‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 105 sur 354 · KS · texte numérisé non relu

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volcans on activité. Qu'on y jette une pièce lie iut)iinaic ou tout autre uioulo (luolcouque, au bout de i(iiclqLic tciiips il se I'oiimo autour une incruslaliou iiieneusc , t'aciie ^. (létaclier, et dont l'Iutéiieur ollVe l'unaj^e en creux du corps à la surface duquel elle s'est déposée.

Les sources produisent des ruisseaux, et leur eau perd son acide carbonique en coulant, do uiani(''re (ju'ou ne retrouve plus, ni dans les ruisseaux , ni dans les tleuves et lacsqui en provieiuient, aucune trace des carbonates acidulés que celte eau contenait h sa source. Les autres sels y restent volontiers; mais, comme leur quantité est exlr(V niemenl peu considérable , en proportion tles carbonates, l'eau des fleuves est plus jiure que celle des sources. Elle dissout le savon dlanc et le savon vert pres([ue sans se troubler , tandis que l'eau de source les décompose par le moyen de ses carbonates terreux , et jirécipite les principes huileux avec les terres. On lui donne le nom technique d'eau dure (1).

Les rivières se réunissent dans des lacs, dont l'eau est rendue impure par les végétaux et animaux qui y vivent et meurent. (Cependant , malgré cette cause , l'eau des lacs n'est qu'un peu moins pure que celle des rivières.

Les lacs forment de grands courants qui conduisent leurs eaux à la mer; le vaste amas d'eau qui occupe la plus grande partie de la surface du globe, etqui reçoit toutes les eaux provenant de la terre, contient tous les sels de ces dernières, mais laisse échapper son eau |)ar l'évaporation. De là résulte une circulation continuelle d'eau, qui s'évapoie de la surface de la mer, s'élève dans les airs sous la forme de gaz, se condense ensuite sur les continents, principalement autour de leurs montagnes , y tombe sous la forme de pluie, produit, de la manière que j'ai décrite, les sources , les lacs et les courants, et retourne à la mer par ces derniers. C'est cette circulation qui rend nos sources , nos lacs et nos rivières presque invaiiables, et qui pourvoit continuellement la nature vivante d'eau douce.

L'eau de mer a une saveur salée , un peu amère, et, sur les côtes, une odeur désagréable. Elle tient en dissolution des sels dont la quantité s'élève à 3 ^jusqu'à k pour cent du poids de l'eau , et dont le sel commun fait la plus grande partie , quoiqu'il ne s'é-

(1) 0(1 a agilù la question de savoir si, dans l'cvaporalioii qui se fait des eaux de la mer, un peu de sel marin ne serait point entraîné par les vapeurs aqueuses, puis(iu"il est tacile de pniuver qu'au voisinage des mers l'eau dépose du sel ordinaire, et l'eau de pluie en coinicnt. Mais ce sel ne s'élève point dans les airs sous la forme des vapeurs ; il y est seulement enUainé par faction des venis violenls sur les vagues : celles-ci se couvrent, à leur bord supérieur, d'une écume qui hince une multitude de gouttelettes en l'air, et ces gouttes, entraînées par les vents, s'évaporent, laissant le sel marin qu'elles contenaient divisé en molécules si peiites, qu'elles peuvent voUiiîer longtemps dans rathusplicre avant de BC précipiter.

UicrioKJi. vv Ciij.Miii.

lève jamais îi plus de 2 | jiour cent du poids de l'eau. Les autres scds consistent en chlorur(; calcique, chlorure magnésiquo et sulfate sodi(pie.

D'ajirès l'analyse de Marcet , 1000 imrtics d'eau de mer en contieiment 20, G de chlorure sodique, ou sel marin, /|.,(i(j de sulfate sodique, 1,232 de chlorure calcique, et 5,154 do chlorure magnésique , eu évaluant tous ces sels à l'état aidiydrc. Wollaston a trouvé que l'eau de la mer contient en outre du chlorure et du sulfat(! potassiques , lesquels n'y forment toutefois pas au delà de r»W du poids de l'eau, et Marcet a fait voir quon n'y trouve aucun vestige de nitrates. Elle dépose, par l'évaporation, une quantité assez considérable de carbonate calcique. Ce dernier sel, qu'elle tient en dissolution, paraît être la source à laquelle les mollusques testacés luarins puisent les matériaux pour la formation de leurs coquilles. L'eau de nier contient en outre une très-petite quantité de brome et d'iode , combinés avec du sodium et du magnésium.

