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sieurs demi-onces, ne peut pas, durant 1o temps n(5cessaire pour que l'amadou prenne feu, s'échauffer jusqu'à un degré qui soit appréciable au thermomètre.
Quand on décharge les électricités à travers un carton, un i)apier plié en plusieurs doubles, ou môme une plaque do verre nnnce, il se fait, h l'endruit où le coup porte , un trou dont le diamètre varie suivant la quantité d'électricité. Le papier qui sert à cette expé^rieuce l'e se brûle ni ne se charbonne ; le verre n'éprouve pas non plus de fusion ; mais il est converti en poudre, comme s'il eût été i)erforé par une pointe acérée : ce qui parait [irouver que l'électricité a besoin d'espace pour passer, et que, par conséquent, elle est r bli^ée d'écarter les corps non conducteurs qui se trouvent sur sa route.
J'ai déjà fait remarquer que les électricités ne s'accumulent qu'à la suiface des conducteurs, et que peut-être pénètrent-elles à peine dans leur intérieur. D'après cela , quand on garnit un lil niélallicpie, soit de cire à cacheter fondue, soit d'un vernis à la laque bien siccatif, ou qu'on le coule dans un tube de verre, et qu'ensuite on le fait traverser par une forte décharge électri lue, l'endut non conducteur s'en détache avec éclat. Cette expérience semble démontrer également que les électricités ont besoin d'esj),ice pour cheminer à la surface du til métallique. Si l'on examine avec attention le trou qu'elles piat'quent dans une carte ou dariS du pa|iier, on voit qu'il présente v\n rebord élevé de chaque côté, ce qui parait prouver que la décharge ne se fait pas sur îm [loint unique, mais que les courants ojj- ^josés qui partent des deux armatures du corps (ju'on décharge se traversent réciproquement.
Dans toutes ces circonstances, l'électricité semble avoir besoin d'un corps sur ou à travers lequel elle s'étende, et l'on est en droit de se demander si elle peut traverser le vide. La solulion de ce problème est de la plus haute importance jiour arriver à connaître la nature de l'électricité. Car si l'électricité est isolée par le vide, de manière qu'elle n'y donne lieu à aucun i)hénomène électrique , on pourrait ôtre conduit à penser qu'elle n'est point une sul.istance jiarticulière, mais seulement un état différent des corps à la surface desquels elle se manifeste; opinion qui a l'assentiment de quelques-uns des plus grands physiciens de notre époque. Si, au contraire , les phénomènes électriques peuvent se produire dans le vide, l'électricité est quchpie chose de matériel, comme on est porté h le croire d'après les circonstances indiquées précédemment, dans lesquelles elle semble avoir besoin d'un espace. Quoique la manifestation de l'étincelle dans l'air semble déjà indiquer, que, dans la formation de cette étincelle, l'électricité ne suit point l'air, mais le traverse, cependant ce fait ne suffit pas seul |JOur trancher ]a question. Aussi Davy a-t-il essayé d'arriver à une solution directe. -11 souda un fil de filaline à l'une des eïtrémités d'un tube de
verre un peu large, et courba ensuite le lubo en manière de siphon ayant une branche très-courte, qu'il garnit d'un robinet. La branche la jilus lon,:;ue fut reui|ilie de mercure, préalablement bien bouilli , après quoi on la tom'oa en haut, et l'on mit le robinet en connnunication avec une machine pneumatique; l'air fut alors pompé de l'extrémité la plus courte, en sorte que le mercure baissa dans la branche la plus longue, et laissa un vide entre lui et le lil de platine.
