k' , 1, l'eau se dilate peu à peu jusqu'à + 100 degrés , et là elle acquiert le plus grand volume qu'elle soit susceptible d'avoir. Alors elle entre en ébullition et se convertit en gaz. Quelques instants avant de commencera bouillir, elle fait parfois entendre un frémissement. Cet etfet tient à ce que les bulles de gaz aqueux qui se forment au fond, se refroidissent et se condensent en montant , d'où résulte un vide que l'eau remplit, ce qui produit le bruit en question. Aussitôt que la masse entière du liquide a acquis la température de -|- 100 degrés, les vapeurs montent sans subir aucun changement, le bruit disparaît et l'on entend celui ((ue produit le bouillonnement de l'eau. (.onune le jioint d'ébulhtion du liquide à 4-100 degrés du thermomètre est, à

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mont parler, exact pour la hauteur barome- Iriqne do 336 lit;iies de Paris, il faut remarqupr qu'à cliaque ligne que le baromètre monte on baisse entre 3'i.2 et 320 lignes, ce môme point s'élève ou s'abaisse aussi de quatre-vingt-quatre millièmes d'un degré.

Pour faire passer l'eau du degré de l'ébullition à la forme de gaz, il faut, d'après les expériences de Despretz, autant de chaleur que pour porter la température du liquide de + 100 degrés à + 531. (Watt disait jusqu'à 52i, Ure, 537, Clément et Desormes, 530.) D'après Gay-Lussac, un volume donné d'eau converti eu gaz aqueux occupe, à 76 centimètres de hauteur barométrique et à la température de + 100 degrés, 1696, k fois autant d'espace qu'il en occupait lorsqu'il était sous forme liquide.

Depuis le point de l'ébullition, le gaz aqueux conserve la forme gazeuse, à toutes les températures plus élevées, à l'air hbro, et quand il n'est point comprimé. Son volume augmente avec l'accroissement de la température, de la même manière qu'il arrive à tous les autres gaz. C'est sur cette propriété que rei;ose la construction des machines à vapeur.

Le gaz aqueux a les propriétés suivantes dans l'état de pureté. Il n'a ni couleur, ni odeur, ni saveur. Il est plus léger que l'air. Sa pesanteur spécifique est difticile à d '-terraiuer par la balance, mais Gay-Lussac a fait voir ([ue deux volumes de gaz oxygène et un volume de gaz hydrogène produisent deux volumes de gaz aqueux, d'où il suit que ?a Iiesanteur spécifique est de 0,6201. Comme la |iression comprime davantage les gaz coercibles que ceux qui ne le sont pas, il est fort possible que la pression atmosphérique comprime lega/ aqueux, de manière que sa pesanteur spécifique soit un peu plus élevée que le calcul ne l'indique : c'est aussi ce que l'on a trouvé par les expériences. Sa chaleur pro]jre, comparée à celle d'un poids égal d'air, est de 3,136, et comparée à celle d'un égal poids d'eau limpide, est de 0,8i07. Cette dernière comparaison indique que le calorique nécessaire pour élever la température de l'eau liiiuide d'un certain nombre de degrés, dix, par exemple, est au calorique nécessaire pour élever celle d'un poids égal de gaz aqueux d'un même nombre de degrés, dans la proportion de 1,0000 à 0,8i.07.

Lorsque la température du gaz aqueux descend au-dessous de -\- 100°, ce gaz se condense et passe à l'état d'eau liquide. Si le refroichssement a lieu dans l'air, le gaz passe à l'élat intermé liaire, dans lequel il porte le nom de vapeur, et forme un amas d'eau aussi divisé que possible, semblable à ceux qui constituent les nuages. L'eau précipitée ainsi ne produit point de gouttes, mais des vésicules infiniment petites. Il est facile de s'en convaincre en examinant, avec un microscope d'an pouce et demi à deux pouces de foyer, les vapeurs aqueuses qui se forment au-dessus d'un liquide^ coloré, par exemple du café ou de l'encre, qu'on fait chauffer un peu ; ou voit ces petites vésicules qui se

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meuvent dans plusieurs directions, cesl-Jidire en suivant les courants d'air produits )iar l'échaulfement de la surface du liquide. On observe la même chose dans les nuages, sur de hautes montagnes, ou par un temps nébuleux, lorsqu'on dirige un microscope de celte espèce sur un corps obscur, tel que le fond d une tabatière noire. En même temps, on voit çh et là une véritable gouttelette traverser le foyer du verre grossissant, ce qui fournit un objet de comparaison pour les vésicules. Celles-ci n'ont pas toutes la même grosseur : d'après les mesures de Saussure, le diamètre des plus petites est de j^Vr ^'^ pouce, et celui des plus grosses de risô- Lorsqu'elles viennent à se heurter, elles crèvent et forment une petite goutte.

Si le gaz aqueux se refroidit à la surface d'un liquide froid ou d'un corps solide, il ne se forme pas de vapeur, et l'eau passé do suite à l'état liquide.

Ce qui vient d'être dit de la condensation du gaz aqueux et de la formation des vapeurs aqueuses s'applique également à tous les liquides volatilisés par l'ébullition, qui se condensent dans l'air ou sur des corps froids.

De l'eau à Vétnt liquide dai^s l'atmosplière. — La quastité d'eau contenue dans l'atmosphère éprouve à chaque instant des variations qui dépendent , soit du mouvement continuel que la répartition inégale de la chaleur imprime à l'air, soit de ce que l'air chargé d'une plus grande quantité d'eau a une pesanteur spécifique moins considérable, soit enfin de ce que la température n'est pas la même sur les divers points de la surface du globe, non plus que dans les différentes couches de l'atmosphère.

