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On voit que la densité du ga/ diminue à mesure que la distillation est plus avancée ; la proportion d'hydrogène carboui' diminue aussi , tan lis qu'il se produit , au contraire, une plus grande quantité d'oxyde de carbone et d'hydrogène. Il est donc convenable d'éviter de pousser la carbonisation
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par l'air et les produits do la combustion, (pu oxydent le métal; mais aussi elles résistent moins aux changements de lem|iérature, ce qui oblige; ?i les faire foncliotuier sans interru|)lion et à conserver ini ceitaiu nombre de fourneaux à connies de foute, (|ui seules peuvc^nt su|)porter' les (;hômag(^s accidentels; enfui elles s'incrustent à l'intérieur parle goudron qui les pénètre, y (i'î-
)Ose du carbone et rétrécit graduellolnent
cur section.
Pour obtenir le maximum de gaz le plus éclairant, il faut que, pendant la durée de la distillation, la température soit régulière (!t maintenue à la température du rouge cerise clair : car, à une température sensiblement j)lus élevée, le gaz qui se forme fierd un(! paitio de son carbone, augmenter de volume, et en somme éclaire moins; tandis que, |)ar une température inférieure au rouge-cerisc, il se [>roduit beaucoup do carbures d'hydrogène condensables qui se mêlent au goudron, et l'on obtient moins do gaz, en sorte que dans ce deuxième cas la quantité do la lumière totale est encore diminuée.
Les cornues étant chau.Tées très-graduel lement au rouge, qu'on maintient au degré convenable , ou y introduit la houille; on ajuste ensuite et l'on presse l'obturateur préalablement garni d'argile en |)âte qui forme lut, puis on laisse la distillation s'opérer durant trois ou quatre heures. Au delà de ce temps, les gaz firoduits deviennent de moins en moins éclairants et exigent, pour se dégager, une plus haute tenqiérature, qui occasionne plus d'altération dans les corndes et qui fait déposer sur leurs parois intérieures une partie du carbone de l'hydrogène carboné; de sorte que le mélange de ces gaz serait plus nuisible qu'utile à la production économique de la lumière.
La durée de la distillation varie d'ailleurs avec les différentes sortes de houilles, et aussi .selon leur état hygrosco|iique.
Le tableau suivant donne la composition du gaz de la houille aux époques successives de la distillation. Les acides carbonique et sulfliydiique avaient été éliminés de ce gaz , ([ui retenait environ j}^ de carbures d'hydrogène, des traces de sulfure de carbone, etc.
og.
Oxyde de
Azote.
Rapport de la
carbone.
uniière.
Si
trop loin. En effet, le dernier gaz obtenu au bout de six heures de chauffage a un pouvfiir éclairant très-faible , moindie ipie le quart de la moyenne , et son mélange avec les gaz obtenus durant les trois |)remières heures ne pourrait que diminuer la quantité totale de lumière.
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Qualités et essai des hottilles à distiller. — 11 importe beaucoup au fabricant d'essayer les houilles qu'il se propose d'employer, afin de s'assurer du rendement et de la qualité du gaz et du coke. Pour faire ces essais , on doit avoir dans chaque usine un appareil isolé consacré à cet usage; il vaut mieux, toutefois, adapter k deux des cornues de l'atelier un appareil condensateur sp(5cial, qui conduit ii volonté les gaz vers un petit gazomètre d'essai : de cette manière on essaye la houille dans les conditions mêmes auxquelles elle est soumise lors de la distillation en grand. On mesure le volume du gaz obtenu , et l'on détermine son pouvoir éclairant comparativement avec la lumière d'une carcel ; on mesure également le volume du coke, et l'on essaye sa qualité en le brûlant sur une grille d'appartement: on a ainsi tous les élémenls qui feront connaître la valeur des houilles.
Epuration physique du gaz. — Dans la distillation de la houille il se fornie nonseulement les gaz dont nous venons de parler, mais encore divers autres produits condensables ou gazeux qu'il faut éliminer.
Les produits volatils de la distillation de la houille sont : de l'eau, de l'hydrogène bicaiboné et protocarboné, de l'hydrogène, de l'oxyde de carbone , de l'azote, des carbures d'hydrogène plus ou moins aisément condensables, de la créosote et quelques autres principes des goudrons , de la naphtaline , de l'ammoniaque unie aux matières goudronneuses, des sels ammoniacaux (carbonate, sulfhydrate, cyanhydrate, chlorhydrate , acétate d'ammoniaque ) et du sulfure de carbone. 11 reste dans les cornues un charbon brillant , conservant la forme boursouflée due à la fusion du bitume et au gonflement opéré par le dégagement des gaz et vapeurs ; ce charbon, appelé coke, retient le protosulfure de fer, correspondant au bisulfure que contenait la houille, et les matières fixes qui constituent les cendres de ce combustible.
Au sortir de la cornue, le gaz passe dans un barillet , cylindre placé à la partie antérieure du fourneau , dans lequel se rend le tuyau (lu dégagement du gaz ; ce tuyau (ou l'ajutage à sa suite) plonge d'environ 2 centimètres dans l'eau du barillet. L'effet utile de cette disposition est d'intercepter la communication libre entre l'intérieur des cornues et le reste des appareils ; de sorte que l'on puisse ouvrir les cornues sans donner accès h l'air, ou issue au gaz , dans le reste de l'appareil. Il résulte encore de la fermeture hydraulique cflectuée par le barillet que le gaz, s'enilammant dans une cornue , peut y brûler sans communiquer le fi'u au delà.