L'électricité fut parfaitement conduite par cet espace vide ; lorsque la température était élevée, elle produisait, en le traversant, une forte lueur, de couleur verte; mais quand la température baissait, la lumière devenait moms vive, et à— 29° elle était si faible, qu'il fallait une obscurité complète pour i^ouvoir la discerner. Cependant l'électricité n'en traversait pas moins le vide, ce dont on acquit la conviction en lui faisant traverser , l'un après l'autre, deux espaces vides , dont l'un était chaud et l'autre froid; elle répandait une forte lueur dans le premier, quoiqu'elle n'y pût arriver qu'à travers le second. Lk décharge électrique se faisait avec étincelle, dans le vide comme dans 'air; des décharges plus faildes eurent lieu lentement sans étinceHe. L'électricité traversa également un vide obtenu de la même manière par de l'étain fondu qu'on avait laissé se figer; mais ce fut avec une lumière aussi faible que celle qui avait lieu à — 29" dans le vide sur le mercure. Ces expériences semblent donc démontrer qu'on peut trouver de l'électricité dans le vide, et qu'elle le traverse plus facilement (lu'elle ne traverse l'air. On sait aussi que le vide, dans les baromètres bien purgés d'air, répand une lueur électrique par le frottement du mercure contre le verre, et cjue dans un tube de verre exempt d'air, soudé et contenant un peu de mercure , celui-ci devient lui-même lumineux dans l'obscurité, par la même cause, quand on le met en mouvement.
Les sensations que produisent sur nous les déenarges électriques varient. Une petite bouteille de Leyde bien chargée donne une commotion plus forte qu'une grande batterie j)eu chargée, quoiqu'une faible charge de cette dernière exige beaucoup plus d'électricité rpi'il n'en faut pour celle de la petite bouteille. Ceci tient à ce que nous sommes principalement aff'ectés par la violence de la décharge, qui est supérieure de beaucoup, dans une petite liouteille bien chargée, à celle d'une bouteille de volume plus considérable, mais moins chargée. Au contraire, le développement de chaleur et les décompositions chimiques sont en raison directe de l'étendue de la surface chargée de la bouteille, c'est-àdire en raison de la quantité d'élec'dcité que cette surface peut recevoir ; de mafière qu'il arrive fort souvent cfue le coiqi d'une batterie, quoique assez peu violent, fond des métaux et enflamme des corps sur lesquels le coup violent d'une petite bouteille n'aurait exercé aucune influence appréciable.
La propriété qu'ont les corps non conduc-
tours (lo so char^^er d'iMectriciti^, Ou. quand ils on roroivoiil uiio d'iiii cAkS do dôji;a|j,i'r par l'niilro ciMi^ oollo donaluro (i|i|)Osôo, rond faoïlonuMit raison do divers antres pliôiioinônos l'ieclriiiues forts sinjJiuliors. Si, |iar oxoin|ilo, à l'inio dos oxlrôniitos d'un ooniluoteur isokS on suspotul dou\ [xHilos houles de lii^go par le inoyon d'un Id, ot (pi'on approche de l'anlro o\ti'Oinil('! un hAton do cn'o à caclietor ôlootrisô jtar frottement, les boules s'tk-arlenl l'une de l'antro ; mais elles se raftproclient aussitôt qu'on éloigne le hàtonde cii'o h oaolu'toi', sans (pio le oonductour conserve la moindre trace d'oloclricilé. Par conso(]nent, lo conductein- n'a pas roou d'électricité du lulton do cir'o à caclietor, quotipio los doux boules so soient repoussoos mntuollomont. Ceci tient à ce que la iiotito couche d'air a b, interposée entre le liàton do cire Ji cacheter et lo comliicteur, est un corps non conducteur, qui, lorsque le biUon lui communique, du côté a, de l'électricité n(''ti;ative, engage, du côté b, de l'électricité [)ositivo; or elle est obligée de tirer colle-ci du conducteur, dont la matière électrique se trouve paria décomposée en électricité positive que la couche d'air retient, ot en électricité négative qui, devenue libre dans le conducteur, obligeles boules de liège à s'écarter l'une de l'autre. Quand on vient à éloigner le bâton de cire à cacheter, et avec lui l'électricité négative, du côté de la couche d'air, la tension électrique de l'air cesse, et l'électricité positive du conducteur, au lieu de s'y porter, se réunit à l'électricité négative, pour produire de la matière électrique insensible. Mais si, tandis qu'on tient le bâton de cire à cacheter près du conducteur, et que l'électricité positive de ce dernier se porte sur lacouche d'air enb, on vient à toucher le conducteur du doigt, son électricité négative libre s'écoule, et les boules retombent l'une sur l'autre. Qu'on éloigne alors le bâton de cire à cacheter, la tension électri(iue de la couche d'air cesse, parce qu'on lui soutire l'électricité négative en a ; 1 électricité positive, qui était retenue auparavant, devient libre, les boules se repoussent de nouveau, et le conducteur redevient aniuK! de l'électricité positive qui, tandis qu'on ai)prochait le bâton de cire à cacheter, avait été séparée de son électricité négative par le doigt.
