EGY
EI.E
par la j)rali(Hie soulo, en ^mssnnt d'uno expériencoh uiicaiiln'.saiiss oiiri'iKjKM'oiiipte, sans(ni'il lui l'iU iiiôinc pos.siblu do s'en loiidi'o coiiHJtc.
El pour citer un exempio i)lus lécent encore, le |)rocéil(^ de l'eiuphii de l'air cliaud dans les hauts fourneaux, qni vient d'Otre si heureusement imaginé, el qui est adopté dans les usines avec tant d'ompresscnuiit et de succès, est-il le résultat des ui 'dilations do la théorie'/ Le comprenons-nous seulement"? Non, co procédé est l'cMd'aiif du hasard, et parmi les CAplications (jue l'on s'efTorce de nous en doinier, il n'en est peutêtre aucune ([ui soit entièrement di^^iie d'obtenir de nos e-:prits une adhésion compiète. Eh bien I l'aule de théorie, se propage-t-il moins vite? Pas du tout.
Ainsi, clans les arts, on peut faire des découvertes d'une haute purtée, sans être guidé par aucune lumière stienliliqut. L'étal llorissant de l'industrie des Egy|itiens ne prouve donc nullement qu'ils aient possédé la théorie des arks dans lesquels lis (excellaient, et, quoi q .'en aient dit les auteurs qui veulent faire les chimistes aussi v eux que le monde, il est dillicile d'admettre que les Egyptiens aient été chimistes dans le sens exact et actmd du mot.
Ce que les Egyptiens ont connu, sans aucun doute, c'est l'art de lier entre elles des observations fortuites, celui de les coordonner, de passer de l'une à l'autre, et d'en lirer parti [JOur fonder ou perfectionner leurs industries. S'ils n'ont pas été chimistes, ils ont eu uucl|ue chose de la méthode des chimistes, l'art d'observer. Ne soyons donc pas trop surpris si, aussitôt qu'on a commencé k écrire sur l'histoiie de la chimie, on a regardé les Egyptiens comme des chimistes très-avancés; si on a pe.isé que leurs hiéroglyphes cachaient des détails scientitiques sur les opérations de la chimie ; et si enlin, dans le mot môme de chimie, dont l'étymologie fort obscure ne peut rien nous apprendre de positif à cet égard, ou a voulu voir l'ancien nom de l'Egypte.
On pourra peut-être savoir à quoi s'en tenir par la suite sur l'origine égyptienne de la chimie, maintenant que les découvertes de Champollion permettent de déchiffrer les caractères hiéroglyphiques. Jusqu'ici, dans ce qu'on a écrit en laveur de cette opinion, s'il n'y arien qui paraisse improbable, il n'y arien non plus dans le détail des faits qui mérite une attention sérieuse. Que pourrijns-nous dire, en etfet, des prétendus ouvrages d'Hermès Trismégiste, ce roi d'Egypte trois lois grand, auquel on accorde tant de connaissances en chimie, sinon que ce sont de pures inventions des alchimistes modernes ?
Il est facile de comprendre comment on a conclu les connaissances chimiques des Egyptiens de la perfection des [troduits de Ir^r industrie. Mais avec notre chinne si savante, et pourtant si populaire et si simjde, nous ne comprenons plus cette haule idée que quelques Pères de l'Eglise professaient
pour la chimie de leur temps, qui nous semble si pauvre. Ils ne consentaient pas h y voir une iuveniiou hum ^'iie; ils en ciierchaicnt l'origine dans les amours des E^ré^iores, et en |)arliculier dans celles do leur dixièmo roi, Hcxael, avec les lille> d(;s hommes, (pii auraient appris cette science par les indiscrétions de ces anges ou de ces démons. IJorridiius, il est vrai, malgré son zèle i)'iur la chimie antédiluvienne, renf)ni'e à |ieu près à celle oiigiio riuosi-divine ; mais, confondant toujours la chimie et les ails, i| ne fait aucun doute que l'on doive icgard^^rTubalcaïn, le huuième homme après A<iam, le fondeur et le forgeron do l'Ecrilur!', mallentor et I' her in cuncta gênera wris el ferri, comme le premier chimiste, et comme un gr;in:i cliimislo.
ELATÉIUTE [caoutchou minéral; bitume éUitUiiiue). — cAibslauce brunAtre, tirant quelcpiefois sur le verddii'e; compnssible entre les doigts; extensible et élas ique, surtout lorsqu'elle a été chaua.'e dans l'eau bouillante. Fusible à une faible température et réductible eu matièr* visqueuse qui conserve sa visc'is té. Donnant par la combustion une odeur particulière qui tient de celle de la cire ou du suif et de celle du bilume.
