SOS
ELE
ELE
d'un corps électrique : elles ne peuvent point en absorber, comme on se le figurait jadis Voilà pourquoi une pointe métallique qu'on rapproche jusqu'à une certaine distance d'un conducteur électrisé positivement, par exemple, de celui d'une machine électrique, ne soutire pas d'électricité positivée ce conducteur, mais lui fournit de l'électricité négative qui, par sa réunion avec l'autre, fait disparaître l'électricité du conducteur. On peut facilement s'en convaincre en tenant entre la pointe et le conducteur une bougie allumée, sur la flamme de laquelle on aperçoit d'une manière sensible l'action d'un courant partant de la pointe. Ce courant provient de ce que la pointe électrisé continuellement l'air placé au devant d'elle, etquequandilaacquisune électrici'é pareille à la sienne, ebe le repousse aussitôt. C'est sur cotte propriété que repose la construction de plusieurs divertissements électriques, tels que la roue électrique, le moulin à vent électrique et divers auJres.
On a;ipelle mactiine.< électriques les appareils au moj en desqi. ils on parvient à exciter l'électricité parle irottenient et à l'accumuler ensuite dans des conducteurs isolés.
Le corps, soumis au frottement, est ordinairement de verre , soit une plaque arrondie, sot «ne boule ou mieux un cylindre, qui frotte sur un coussin de cuir dort la suriace a été couverte d'im peu d'or ir.ussif ou d'un ama! ;ame d'une i)artie de ziiic, une d'ét.d'i et deux de mercure, féduU sous forme d'onguent à l'aide d'unp.ude graisse. Le coussin est garni en dutre d'un morceau de taffetas ciré, disposé de manière à pouvoir se renverser aut:,ur du cylindre pendant le frottement. On donne le nom de frottai?- à ce coussin.
Le conducieur isolé est ordinairement en laiton, et soutenu par un pied de verre. 11 porte le nom de conducteur. Plus sa surface est étendue relativement à sa masse, mieux il remplit sou oliice, et vice versa. Ainsi un conducteur lon^et mince condense et relient plus d'éle'tricité qu'un autre de niasse égale, mais couit et épais. En effet, l'électricité semble se portei' exclusivement à la surface ; de telle sorte ju'un condurteur plein ne s'électrise pas davantage qu'un autre qui est creux. Les pieds de verre qui supportent le coniucteur l'isoleiit d'autant mieux qu'ils sont plus élevés, et que leur diamètre est moins considérable. Jl faut avoir soin, en outre, de les enduire d'un vernis bien isolant. L'extrémité du conducteur qui est tournée du cùté opposé à la machine doit se terminer par une boule assez forte, tandis qu'il faut que l'autre extrémité, celle qui regarde la machine, et qui ne doit être séparée du verre que par une distance d'un demipouce à un jiouce, se termine par une ou plusieurs pointes.
Quand on fait tourner la machine, et qu'on l'éleclrise ainsi par le frottement, le conducteur acquiert la même é-lectricité qu'elle. Cet etfet ne tient pas à ce cfu'il attire l'électricité du verre, mais à ce que l'électricité
positive que le frottement excite dans la machine est neutralisée par l'électricité négative qui afflue du conducteur, dans lequel une quantité correspondante d'électricité positive se trouve mise en liberté.
Il faut écarter du voisinage de la machine toutes les pointes autres que celles du conducteur, parce qu'elles lui communiqueraient de l'électricité contraire à la sienne, et arrêteraient son action.
L'air humide est conducteur de l'électricité, taudis qie l'air sec ne lui livre point passage. Aussi ne peut-on i^oh-r aucun corps dans l'air humide, qui détruit en totalité ou en grande partie l'énergie de la machine électrique.