Ce phénomène a donné lieu de recherclior comment l'électricité sepropagc, si c'est par un courant continu, ou par division des électricités, produisant dans le corps conducteur des zones d'électricité décomposée, de manière que quand, par exemple, il doit s'écouler de l'électricité positive ]iar un fil métallique, l'action de cette électricité fasse naître dans le til une multitude de zones contenant de l'électricité positive et de l'électricité négative à l'état d'isolement, et dans lesquelles l'électricité négative de la première zone sature l'électricité positive de la zone suivante, en môme temps que son électricité positive, mise ainsi à nu, se réunit à l'électrifcité négative de la zone qui vient après, et
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ainsi do suite, jusqu'à ce qu'enfin il restol'é-
lortririté [losilivo de la (lernière zone, qui s(^ml)lo aloi's avoir traversé le til métallicpio dans toute sa longueur, ([uoicpi'olle ne s'y soit pas avancée plus loin (juo no l'exigeait la divisi(ui par zones.
l'iusiours circonstances |)orlenl h croiro que cett(^ division par zones s'opère réellemont. Tels sont surtout les idiénomènos offerts |iar los corps demi-ooiiduclours ot par los non conducteurs. Cepoiulant il y a aussi des ])hénomèiies qu'on ne peut oxpli((uer par lii seulement. Ce sont, entre aulrc^s, la facilité plus grande avec laquelle l'électricité s'écoule i)ar los pointes, colle avec lafiuello elle traverse l'air raréfié ou le vide, la propriété qu'ont certains corps demi-conducteurs de laisser passer une électricité |)lus facilement (pie l'aulre; onlin les trous que l'électricité prati([ue dans les corps minces, en se déchargeant. Tous ces phénomènes sont aussi favorables à l'hypothèse de la division par zones qu'à celles du passage de courants continus opposés.
Excitation de l'électricité par le changement de la température. — Plus nous apprenons à connaître les phénomènes électriques, et plus nous voyons se multiplier les motifs de croire qu'il n'existe pas de corps dans lesquels les électricités soient en équilibre parfait, quoique leur séparation soit inappréciable jusqu'à ce qu'une circonstance quelconque accroisse assez leur intensité pour qu'elles deviennent susceptibles d'affecter nos sens. Je vais parcourir quelques-unes des conditions qui semblent contribuer à rendre appréciable la sé{3aration primitive des électricités; et d'abord je parlerai du changement de température.
Certains corps cristallisés du règne minéral ont la propriété de devenir électriques quand on les fait chauffer, de rester dans cet état aussi longtemps que leur température s'accroît ; mais lorsqu'elle est devenue slationnaire, de perdre, leur électricité, qui redevient néanmoins sensible dès qu'ils se refroidissent. En pareil cas, les électricités contraires s'accumulent dans deux points opposés, qui sont situés aux sommets du cristal, de manière qu-e l'axe électrique coïncide avec l'axe de celui-ci; ce qui arriv(; môme lorsque, dans le morceau sur lequel on opère, l'axe est de dimension inférieure au diamètre de la coupe transversale. Les deux points électriques opposés porteirt le nom ûe pôles électriques, et Von dh que les corps électrisables de cette manière sont susceptibles d'acquérir la polarité électrique.
On a trouvé que le point dons lequel la chaleur développe de l'électricité positive devient pôle négatif par le refroidissement. Lorsque, après avoir fait accmérirla polarité électrique à un corps, on 1 approche de petits morceaux de papier ou d'autres corps légers, ceux-ci sont attirés |)ar ses pôles, autour desquels ils s'accumulent ; ou môme, si l'électricité est forte, ils sont alternativo- „ ment attirés et repoussés par eux. Ce phé-
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nomène a lion d'une manière plus ou moin* pronoiirée dans plusieurs minéraux, par ' exemple, dans diverses espèces de tourmaline, dans la mésotype, la topaze, la prehnite, etc. La coïncidence de l'axe électrique et de l'axe de cristallisation semble prouver que la propriété de s'électriser dépend d'une polarité électrique des molécules, et autorise à conjecturer que cette polarité joue un rôle dans la production des formes cristallines régulières (1).
