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.tante; on peut évaluer à 6,000 quintaux le fil de laiton qu'elle emploie. Jusqu'à présent, en France, elle est restée entre les mains des habitants de la'cam(iagne des environs (le Laigle et de Rùgles, aux confins des, déjiarlements.de l'Eure et de l'Orne. Non-seulement ces deux {petites villes fournissent à toute la consommation d'épingles en France, mais elles font encore des exportations considérables, et luttent avantageusement avec les fabriques de Birmingham. L'usine de Romilly fKure) commence à" entrer en concurrence pour ce genre de produit.
Rien assurément n'est |)lus commun(iu'une épingle, et cependant chacun de ces petits bouts de laiton, dont nous nous servons à tout instant, sans trop savoir d'où ils viennent et comment ils sont obtenus, n'exige pas moins de quatorze opérations distinctes. Mais tel est la pi'odigieux résultat de la division du travail, que douze milliers d'épingles soni confectioiniés par quatorze ouvrièl'cs pour la modique somme de 4 francs, c'est-à-dire que chaque épingle ne revient j)as à qu'itre dix-millièmes de centime 1 Un atelier complet produit par jour environ cent milliers d'épingles de tous nuiiiéros.
La fabrication tles épingles par des moyens mécaniques n'a encore qu'une faible importance en Franco. M. David Rel, à Gand, a fait monter des machines dont l'une confectionne les têtes et coupe le fil de laiton, dont une deuxième fait les pointes, et dont la troisième llxe les épingles sur le papier. La première machine débite 200 épingles par minute, la deuxième 600 et la troisième remplace 6 ouvriers.
La seule opération chimique qui soit pratiquée dans la préparation des épingles , c'est leur blanchiment ou étamage. On les recouvre d'une couche mince d'étain, afin de préserver le laiton du contact de l'air , qui pourrait produire à sa surface du vertde-gris, et surtout pour éviter celte odeur désagréable que l'alliage communique aux mains. Le blanchiment s'opère de la manière suivante :
On décape d'abord les bouts du laiton en les faisant bouillir pendant une demi-heure environ dans de la lie de vin ou de bière, ou dans une dissolution de crème de lailre. On place alors une couche d'épingles dans une bassine à fond plat ; on met par-dessus une couche d'étain pur en grenailles, et ensuite une couche de crème de tartre ; on remplit la bassine, en continuant ces couches superposées ; on verse doucement de l'eau sur le tout, et on fait buuiUir pendant une heure ; au bout de ce temps les épingles sont parfaitement élamées.
Comment ce résultat est-il obtenu ? La crème de tartre est un sel acide, formé de potasse et d'acide tailrique. Sous son iniluence, l'rlain décompose l'eau, s'oxyde à ses dépens, en mettant l'hydrogène en liberté ; puis l'oxyde produit sature l'excès d'acide de la crème de tartre, et il se fait ainsi une tartra'.u double de potasse el de protoxyde
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d'étain. Le laiton, ou plutôt le zinc qu'il renferme, décompose alors ce sel d'étain; le zinc se dissout en réduisant l'oxjde d'étain, qui abandonne sur chaque morceau de laiton une couche très-mince et uniforme de son mêlai. C'est donc un nouvel exemple de ces précipitations métalliques dont nous avons parlé ailleurs. Voy. Etain, alliages.
EQUISÉTIQUE (acide). — M. Braconnot, en entreprenant des recherches cnimiques sur la nature des prêles et principalement de la prèle iluviatile {equisetum fluviale, L.), a été amené à découvrir dans ce végétal, dont les tiges sont employées dans les arts ])our polir le bois et les métaux, cet acide particulier qui v existe uni à la magnésie.
EQUIVALENTS CHLMIQUES.— Les combinaisons des corps ont toujours lieu dans des rapports simples. Cette remarque est surtout frappante dans la combinaison des corps qui s'offrent à l'état gazeux à la température ordinaire, car le volume respectif des composants est facilement mesuré avant et après leur combinaison, et il est alors permis de déduire de ces faits des lègles générales. C'est à M. Gay-Lussac que l'on doit les premières observations exactes qui ont démontré que les gaz, en s'unissant entre eux, se combinaient, soit à volumes égaux, soit dans le rapport de 1 volume de l'un, à 2, 2|, 3 volumes de l'autre , ou cet autre rapport 2 à 3, 4, 5, G, 7 volumes , mais jamais au delà. Dans l'union des corps entre eux on remarque que la quantité de l'un étant prise pour l'unité , celle du second, dans une même série de combinaison, croit aussi en poids dans un rapport aussi simple que celui qui a été démontré pour les corps à l'état de gaz.
Ce sont ces premières observations sur la combinaison chimique qui ont fait admettre que les corps ne se combinaient pas dans toute espèce de proportions , mais dans des limites en deçà et au delà desquelles il n'y avait plus de combinaison. Cette loi fort remarquable a reçu le nom de loi des proportions mu\li[)] es; elle repose sur ce principe fondamental reconnu par l'expérience, que si deux corps se combinent en plusieurs proportions, la qu;intité de l'un d'eux étant prise pour quantité fixe , celle de l'autre croîtra suivant un rapport simple dans la série des combinaisons que ces deux corps peuvent produire.