Lorsqu'on isole, dans une machine, et le frottoir et le conducteur, il ne se dévelo,)pe qu'une électricité très-faible. Mais quand on mot le frottoir en communication avec le sol, l'excitation de l'électricité C'immcnce aussitôt à avoir lieu, et le conducteur acquiert l'électricité positive, dans les mach.nes orlinairescn veire. Si, aucontraire, on isole le frotioir, et qu'on mette le conducteur en ra .pnrt avec la terre, le frottoir se charge d'électricité négative. On peut donc de cette manière obtenir à volonté , d'une machine bien faite, soit de l'électricité positive, Suit de l'électricité négative.
Toutes les fois qu'un corps non conducteur, c'est-à-dire susceptible de s'électriser par le frottement, reçoit d'ane manière quelcouque de l'électricité libre par un de ses côtés, il 1, lisse échopper de l'antre côté une quantité correspondante d'électricité de même nature, à moins qu'on n'ait interrompu la communication entre le sol et lui , ou, en d'autres termes, à moins qu'il ne soit isolé. Il est facile de concevoir que 1'^mission et la réception de l'électricité sont subordiinnées à cette circonstance , que le corps lui-môme soit ou pointu ou entouré de pointes.
Si les faces d'un corps non conducteur électrisé de cette manière sont couvertes de plaques métalliques, le phénomène a lieu d'une manière plus prononcée encore, et d,vient d'autant plus intense, que le corps non conducteur est plus mince. Quand , par exemple, on garnit de feuilles d'étain les deux côtés d'une plaque de verre neuve, bien nettoyée et sèche, de sorte que le métal y laisse à découvert un rebord plus ou moins large, selon la grandeur de la plaque, afin qu'il n'y ait point connexion entre les deux garnitures, et qu'ensuite on fait affluer, par exemple, de l'électricité positive sur l'un des côtés, on s'aperçoit, en approchant le doigt de l'autre côté, qu'il s'en échappe une égale quantité de la même électricité. De là résulte qu'il s'accumule sur un des côtés un excès d'électricité positive, et sur l'autre un excès d'électricité négative. Si alors on établit une communication par le moyen d'un corps cimducteur entre les armatures métalliques des deux côtés, on voit une étincelle se manifester avec un vif pétillement , et si c'est un homme qui lait la chaîne avec ses
ELE
ELE
doux mains, il rossent une forte secousse dans les bras. Ce |)li(^nomôiio, ([u'on a|>;H!lle fommolion ou coup éln-triqur, tient h co (jue les doux 'Moctricitésaccuninlécs sur les doux côtés du corps non conduitoiir , le niottent en ôquililiro avec une violonoe extraordinaire, on se rtHinissant pour produire de la matière électrique nonire. Toute trace d'électricité disparaît en mômo temps dans la plaque.
Aux |)laleaux on verre garnis de feuilles ujétall'iiues ou [)cut sub^tituer des bouteilles ou autres vases plus grands, de la mômo matière, qu'on revôt de f(!uilles d'or ou d'élain à rextcriour ou ii l'intôriour, jusqu'il "2 ou 4pouces do l'ouvortuj'e , dont le pourtour reste libre. On forme cette ouverture avec un bouchon de liège traversé par une tige métallique, dont l'extrémité inférieure touche h l'armature interne do la bouteille, et dont la supérieure, qui fait saillie hors du vase, se termine par une petite boule en laiton. Cet appareil i)orte le nom de bouteille de Leijde. Quand on l'électrise, on dit qu'on charge. Un instrument fait en lil de fer, ayant la forme d'une pince, muni d'un manche en verre et garni à ses deux extrémités antérieures de boules, au moyen desquelles on établit la communication entre les deux armatures, est appelé excitateur. En réunissant plusieurs bouteilles de Leyde, de manière que leurs armatures extérieures communiquent ensemble, et qu'on |)uisse électriser simultanément leurs armatures intérieures, il résulte de là un appareil qu'on désigne sous le nom de batterie électrique. Il faut davantage d'éleclricité pour charger cet appareil; mais la commotion qu'il produit est, par cela môme, beaucoup plus forte, et on peut l'accroître jusqu'au point qu'elle devienne capable de tuer des animaux de petite taille , par exemple, des chiens, des chats, etc.