Si le soleil cessait de luire, la partie liquide du globe tomberait dans un repos absolu, et l'air contiendrait une quantité invariable de gaz aqueux, qui corresi)ondrait à la tension de l'eau sous la température d'alors, en supposant toutefois qu'il ne régnât pas un froid assez intense pour réduire cette tension ht zéro. Jlais les rayons solaires, en tombant sur la terre, sont décomposés par sa masse solide, et laissent échapper ainsi leur calorique : il suit de là que la couche inférieure de l'atmosphère, étant très-dilatée, se trouve obligée de s'élever pour faire place h de l'air plus froid , qui s'y précipite partout et produit un mouvement dans l'atraosiihère. En même temps, les rayons du soleil n'échauffent pas les diverses parties de la surface de la terre au même degré : la terre ferme l'est plus que l'eau, qui réfléchit la majeure partie des rayons solaires; et do là résulte un second mouvement de l'air, plus fort que le précédent. Enfin la portion équatoriale de la terre est fortement échauffée, tandis qu'un froid rigoureux règne autour de ses pôles ; et de là provient un tj'oisième mouvement dans l'atmosphère, le plus considérable de tous. Car l'air chaud doit continuellement s'élever au dessus des contrées échaull'ées , et céder peu à peu sa place à celui des régions plus froides ; taudis que la colonne qu'il forme ainsi en montant se renverse à

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droite ot h i;;)mcho, pour ailor ^.'li^ncr les I>i)iiits d'où .illliic r.'iir froid; d(> iiiauirro (|uo do lii r(!'Sulte en grand, dans rahuobiiiic'ro, une firculaliun seinhlabh' .\ celle qu'on a ilécrite en parlant do l'étlianlVenient des liquides et do la propa^Mtion de la chaleur dans leur intéiicur. L'écliauQeiuent inc'^al des divers points de la sinlaco du };lolu', et d'autres causes semblables , doivent faire nailre des milliers d(^ circulations, et l'aliuosphùre doit se trouver aiusi dans une agitation continuelle.

Cependant t(ms ces changements sont fort souvent si peu considérables, cpie nous ne les apercevons pas, et qu'd n'en résulte ni ouragans ni vents. Ces derniers ])liénoniôiies proviennent bien aussi des changements généraux et lents qui nous occupent actuellement; mais ils se rattachent en môme temps à des variations barométriques dont les causes princijiales sont encore un mystère pour nous. Du reste, ils n'interrompent point la marche des mouvements de l'atmosphère produits par l'échaulfcment inégal de la terre, quoiqu'ils la mudilient et l'aUèrent d'une manière locale.

Par conséquent, l'air ne reste jamais assez longtemps en repos à la surface de la terre et des mers, pour pouvoir se rapprocher de son maximum d'humidité. Au contraire , lorsqu'il est devenu humide jusqu'à un certain degré, les mouvements plus ou moins rapides de l'atmosphère l'entraînent , soit dans des régions de celle-ci, soit vers des contrées de la terre où il se refroidit, et dépose, en proportion du refroidissement qu'il y éprouve, une quantité d'eau qui forme des nuages, de la pluie, du brouillard, etc. L'air, ainsi dépouillé de son humidité par le refroidissement, vient-il à repasser dans des pays plus chauds ou des régions plus basses de l'atmosphère, il se trouve fort sec proportionnellement à la température de ces nouvelles localités , et peut reprendre du gaz aqueux. Ces changements continuels fout que la quantité de ce gaz qu'il contient ne peut jamais être aussi uniforme que l'est celle des gaz permanents qui s'y trouvent mêlés. Ce sont donc eux qui entietiennent les sources, les fleuves, les lacs, et en même temps toute la nature vivante.

Nuages et plaie. — Pour bien concevoir la formation des nuages et de l'origine de la pluie, il faut se figurer ces deux phénomènes se passant au-dessus d'une grande contrée uniformément échauffée, et au milieu d'un repos parfait dans les couches supérieures et inférieures de l'atmosphère. L'eau des lacs, des fleuves et du sol humide, s'évapore avec la tension proportionnée à sa température ; mais l'air, qui reçoit le gaz aqueux ainsi formé devient plus léger, tant à cause de son mélange avec le gaz, qu'en raison de son échauH'ement par la lumière solaire. Il doit, par conséquent, s'élever et faire place à de l'air moins humide. De cette manière, il monte peu à peu jusqu'à ce qu'il parvienne à des couches de latmosphère oii il éprouve un refroidissement tel, que l'eau dont il est

chai'go ne peut plus demeurer h l'état gazeux et se pri''cipite sous la forme de .vapiiurs. IMus l'air est chaud, et moins il est saturé d'eau, plus aussi est considérable la hauteur à hupiclle arrive ce précipité, qui ne devient visible et ne produit un nuage que parce (pie la masse des vapeurs se trouve éclairée par II! soleil, ou placée devant lui, de nianièi'e à le couvrir. Plus les vapeurs qui s'annuicèlent sont ('paisses, moins elles ont de transparence, i^t, par conséquent aussi, plus leur couleur nous paraît foncée.

