MÉTAUX
Potassium {fialium). K 40
Sodium {Sairium). Na 24
Litliium. Li 6
Barium. Ba 68
Strontium. Sr 44
Calcium. Ca !)0
Magnésium. Mg 12
Glucinium. Gl 26
Aluminium. AI 14
Zirconium. Zr 68
Thorium. To 60
(1) Pour transformer tous ces équivalents en équivalents rapportés à l'oxygène, dont le poids sérail supposé cjjal à 100, il suliil de multipliei- chacun des nond)rcs de cette table par 12, a. On parvient aisément à faire île ménioire ce petit calcul, en multiplianl p;ir 10, puis ajoutant le quart du produit.
(-1) Ou niirogène, N.
ESP
ESP
Noras.
Signes.
Poids éqnivalenls,
Vtti'iuin.
Ci'rium.
Ce
Laiitaue.
La
Didyuie.
Di
Erbiiiin.
Er
Tt-rbiuin.
Tr
Klaiigauèse.
Ma
Fer.
Fe
Zinc
Zn
Wckel.
Ni
Cubait.
Co
Clirome.
Cr
Vanadium.
Vd
Cadaiiuin.
Cd
Elain (Stannum).
Su
Aiitiinoine (Stibium), Sb
Uranium.
Titane.
Ti
Molybdène.
Mo (ou
Mb) 48
^'iobulm.
Nb
lluieniura.
Pélopium.
Pp
Tantale (Colombi
«m). Ta
Osmium.
Os Y.
Cuivre.
Cu
Plomb.
f Pb
Bismuth.
Bi
Mercure {Uydrargyrum). Hg
Kbodium.
Rd VU.
Argent.
Ag
Or (Aurum).
Au
Platine.
Pt
Palladium.
Pd
Iridium.
Ir
Kulbt'uium.
Ru
Les alliages et les amalgames peuvent sans doute être constitués en proportions détinies ; mais les limites sont en ^-énéral peu détei minables, sauf dans quelques cas : par exemple, on amalgame l'or on l'argent avec un excès de mercuie, on presse ensuite le mélange dans une peau de cliamois, l'excès du métal lluide (mercure) sort, et le poids de l'amalgame solide resté montre que les deux métaux sont unis en proportions tixes.
Ainsi dans la même subsiaiice on trouve toujours les mêmes é éinents unis dans les mômes propoi'lions, telle est l.i déliniliun de la lui générale des proportions d finies. Il est digue de remarque que cette loi, l'ondée sur la théorie ue U .Iton et les travaux modernes de Gay-Lu>sac, s'accorde, ainsi que l'a fait observer' .M. Dumas, soit avec riiypotlièse des philoso|)hes grecs sur les limites de la divisibilité des corps (atomes ou molécules insécables), soit avec Ls ex-
f)ressions des sain.es Ecritures : « Dieu, dit a Bible, a tout créé par nombre, poids et mesure. »
EQUIVALENTS des principaux engrais.
Yoy. Engrais commerciaux.
EKBUE Yuy. Fer.