L'élatérite a été trouvée d'une part en Angleterre, dans la mine de l'Iomb d Odin, au nord de Castleton, dans le Derbyshire, dans les matières calcaires qui encaissent le dépôt métallifère. M. Obvier d'Angers l'a trouvée en Fiance dans les mines de houille de Montrelais, dans des veines de quartz et de carbonate de chaux.
L'élatérite d'Angleterre est souvent accompagnée d'une substance résinoïdo, friable, qui ne se ramollit pas par la chaleur; tantôt brunâtre, tantôt verdâtre, qu'on a regardée comme une modification de la même substance, à laquelle, en effet, on croit apercevoir des passages : mais il est à présumer que cette matière, si différente de l'autre, est d'une nature jiaiticulière, < l il serait intéressant de l'examiner sous le rapport do sa composition.
ÉLECTRICITÉ.— L'électricité a été découverte pour la première fois dans le succin, et comme ce corps est appelé é^szt/sov en grec, elle a pris de là le nom (ï électricité.
Le soufre, l'ambre jaune, le verre .sec, un bâton de cire à cachet r et plusieurs autres substances, ont la propriélé d'attirer des corps légers, tels que des brins de papier, lorsqu'on les frotte avec un morceau d'étotîe de 1 iine. Cependant, tous les corps ne deviennent point électriques par le frottement. Ceux qui le deviennent le plus ordinairement, et de la manière la plus prononcée, sont, outre les substances déjà citées, la résine, la soie ou les étoffes de soie, la laine les poils, le bois séclié au four, la cire et une foule d'autres. Ces corps reçoivent l'épitliète û'idio-élertriques, indiquant qu'ils sont électriques par eux-mêmes.
Quand on observe a', ec un peu plus d'aîtenlion l'électricité développée par le frottement, on s'aperçoit que ce n'est pas seule'
ELE
KVÉ
ment lo corps frotté qui s'électrise; on reconnaît iiue le corps dont on se sert pour le frotter aiquiort aussi lu môme propriété, mais que CCS deux corps se comportent autrement l'un i(ue Tautre à certains égards; de sorte que l'électricilé dont chacun d'eux est animé semble être dififérente de celle que l'autre possède.
On a conclu de là que tous les corps de noire planète contiennent une substance h laquelle on peut donner le nom de malirrc électrique, et qui est composée elle-même de deux électricités simples. Cette substance ne jouit d'aucune propriété qui la reu<le susce]>lible de tomber sous les sens, et elle ne se manifeste que quand elle se résout en ses deux éléments.
Franklin, qui essaya le premier d'établir une théorie de l'électricité, et qui croyait que la différence entre les deux électricités consistait en ce qu'il y a dans l'une excès et dans l'autre défaut de matière électrique, désignait la première sous le nom d'électricité positive (-f E), et la seconde sous celui d'électricité négative ( — E). Ces dénominations se sont maintenues jusqu'à présent.
L'électricité positive diffère sensiblement de la négative par la manière dont elle se comporte dans une multitude de circonstances :
1° Par les ligures auxquelles donne lieu une poudre fuie répandue avec un tamis à la surface d'un corps électrisé. Lorsque, par exemple, on place un bouton métallique sur une plaque de verre étamée ou sur un gâteau de résine, et qu'on fait tomber dessus une étincelle d'électricité positive ; si l'on enlève le bouton au moyen d'un bfilon de cire à cacheter, et qu'on répande sur l'endroit électrisé un peu de résine en poudre ou de ffeurs de soufre lavées et séchées ensuite, il se forme une ligure étoilée ronde. Quand on fait l'expérience avec l'électricité négative, on voit paraître aussi une figure ronde, mais sans rayons, et avec des ramifications dendritiques. Cette expérience réussit lors même qu'on répand la poudre sur la plaque avant, d'électriser.
2" Par la saveur que l'électricité dégagée d'une pointe élecU-ique imprime sur la langue; elle est acescente pour l'électricité positive; brûlante, au contraire, et presque alcaline, i)our l'électricité négative.