Les nuages augmentent peu à i)eu et flottent ({uelque temjis dans les hautes régions de l'air, parce que les petites vésicules de la vapeur aqueuse ont une pesanteur spécifique à peu près égale à celle de l'air ; mais c'est encore une énigme pour les jihysiciens que de savoir comment ils se maintiennent des jours entiers dans l'air, ce qui n'a aucune connexion avec l'échauireincnt de la couche inférieure de l'atmosphère, ou du côté externe des nuages eux-mêmes, comme l'.ont pensé quelques naturalistes, puisqu'ils conservent également leur place pendant la nuit. Lorsque enfin les nuages ont atteint une certaine densité, ils commencent à descendre peu à peu; et une fois que les vapeurs sont arrivées dans une couche d'air plus chaude, elles se redissolvent par degrés , jusqu'à ce que l'air ait atteint son maximum d'humidité. C'est ainsi que des nuages peuvent s'abaisser sans qu'il tombe une seule goutte de pluie. Mais l'air qui se trouve entre la face inférieure des nues et la terre se rapproche de son maximum d'humidité , parce que les nuages couvrent le sol, ce qui refroidit l'atmos[)hère et diminue la force expansive de l'eau. Dès qu'il a atteint ce maximum , la pluie commence à tomber. En observant l'hygromètre, on voit l'humidité atmosphérique augmenter peu à peu jusqu'à ce qu'elle arrive au maximum, moment peu avant ou après lequel les premières gouttes d'eau commencent à se faire sentir

Les gouttes d'eau sont produites par les vésicules , qui , lorsqu'elles cessent tl'être dissoutes dans leur chute par l'air devenu trop humide pour cela, se rapprochent de plus en plus les unes des autres, et forment de petites boules d'eau. Une fois que cette forni'ition de gouttes a commencé, elle se projKige dans toute l'étendue du nuage; mais nous ignorons quelle en peut être la cause. Les gouttes augmentent de volume en tombant, soit jiarce cju'elles se réunissent avec (^'autres vésicules et gouttelettes, soit parce qu'elles tombent ordinairement d'une région de l'atmosphère plus froide dans une autre qui l'est moins , et qu'à l'instar de tous les corps froids plongés au milieu d'un air humide et chaud, elles font, dans leur chute, précipiter de l'eau à leur surface. 'Voilà pourquoi, en été, les gouttes d'eau sont plus larges au commencement d'une pluie, et vont ensuite en diminuant peu à peu. En hiver, au co itiaire, et dans les saisons froides, où la ditlérence entre la température des régions sujjérieures et celle des régions inférieures

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de l'atmosphère est moins grande, cette différence n'est pas aussi sensible ; elle l'est également moins lorsque, comme il arrive (juelqucfois, les vapeurs aqueuses, précipitées en haut, conservent encore une partie de la température de la région d'où elles proviennent , et sont par conséquent plus chaudes que l'air inférieur. Il survient aussi des changements nombreux et variés dans les orages et les pluies battantes.

Ouand le nuage tout entier s'est précipité peu à peu de celte manière, le ciel s'éclaircit, le soleil reparaît, et l'air, que la pluie avait rafraîchi, se réchautTe. L'hygromètre indique alors un accroissement rapide de sécheresse, parce que l'eau, dont l'air était satiu-é avant la pluie, a été précipitée par les gouttes froides; et plus la pluie est froide, plus l'air est sec ensuite, par des raisons faciles k saisir. Telles sont les lois fondamentales de la pluie en général. C'est à peu près ce qu'on voit quand il pleut k la suite d'un brouillard du matin qui s'est élevé. Mais il est extrêmement rare que ce phénomène arrive par un temps parfaitement calme, et d'une manière aussi simple que je viens de le décrire. Les mouvements continuels de l'atmosphère et les électricités y apportent des variations dont les unes sont faciles à concevoir, mais dont les autres sont inexplicables dans l'état actuel de nos cc.<naissances.

Il est rare que la pluie tombe précisément dans l'endroit d'où l'eau s'était élevée auparavant par évaporation. En général, cette eau est entraînée par l'air à une plus ou moins grande distance, avant de se condenser par le refroidissement et de se précipiter. La ]ilupart de celle qui s'élève dans l'atmosphère |)rovient de la surface des mers et des lacs, où elle retombe aussi en partie; cependant il y en a beaucoup qui va tomber sur terre. L'inclinaison de la terre sur son orbe fait que chaoue pays a deux saisons , l'une chaude, l'été, et l'autre froide, l'hiver; le printemps et l'automne ne sont que des transitions d'une de ces saisons à l'autre. Pendant l'été , les lacs et l'humidité de la terre s'évaporent, et l'eau évaporée, obéissant au grand mouvement circulatoire général dont j'ai parlé plus haut, suit le courant ascv-ndant d'air chaud dans les pays froids, dont l'air jjIus froid et plus sec remplace l'air plus chaud et plushumide, aussitôt après son départ. Cet air plus chaud, qui est mêlé de gaz aqueux, s'y refroidit peu k peu; il y pioduit des nuages et de la pluie, sous le ra])port desquels il présente cela de particu-^^ lier, qu'après en avoir déposé une certaine quantité à une température donnée, il peut encore en déposer d'autres dans un climat plus froid. Voilà pourquoi les mois d'été sont en général plus secs, tandis que ceux d'automne, de printemps et d'hiver, sont plus humides et plus riches en pluie et en neige. Ceci s'applique à la terre tout entière, môme sous l'équateur, où l'hiver n'est que de quelques degrés moins chaud que l'été, mais où ce léger refroidissement sullit néanmoins pour condenser l'eau qui s'évapore de la

surface de la terre. De là vient aussi que l'eau diminue en été dans nos lacs et nos rivières,-au lieu que dans les trois autres saisons elle y augmente peu à peu.