On croit que les sels contenus dans l'eau de la mer proviennent de mines de sel gemme que la mer baigne et dissout , et que leur quantité augmente, d'année en aimée, par les sels que les fleuves y apportent. A la vérité , la quantité de sel que la mer contient varie beaucoup dans certains endroits, suivant que les fleuves qui s'y jettent apportent un tribut d'eau douce plus ou moins abondant. Mais les vents et les coui'ants marins qui en résultent mêlent tellement les eaux ensetuble , que la différence ne saurait être considérable. Dans les golfes qui ont une entrée étroite, par exemple, dans la mer Baltique et la mer Noire, la salure est moindre que dans le grand Océan; elle est un peu plus considérable, au contraire, dans la Méditerranée. Du côté des pôles, l'eau est moins salée que dans les pays chauds , quoique la dilférence soit peu sensible, à cause du mélange continuel de l'eau. Lorsque la mer gèle, il n'y a non plus que l'eau pure qui se solidihe ; la glace fondue donne une eau douce et potable , qui contient peu de sel. Immédiatement au-dessous de la glace , là où l'eau est le plus rapprochée du terme de la congélation, elle est peu salée; mais la quantité de sel augmente ensuite peu h peu avec la profondeur, de manière qu'à trois ou quatre pieds, la mer est aussi salée que partout. D'après les pesées faites entre le GO' dogié de latitude boréale et le kQ' de latituile méridionale, la pesanteur spécilique de l'eau de la mer varie , à -|- 17 degrés entre 1,0283 et 1,0269.

Dans le voyage de découvertes exécuté sous les ordres du capitaine Freycinet, on a essayé avec succès de la distillation de l'eau de mer pour se [irocurer de l'eau douce, en se servant d'un appareil disj.osé de manière à ce que l'eau (ùl distillée par'le superllu de la chaleur nécessaire pour préparer les alim(;nts.

On peut rendre l'eau de la mer propre au lavage, et la déiiouillerde la propi;iété de dé-

EAU

EAU

composer le savon, en y mêlant de la potasse, qui précipite les sels terreux.

Eau distillée. — Quanil on veut avoir do l'eau parfaitement pure, il faut la distiller. L'opération achevée, les sels restent dans la cucurbite, et l'eau pure, qui passe en vapeur, se rassemble, sous forme liquide, dans le réfrigérant. On pratique cette distillation dans les mêmes vaisseau-ï que ceux qui servent à la fabrication de l'eau-de-vie. 11 ne faut pas distiller plus des deux tiers de l'eau, sans quoi le résidu la rend souvent empyreumatique. Chez les pharmaciens on distdle l'eau dans .les mêmes vaisseaux qui servent pour l'alcool; mais de là résultent deux inconvénients. Ce qui reste d'alcool dans le serpentin s'aciditie par l'excès de l'air, et forme de l'acétate de cuivre, qui se dissout pendant la distillation et rend Teau cuivreuse. C'est pour cela qu'U arrive très-souvent à l'e u ainsi obtenue de bleuir, lorsqu'après l'avoir évaporée doucement, on y verse de l'ammoniaque ; elle prend aussi une teinte brunâtre quand on y ajoute du g iz sultide hydrique. Cet effet peut tenir quelquefois à une quantité de cuivre trop faible jiour être ajjpréciableà l'aide d'aucun autre réactif. Mais l'eau peut encore contenir, indépendamment de ce cuivre, de l'alcool indécomposé, qui se décompose ensuite peu à peu, d.e manière qu'au bout de quelques jours la liqueur se trouble et dépose un sédiment muqueux. L'ea 1 dont on a besoin pour des expériences chimiques exactes doit être distillée dans des vaisseaux de métal, et condensée dans un serpentin d'étain. Le réfrigérant doit être ou d'étain |)ur, ou de cuivre fortement étaraé ; il ne doit point être soudé avec un mélange de itlomb et d'étain, parce que dans ce cas l'eau contient toujours du plomb et de l'étain. Les vaisseaux de verre conviennent moins pour cette opération, parce que le verre du col de la cornue, où les vapeurs se condensent, est ordinairement attaqué, ce qui donne une eau impure. Lorsqu on est obligé de distiller de l'eau de puits, qui tient presque toujours du chlorure magnés. que en dissolution, il faut y ajouter d'abord un peu de p'itasse, aQn de retenir l'acide hydrochlorique, sans quoi il en passerait dans le produit. C'est pour avoir négligé cftle précaution que beaucoup de chimistes ont cru à l'impossibilité d'obtenir par la distillation de l'eau exempte d'acide hydrochiorique. En agissant avec beaucoup de circonspection, on parvient à se procurer une eau parfaitement pure, et qui n'a ni saveur ni odeur; mais la moindre imprudence dans la conduite du fou lui communique une saveur particulière, un peu empyreumatique, qui n'est pas sans ressemblance avec celle de l'eau de neige nouvellement fondue.