3° Par la diversité des phénomènes chimiques que les deux électricités font naître dans les curps, particuhèrement dans les liquides. Ainsi l'électricité positive qu'une pointe lance sur du papier de tournesol humide, change en rouge la couleur bleue de ce pajiier. Ce signe annonce qu'il s'est formé un acide durant l'expérience. Quand ou fait la même expérience avec une pointe électrisée négativement, il ne se produit pas de tache rouge, et l'on assure môme que celle qui a été occasionnée par la pointe électrisée positivement disparait.
k' Par la diversité de leur lumière. L'électricité positive qui s'écoule par une pointe un [)eu émousséo forme un faisceau lumi-
neux long souvent de 'plusieurs pouces, et d'un bleu rougeâtre, au lieu que quand e'esl de l'électricité négative qui s'échappe par cette pointe, on n'aperçoit qu'un simple point lumineux. Ces deux phénomènes deviennent plus frappants lorsqu'on opère dans le 'vide.
o° Parce que ditférents corps, dans certaines circonstances, conduisent facilement l'une des deux électricités, mais ne se laissent que. très-difficilement traverser par l'autre."
. Deux corps qui possèdent la même électricité se repoussent l'un l'autre, tandis que ceux qui sont animés d'électricités différentes s'attirent mutuellement. La distance à laquelle ce phénomène a lieu est appelée otmosphcrc électrique. Les objets légers qui ne sont point électrisés sont attirés à une faible distance parles corps électrisés; mais ces mômes corps les repoussent aussitôt après leur avoir communiqué la môme électricité qu'eux-mêmes possèdent. Si alors on les place au voisinage d'un corps qui jouisse do l'électricité contraire, ou même qui ne soit pas à l'état électrique, ils sont attirés par ce corps, déposent en lui leur électricité, et redeviennent susceptibles d'être attirés de nouveau par le corps électrique avec lequel on les avait mis en contact la jiremière lois; en sorte qu'on peut les faire aller et venir de cette manière, jusqu'à ce qu'ils aient pris et transporté ailleurs la plus grande partie de l'électricité du corps électrique. C'est làdessus que repose la construction de plusieurs machines récréatives, telle cjue l'araignée électrique, le carillon électrique, etc.
On protite aussi de cette circonstance pour déterminer quelle est l'espèce d'électricité dont un corps se trouve animé. Ainsi, par exemple, l'expérience a constaté que le verre acquiert par le frottement l'électricité positive ; et la résine, au contraire, l'électricité négative. Si donc on prend un tube de verre soulUé en boule aux extrémités, et qu'on en couvre une moitié de vernis à la laque, le frottement donne, sur le côté enduit de vernis, de l'électricité négative, et sur l'autre côté, où le verre est à nu, de l'électricité positive. Lorsque ensuite on communique à une petite boule de moelle de sureau suspendue à un lil de soie l'électricité du corps que l'on veut ex|ilorer, il est facile de reconnaître, avec ce tube de verre, par laquelle de ses deux extrémités la boule est attirée ou repoussée.
La répulsion qu'exercent l'un sur l'autre les corps animés d'une môme électricité a fait imaginer un instrument au moyen duquel on parvient à reconnaîtie la présence de l'électricité, lorsqu'elle a trop peu d'intensité pour pouvoir tomber sous les sens. Cet instrument consiste, soit en deux petites boules de liège ou de moelle de sureau, soit en deux brins de paille, longs d'un pouce, que l'on attache au bout d'un til mince; soit enfin en deux feuilles d'or suspendues à un fil métallique, et qui, placées au voisinage ou dans l'atmosphère d'un corps électrique,
ELE
ELE
al:qlli^l•ont l'élcrtricito dont jouit co rorps, et so rciHHissciit imiliu'lleiiioiit : on lui ilomic le nom d'eliclromèlrc (lucsiirciir itf Velvvtricit('). on mieux {Velcctroacopc \^iiutif(itcur de leltTtiiciti'K
CiTlains corps so laissent traverser facilement \K\v l'électricité développée. On les aiiiielle, pour cette raison, coiiilnctcurs de /'<■'- Ifclricité. Les meilleurs conducteurs sont les métaux, le ch.irlion tle bois, la mine du j)lomb ou j;;raplnte, et plusieurs autres. D'antres corps, au contraire, laissent passer l'électricité avec plus de dillicullé et de huitour; ceux-lh jiortenl le nom de (leiiii-cDiiiluclcurs: l'eau, la craio, les pierres en général, etc., api)artionnent à cotte catégorie. Certains , entin, refusent presque absolument tout |)assnge à l'électricité; on leur donne l'épithùte de tion conducteurs ; tels sont le verre, la résine, et généralement tous les corps qui deviennent électriques par le frotten»ent.
Les lieux électricités, dont la réunion constitue la matière électrique inap[)iéciablo i)our nous, peuvent être séparées l'une do l'autre par divers moyens, tant mécaniques que chimiques, et devenir ainsi susceptibles de frap|)er les sens.
ExcitaliondeV électricité par le frottement. — Ce phénomène a lieu quand deux corps viennent à se choquer ou à frotter l'un contre l'autre.