Cependant il pleut également en été. Ce phénomène tient d'un côté k ce que l'air chaud absorbe souvent plus d'eau à la surface de la terre, qu'il n'en peut conserver sous forme de gaz lorsqu'il est arrivé dans les hautes régions de l'atmosphère, et que cette eau est obligée de se condenser et de so précipiter; d'unautfe côté,kce quelesvents irréguliers qui soufflent hors des tropiques chassent souvent tout à coup l'air chaud d'un pays dans un autre pays plus froid, où l'eau qu'il contient se condense et produit de la pluie. L'été a généralement plus de jours sereins; il est rare, au contraire, d'en voir dans l'hiver, où le temps est presque toujours nébuleux.

La pluie a divers degrés de violence, d'après laquelle on la désigne sous des noms différents, tels que pluie fine, pluie battante, etc. Ces différences proviennent do la hauteur des nuages, lorsqu'elles ne dépendent pas de l'électricité. Dans une pluie fine, les nuages se trouvent souvent kla surface même de la terre ; dans une pluie battante, ils sont beaucoup plus élevés. Plus les nuages sont hauts, plus les gouttes qui tombent ont de largeur, et ijIus leur chute est rapide. Voilà pourquoi les pluies battantes sont plas communes dans les pays chauds que dans les contrées du nord, parce que les couches chaudes de l'atmosphère y étant plus épaisses, le gaz aqueux est forcé de s'élever à une plus grande hauteur avant de se condenser en nuages. De là vient aussi qu'entre les tropiques les gouttes de pluie ont souvent trois lignes de diamètre, et qu'on en a même vu parfois, sous l'équateur, dont le diamètre s'élevait à un pouce entier.

Nous appelons pluie d'orage celle qui est accompagnée des phénomènes électriques.

Les nuages orageux marchent souvent avec une rapidité extrême, en sens contraire du vent régnant, et sont fréquemment précédés par des ouragans dont la fureur ne s'exerce qce sur des bandes de terrain fort étroites. Nous ne savons rien , ni de leur origine , ni de leur connexion avec l'électricité, et nous ignorons si celle-ci est la cause ou l'effet de la formation souvent très-rapide des nuages orageux. Quelques physiciens ouf émis l'opinion absurde que le bruit du tonnerre est produit, dans les hautes régions de l'atmosphère, par la déflagration d'un mélange de gaz hydrogène et d'air, au moyen de l'étincelle électrique, et que la pluie qui tombe résulte de Ik. Mais on peut opposer les preuves les plus positives à cette assertion, qui repose uniquement sur l'analogie du son, et sur ce que les nuages orageux donnent de la pluie.

Une pluie est ordinairement annoncée par l'abaissement du baromètre. Cet etfet dépend, suivant toutes les probabilités, de ce qu'à mesure que l'humidité de l'air augmente, il devient plus léger, et l'atmosphère par eon-

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si^quont plus linuto qu'elle ne l'est par un temps -soc, tVod il résulte (pio la imrlie supérieure do la coloiuio d'ail- luiiuide s'épaiiclu! sur les côtés, et no peut par conséqm'ut point faire équilibre à une colonne de mercure aussi élevée qu'auparavant. On a cru aussi, mais celte opinion est peut-être moins exacte, que la pluie tient à la rarélaclion do l'air, incfiquéo par l'abaissement du baromètre, à peu près de môme que l'air renfermé dans une cloche humide, sur la machine pneumalique, devient trouble et so remplit de vapeurs aqueuses quand on le raréfie par quelques coups de piston , parce que l'air qui se dilate dans la cloche absorbe le calorique du gaz aqueux, diminue la tension de ce gaz, et le force à se précipiter en partie. Cependant ce gaz reprend en peu d'instants sa forme gazeuse et sa transparence, lorsqu'on laisse rentrer de l'air.

Neige. — Quand il se forme des nuages à une température au-dessous de zéro, les vapeurs aqueuses se convertissent en une infinité de petits cristaux aciculaires , dont il y a toujours plusieurs qui se réunissent sous des angles de 60 et 120 degrés, comme les aiguilles de l'eau en congélation, et qui produisent aussi des formes cristallines diversifiées, d'un aspect fort agréable, dont la configuration est partout semblable dans une même chute de neige. Ces cristaux s'accroissent dans leur chule, comme les gouttes de pluie, et forment souvent de gros llocons en s'accumulant. En général, tout ce que j'ai dit de la pluie s'applique aussi à la neige, et la différence ne tient qu'à la température.

Une tombe pas de neige lorsque le temps est calme et très-froid, parce qu'il ne peut plus se précipiter de gaz aqueux. Pour qu'il neige, il faut que de l'air moins froid et plus humide arrive dans la contrée ; il s'y refroidit alors, et dépose son eau. Voilà pourquoi le temps se radoucit ordinairement avant qu'il tombe de la neige. On a coutume d'attribuer ce phénomène à la mise en liberté du calorique du gaz pendant la cristallisation de l'eau; mais si telle en était la cause, le calorique augmenterait de nouveau la force expansive de l'eau, et, par conséquent, il ne pourrait dans aucun cas se former plus de neige que le refroidissement ne le permettrait. Lorsqu'il nous arrive d'avoir de la neige par un vent impétueux du nord et un fr.;id vif, elle s'est ordinairement formée dans l'air venant des pays chauds, qui traverse en sens opposé les hautes régions de l'atmosphère.