Il s'opère dans le barillet une première condensation de l'eau et du goudron ; aussi est-il nmni d'un tiop-plcin [lour maintenir le lii|uide à un niveau constant , en laissant écouler continuellement l'excès des produits condensés.
Les tubes , par leur immersion de 2 ou 3 centimètres dans le liquide du barillet , occasionnent une faible pression sur le gaz qui ti'averse ce li([ui(Ie ; mais à cette pression s'ajoute celle qui résulte des frottements et immersions dans la suite des appareils , outre la pression représentée par le poids du gazomètre ijue doit soulever le gaz. A toutes ces iiressions , lorsque l'usine est dans luie localité plus haute que les lieux de disiributiitn (c'est-à-dire que les quartiers à éclairer), il faut ajouter la pression nécessaire pour contre-balancer le |)oids de l'atmosphère, plus ]iesante naturellement dans les lieux bas , puisque la colonne d'air s'y trouve plus haute.
Ces causes réunies portent par fois à 25 et même à 30 centimètres d'eau la pression totale qui réagit sur l'inférieur des cornues, contribue à les détériorer, à faire éclia|)per le gaz ijar tous les joints et les fissures , et à occasionner des déperditions de 10 à 15 pour 100.
On obvierait à ces inconvénients en plaçant l'usine dans un lieu plus bas que les quartiers où le gaz doit être distribué ; mais comme le choix de cette situation favorable n'est pas toujours possible, il convient d'employer des moyens mécaniques pour aspirer le gaz au fur et à mesure de sa production, et le refouler dans les appareils à la suite , et de là dans le gazomètre, de manière à pouvoir disposer de la pression la plus convenable pour la distribution.
La force mécanique peut être obtenue à bon marché en y appliquant la chaleur perdue, et toujours considérable, qu'cniraînent dans la cheminée traînante et la cheminée verticale les produits de la combustion après avoir chauffé au rouge les cornues.
On s'est servi de la cagniardelle, comme dans la fabrication de la céruse de Clichy, pour aspirer et refouler le gaz.
Epuration chimique du gaz. — En sortant du condensateur, le gaz est loin d'être pur ; il renferme encore une parlie de tous ses composants , et surtout du carbonate et du sulfhydrate d'ammoniaque, [larfois aussi de l'acide sulfhydrique. Pour débarrasser le gaz de ces matières étrangères, on le soumet à des moyens d'épuration plus ou moins énergiques.
Jusque dans ces derniers temps, l'épuration du gaz s'exécutait au moyen de la chaux seule, hydratée et pulvérulente, et cette méthode est encore suivie aujourd'hui dans un grand nombre d'usines. Elle s'opère au moyen de grandes caisses en fonte ou en tûlé , divisées en deux compartiments par un (lia|)hragme vertical jiartant de la partie inférieure; dans chaque compartiment onplace quatre ou cinq claies formées de lattes et fixées de champ, espacées de 3 à 4- millimètres , sur lesquelles on répand la chaux hydratée , pulvér'ulente , en couches de 8 à 10 centimètres ; le gaz, arrivant par la partie inférieure d'un des compartiments, est obligé
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(lo sortir par la partio iiilVrioiiro do l'aulro; aiiLsi, on iiuiiilaiit par lo proiiiior odiupartiliH'iil et ilesco' (laiil dans lo socond , il se taluiso donx lois à Iravors ipiatro ou cinq coiiolies do chaux. Ciiatuno dos caisses est lorin(^e avec un couvorde ilont les bords plongent tout autour do la caisse dans une Hor^e remplie d'eau. Co couvorclo est, îi volonté, enlevé ou reposé à l'aitlo d'unie chaîne ])assant sur une poulie et s'enroidant sur un treuil, et celte mano'uvrc est laite toutes les l'ois que l'on doit vider et re(^hangor un épurateur. C'est [lar le haut que l'on ciiarj^o et que l'on vide chacun dos épurateurs.
Depuis quehpio toaiiis , un uioyou ingénieux est en usage pour rendre uiéthodic[no l'épuration <i la chaux ; pour cela on se sert (le (puilre éjiurateurs seudjialiles h celui que nous venons de décrire. Ces quatre épuratours sont placés autoiu- d'un réservoir îi cloclie, qui permet de mettre en communication tiois des épiu'ateurs en isolant le (jua- Irièuie, qui peut alors être vidé et rempli do chaux nouvelle; la cloche est divisée par dos diaphragmes en cinq compartiments, et, suivant la position de cette cloche, on peut isoler l'un quelconque des épurateurs, et forcer le gaz qui arrive du condensateur à traverser successivement les six compartiments des trois autres épurateurs avant d'entrer dans le tube central qui conduit lo gaz du réservoir à clociie vers l'un des gazomètres de l'usine.
On comprend qa'h l'aide de cette disposition il est facile d'utiliser le plus |)ossible la chaux, en faisant arriver le gaz d'abord dans la caisse qui renferme la chaux chargée déjà par deux passages du gaz précédemment éfiuré ; que, d'un autre coté, on fait toujours passer sur la chaux neuve ie la troisième caisse le gaz qui va se rendre au gazomètre.