La collision ou le frottement développe de réiectricité dans tous les corps ; mais on conçoit que celte électricité ne peut point s'accumuler dans les corps conducteurs qui ne sont |)as placés sur des corps non conducteurs, de manière à lui ôter la liberté do s'écouler dans le sol. Quand un corps conducteur se trouve disposé de cette manière, on dit qu'il est isolé.
C'est en frottant des corps non conducteurs, par exemple du verre et de la résine, avec de la laine ou des poils, qu'on dévelojipe le mieux et le plus abondamment l'électricité.
La séparation des deux électricités dépend dans ce cas de ce que, par exemple, le verre soumis au frottement s'empare de l'électricité positive du corps contre lequel on le frotte ; en sorte que l'électricité négative , auparavant unie à la positive dans ce dernier corps, doit s'.\ accumuler. Si c'est de la résine qui supporte le frottement , la môme chose arrive , avec cette seule différence que la résine attire à elle l'électricité négative du corps contre lequel on la frotte, et qu'en conséquence l'électricité positive s'accimule dans celui-ci.
Si les deux corps, tant celui qui subit que celui qui exerce le frottement, sont isolés , c'est-à-dire tellement entourés de corps non conducteurs, que l'électricité mise en liberté dans leur intérieur ne puisse pas s'en échapper, la décomposition de la matière électrique en électricité positive et électricité négative se réduit presque à rien ; mais si l'un de ces deux corps, peu importe lct|uel, communique avec le sol , par le moyen d'un conducteur, de manière que son électricité
ait la liberté de s'écouler, et qu'elle nepuisso
ilus s'opposer ii ladéconqiosition dis la maière électri(|ue,rélectricilé contraire s'accunuile en plus grande (|uantilé- dans l'autre corps. Si l'on met lis deuxcor|isen coramunicaliou avec le sol à l'aide de conducteurs, la plupart des signes de l'électricité excitée disparaissent, parce qu'au moment même do s<in excitation cette électricité est (iulevéo par les conducteurs, qui la transmettent au globe.
Si l'on applique un conducteur isolé h uu corps électrisé, il prend une partie de l'électricité de ce dernier; et quand on plonge le doigt ou tout autre corps conducteur dans sou atmosphère, on voit jaillir une étincelle dont la nianifestalion fait disparaître l'électi'icité <lu conducteur, rendue en (juclquo sorte par lui à la terre, et ramenée ainsi à l'équilibre.
Mais cette étincelle n'est jias une simple communication de l'électricité du corps électrique au conducteur. Elle so compose de l'électricité positive do l'un des corps et de l'électricité négative de l'autre, lesquelles se réunissent ensemble, et se mettent en équilibre dans un point quelconque de la distance que l'étincelle semble parcourir. Si le corps qu'on approche du conducteur a une surface uniformément arrondie, l'étincelle se montre au milieu de l'espace qui sépare les deux corps. Cet efl'et dépend de ce qu'à l'instant où le corps électrisé laisse échapper uu excès, par exemple, d'électricité positive, celui qui n'est point électrisé, et qui semble ramener cet excès au globe terrestre, laisse dégager une quantité correspondante d'électricité négative ; en sorte que les deux électricités se rencontrent à moitié chemin, se mettent en équilibre et disparaissent à nos sens. C'est ce qui fait que l'étincelle éclate au point de réunion, là oîi cessent tous les phénomènes de l'électricité.
Plus la surface est arrondie, et plus elle laisse facilement échapper l'électricité. De là vient que quand on approche d'un conducteur électrisé un autre conducteur moins arrondi et non isolé, l'étincelle électrique jaillit sur ce dernier, parce mi'il laisse plus dilTicilement que l'autre écouler l'électricité. Si l'on diminue la rondeur d'un corps jusqu'à le rendre plane , et (ju'en même temiis ou rétrécisse peu à peu le diamètre de l'autre corps arrondi jusqu'au jioint que ce dernier linisse par présenter une jiointe, on trouve (lue l'endroit où paraît l'étincelle so rapproche de plus en plus du corps a[ilati, jusfju'à ce qu'enlin, quand on tient une surface parfaitement plane en regard d'une pointe, cette étincelle disparaît tout à fait, et les deux électricités se réunissent sur la surface plane elle-même. En ce cas l'électricité positive qui s'écoule alTecle, dans l'obscurité, la forme d'une aigrette lumineuse d'un bleu lougeàtre, tandis que la négative se présente sous celle d'une petite étoile brillante.
Les pointes laissent toujours échapj)er de l'électricité, qu'elles soient d'ailleurs electrisées elles-mêmes, ou seulement rapprochées