Quand le vent du nord souffle sans neige, le temps est communément serein , et la neige s'évapore, ainsi que la glace. En effet, cet air s'est fortement refroidi dans les contrées septentrionales, où il a déposé son eau. Lorsque ensuite il se réchauffe peu à peu, en avançant vers le sud, la faculté qu'il a de contenir du gaz aqueux augmente aussi par degrés, et ce gaz est fourni, en raison de la température, par la neige et la glace au-dessus desquelles l'air passe.

Gerf/f. — La grêle est également proûuilo par le froid, mais dans dos circonstances tout il l'ait (lilir'rentes. On ne la voit (pie dans l'été ou dans les pays chauds. La grêle consiste en grains arrondis, et non en crislaux réguliers, comme la neige. Ordinairement ces grains sont si froids, (lue l'eau qui s'appli(iuc à leur surface pendant leur chute so prend sur-le-cham|) en mie croûte fjlacée, au centre do laquelle lo grain primitif do grêle est renfermé, sous la forme d'un noyau blanc cl transparent. Dans les pays chauds, où les nuages sont souvent fort élevés, et où l'air contient davantage d'humidité, la grêle acquiert fréquemment une grosseur bien plus considérable que dans le nord, et on en a vu tomber des morceaux pesants plusieurs livres. Les grêlons ne se forment pas tout d'un coup dans l'atmosphère; ils n'acquièrent cette grosseur insolite que dans leur chute, soit par l'effet de l'eau qui se précipite à leur surface en raison de l'abaissement de leur température, soit par suite de l'agglomération de plusieurs grains, qui doit augmenter à chaque instant; car la rapidité croissant en proportion plus grande dans les gros grains que dans les petits, ceux-ci sont dépassés par les autres dans leur chute, et doivent se réunir à eux.

La cause qui produit si rapidement du froid dans l'atmosphère d'été nous est inconnue. La grêle est accompagnée, sinon toujours de tonnerre, au moins constamment de signes bien manifestes d'électricité ; mais nous ne pouvons pas dire quel rapport existe entre l'électricité et cette production rapide du froid.

Brouillard. — Le brouillard provient des mômes causes que les nuages. Ce n'est, à proprement parler, qu'un nuage qui se forme près de terre. On voit naître du brouillard quand la température de l'air tombe rapidement de quelques degrés au-dessous de celle du sol : l'eau continue alors à s'évaporer de la surface de la terre et des eaux avec une tension correspondante à la chaleur du sol ; mais à peine le gaz aqueux est-il produit, qu'il se refroidit et se précipite dans l'air ; après quoi le mouvement de l'air plus chaud qui avoisine la terre le fait monter peu à peu. Lo brouillard commence de cette manière sur les eaux et les prairies marécageuses, quelques heures après le coucher du soleil, ou une heure avant son lever, et continue jusqu'à ce que sa propre pesanteur le détermine à tomber en pluie fine, ou qu'au lever du soleil l'air échauff'é te dissolve. Souvent, dans ce dernier cas, on le voit coin mencer à disparaître près de terre, puis diminuer aussi peu à peu dans les régions supérieures, à mesure que les couches d'air qui occupent ces régions s'y échauffent successivement. Comme la surface des eaux fournit une évaporation plus abondante que celle de la terre, c'est sur les mers, puis sur leurs rivages , que les brouillards sont le plus communs et les plus épais. Us offrent moins d'étendue sur terre. On les observe aussi bieia eu hiver qu'eu été, et il arrive

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sfiiivent, dans les journ(''es froides d'hiver, iiu'on voit une fumée s'élever des sources et des courants non gelés. Lorsque le brouill.ird tombe par un froid vil", il se dépose sur les arbres et les maisons sous la forme de cristaux lanugineux, et produit ce qu'on appelle le f/ivre.

Rosée. — La différence qui existe entre le jiiur et la nuit, sous le rapport de la température, en produit une dans la quantité d'eau (jue l'air contient; mais, au lieu de se précipiter dans l'air sous la forme d'une vapeur, le gaz aqueux se Repose sur la terre, et l'air conserve sa transparence. De là résulte la rosée. Il est difficile de tlire quelles sont toutes les forces qui concourent à la production de la rosée; mais la principale cause est le refroidissement, et si elle se jirécipite sur le sol, au lieu de le faire dans l'air, c'est parce que la |)réci|iitatiûn commence dans la couche d'air la plus rapprochée de la terre, cette couche étant la plus chaude et la plus abondamment chargée d'eau. Le gaz aqueux des couches supérieures se répand ensuite peu à peu dans les inférieures, parce que l'air y est moins chargé de ce gaz, et de là vient que le précijiité continue à s'effectuer en bas. Au reste, ce qui prouve que les corps solides exercent de l'attraction sur l'eau, c'est que la rosée ne se dépose pas uniformément à la surface de tous les corps. Les corps non conducteurs du calorique sont ceux qu'elle baigne le plus;il y en a moins sur ceux qui sont conducteurs, et les métaux en sont rarement mouillés, à moins qu'elle n'ait été d'une abondance extraordinaire. On a présenté, comme une circonstance rendant l'explication de ce phénomène difticiie, l'observation que, quand il tombe de la rosée, la terre est toujours d'un ou plusieurs degrés plus chaude que l'air. Il en est bien réellement ainsi pour une profondeur d'un à deux pouces en terre; mais la croûte du ^lobe et les plantes qui s'en élèvent se re- Iroidissent par le rayonnement du calorique, et, en conséquence, avec beaucoup plus de rapidité que l'air. Wells a prouvé, par une série d'expériences fort intéressantes, que la ]irécipitation de la rosée est un pur etiet du refroidissement occasionné par le rayonnement du calorique. Aiusi, par exemple, il plaça, le soir, une quantité déterminée de laine à l'air libre, et tout auprès une autre quantité pareille et occupant la même surface, mais couverte d'une table. La laine non couverte avait beaucoup plus augmenté de poids que celle qui était placée sous la table, parce qu'il s'était opéré entre cette dernière et la table un rayonnement mutuel de calorique, en vertu duquel elle avait éprouvé un refroidissement moins considérable que la laine exposée en plein air, dont les rayons caloriliques s'étaient dissipés sans que rien ne compensât la porte. C'est ce qui explique pourquoi la rosée tombe très-souvent en grande quantité dans les so-irJes sereines, pourquoi aussi elle est plus lare et moins ai)ondaute dans les temps couverts, les rayons caloriliques de la terre étant rempla-