Application des sels métalliques à la purification du gaz. — L'éjiuration par la chaux, quoi(pie rendue méthodique, n'est pas comlilète; il reste dans le gaz du sulfhydrate d'auuiioniacjue, et, en outre, l'ammoniaque que la chaux a mise en liberté : la cliaux d'6|)uration retient interposés ces gaz infects qui s'exhalent et incommodent le voisinage lorsqu'on vide les caisses et qu'on transporte ces résidus.
M. Mallet est parvenu à éviter ces inconvénients en complétant l'épuration du gaz jjar un lavage dans des solutions métalliques. Il emploie de préférence le chlorure de manganèse, résidu de la fabrication du chlore ou du chlorure de chaux , et qui jusqu alors était presque entièrement perdu. Quand on ne peut se procurer ce sel, on le remplace par le sulfate de fer, dont le prix est en général peu élevé.
L'épuration par les solutions métalli(iues doit précéder le passage sur la chaux. Les sels ammoniacaux sont alors décomposés : le carbonate et le sulfhydfate d'ammoniaque forment un carbonate et un sulfure métallique, en donnant en môme temps un sel
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ammoniacal fixe aux températures ordinaires, et il reste du gaz acidi; sulfhydri(juo lilirc, ([ui peut être facilomcut absorbé par la l'haux; alors celle-ci, iw rotonant plus de gaz iniccis non combinés, n'incnuniiodo |)lus les habitants du voisinage, condition importante, surtout pour les usines établies dans l'encoiiite des villes.
Gazomètres. — Le gaz épuré est dirigé dans les gazomètres , où on l'emmagasine pour le disliil)uer ensuite aux consouunateurs. Ou appelle (jazomètrc (1) uncî gr'ande cldcho en tôle [louvant contenir environ les ,*, do la production du gaz d'une journée. Il y on a ordinairement deux renfermant ainsi les ~ de la fabrication, les -^g étant consommés au fur et à mesure de la production l)endant les longues soirées. Cette cloche l)longe dans un réservoir en maçonnerie, rem[)li d'eau, qu'on nomme cuve. Le poids du gazomètre sullit ordinairement pour donner la pression nécessaire à l'écoulemenl du gaz. 11 convient, dans une usine, d'avoir un gazomètre supiihhiientaire , atin de pouvoir satisfaire h la consommation en cas de réjiarations à faire à l'un des deux gazonièlics habituellement employés. Le gazomètre se compose donc de deux parties , la cuve et la cloche. La cuve est en bois , en maçonnerie ou en fonte. Comme les grandes dimensions que l'on donne (de 20 à 32 , et jusqu'à iO mètres de diamètre , et de 10 à 16 mètres de liauteur) aux gazomètres obligent (jrdinairemenl à construire la cuve en maçonnerie, il importe que les matériaux soient bien choisis, imperméables et cimentés avec un mortier de chaux hydi'aulii[ue; qu'ils |)résonlent par leur masse, surtout dans leslbndations , une grande stabilité, alin d'éviter les fuites qui, faisant liaisseï' le niveau de l'eau dans la cuve , obligeraient à une dé- ])ense journalière de force mécanique pour la remplir. Ces fuites , lors môme qu'elles sont très-faibles , peuvent avoir de graves inconvénients; car les eaux qui s'inliltrent dans le sol, étant chargées de matières goudronneuses et contenant plusieurs composés à odeur forte , infectent parfois les eaux des jjuits voisins, dont les piopiiotaircs sont dès lois fondés à intenter des actions en dommages-intérêts aux compagnies d'éclairage.
On éviterait ces inconvénients en employant des cuves de fonte, qui , étant construites isolées, )ieuvent pei mettre de découvrir et de réparer facilement les fuites. Eu Angleterre et en Belgique , on a piolité du bas prix des minerais de fer , du combusti-
(1) La l'oïKlion principale du gazomèlie devrait le l'aire désigner par un autre nom, é(Hiivalenl, par exemple, au mot anglais yase-lwlder, réservoir ou récipient de gaz. La mesure du gaz étant indiquée sur ces grands réservoirs par une cdietle peinte extérieurement, porlant eu ehill'res le nombre des moires et centimètres immergés, ainsi que le volume de gaz correspondant en nietres eul)es, il est facile d'en déduire la quantité, en ayant égard à la pression ([ui' niari[ue le manomètre connnuniquaul avec le gaz ainsi qu'à la pression el à lu tempcraturc'atmospliéricpies.
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l)le et des transports, pour appliquer la fonte en plaques à rebords boulonnés î» la construetion des cuves, même de grandes dimensions.
Les tubes d'arrivée et de sortie du gaz pénètrent au travers du fond des cuves , et montent au-dessus de la surface de l'eau; mais il faut remar((uer que celle disposition iicut occasionner (les fuites en désagrégeant la n)aconnerie autour des tuyaux.
La cloche , qui est construite en tôle, peut (•Uv maintenue par des contrepoids, atin que le gaz n'ait pas une trop forte charge à soulever. Ces contrepoids sont supportés par des chaînes passant sur des poulies. Des galets , disposés sur les montants , empochent le frottement trop rude de la cloche contre les parois de la cuve. C'est dans le même but que l'on [irévienl ordinairement les effets (le la pression latérale du vent au moyen d'un mur circulaire qui s'élève au même niveau que le fond supérieur d»la cloche pleine de gaz.