Si nous prenons pour exemple les cinq composés que l'azote forme avec l'oxygène, nous reconnaîtrons que le volume du premier étant reiirésenté par l'unité, l'oxygène se combine avec lui dans les rapports suivants |, 1, 1-J-, 2, 2 -J volumes.
Nous ferons également la même observation sur les solides; le soufre nous en donnera ici un exemple : ainsi un poids de soufre représenté par 1, s'unit ai, 1, 1 j, 1 f d'oxygène en poids, pour former les oxacides hyposuifureux , sulfureux , hyposulfurique et sulfurique.
L'expérience a déplus appris que lorsque deux corps se combinent séparément avec ua
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tl•oisi^me , il existe le iniMiio rapport ontic les [n'omicis,. s'ils viennent à s'unira un(iiuitrièine corps.
Ainsi, si nous supposons deux cori)s A el H pouvant s'unir à C : aiiniettons que 150 parties A s'unis.sant à 100 (lai'ties de C, et 200 parties B à 100 de C, le rapport entre A et R dans ces deux composés sera : : 150 : 200 : ou ce rapport plus simple, : : 3 : '•■.
Si maintenant nous combinons A et B avec un nouveau corps U, nous trouverons, [)ar exemiile, que 100 parties D s'uniront à 30 A et à M B,pour former les composés A -f D et B -f W- Ur, dans ce nouveau composé, A cl B sont entre eux précisément dans le même rap|iort que dans la première combinaison avec C.
Leur rapport était, pour le premier cas, : : 150 : -iOG, ou : : 3 : -i ; dans le second, il est : : 30 : VO, ou encore : : 3 : 4; d'où l'on voit que si l'on voulait combiner une quantit6 quelconque de E avec A ou B, on peut connaître la quantité A par la quantité B, et inversement celle de B [lar la quantité de A. Exemple: si 100 E saturent 75 de A, ils doivent saturer un tiers en sus de B, c'est-àdire 100, comme l'indique la proportion 75 : 100 : : 3 : k.
On trouverait de même que si 100 E saturent 100 de B, la quantité de A qu'Us satureront sera les 4 de 100, ou 75.
Il en résulte que, connaissant la quantité d'un corps qui se combine avec un autre, on peut en déduire celle d'un troisième, qui formerait une combinaison avec le môme corps.
C'est sur ce principe de saturation réciproque des corps qu'a été établie la loi des nombres proportionnels. Cette loi a cela de remarquable que les nombres qui expriment les quantités des corps qui peuvent s'unir à l'un d'eux , pris pour unité , représentent exactement les proportions simples ou multiples qui entrent dans toutes les combinaisons détinies, et qui peuvent se déplacer réciproquement. On leur a donné aussi le nom d'équivalents chimiques , parce que chacun de ces nombres est l'équivalent des autres; c'est-à-dii e qu'un poids d'un corps , représenté par son équivalent , pourra s'unir avec le poids d'un autre corps, reitréseuté aussi par son équivalent, ou être déplacé de cette combinaison i)ar une quantdé d'un autre corps qui sera au premier dans le rapport de son équivalent.
Nous rajjpellerons l'exemple que nous avons donné ci-dessus, et nous représenterons l'équivalent de E par 100 , l'équivalent de A sera 75; et celui de B sera 100, puisque ce sont ces quantités de A et de B qui peuvent saturer réciproquement 100 de E. Si maintenant nous voulons déplacer A de sa combinaison E-fA, nous le mettons en contact avec une quantité de B qui sera à la quintité A dans le composé E-|-Acommo l'équivalent B est à l'équivalent A. Ainsi en supposant E-j-A formé do 100 E-(-75 A, il faudra 100 B |)our chasser les 7a A do leur combinaison aveu 100 parties deE; de môme,
si l'on voulait isoler B d'un composé formé de 100 Eetde 100 B, il serait nécessaire d'ajouter 75 parties do A.
C'est de celte manière qu'on a calculé le nombre pro[)()rti(iiinel , ou l'équivalent do tous les corps simples, en [irenanl jiour base la «piantité de ces corps en poids (pii se combine avec 100 d'oxygène, et forme la première combinaison. L'équivalent des coips composés résulte de la somme des équivalents de chacun des corjis, et dans le rapport où ils enlrent dans la combinaison.
Ainsi l'expérienco a appris que l'eau était formée en jioids de 100 d'oxygène et do 12, Vad'hydrosène ; ce derniernombre est par conséquent l'équivalent de l'hydrogène.
Le carbone forme deux comf>osés gazeux avec l'oxygène. Le premier, celui qui renferme moins d'oxygène (oxyde de carbone), est formé de 100 oxygène et 75,33; par conséquent ce dernier nombre est l'équivalent du carbone. L'azote [iroduit cinq composés avec l'oxygène. Le protoxyde d'azote présente une composition telle que 100 d'oxvgène exigent 177,02 d'azote pour former le protoxyde. Ce dernier nombre est donc l'équivalent de l'azote. Tous les nombres proportionnels des autres corps simples ont été ainsi déterminés , en calculant, d'après le premier degré d'oxydation des corps, la quantité c|ui s'unissait à 100 d'oxjgène.
Les tables qui représentent les nombres des cori)s simples ont été ainsi calculées, ou par des procédés peu différents.
Table des équivalents des corps simples non métalliques et métalliques les plus connus,