EAUX TROUBLES , puriQées par l'alun.

Yoy. Alun.

EAU {boisson). — Lorsqu'elle est debonne qualité et qu'elle réussit, c'est la boisson la plus salutaire, soit pour se désaltérer, soit pour boire aux repas. Ou remarque que les buveurs d'eau conservent mieux leurs forces.

maîtrisent mieux leurs passions, sont moins sujets aux maladies, qu'ils jouissent plus complètement deleurs facultés nitellecluellcs, et qu'ils vivent souvmt fort lon^lemus.

« C'est une expérience constante, dit M. Hollmann, que ceux qui ne boivent que de l'eau conservent plus longtemps leurs dents et leur vue, et qu'ils sont plus sains, vivent i)lus vieux et mangent plus que ceux qui usent du vin ou de la bière. » (Med. raison., t. lU , p. 85.)

Ou a tort de reprocher à l'eau l'inconvénient de décolorer, puisque beaucouj) d'individus aux couleurs vermeilles n'ont jamais eu d'autre boisson, et qu'il est même des personnes qui, après avoir perdu l'éclat de leur teint, ne l'ont repris qu'en se mettante l'usag ' de l'eau. C'est bien à tort aussi que l'on répète souvent qu'elle afll'aibiil le pliysi- ([ue et le moral; elle était runi([ue buisson du jurisconsulte André Tiraijueau ; cela ne l'eiupêcha pis d'être h'pèrr de vingt enfants Itigitimes et l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages remarquables. Pittacus, Charles XII roi de Suède, et autres hommes célèbres qui en faisaient leur boisson liabituelle, ont donné la preuve qu'ils ne manquaient ni do courage, ni de force, ni de capacité. L'eau n'éteint pas la vivacité du génie, dit Zimmermann. Démosthène, que Longin coiujiarait à la foudre ou à une tempête, ne buvait que de l'eau. Locke, Haller, Milton étaient des buveurs d'eau.

Cependant nos habitudes, nos usages, nous font trouver l'eau pure trop peu sa;iide, et nous sommes j^resquo toujours obligés de relever sa saveur par quelques mélanges; mais ces mélanges doivent seulement donner à l'eau un goût plus agréable, et la rendre plus digistiijle, sans changer notablement ses qualités.

Eau de bonne qualité. — La meilleure eau est en général limpide, fraîche , inodore, et quelque peu sapide ; elle s'échauffe et se refroidit avec facilité, dissout aisément le sa-, von, et cuit bien les légumes ; elle conserve sa transparence lorsqu'on la fait bouillir. Pour être salubre comme boisson, ell • doit contenir de l'air, ahn de ne pas peser sur l'esiomac. On reconnait qu'elle en renferme, si elle est d'une saveur agréable, qu'elle perle quand on la transvase, et que l'air s'en dégage sous forme de bulles quand on la fait chautler.

Eaux des rivières, des fleuves. — On les cite comme ayant le plus de qualité, surtout lorsqu'elles ont coulé rapidement et longtemps sui- un lit de sableou du roc; alors elles se sont emparées d'une petite quantité d'air, et dépouillées des sels qu'elles contenaient en sortant des sources ; mais on doit les puiser dans les lieux où elles sont courantes et ne reçoivent pas d'immondices.