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ces, dans ce dernier cas, par ceux des couches de nuages situés au-dessus d'elle. Les métaux et les corfis conducteurs de la chaleur ne se couvrent l'oint de rosée, tant que l'air ou ce qui est placé sous eux leur restitue le calorique qu'ils perdent par rayonnement.

Lorsque l'air contient assez peu d'eau dans la journée pour qu'elle puisse s'y maintenir, par sa tension, à la température de la nuit, il ne tombe pas de rosée. On peut s'en convaincre eu mesurant la tension de leau quelques heures avant et une heure après le coucher du soleil. S'il se trouve, par exem ■ pie , que la quantité d'eau contenue dans l'air pendant la journée corresponde k la tension de -|- 16 degrés, et que la température descende, après le couclier du soleil, à -j- 15, + 12, -f- 10 degrés, etc., il doit tomber de la rosée, et s'en former jusqu'à ce que la température de l'air soit descendue au plus bas degré qu'elle puisse atteindre, c'est-à-dire jusqu'au lever du soleil. Dans cette expérience , l'hygroscope indique le maximum d'humidité atmosphérique près de terre, mais commence à retourner au sec lorsque la rosée disparaît vers le malin, et que la force expansive de l'eau est accrue par la chaleur du jour. On prétend qu'une grande partie de la rosée provient des émanations des plantes, qui ne peuvent point être prises par l'air : mais cela est peu croyable ; car les émanations des végétaux devraient alors être exhalées sous forme liquide, et la rosée se manifesterait, même en plein midi, toutes les fois que l'air serait au maximum d'humidité. On a trouvé de la rosée sur des plantes placées sous des cloches de verre, qu'on avait laissées la nuit à l'air. Cette rosée se forme de la môme manière qu'à l'air libre, et elle peut être tout aussi abondante, parce que l'air, plus chaud sous la cloche, contient davantage d'humidité. Ce qui prouve clairement qu'elle ne provient pas des émanations des plantes, c'est qu'il faut toujours que l'air ait acquis sou maximum d'humidité sous la cloche, parce qu'il ne peut guère s'y renouveler, et que, dans ce cas, les émanations des plantes les couvriraient d'une rosée continuelle. Dans nos climats, on n'observe la rosée que sur terre; mais, sous les tropiques, elle tombe également en mer.

Il tombe une autre sorte de rosée en hiver lorsqu'à un vent froid en succède un autre, qui l'est moins. Ce dernier contient de l'eau, laquelle se précipite sur les murs, les maisons, les arbres, etc., qui conservent encore la température des jours précédents. Ces objets sont donc humides jusqu'à ce qu'ils aient repris la température de l'air, ou qu'il survienne un vent plus sec. Par un temps froid, cette sorte de rosée se prend eu givre. Lorsque après un hiver rigoureux le printemps s'annonce de suite par des jours chauds, ou voit souvent les muradles, ies maisons en pierre et les éijlises se cou.rir (le givre à l'extérieur : ce phénomène tient à ce que les murs s'échautlent moins vite

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i|iio l'iiir, el ronsorvoilt eiicoro assez île froiil (loiir (\ur rt'iiii puissii se |>réi;i|iil{)r cl so coiinflor ^ Iciii' siii-l'aco.

Kiiu lie pluie, lùiii de neige. — Cotte eau est naribis tii>s-[iiir(', iiKiis il l'iiiit iKjiircfla qii'ciii l'uit rocueillio dans do iai|j;os vasos, on raso ''anipagne et ((iiel(|iio temps apitVs (ju'il svait ('Oinnieiici5 à pleuvoir. Ordinuirouioiit elle contient do l'air aluios|)lu5i-i(|uo, un peu d'acide nitrique, el, à co qu'on pi'étond, une quantité extrc^nuMiunit t'aihio de cliloruio calcique. Cependant la piésence de ce dernier sel est (leu vraiseinblahle ; car il est absolument tixo, ot no prend jamais, que nous sachions, la forme de gaz. Quant h l'acide nitriques, au contraire, il so l'oiino en )H;tito (piantité dans les combustions, de sorie qu'il doit toujours y on avoir dans l'almosphùre. Ce|)endant les recherches de Liebiy ont appris (ju'il n'y en a que diins l'eau île pluie d'orage, et qu'on n'en rencontre jamais dans l'eau île pluie ordinaire. L'oau de noigo nouvellement fondue a une saveur particulière, et l'on croyait jadis qu'elle contenait davantage d'oxygène ; mais elle ne contient jamais plus d'air qu'elle n'a pu en attirer de l'atmosphère pendant la fonte de la neige.