Divers corps développent une grande quantité d'électricité lorsqu'ils prennent l'état solide, ou qu'ils entrent en fusion. Ainsi, par exemple, quand de l'eau secongèle avec rapidité dans une liouteille de Leyde dont l'armature extérieure n'est point isolée, l'instrument se charge faiblement, d'après les expériences de Grntthuss ; son ar-nature inférieure acquiert l'électricité positive, et l'extérieure l'électricité négative. Que la glace, au contraire, repasse avec promptitude à l'état liquide, le phénomène inverse a lieu, c'est-à-dire que l'arm.-'.tu e inten-e est électrisée négativement, et l'externe positivement. La cire et le chocolat qui se ligent deviennent souvent électriques, au poini de pouvoiratlirerdes corpuscule -légers. Quand un liquide s'évapore, sa portion réduite à l'état de tluide aériforme est électrisé négativement, tandis que celle qui conserve encore l'état liquide l'est positivement. Le contraire a lieu dans la condensation d'un gaz, où la partie condensée est animée de l'électricité négative, et celle qui a encore la forme ga/euse, de l'électricité positive. Cependant il est difficile de faire ces expériences de manière à pouvoir découvrir et apprécier les électricités qui sont mises en liberté.
Excitation de Véleclricité par le contact mutuel de corps hétérogènes. — Des expérien-
(1) Linné, par tin prcssenliment vague, attribuait déjà les phénomènes de la tourmaline a rélectiicilc. Alpinus a fait voir qu'ils sont réellement électriques, niais sans parvenir à s'en faire une idée exacte. Witcke, qui avait assisté aux expériences d'Alpinus, engagea l'Académie des sciences de Stockholm, dont il était secrétaire, à faire acheter quelques tourmalines (minéral alors rare et cher), afin qu'il pût continuer à en étudier Icsphénoménes. Le hasard amena les tourmalines acquises entre les mains de Bers;mann, qui, avant de les rejnet'-e à l'Académie, lit sur elles quelques expériences dohl le résultat, communiqué ensuite par lui à la compagnie, fut de porter nos connaissances sur les phénomènes électi'i(iues de ce minerai au degré où elles sont demeurées jusqu'à ces derniers temps. Wilcke, qui reprit ensuite ces expériences, sans y pouvoir ajouter rien de nouveau, se plaignit amèrement du procédé de Bergmann. Becquerel a publié quelques remarques qui avaient échappé à Bergmann , et qui sont fort remarquables. En eflet , il a trouvé que quand on chaull'e une moitié d'un cristal de tourmaline un peu long, sans que la température de l'autre moitié éprouve aucun changement, on ne voit se développer, pendant le relroidissement, qu'une seule électricité, la même qui se manifesterait si la tourmaline entière avait été chauflee, sans qu'on puisse apercevoir la moindre trace de Télectrieiié coivît»"»*". dans le bout qui n'a point été rais au feu.
■WTnonioreuses ont appris que si l'on met deux corps hétérogènes isolés en contact l'un avec l'autre, et qu'ensuite on vienne à les séparer, l'un possède de l'électricité positive libre, et l'autre de l'électricité négative libre, qui ne se manifestaient point à l'état de liberté quand les deux corps étaient encore en contact. De la nature des corps qui se touchent ainsi dépendent et l'intetisité de l'électrisation et l'espèce d'électricité qui devient libre dans chacun d'eux.