Eau de pluie. — C'est la meilleure, après l'eau de rivière, si on la recueille quand la pluie a déjà tombé assez de temps pour entraîner les subsiauces qui sont ca()ables d'altérer l'eau, et qui se trouvent disséminées dans ratmosjjhère et sur le toit des maisons,

r,H1 EAU EAU K.-iS

Il faut so ni(4ior ilc cotlo oau lorsiiu'olld lillrc^os, parce quo l'air se ci(''gaso par lY'hul-

loinbo sur (les toitures do zinc ou ito |)lniiil). lition. l.ps eaux (li-itill(''Os sont les |iliis

/ùi» (/('/■"«'"'«<■• —•'^1"'"'''* '''•'* eaux (le |iluic, pures, mais lailes et (iil'lieilos à digi'rer,

on plaee les eaux de fontaine, lesipiellcs, on parée (|n'elles sont irivées d'air. — Les eaux

s'éloi^iianl do leur source, coulent sur un lit •'•' f"^»"^'' ''"' ""'in'' "t i''' glace sont Irès-pures ;

de sal)le, et |)euvenl ainsi se ixMuHrer d'air, "i'""», <''lant pn\ées d'air comme les \>récé-

et (lé|i(iser les sels ([u'elles tiennent en dis- dentés, elles ont his aic^mes inconvénients,

solution. l'our rendr(^ potaljles ces diir(''rentes eaux, il

l-Aiiu- de puits, eaux sortant des sources. — l'aut y iniroiluire de l'air, et pour cela IfîS

Klies seul moins l)oiuies ([ue les pr6c('dentes, exposer au contact de ee lliiide fiendant un

parce (pi'elles sont souvent priv(''es d'air, et J'Jur au moins, et les agiter ou les battre,

chargées desels. On les appelle ('(HW (/((/M ou Conservation de I eau. ~ Uis meilleurs

f(((/j' (•)•(«■>■, loi S(prelles renlenuentbeaucouii vases pour conserver l'eau sont ceux en

de substances salines ; alors elles dissolvent verre, en yri^'s ou eu terre vernissée. Elle

mai le savon, duicissent les légumes qu'on pourrait s'altérer dans des vaisseaux de bois;

y l'ait cuire , et sont répulées trôs-malsaines. i=«>'x 'î» i'e'" 1"' donnent un goût désagréable,

Si on les em|)liiie comme boissons, elles pè- et la rendent rousse; les vases de zinc lui

sentsurrestomac,oecasi(jnnent des coliques, commuuiquent des propriétés malfaisantes.

Eaux des citernes, des étangs, des mares, des J.' '''\ "ès-darigereux, dU le professeur Or-

lacs, des marais, et toutes les eaux stagnantes, f''}^^ ^"''■<^ ^"^ l,^^'" '/^'^ ^ «" *'' ë^''f « l^*^"-

~ Elles sont prescpie toujours altérées par «l''" )?»?te>iips dans d.is vases de plcuub ex-

des substances salines, et par la putréfaction P0*•^^" ' «"'• ^ ^^',' fi""' séjourne dans un

des matières végétales et des malières ani- '^ase ^/f ^"'^re Peut uevenir veiieneuse.

maies. Elles seraient doue d'un fort mauvais S^r'l'v' nl"v 1?» '" t'' ''''^ ''• ^J' ^"'"'^•

usage si on les employait sans les assainir. ,.^:^^^ ^^ ™: " ^es eaux de la mer

^" . , •^ . . ditlèrent essenliellement des autres espèces

Assauusfiement des eaux. — Pour assainir d'eaax naturelles par leurs caractères phyles eaux, on les laisse déposer, et on les til- siques, qui sont dus à leur constitution cintre ; mais comme, en les liltrant, elles per- a■^^(,^^Q to^e particulière. Edes ont une sadent une partie (1(3 1 air qu elles contiennent, ygur salée , mi peu amèie et nauséabonde, et (jui est essentiel a leur qualité potable, on gt sur les côtes une odeur désagréable ; elles doit, avant de les (employer comme boissons, possèdent, en outre, une certaine viscosité ; les agiter pour qu uneuouvelle (juautitéd air elles tiennent en dissolution des sels dont se combine avec elles. la quantité varie depuis 3 jusqu'à k p. 100

Les eaux que l'on fait bouillir pour les du poids de l'eau, et dont le chlorure de

purifier ne deviennent |)as aussi pures que sodium fait la plus grande partie, quoiqu'il

si on les liltrait. En outre les eaux bouillies ne s'élève jamais à plus de 3 p. 100.

sont plus fades et plus lourdes que les eaux Voici la composition des eaux de la mer :

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