Un mode de suspension plus commode, qui permet de dégaj;er la maçonnerie des tubes d'arrivée et de sortie ,'est employé avec succès depuis plusieurs années par M. Pauwels; il consiste en deux tubes rendus flexibles à l'aide .i'articulatioiis , et servant , l'un pour introduire , et l'autre pour faire sortir ce gaz. Le mouvement du tube articulé se fait à frottement doux dans un
stufpng-hox.
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uluiles et la'.ies de distribution. — La distribution du gaz se fait au moyen de tuyaux établis de|)uis l'usine jusqu'aux lieux à éclairer. 11 convient, lorsi^u'ou fonde une usine à gaz , de placer des conduites principales assez grandes pour donner passage à une quantité de gaz doulile de celle (fue l'on doit produire , atin de pouvoir augmenter la fabrication sans frais extraordinaires , relativement à la pose de nouvelles conduites; d'ailleurs les conduites larges exigent une pression moindre |)our laisser écouler le gaz, et les pertes sont ainsi diminuées. Voici les dinjensions que l'on donne maintenant aux tuyaux de distribution :
Diaiuèirc des tubes. Nombre de becs.
Les tuyaux ou conduites de distribution peuvent être en fonte, en tùle garrne de mastic , ou mèuje en grès et vn verre portant des brides mastiquées. Les tuyaux de trèsgrande dimension sont toujours en fonte, et cette matière doit être de très-bonne qualité, bien homogène et assez douce pour être percée et tiiraudée. Outre que ces tuyaux Sont essayés sous une [iression de dix atmosphères , on vérilie la régularité d'épaisseur des parois, et l'on s'assure, par de petits coups fraijpés avec la jioiute d'un martelât , quedessouftlures vides ouremphesde rouille ou do lut ne réduisent j)as l'épaisseur eu
quelques endroits ; car ces parties minces, assez promptemeiit percées par l'oxydation ultérieure sous le sol , ouvriraient des passages qui occasionneraient ainsi des perles journalières de gaz , et d'énormes dépenses pour chiTcher les fuites et remplacer les conduites défectueuses.
Depuis quelques années M. Chameroy fabrique des tuyaux en tôle étamée intérieurement, et récouverte à l'extérieur d'une couche épaisse de mastic bitumineux incrustée de sable; des vis et des écrous en alliage coulés sur les tuyaux eux-mêmes servent à les réunir. Ces tuyaux, impeimé.iblcs, d'une pose facile , sont ainsi mis h l'abri de l'oxydation et exemjjts de soufflures , outre que leur assemblage , plus facile et plus prom()t, donne lieu à moins de fuites que les assemblages des tuyaux en fonte. Ces avantages remarquables sont déjà bien appréciés |)ar les fabiicants de gaz; d'ailleurs , à section égale, les tuyaux bituminés coûtent environ 33 pour 100 moins cher que les tuyaux en fonte. Les tubes en grès ou en verre qu'on peut employer, seulement pour les tuyaux de diamètre moyen , ne présentent d'économie (pie dans certaines localités.
Quant aux tubes de distribution dans les maisons des particuliers , ils sont ordinairement en plomb ou en fer creux. Les tubes eri iilomb j^euvent donner lieu à divers acciileuts qui , un jour, les feront sans doute exclure de cette applicali(3n : en ett'et , lo plomb est assez mou pour que le choc accidentel d'un marteau, (i'un clou, etc., puisse les aplatir ou les percer, interrompre le passage du gaz ou le laisser se réjiandre dans les habitations , et constituer avec l'air des mélanges explosifs.
Une explosion de gaz qui eut lieu il y a quatre ans, à Paris, fut occasionnée par une fuite provenant d'un trou pratiqué par un rat , dans un tube de plomb qui avait été scellé la vedle et bouchait le passage de ce petit animal.
Pour éviter ces divers accidents, il faudrait placer les tubes de distribution dans des sortes de canniveaux en maçonnerie , qui seraient ventilés et dirigeraient toutes les fuites au dehors; cette précaution importante a, du reste, été prise à Londres (lei)uis quelque temps pour l'éclairage de plusieurs établissements particuliers. 11 conviendrait, en outre, de substituer des tubes solides, en fer ou en étain, aux tubes en plomb.
Une autre précaution indispensable à prendre dans la pose des grandes conduites consiste à placer dans tous les points bas où peuvent se réunir les liquides condensés, des tubes conduisant à des réservoirs S| éciaux qui reçoivent les liquides et les empêchent de diminuer la section de passage. On peut retirer de temps à autre ces eaux de condens.ition à l'aide d'une [lompe qui se visse sur un tuyau plongeant au fond du réservoir.
Compteurs de gaz. — Le gaz est livré, soit à un jirix déterminé par bec et par heure d'éclairage, soit au mètre cube ; dans cp dei-
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iik'v cas, l'ubnniK^ doit Cstro muni d'un compteur ([ui iiiili(|U(; à la comiiaj^iiio la im<'Milit(j de ga/. (•(iiisoimnt'o. Ce dernier système est évidenimeiil vicieux , car en une iieuie le iDiMiie bec bri^lie plus ou moins do i;az, suivant sa densili^ , pour produire une égale quantité de luinit''re. On jiourrait éviter cette cause d'eireur en viniliant de temps h autie le pouvoir éclairant du ga/ à l'aiiUî des luo.yens |)liotomélri(pies usuels, et ))our un volume (léterniiné par le môme compteur.