ESPÈCE {Minéralogie). — Les diverses propriétés des minéraux n'ont pas tomes le tuôme degré d'importance. U est évideut quo D^c;TlyN^. pb Chimie,
les formes et les structures irrégudères ou afcidcntcllfs, (jui piuiveiit varier h l'inlini suivant les circun^taiices , et se trouver à peu près dans tous les minéraux, ne [leuvent avoir (jue fort peu (riin|ioitance, et qu'il n'y a (jue les formes et les stnu-tures l'égulières qui puissent être prises en considération. Dans les caractères o|)ti(pies, l'éclit, les couleurs accidentelles , ne peuvent avoir qu'une très-faible valeur, et il n'y a que les couleurs pro[ires, les phénomènes de réfraction ou do polarisation, qui puissent avoir de l'imporlance. La dureté, la ténacité, la tlexibilité, la ductilité, les divers genres d'action sur le toucher, sont ou trop difficiles à comparerd'un corps à un autre ,ou tro[) variables, par suite de la structure ou de l'état d'agrégation des particules, [lour pouvoir être eiuployés avec quelque conliance, si ce n'est dans des cas particuliers. Les odeurs propres, les saveurs, très-utiles dans plusieurs circoii'Stances , ne peuvent servir que pour certains corps, et même faut-il être bien sûr qu'elles ne tiennent pas à quelques mélanges ; d'ailleurs elles entrent dans les caractères chimiques. L'éleclricité ne peut encore être jirise en considération, puisqu'elle peut varier et d'intensité et d'espèce, jiar diverses causes dont la plupart nous échappent entièrement. L'action sur l'aiguille aimantée ne peut tout au plus distinguer qu'un très-petit nombre de corps dans lesquels le fer ou ses oxydes, en conservant leurs propriétés, entreraient comme parties constituantes ; et ei.core comme les [)roportiOiis de ces principes entraîneraient de grandes diti'é, encps, qu'il serait diftic.le de m( surer avec quelque précision , ces propi iétés ne pourraient rien dire de positif. Quant à la pesanteur spécifique, elle doit avoir plus d'importance, puisqu'elle tient évidemment à la natuie intime des corps et aux proportions des éléments qui les composent ; cependant ce caractère ne peut encore être u'une très-grande valeur, parce que souvent il n'y a queue très-petites diirér.nces entre des corps fort éloignés par leur nature. Il serait inutile de nous étendre bi.aucoup pour faire voir que la ct mposition chimique et tous les caractères qui en dérivent sont d'une haute importance, et cependant nous ferions remarquer que cr'tte imporlaiice ne jieut être réelle, dans le cas de spécification, qu'autant que, du moins pour les corps composés, les proportions sont définies.
11 résulte de ce réiumé rapide, que les caractères de pretuière valeur pour la spécificaiion des minéraux, sont la forme on la structure régulière, les couleurs propres et les phénomènes de réfraction, la [lesaiiteur spécifique, la composition chimique; d'où ij siiii qu'on peut définir aussi l'espèce minérale, la collection des corps qui, par la forme ou la slructureréyulicre, les couleurs propres, le genre et l'espèce de réfraction, ta pesanteur spécifique , la composition chimique, ont entre eux des analogies qu'on ne trouve dans aw cun autre.
., L'espèce est rigoureusement déterminée
ESP
ESP
toutos les fois qu'on peut réunir cet ensem- blo de caractères ; mais comme il n'arrive pas toujours que cette heureuse réunion se manifeste dans les minéraux que l'on a à examiner, on est conduit naturellement h demander quels sont ceux des caractères de première valeur auxquels on doit donner la préférence. Cette question est impossible à résoudre a priori, parce que les caractères que nous venons do citer sont des propriétés de genres tout à fait dilférents , entre lesquels il est par conséquent impossible d'établir des rapports de plus et moins : on ne peut pas savoir, en effet, ce qu'il y a de plus important de la forme ou de la composition, etc. Le seul moyen qui soit en notre pouvoir, est de chercher quelles sont celles de ces propriétés qui se soutiennent le plus constamment dans les minéraux , et qui peuvent, par conséquent, servir à les distinguer ou à les confondre dans le plus grand nombre des cas.
En étudiant avec soin le degré de permanence des caractères de première valeur que nous venons de citer, on est conduit à reconnaître que celui qui mérite le plus d'attention est la composition chimique. En effet, quelque importance que paraissent avoir les formes régulières et le clivage, d'après le succès avec lequel Haiiy, le premier des cristallographes, les a employés pour établir des analogies ou des diCférences entre des substances qui avaient été mal à propos séparées ou réunies, il n'en est pas moins vrai qu'elles ne suffisent pas pour distinguer un corps dans tous ses états, puisque, dans un grand nombre de circonstances, il peut se présenter sous des formes et avec des structures qui sont produites par agrégation ou par accident. Il faut donc recourir à la composition ou à des caractères qui en dérivent, pour pouvoir prononcer avec quelque certitude, et les cristallographes les plus exclusifs nous en donnent continuellement l'exemple. En effet, ce n'est pas d'ajirès la forme ou le clivage que, dans les systèmes cristallographiques , les marbres saccaroïdes ou compactes , les calcaires fibreux, la craie, les tufs calcaires, etc., se trouvent réunis en une même espèce avec les cristaux de spath calcaire. Ce n'est pas par la forme qu'on peut distinguer les diverses sortes de pierres à plâtre , fibreuses , saccaroïdes, compactes, etc., des pierres calcaires auxquelles elles ressemblent; enfin ce n'est pas sur la forme que sont établies plus de vingt espèces de substances minérales qu'on n'a jamais trouvées cristallisées, et qui n'en sont pas moins regardées comme parfaitement distinctes.