L'intensité de l'électrisation paraît tenir, to'uies choses égales d'ailleurs, à la puissance de l'affinité chimique de ces corps, de manière quelle est grande quand cette affinité est forte, et peu considérable, ou mêm' nulle, dans le cas con'raire; mais l'espèce d'électricité qui devient libre dans un corps dépend de la nature chimique de celui-ci. Ainsi, par exemple, celui des corps combustibles qui, par sa combinaison avec l'oxygène, [iroduit l'alcali le plus fort, c'est-àdire l'oxyde doué de l'affinité la plus puissante pour les acides en général, acquiert l'électricité positive, tandis que l'autre prend l'électricité négative, quoique d'ailleurs son oxyde puisse également se combiner avec les acides, ou même qu'il soit un acide. La loi est la même quand les corps mis en contact se trouvent déjà oxydés. Les corps qui conviennent le mieux, et dont on se sert le plus habituelleiuent pour ces expériences, sont le zinc et le cuivre, ou le zinc et l'argent ; le zinc étant celui qui donne l'oxyde alcalin le plus fort, est aussi celui qui acquiert toujours l'électricité positive.
Il est facile de se convaincre que l'électricité est excitée par le cont.ict; en prenant une plaque de zinc et une autre de cuivre ou d'argent, fixant à chacune un manche isolé, par exemple, un bâton de cire à cacheter, les appliquant l'une contre l'autre, et les séparant ensuite à l'aide du condensateur, on reconnaît qu'il s'est développé de l'électricité positive dans le zinc, et de l'électricité négative dans le cuivre ou l'argent. Quand on passe un corps pulvérisé à travers un tamis en til d'argent, la poudre devient électrique par l'effet de son contact avec ce dernier, et si on la reçoit sur une plaque de verre, on peut reconnaître, à l'aide du condensateur, quelle espèce d'électricité elle a acquise.
On ne connaît point encore parfaitement la raison pour laquelle des corps deviennent électriques par le contact. S'il est exact d'admettre dans tous les corps un certain degré d'électricité à l'état de décomposition, et si cet état dépend de la polarité électrique des molécules, le phénomène qui vient d'être décrit doit tenir à ce qu'au moment du contact les métaux neutralisent une partie de leurs électricités contraires ( savoir, de l'électricité négative du zinc, et de l'électricité positive de l'argent) ; après quoi, quand on sépare les plaques, de l'électricité positive devient libre dans le zinc, et de l'électricité négative dans l'argent.
Quand on se sert de l'électricité excitée
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par 11' cnntaft |v->ur cimr^'or dos corps non conduolcuiw, iloiiii-coiulucteurs ou inauvais . coiidiii'leuis, il se manifeste dos pliôiiomùnes iMeetiinues dilVérciils, selon la nalnre el la dispositiiin des corps (lu'on emploie.
1' LoiSiiu'ou h'ai'iid un eorps non cdii lucteur, par oxe;u[)le, une phu^uc très-ininco en verre, résne, soufre, taltetas ou autres sulislances semblables, d'un côté avec une feuille de zinc, de l'autre avec une feuille d'argent, et qu'on place plusieurs appareils semblables Tini an-dessus de l'autre, Je manière ((ue le oùlé arjj;ent d'une couche soit en contact avec le côté zinc d'une autre, la plaque non conductrice se charge légèrement d'électricité développée par le contact, mais la tension électri(iue ([u'elle acquiert ainsi est si faible, qu'elle ne devient uppré ciablo qu'autant tiu'on empile les unes sur les autres quinze, vingt et jusqu'à trente plaques armées. Si l'on met les armatures extérieures des plaques métalliques sujiérieure et inférieui'e en communication par le moyen d'un (il métallique, l'éleclricilé se décharge, et il faut qu'un petit lajis de temps s'écoule avant que les plaques se chargent de nouveau. Ce retard tient à la lenteur avec laquelle les électricités se ré[iaiident dans les corps non conducteurs, quand elles ont si peu de force qu'en a l'électricité résultant du contact.