Le compteur (Irafton, le plus généralement emphyé, consiste en uiu» espèce de cylindre à augets en fer-blanc ou tôle galvanisée , dont l'axe est liorizontal. Il est plongé dans une enveloppe cyliudri(iue remj)lie (l"eau jusques et y compris l'axe. Un tuiau amène le gaz au-dessous d" l'axe , dans un augct qui s'élève, sort de l'eau et permet au gaz de se ré[iandre dans la partie su|)ériein'o du cylindre, et de s'échapper par un tube qui le conduit aux becs; pendant ce temps, un second auget s'emplit de la même manière. Le gaz , |)endant tout le temps qu'il s'écoule , nuprime donc à la roue un mouvement lie rotation, et, au moyen de rouages conHuuniijuaut à des aiguilles placées sur des cadrans à la partie extérieure du cylindre, la capacité des augets étant déterminée, on peut connaître le volume du gaz brrtlé par le nombre des révolutions du cylindre Ultérieur. M. Lefebvre a proposé un compteur très-simple et indépendant des varialions du pouvoir lumineux : il consiste en un mouvement d'horlogerie qui marque la durée de l'éclairage, car il agit ou s'arrête, suivant qu'on ouvre ou qu'on ferme le robinet. Pour que ce moyen soit exact, il suffit de régler les becs à la hauteur ordinaire de la flamme.
Becs à gaz. — Les becs employés pour la comliustiim du gaz, dans les habitations, ont généralement la forme des becs dx\rgant. Un petit cylindre bifurqué conduit le gaz dans un double cylindre creux, recouvert d'une couronne métallique percée d'un plus ou moins grand nombre de trous qui donnent issue au gaz : ces trous ont de i à 4- millimètre de diamètre. L'air passe à la fois par le tube intérieur enveloppé par ce double cylindre , et tout autour. Le bec porte une galerie sur laquelle on pose une cheminée en verre qui favorise la combustion en opérant un tirage. Les becs généralement adoptés ont vingt trous et dépensent de 120 à 130 litres de gaz par heure, sous la pression de 20 à 30 millimètres d'eau. Les becs d'éclairage public, à (liles depapilloifon du chauvesouris , sont de |;eti.s tubes épais à bnuts sphéroïdes, fendus verticalement par un trait de scie qui d scend jusqu'au trou dans l'axe oii passe le gaz; celui-ci, sortant en lame mince de toute la section étroite, produit , dès qu'on l'allume , une llamine ayant à peu près la forme d'une aile de papillon ou de chauve-souris.
Becs à enveloppes métalliques. — M. Macaud a introduit dernièrement un perfectionjaement notable dans la constructiondes becs;
il enveloppe la base de la galerie d'une toile luétalliipie n" !U) , contournée en forme do cène creux; pai' cette disposition , les courants d'air, même assez violents, n'agitant pas la llanune , celle-ci leste |)liis traïKjuille, jikis réguliôie et aussi éclairante pour lui moindre volume consounné; ce qui se conçoit, car l'air servant ;i la couilmstion est, pour ainsi dire , taunsé par l'enveloppe en toile mctalliqu(^ Le froitement (]u'il éprouve dans chacun des passages très-petits et trèsmulii|)liés ne permet pas une libre accélération de mouvement au travers de loute l'enveloppe : le rnouvemcyit de l'air variant \m'U, la llamme ne saurait être agitée. D'un autio i-Mé , l'air s'échauffe par son contact sur la grande surface des nombreux fils métalliques qu'il touche , en sorte qu'il emprunte moins de chaleur à la flamme; étant d'ailleurs mieux et plus constamment utilisé, il laisse une plus haute tempi-rature et plus de durée aux paUicules charljonneuses incandescentes. Ces deux conditions tendent évidemment, d'après la théorie que nous avons exposée , à réaliser une plus grande partie du maximum possible de lumière pour un volume de gaz soumis à la combustion.
L'expérience , dans ce cas encore , a justilié cette théorie.
Régulateurs de l'écoulement du gaz-light. — L'utilité des appareils qui peuvent régulariser la pression sous laquelle le gaz s'écoide par les Ijccs d'éclairage est facile à com[)rendre : il est évident que si l'on parvenait k fixer en chaque lieu la pression du g.tz-liglit et à la maintenir pendant la duré^de l'éclairage , on pourrait sans peine aussi fixer les sections de passage de l'air qui alimente la Cî'mbustion, et les dimensions des cheminées en verre qui correspondent à un maximum de lumière pour une consommation donnée.