La plupart des impuretés que l'eau charrie sont simplement mêlées avec elle, et dues à de la poussière qui voltige dans l'air, et qui est entraînée par'la pluie ou la neige. Voilà pourquoi l'eau de pluie dépose une poudre grisâtre, et l'on trouve un dépôt pulvérulent dans la neige fondue, même lorsque celleci a été prise au milieu de grands lacs gelés. C'est aussi pour cette raison qu'on entend quelquefois parler de pluies de soufre, de pluies de sang, etc., c'est-à-dire de pluies qui entraînent du pollen jaune, rouge ou diversement coloré, des plantes en fleurs à ce!te époque. Lorsque, par exemple, il survient tout à coup une pluie pendant la floraison des genéviiers et des pins, on trouve sur l'eau, dans les contrées montueuses, une poudre jaune, qui ressemble parfaitement à des fleurs de soufre, mais que, par un examen plus attentif, ou reconnaît être le pollen de ces végétaux conifères, qui s'était accumulé dans l'atmosphère, d'oii il a été précipité par la pluie.

Ce[iendant, en général, l'eau de neige et de pluie est assez pure pour qu'on puisse l'employer dans la plupart des opérations chimiques. Sa pesanteur spécilique est la même que celle do l'eau distillée.

De l'étal de l'eau liquide à la surface de la terre. — Sources. La plus grande partie de l'eau atmosphérique se précipite sur les montagnes, tant parce que l'air chaud des vall'ées, des plaines marécageuses et des lacs, se refroidit en montant sur le revers des montagnes, et y dé, .ose son causons la forme d'une rosée douce, mais continuelle, que parce que la températuie à la'|uel e le gaz aqueux de l'air coiiuin-nce à se cunileiiser, el qu'on ai:pelle point de rosée, ne s'élève pas à une grande hauteur dans l'atmosphère, et que les montagnes qui vont jusqu'à ce point

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condensent toujours le gaz aqueux do l'air, ce cpii les iMOuillo, onlin, parce i\nr les nuances se reficontrtînt davantage autour dos points élevés, et y (lé|iosent do la pluie, tandis que le fiays i)lat situé au-dessous jouit d'un beau temps. Une partie do l'eau qui so rassemble sur les montagnes coule à loin' surface, et produit des ruisseaux ; une autre tombe dans leurs fissures et s'enfonce à de grandes profondeurs. C'est suitout dans les mines qu'on aperçoit clairement cette origine des sources. Les montagnes sontantérieuremont remplies, dans toutes les directions, do Hssures, d'où l'eau coule de tous les côtés à peu de distance au-dessous du sol ; partout on entend tondier des gouttes d'eau, et ce phénomène auginonle h mesure qu'on s'enfonce ; do manière qu'on est forcé d'enirotenir des machines dans toutes les mines, pour pomper l'eau qui s'y insinue.

Comme à cette eau quilillrii en succède toujours d'autre, dont elle a le poids à supporter, elle cherche sans cesse à se frayer des routes à travers les fentes, jusqu'à ce qu'enfln elle parvienne à un point où il lui soit impossible de s'enfoncer davantage, et il est probable que les Assures des montagnes sont rem|ilies d'eau aussi loin que celle-ci peut y pénétrer. La pesanteur de la colonne d'eau qui presse sur le liquide contenu dans ces cavités le refoule vers les vallées et les régions basses, à travers les couches de sable et de terre, dans lesquelles il se creuse un ou plusieurs conduits, d'où il débouche sur certains points pour former des sources. Suivant que ces montagnes sont diversement conhgurées et prolongées sous tori'e, les sourcesjaillissent à une plus ou moins grande distance d'elles.

On a voulu rejeter cette théorie de l'origine des sources, en disant que la terre proprement dite se laisse rarement traverser par un peu d'eau.Aiusi,par exemple, après avoir enfoncé en terre un grand tonneau, du fond duquel partait un tuyau mince allant se rendre dans une cave profonde, on n'a jamais trouvé que, même aprèsles plus fortes [iluies il eût passé la moindre quantité de liquide dans ce tuyau. Mais à cette objection on répond que ce sont principalement les montagnes d'où les sources tirent leur origine, el que la terre, quoique humide partout au-dessous de sa croûte, retient cependant toujours son eau, à peu près comme forait une éponge. Dans les puits, au contraire, l'eau se rassemble peu à peu des couches de terre voisines : la cavité se rem|ilit lentement, et le niveau du liquide reste au-dessous de la surface du sol, à une profondeur qui varie suivant l'abondance d'eau contenue dans les couches de la terre.