La raison pour laquelle plusieurs plaques empilées les unes sur les autres pro iuisent une tension électrique plus considérable, tient à ce que, quand deux plaques armées et superposées deviennent électriques parle contact de leurs faces internes, leurs armatures externes reçoivent en même temps de l'électricité libre. Si alors on les couvre d'une troisième plaque ayant l'armature contraire tournée en dessous, celle-ci se charge, nonseulement de l'électricité devenue libre dans l'armature de la seconde plaque, mais encore de la nouvelle quantité d'électricité qu'excite le contact des secondes et troisièmes paires de plaques mélalli ^ues hétérogènes. Par conséquent la tension électrique des trois paires réunies est plus forte que celle des deux premières piires. Si l'on ajoute une quatrième plaque, elle reçoit non-seulement ré:ectricité libre de l'armature supérieure de la troisième, mais encore l'électricité excitée par l- contact de celle-ci et de sa propre armature. 11 y a donc plus d'électricité déi)artie dans chacune des quatre plaques qu'il n'y en avait auparavant dans trois. La tension augmente ainsi d'intensité à chaque nouvelle plaque qu'on ajoute. Les causes qui entrent en jeu dans cette circonstance sont donc parfaitement analogues à celles en vertu desquelles un aimant, placé au-dessus d'une enclume ou d'ijne autre grande masse de fer, porte un morceau de 1er (dus considérable que celui qu'il supporterait hors de là, et le laisse tomber aussitôt qu'on éloigne l'enclume.
2° Si, au lieu de corps non conducteurs, 011 choisit des demi-conducteurs, il se ma nifeste également des phénomènes de tei i-
sion éloctriquo; seulement la tension se rétablit eu peu d'instants afirès la décharge, parce que le dépm'l des électricités s'opère avec beaucoup plus de rapidité dans les corps diMiii-enuducleurs armés que dans les non conductein-s. Si l'on prend des disques d(> papier dont les deux côtés, couverts, l'un d'étain battu en feuille mince, el l'autre do cuivre rouge ou jaune également battu, rcprésenlant celui-ci, l'argent ou h' cuivre, celui-lcà le zinc, et qu'on empile ces disques les uns sur les autres, de manière que le côté zinc de l'un corresponde au côté cuivre do l'autre, on obtienl un aiipareil semblable à celui qui vient d'être décrit, avec cotte différence (pi'ici je jiapier est le corps qui doit ,T!ccvoir la charge. Pour que les phénomèno« de charge électrique de cet a;ip"''sil soient ajipréciables, il faut mettre six cents ;i mille paires de disques et mémo pins, les unes sur les autres, en les pressant d'une manière légère, alin que le papier entre bien en contact avec les méîaix. L'usage est d'entourer ces disques d'un cylindre ou étui en verre, dont les deux extrémités sont pourvues de plaques de laiton herméticiuement vissées et garnies de boutons métalliques, qui sont en contact immédiat avec l'armar ture externe des disques de papier supérieur et inférieur. L'un de ces boutons est toujours électrisé |iositivemeiit, tandis que l'autre l'est constamment né.^ativenieut. Si, ayant plusieurs de ces piles en son pouvoir, on les dispose de manière à ce qu'elles se touchent par leurs pôl s contraires, l'intensité^ de leurs phénomènes se trouve accrue d'une manière considérable.
Plusieurs procédés ont été imaginés pour construire ces sortes de [aies. On en a fait, par exemple, avec des couches d'amidon sec entre des disques de zinc et d'argent ; on a employé aussi des disques de papier argenté avec des feuilles d'étain battu à la place du zinc ; ou enfin, ces mènies disques de papier argenté d'un côté et recouvert sur l'autre d'un mélange de miel et de manganèse pulvérisé, qui, comme tous les suroxydes, joue, à raison de l'oxygène en excès qu il contient, le rôle d'élément négatif par rapport à tous les corps combustibles, et remplace ici la feuille de zinc. On a revêtu ces piles de résine fondue ou de soufre. Mais toutes sont bien plus faibles que celles dont on vient do donner la description, el perdent beaucoup plus tôt leur activité.
Si l'on met les pôles d'une pile semblable en communication par le moyen d'un conducteur, il s'oiière une décharge qui se répète imiué<liatemmenta|)rès,parceque les disques
métalliques do la pile se lec.hargent 1 un l'autre presque instantanément par leur contact mutuel. Cependant les petits appareils de ce genre dont on s'est servi jusqu a présent ne donnent point de commo ion, et lorsque la décharge a lieu dans un liquide, celui-ci n'est pas sensiblement décomposé. On prétend néanmoins que quand les disques de papier oui trois à six pouces de diamètre, et qu'ils sont garnis sur toute leur surlace,
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ces piles produisent de faibles effets chimiques. Zamboni assure qu'une pile de deux mille plaques peut, quand on la déchai-ge, donner des étincelles longues d'une ligne et visibles en plein jour : il dit nièuie (jue ces étincelles peuvent acquérir un demi-pouce de longueur quand le bouton d'où on les tire est bien isolé et renfermé dans un verre où l'air soit maintenu sec.