On sait que ce maximum n'est obtenu qu'autant que l'excès d'air, qui favorise une combustion complète, est aussi faible que possible, car alors il se trouve dans la flannne le plus gr.iUd nombre de pai ticules charbonneuses incandescentes et lumineuses poiHun volume de gaz consommé. M ds toutes ces relations sont troublées dès que la i)ressiou varie, et c'est ce qui arrive inévitablement, deux ou trois fois chaque soir, chez les consommateurs du gaz courant. En effet, lorsque l'allumage commence, les premiers becs reçoivent le gaz sous une pression maxime que l'on doit modérer en diminuant l'ouveriure de chaque robinet; mais bientôt un giand nombre o'auires becs allumés, offrant des issues multipliées et rapidement 0 iveites, la pression s'abaisse, et il faut ouvrir davanta-;e les Hibinets. Des effets inverses < nt lieM lorsqu'on commence à-éteindre : la pression, augmentant à mesure ([ue les issues se ferment, les Ifammes s'allongent outre mesure, et il faut encore ordinairement, à deux reprises, modérer l'écoulement en tournant un peu la clef du robinet principal.
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Les inconvénients de ces variations sont parfois assez notables :
1" Le service est plus assujettissant, plus dinicile, et la dépense du gaz est accrue.
2" Malgré tous les soins, des changements plus ou moins brusques dans l'inlensilé de la lumière ont lieu et fatiguent la vue.
3° Chaque fois que l'on est averti de l'excès de pression })ar la hauteur dos flammes, celles-ci, pendant quelques instants, ne se trouvent plus dans les conditions normales d'un eicès d'air : manquant d'oxygène , la combustion est incomplète; les particules charbonneuses, précipitées trop jibondammeut dans la tlamme, sortent /le la cheminée en verre, se réiiandant dans l'air , trop refroidies pour brûler; une partie môme du gaz, avec ses combinaisons sulfurées, éch.tppe à la combustion : do là l'odeur désagréable, les altérations des peintures, de l'argenterie, des dorures et des étolfes (^meublement, indépendamment des causes d'insalubrité que toutes ces substances occasionnent dans l'air respirable.
Les inconvénients que nous venons de rappeler sont graves, surtout dans les grandes salles d'assemblées, les théâtres et divers lieux pulîlics, oiî les détériorations des tentures et objets de décors se manifestent trèsvite sous ces influences.
Le seul moyen que l'on connaisse d'éviter ces ficheux efl'ets des variations de la pression consiste dans l'emploi des appareils régulateurs. Depuis longtemps on s'est préoccupé de leur donner cette api)lication ; mais, outre les difficultés d'introduire dans les habitations tout objet nouveau qui exige un emplacement spécial et change quelque chose aux habitudes, on a rencontré des obstacles dans les moyens économiques d'exécutiiin.
Deux régulateurs actuellement employés semblent assez simples, suffisamment précis et assez peu volumineux pour lever les obstacles qui s'opposaient à l'une des améliorations les plus importantes dans l'emploi du gaz courant.
Tous deux, comme ceux qui les ont précédés, se fondent sur l'emploi d'une cloche, ou petit gazomètre, dont l'élévation même, occasionnée par la pression qui s'accroît, détermine la fermeture partielle ou totale du tube amenant le gaz, tandis que, par l'eilet contraire d'une pression amoindrie, la cloche s'abaisse et fait ouvrir plus large le passage du gaz. 11 est dès lors facile de déterminer la pression plus ou moins forte sous laquelle on veut obtenir l'écoulement dans les becs; il suffit de charger la cloche d'un poids tel, que le poids total exige cette pressiou'même pour être soulevé.
Emploi des résidus de la fabrication da (jaz. — Le coke, principal résidu de la fabiication du gaz, se vend facilement dans les grandes villes, où il est surtout employé aux usages domestiques, ainsi qu'au chautfage des locomotives ; ce coke, toutefois, n'a pas autant de valeur que celui qui est obtenu dans les fours où l'on distille la houille en
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plus grandes masses. On essaye, dans ce moment, un moyen de fabrication du gaz qui donnerait du coke de bonne gualité pour les fonderies et divers usages industriels : ce nioyen consiste à distiller la houille dans des fouirs, comme pour la fabrication ordinaire du coke, et à faire passer les produits de la distillation dans des tubes en fonte remplis de coke chauffé au rouge, où les carbures condensables se transforment en gaz permanents propres à l'éclairage.
Extinction salubre du coke. — Un des plus graves inconvénients des usines placées dans l'intérieur des villes consiste dans la grai de quantité de vapeurs sulfureuses , accompagnées de poussière, qui se dégagent pendant l'extinction du coke : cet inconvénient. suffirait mémo pour empêcher l'établissement d'une usine dans des quartiers pojuleux. M. Lacarrière, d'après le conseil que lui en donna Darcet, emploie un moyen fort simple, qui prévient les elfets nuisibles de cette iipération. Pour éteindre son coke, il le fait verser dans un espace rectangulaire en maçonnerie, dont la partie supérieure peut être close par un couvercle mobile en lôle, qui ne descend pas jusque sur le sol h sa partie antérieure ; lorsque le coke est placé dans cette espèce de caisse, on fait tomber de t'eau en pluie fine au moyen d'un tuyau percé d'un grand nombre de trous : la caisse communiquant par une large cheminée traînante avec la cheminée générale de l'usine, le tirage entraine les vapeurs produites et les cendres soulevées pendant l'extinction du coke ; la plus grande partie se dépose dans la cheminée traînante, et le surplusse rend dans la cheminée verticale par laquelle il s'exhale avec la fumée dans l'atmosphère.