Les eaux de source ont presque toujours la môme température dans un môme climat. En Suède, celte température est de -f- "7 degrés durant l'été , et un peu moindic dans les hivers rigoureux, quand il ne tombe })as beaucoup de neige. Cotte température invariable tient à ce que la croûte de la terre, lorsqu'elle est échauflée jusqu'à un degré

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correspondant h la faculté échauffante des rayons solaires sous chaque latitude, ne peut, à une certaine profondeur, ni acquérir plus de chaleur en été, ni se refroidir davantage en hiver, mais conserve, à quelque distance de la superficie, une sorte de température moyenne qui ne change ensuite que (l'une manière graduelle, à mesure qu'on pénètre davantage dans l'intérieur. Cette température moyenne est pour Stockholm d -f 7 degrés, et pour Paris, de -f 12,4 degréa ou un peu moins ; elle est plus considérable encore dans les pays plus chauds. Le.'j ' eaux des sources jaillissantes conserveni cette température, à quelques variations insignifiantes près, qui tiennent à leur trajet plus ou moins long au travers de la croûte de la terre, laquelle se trouve sous une dépendance plus immédiate de la chaleur de l'atmosphère.

Les sources chaudes doivent quelquefois leur chaleur à des volcans , ou si elles ne sont pas voisines de montagnes ignivômes , elles paraissent la tenir d'anciennes masses volcaniques qui ne sont point encore refroidies , et dont les orifices supérieurs ont été détruits par des révolutions subséquentes du globe, à la suite desquelles il n'est plus resté que des masses de basalte, de pierreponce et de lave. Il y a deux sortes de sources chaudes. Les unes, qui paraissent être un phénomène volcanique, et qui persistent quelquefois des milliers d'années encore après l'extinction des volcans, sont riches en gaz acide carbonique et en chlorure, sulfate et carbonate sodiques; elles contiennent aussi parfois du gaz sulfide hydrique. 11 n'est pas rare que leur composition reste identique, même après que la chaleur est déjà descendue jusqu'à la température moyenne de la terre. Les autres contiennent des chlorures calcique et magnésique, mais point de carbonate sodique,et presquetoujours une petite quantité de gaz sulfide hydrique. On les trouve dans les lieux où il est souvent impossible de découvrir aucun vestige d'anciens volcans, de sorte qu'on croit pouvoir expliquer leur chaleur endisantqu'elles viennent d'une profondeur assez considérable jiour être échauffées par la température intérieure de la terre, celle-ci, toutefois, supposée croissante avec la profondeur. Ces sources se rencontrent toujours dans des terrains primitifs ; mais il n'y en a point en Suède, probablement parce que la distance entre la surface de la terre et la profondeur à laquelle la température s'élève jusqu'à ce degré , y est trop considérable.

Les eaux de Carlsbad et d'Aix-la-Chapelle ont une température de -f 70 à -f- 90 degrés, et l'eau du Geyser, en Islande, qui de temps eu temps pousse dans les airs , avec une force incroyable , une colonne d'eau de dix-neuf pieds de diamètre, sur cent de hauteur, est bouillante.

Au reste, les sources présentent, soit sous le rapport de leur température, soit sous celui de la manière dont elles coulent, des particularités surprenantes, que je suis obligé

de passer sous silence , tant parce qu elles rentrent dans le domaine de la physique , que parce que nos connaissances chimiques actuelles ne suffisent pas pour en donner l'explication.

' En parcourant les fissures des montagnes, et se filtrant à travers la masse de la terre , : les eaux de sources dissolvent une quantité ■ Ae substances qui altèrent leur pureté lorsqu'elles viennent à se montrer au jour. Ces substances sont de la silice, divers sels et acides , et môme de la matière extractive , dont elles se chargent en traversant la couche de terre végétale qui forme la croûte du globe. On ne sait point encore comment l'eau s'empare de ces substances ; car diverses sources en contiennent certaines en si grande abondance, qu'il serait impossible aux alentours du cours de la source de les fournir pendant deux mois seulement. Ainsi , par exemple , il coule annuellement, avec l'eau de Carlsbad, 74-6,88i livres de carbonate sodique et 1,132,923 livres de sulfate sodique, sans compter les autres substances qui accompagnent ces deux sels. 11 est probable que ces eaux filtrent A travers des montagnes dont elles décomposent et dissolvent peu à peu la masse , excitant ainsi un travail chimique dont le résultat est de les charger elles - mêmes des substances qu'on y trouve à leur sortie , et dont la quantité est quelquefois si considérable, que l'art pourrait à peine imiter une semblable dissolution. C'est pourquoi la quantité de substances contenues dans ces eaux doit varier suivant les circonstances ; c'est pourquoi aussi les sources doivent , avec le temps , mais peut-être seulement après plusieurs siècles, changer de nature, suivant que les substances solubles ont été entraînées totalement , qu'il en reste moins , ou qu'au contraire il y en a davantage encore à dissoudre.

Toutes les eaux provenant de la terre contiennent une plus ou moins grande quantité d'acide carbonique , et, en outre, diverses terres dissoutes dans un excès de cet acide , notamment delà chaux et de la magnésie, parfois aussi des oxydes de fer et de manganèse. Si on laisse de l'eau de source exposée pendant quelque temps à l'air libre , l'excès de cet acide se dissipe peu à peu , et les terres se précipitent, ainsi que les oxydes métalliques : la même chose arrive quand on fait bouillir l'eau. C'est à ces sels terreux que tient la croûte qui se forme dans les vases dont on se sert pour la mettre sur le feu. Lorsqu'ils se déposent dans la source même, ou le long de son trajet , sur les pierres ou autres objets baignés par l'eau , ils produisent autour de ceux-ci des incrustations, auxquelles on donne le nom de tuf (1). Il n'existe pas de sources semblables en Suède ; mais on les trouve quelquefois en abondance dans les pays chauds , surtout au voisinage des

(1) On donne ce nom de tuf à diverses pierres disposées par couches peu épaisses el à peu Ue profondeur de la terre végétale.

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