Toute explosion électrique s'accompagne de chaleur. Dans les petites bouteilles de Leyde, cette chaleur est peu considérable , mais suffisante cependant pour faire prendre feu à l'éther, à l'alcool, à la résine et h plusieurs autres corps très-inflammables ; avec des batteries plus fortes, on parvient à enflammer du bois, k faire rougir et fondre des fils métalliques, et. quelquefois même, quand ces fils sont minces, à gazéifier in>^tantanément le métal. Une forte commotion électrique, dirigée à travers l'eau, réduit sur-lechamp une partie de celle-ci à l'état de gaz, qui, en se dégageant, chasse au loin le reste du liquide.
Toute étincelle électrique est, jusqu'à un certain point, une explosion électrique. La ditféreuce entre une étincelle du conducteur et celle d'une décharge consiste uniquement dans la violence et la quantité do l'électricité, qui, toutes deux, sont beaucoup plus fortes dans le second cas que d.ais le premier. Aussi l'étincelle électrique a-t-elle également le pouvoir d'enflammer les corps combustibles, et de dégager de la chaleur ;
seulemom el.e lo possède à un moindre degré.
On doit h Kkmark une fort belle oxpérienco qui miintre quel chemin les électricités suivent en se déchargeant. Une plaque de verre est garnie d'étain laminé à sa face inférieure, et saupoudrée en dessus do fleurs de soufre, préalaldement bien lavées et séchées. Sur In fice saupoudrée on place deux bouteilles de Leyde chargées , égales en volume, et dont l'une a l'armature extérieure chargée d'électricité pos'tive . t:indis que celle de l'autre est chargée d'électricité négative. Ces bouteilles sont à trois ou quatre pouces de distance l'une de l'autre, en sorte (pie, quand on fait communiquer leurs armatures intérieures par le moyen d'un excitateur isolé, une étincelle, qui les décharge, jaillit entre les armatures extérieures. Après la décharge on trouve, tout autour des bouteilles, dans les flours do soufre, la figure de l'électricité qui appartenait à l'armature extérieur^ de chacune d'elles ; mais , dans l'endroit où l'étincelle a jailli , les fleurs de soufre sont tout à fait balayées, et lo chemin est parfa'tement net. Du re>te, ce chemin est entouré, à partir de l'armature positive , de figures positives , et à partir de l'armature opposée, de ligures négatives, mais qui cessent entièrement non loin du point où elles se rencontrent; là se trouve souvent, lorsque le coup a été assez fort , une grande tache ronde , totalement dégarnie de fleurs de soufre, qui est entourée de petites tiguros, et où les grandes masses d'électricité se sont réunies pour se neutraliser. Quand on emploie, pour cette oxpéi ience, des bouteilles de grandeurs ditr''rent,'s, et que cependant on les charge d'une quaniité à peu près égale d'électricité par un même nombre de tours imprimés à la machine électrique, ou trouve que le pont où la décharge s'est effectuée est toujours plus rapproché de la grande boutoillo, dont la charge était moins forte que celle de l'autre.
\\ est bon de faire remarquer, à l'occasion de ces expériences, que les électricités au moment de la décharge, c'est-à-dire quand elles cessent do se manifester comme électricité, paraissent sous la forme de lumière et de chaleur, ou produisent ces deux phénomènes. L'apparition du fou dans les décharges électriiiues n'a lieu que quand le corps à travers lequel la décharge s'opère jouit d'une faible capacité , en proportion de la quantité d'électricité qu'il éconduit. C'est pour cela qu'on ne remarque pas d'élévation de température dans les grands excitateurs, tandis que les petits s'échautîent, et quand ils sont très-déliés, on les voit, suivant leur degré de téiiuité, rougir, entrer en fusion, ou se convertir en gaz. Le phénomène de la production du feu augmente d'intensité dans la mômo proportion que le corps qui détermine la décharge est insuffisant pour le passage des électricités, de la môme manière qu'un petit morceau d'amadou s'allume au loyer d'un miroir ardent, tandis qu'un morceau de fer non poli, du poids d'une ou plu