Produits du goudron. — Le goudron, soumis à la distillation dans do grands alambics en tùle, donne successivement des carbures d'hydrogène légers, environ 7 pour 100 à 27° Cartier, et lourds 20 pour 100, à 5" Baume : les premiers serve.iit k l'éclairage, les seconds à la dissolution de la laque et du caoutchouc, pour composer la glu marine (1). On emploie aussi cette huile pour dissoudre son poids de résine, et former avec des ocres une peinture i)ropre à conserver les bois, noiamment les traveisines des chemins de fer. Quant au résidu de la distillation (goudron épais, ou brai gras, environ 60 centièmes du poids du g'iudron à distiller), mélangé à chaud avec 4 parties de craie sèche et de sable, il donne un mastic propre à cimenter diverses constructions, à former des enduits sous les carrelages, et à recouvrir les tuyaux inventés par M. Chameroy. On peut aussi employer le brai gras
(1) Lii glu marine se prépare en laissant le caoutchouc loiigieiiips en contact dans des vases clos avec l'iiuile de goudron, qui eu dissout 2 centièmes ; ce liquide peut dissoudre à cliaud environ trois fois son poids de çioinmL' laiiuc, et constituer la glu marine, (|ui se solidilic par le rciroidibsement, et on la fait li- (piérier de nouveau par une température d'environ taO' pour l'appliquer à rcunir liès-forteinent les Ijois, calfater les navires, etc.
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l'.our rouiplacer la riVsino dans la peinliiro dos Iravursos.
Il arrive sniivent i]Uf, clans les usines à gaz, on csl einbarivisso d'um' |iarlio des goudrons qui s'y produisent ; aussi a-t-on essayé • k> les oiuplo^fi" conuno condjustibles sous les eoriuios. Une bonne (lis|)osition eonsislo il faire arriver le j^oudron lians le loyer, en le Taisant couler [lar une rif^ole de eôté sur une sole en briipies, distante d'environ 1 iiiôt»>i> (le la i)reniièi'(! ^(ulte; le goudron se divise beaucoup et brille comiilétcMnent dans le gi'and espace qui lui est ollert.en présonco d'ailleurs d'un excès d'air chaud.
Houille (lislillce. Gaz olitcnu
en mètres ('ul)e.
1 voie = 15 heclol. ou 1200 kll. 270
Les proihiits des houilles d'An/in ot de Conimentry ditl'c'rent peu de ceux-ci.
Seh ammoniacaux, briquclles. — Parmi les résidus obtenus directement, nous n'avons pas coni]M'is les sels ammoniacaux obtenus eu employant les solutions de sels métalli- (jues : leur valeur compense les frais d'épuration, et ils permettent de ménager la chaux, dont ils facilitent l'action. Dans plusieurs usines on augmente la valeur des menus fragments de coke en les agglomérant par la pression dans des moules sous formes de briquettes ou de grosses bûches, après les avou" mêlés avec 12 ou 15 centièmes d'un mortier formé d'argile plastique délayée dans l'eau.
ECLAT [mintr.) — On définit l'éelal, dans les ouvrages de minéralogie , la manière dont la lumière est rétléchie par les minéraux, soit à l'extérieur, soit dans leur cassure, ou, plus exactement , l'effet que les rayons rélléchis par un minéial produisent sur l'organe de la vue, suivant la manière dont leur réflexion s'est opérée. Mais nous ilcvons remarquer qu'il y a ici deux etfets, qui existent tantôt seuls, (antôt simultanément ; l'un de ces effets est une véritable réflexion, qui est plus ou moins régulière , suivant le degré de poli du corps, la finesse du grain que présente la cassure, et la structure que celte cassure nous dévoile ; l'autre effet dépend de l'action même que ce corps exerce sur les molécules lumineuses qui le touchent immédiatement, et pénètrent en quelque sorte dans la première pellicule , avant d'être reportées à notre œil dans toutes les directions. C'est ce dernier effet qui dépend de la nature du corps, et qui varie considérablement d'un corps à l'autre : on peut facilement l'isoler du premier, en plaçant le minéral de manière à ce que la lumière réfléchie à sa surface ne puisse être portée il notre œil. C'est ainsi que dans le diamant, par exemple, ou dans quelques échantillons de carbonate de plomb, on reconnaît d'une part un effet de réflexion , de l'autre un éclat particulier que l'on ne sajirait définir, qui a quelque chose de métalloïde, et qui est surtout très-remarquable dans le diamant noir ; mais ces deux effets
DlCTlONN. DE GuiMIE,
r.mptoi ilvfi cluiH.r d'i' parât ion. — (]es résidus sont utilisés ipielquefois dans la fabrication des mortiers destinés il cimenter (le,s murs extérieurs ; mais l'odeur qu'exhalent longtein|)S ces chaux empêche d'en faire usage dans les conslrueliuns intérieures.
lùiit.v ammoniacales. —Ces eaux, nrovonant de la condensation et du lavage uu gaz, servent h la fabi'ication de l'ammoniaquo ou do sels ammoniacaux.
Voici les iiondjres représentant le rendement moyen d'une des usines de Paiis employant du charbon do Mons, et dans les conditions ordinaires :
Coke,
Coke menu
Goudron,
Eaux
hectolit.
(lil escarbille,
kilogr.
amoniacales.
heclolir.
litres.
sont souvent confondus , et cela surtout parce que les caractères qu'on en tire sont trop peu im[)Ortants pour qu'on se soit donné la peine de chercher à les isoler.