Le phénomène le plus remarquable qu'on ait produit jusqu'à présent avec ces piles, consiste en ce que l'extrémité d'une aiguille mince et isolée, qu'on sus[)end en équUibre sur un axe très-mobile, entre les pôles de deux piles placées à peu de dislance l'une de l'autre, oscille continuellement de droite à gauche et de gauche ;i droite. Les piles se déchargent au moyen de cette aiguille, la tiennent par cela même dans une oscillation vîùntinuelle, et forment ainsi une surte do ïiouvement perpétuel. On a aussi placé des clochettes isolées aux pôles, et suspendu entre elles une petite boule métallique légère et creuse, qui mise en mouvement par la décharge de la pile, oscille d'un cùlé à l'autre entre les clochettes, et produit un carillon qui, dans certains cis, dure plusieurs mois de suite. Quelquefois le biuit cesse; mais, au bout d'un certain laps de temps, il recommence de lui-même à se faire entendre. On a cru que l'intensilé de la charge de ces piles dépendait de l'état électrique do l'air, et que le nombre des oscillations décrites dans un temps donné par l'aiguille dont il vient d'être question pouvait fournir des notions sur l'électricité atmosphérique. Mais des expériences faites avec plus de soin ont démontré que les différences observées dans les oscillations tiennent, d'une part, aux changements de la température, et, de l'autre, à l'iiumidité inégale de l'air, ce qui fait que la force électromotricedc la pile et l'intensité électrique de ses pôles varient suivant que la plus ou moins grande sécheresse de l'air produit un isolement plus ou moins parfait.
On a iirétendu que le phénomène de la charge (le ces appareils électriques dépendait de Ihumidité du papier. Mais Jaeger a montréque, quoique cespiles, après avoir été parfaitement desséchées, donnent des traces moins semblables d'électricité à la température ordinaire de l'air, parce que le i)apier se trouve alors converti en un corps non conducteur, cependant à une température plus élevée, par exemple, entre -f 40 et -)- GO degrés , elles acquièrent de nouveau leur charge primitive et redeviennent aussi fortement électriques qu'elles le sont à la température ordinaire de l'air, quand le papier Il a jias été desséché d'une manière complète. Ce phénomène a lieu même lorsque les piles sont renfermées dans des étuis qui ne laissent ]ioint pénétrerl'humidité. 11 |>araît qu'un doit l'attribuer à ce que le papier sec et chaud es' un corps demi-conducteur, tandis que le papier sec et froid n'est jioiut conducteur. Ou a cru que les piles ainsi disposées ne pouvaient agir qu'en présence de l'air ; mais
elles se maintiennent tout aussi électriques dans le vide, et elles continuent à y mouvoir les petits appareils excitateurs avec beaucoup plus de régularité qu'elles ne le font dans l'air même.
On a remarqué que l'action de ces piles diminue au bout d'un certaintemps,et'qu'elle finit par cesser tout à fait. La cause n'en est point encore connue ; mais il peut bien se faire qu'elle tienne au changement que les charges électriques continuelles produisent dans la composition du papier, ou à l'oxydation du métal, ou enfin à quelque autre circonstance analogue, puisijue la théorie ne paraît point indiquer que l'action doive nécessairement s'airôter.
Nous arrivons maintenant aux plus remarquables des phénomènes que produit l'électricité excitée par le coutact. Lorsqu'au lieu des solides non conducteurs ou demiconducteurs dont il a été parlé jusqu'ici, on emploie un liquide qui conduit l'électricité, les effets de la transmission électrique augmentent d'une manière surprenante. Qu'on prenne, par exemple, une pièce d'argent, et une autre pièce cle zinc, d'égale grandeur, qu'on les place l'une sur la langue , et l'autre dessous ; au moment où elles se touchent devant le bout de l'organe, on sent une saveur brûlante, qui, au côté zinc, se rapproche de celle des acides, et, au côté argent, a un caractère moins déterminé. Cette saveur cesse lorsqu'on éloigne les métaux l'un de l'autre, c'est-à-dire lorsqu'ils ne sont plus électriques par le fait du contact. Ici Ihumidité de la langue est le moyen à l'aide duquel les électricités contraires des métaux, après avoir été mises en liberté, exercent, si l'on peut s'exprimer ainsi, la faculté qu'elles ont de charger ; et cette charge a pour résultat, outre le sentiment qu'excite le passage des électricités dans les nerfs, de déterminer un changement dans le liquide lui-même, dont certaines parties se portent vers l'argent, et d'autres vers le zinc. Si l'on applique un petit morceau de zinc à la face interne d'une joue, et uiie pièce d'argent sur la paroi interne de l'autre joue, et qu'on fasse communiquer les deux métaux en dehors par le moyen d'un fil d'argent,on éprouve dans l'œil, au premier mouvement du contact, une sensation de lumière qui se dissipe rapidement, tandis que lesentunent d'une chaleur brûlante au voisinage des métaux annonce qu'il se fait une décharge continuelle. Chaque fois qu'on rétablit la communication au moyen du fil métallique, on voit reparaître la scintillation, qui n'est autre chose que l'effet de la première violence de la décharge électrique, laquelle s'étend jusqu'aux nerfs optiques, et fait éprouver à l'âme la sensation de la lumière, parce que toutes les impressions qui liortent sur ces nerfs produisent celte espèce de sensation, même celles qui sontpuremeiu mécaniques, comme les coups sur l'œil, le frottement de cet organe.
Tandis que le liquide est affecte ainsi par les décharges de l'électricité des métaux de-
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vtMuio Hhro, lu caiiscmIii ih'pnrt dos (''lorlrioi- {és pai- le contact coiitiiuic saiisiiitciruptioii h agir; c'cst-.Viliro qu'il .s'()|)èrc entre les inétau\ (Hix-nK>aios uno (iécliar}j;o conti micllc, en vertu de laquelle ils redeviennent ciintiniuMUMueut (''leclii(|U('s.
Wdllaston a (k^ninntré ces décliarj:,'es d'une uianit''re tout ?» fait inattendue et par une cxnérience Ibrt inj^c^nieuse. L'instrument ou il emploie pour atteindre, îi ce but est un ili^ à coudre en cuivre, semblable à celui dont se servent les tailleurs, et assez comprimé pour représenter une ellipsi^ très-allongée. Un disque de zinc est assujetti dans cet anneau par de la ciro à cacheter, de manière h s'en trouver parfaitenunt isolé, et les deux métaux communiquent ensemble, au moyeu d'un petit manche mét.dli(ine que [lortc l'anneau, par une lamelle de [Hatiue, aussi mince que possible. Lors([u'on plonge ce petit ap- ])areil, jusqu'aux trois cpiarts de sa hauteur, dans tie l'aciile bydrocliloricpie étendu, et que l'électricité du zinc et du cuivre, excitée par le cimtact.se décharge rapidement h travers le liquide fortement conducteur, la réunion des élecli'icités opposées, par lesquelles naît l'électricité de contact, s'opère, au j)oint (le contact des métaux, avec une violence telle, que la petite lamelle de platine, qui sert à unir ces métaux, devient rouge comme du feu , et qu'on peut y allumer de l'amadou. Le succès de l'expérience est encore plus assuré lorsqu'on donne des dimensions jikis grandes à l'appareil; mais comme la théorie indique d'avance qu'il doit réussir également en petit , Wollaston s'était proposé do constater par l'observation l'exactitude de cette donnée théorique.
Cette expérience prouve donc qu'à mesure que l'électricité développée par le contact se décharge à travers le liquide, elle est excitée avec non moins de rapidité au point de contact par la décharge continuelle entre les métaux, et qu'en conséquence la matière électrique, si toutefois cette matière est autre chose qu'une hypothèse propre à rendre • les phénomènes plus saisissables par notre