On distingue, dans les minéraux, plusieurs sortes d'éclat : Véclat métallique, Ve'clat vitreux, Véclat résineux, ou d'era|)ois desséché; l'éclat gras, huileux ou céroïde ; l'éclat nacré, l'éclat soyeux. 11 y a aussi des substances qui n'ont point d'éclat ; on dit alors qu'elles sont mates ou ternes; quelquefois on a dit, dans ce cas, éclat terreux. On indique de diverses manières le plus ou le moins de vivacité de l'éclat; c'est ainsi que l'on dit éclat métallique ou demi-métallique, vitreux ou demi-vitreux, etc., etc.; on dit aussi éclat métalloïde, pour désigner l'apparence métallique que présentent diverses substances pierreuses. La plupart de ces expressions n'ont besoin d'aucune définition; mais il en est quelques-unes sur lesquelles il est nécessaire de donner quelques détails.
L'éclat résineux tient, en quelriue sorte, le milieu entre l'éclat vitreux et l'éclat gras; c'est celui cjue présentent certaines résines végétales, comme le benjoin; on le retrouve particulièrement dans l'opale. L'éclat gras huileux se présente dans certaines substances do nature vitreuse, dont la surface semble avoir été frottée d'huile; l'éclat gras céroide se trouve particulièrement dans les matières comiiactes lithoïdes, dont la cassure est esquillcuse. Quant à l'éî'lat nacré, il paraît être souvent le résultat d'une structure schisleuse, et c'est dans la division parallèle aux feuillets qu'il se fait remarquer. 11 est à observer qu'on le reconnaît très-fréquemment sur les bases des prismes, sur les faces ((ui remplissent profondément des angles solides culminants des rhomboèdres, dans des substances môme qui ne se divisent pas dans ce sens : ce n'est que sur ces faces (|ue 1" carbonate de chaux, le double carbonate de chaux et magnésie, présentent cet éclat qui, dans la dernière substance, est souvent très-vif et Irès-agréabie. Dans le corindon, c'est encore sur des faces semblables que l'éclat nacré se fait remarquer, ou sur les arêtes culminantes des rhomboèilre<. lorsqu'elles sont un peu arrondies. Ces'
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pnr les focos de la base que l'apoplyllite, la slilbile, etc., sont nacrées. L'éclat soyeux est le résultat de la structure fibreuse ; il se fait remai-quer dans un grand nombre de substaucfs, et particulièroment dans celles qui sont d'ailleurs susceptibles de présenter isolément l'éclat nacré.
Le genre d'éclat ne peut que très-rarement servir à distin:^uer les espèces les unes des autres, à moins qu'on n'ait acquis une trèsgrande habitude des mméraux : la même es- P'-' :e présente, en eflet, beaucoup de genres d éclat ditlV'rentsdans les divers échantillons qu'on en peut observer. Cependant l'éclat métallique et l'éclat vitreux ne se présentent pas ihd.rréremraent dans la même substance, et conuuisent au moins à jiartager les corps en deux groupes très-distincts l'un de l'autre, que quelques autres caractères accessoires peuvent diviser et sous-diviser de diverses manières.
ECUME DE MER. Voy. Magnésite.
EGAtiROPILES. — Concrétions formées par les poils que les animaux avalent en se léchint; quo!i[uefois elles sont recouvertes d'une couche épaisse de mucus desséché.
EGRAPPAGE. Voy. Vin.
EGYPTIENS. — Les Egyptiens, ainsi que les Phéiiiciens, étaient très-avancés dans les arts dépendant de la chimie. On observe chez eux une industrie très-perfectionnée, dans laquelle une foule d'observations ont été mises à prollt et ont donné naissaiice à des arts très-compliqués. Ainsi les Egyptiens avaient poussé fort loin l'art de la verrerie, connaissaient non-seulement les verres blancs, mais encore les émaux, les vei'res colorés ; et quand on examine les produits sortis de leurs mains, l'on est saisi d'étonnement et d'admiration, en y reconnaissant des preuves incontestables d'une industrie presque aussi avancée que celle que nous possédons aujourd'hui. Non-seulement ils savaient recueillir le natron, que la nature leur donnait tout formé; mai- ils le purifiaient; mais ils connaissaient la potasse, et savaient que cet alcali peut être retiré des cendres; ils fabriquaient des savons; ils n'ignoraient pas que la chaux peut se préparer par la calcination des pierres calcaires, et ils avaient une connaissance détaillée des usages auxquels elle se prèle ; ils avaient même découvert qu'elle rend caustique le carbonate de soude. Déjà, qui plus est, chose bien singulière 1 le génie de la fraude avait su mettre à proht cette propriété, pour donner à la soude une causlicilé capable de faire illusion sur sa valeur vénale, coiume on le fait de nos jours ; et tout naturellement on avait cherché et découvert les moyens (iropres à déceler cette sophistication.
Leurs connaissances en métallurgie ne sont pas moins remarquables. On les voit faire usage du cuivre, de l'or, de l'argent, du plomb, de l'étain, du fer. Ils ont donc des procédés d'extraction pour ces ddférents métaux; et ceux que nous connaissons comme ayant été pratiqués par eux ditlérent souvent bien peu des nôtres. Ils savent combiner ces