; Mais il y a plus : si les corps se trouvaient toujours parfaitement cristallisés, leur forme ne pourrait encore servir seule à les distinguer, car il en est un assez grand nombre qu'on ne peut confondre les uns avec les autres, et qui cependant se rapportent idonti(iuemi'nt au même système de cristallisation. Pour iirendre des exemples frappants, 'ilsufûtdo citer le sel marin, le sel ammonia-
que, l'alun, les sulfures de plomb et de fer, les métaux les plus connus, comme l'or, l'argent, le cuivre, etc., qui tous se rapportent au système de cristallisation cubique, et dont plusieurs donnent aussi le cube par le clivage. On a cru longtemps, et peut-être un grand nombre de minéralogistes croientils encore que cette similitude de cristallisation, entre des corps évidemment différents, n'avait lieu que pour les formes régulières de la géométrie; mais nous savons actuellement d'une manière positive, par les expériences de M. Mitscherlich, et celles de M. Beudant, qu'elle existe également pour des formes cristallines qui n'appartiennent pas aux polyèdres réguliers de la géométrie. En eflet, îe sulfate de fer a bien évidemment la même forme que le sulfate de cobalt; le sulfate de magnésie a la môme forme que le sulfatede zinc et le sulfate de nickel ; plusieurs sels doubles très-différents présentent aussi des formes tout à fait identiques, ou bien des formes si rapprochées les unes des autres, qu'il est très-facile de les confondre, surtout quand on les examine à des températures différentes.
Nous ferons des observaiions analogues sur les modifications qu'épronve la lumière en passant à travers les corps; car ces phénomènes exigent de la transparence, une cristallisation régulière, et dans une multitude de circonstances, les minéraux sont absolument opaques et cristallisés confusément.
Les couleurs propres sont souvent masquées par des couleurs accidentelles, par l'état d'agrégation des particules matérielles, et d'ailleurs ne se distinguent fréquemment que par des nuances qu'une longue habitude permet seule de reconnaître. Enfin, si nous nous rappelons ce que nous venons déjà de dire de la pesanteur spécifique, il demeurera certain que les caractères tirés de la composition chimique sont ceux auxquels on doit attribuer le plus d'importance lorsqu'on veut comparer deux ou un plus grand nombre da corps, pour savoir s'ils appartiennent ou s'ils n'appartiennent pas à la môme espèce; ce n'est, le plus souvent, que par la nature et par les proportions de leurs parties constituantes, qu'on peut prononcer qu'il y a entre eux identité ou différence. Partant de là, il est clair que la délinilion la plus exacte, comme la plus simple, de l'espèce, est la collection des minéraux de même composilion, ou, des minéraux formés des mêmes principes, et en mêmes proportions.
C'est aussi à cette même définition qu'on arrive, par un raisonnement fort simple. La notion générale de l'espèce dans les trois règnes est la collection des individus, qui, par r ensemble de leurs caractères, ont entre eux des analogies qu'on ne retrouve dans aucun autre. Pour appliquer cetie déunition au règne minéral, il ne s'agit que de savoir ce que l'on doit alors entendre i>ar individu. Or, tant qu'il ne s'agit que des êtres organisés, il est îacile de comprendre la notion de l'individu; car tous ces cor])s présentent un . certain nombre de parties qui ont chacune
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lonr forme, leur fîranilonr, et dont les positiiins rcliilivi's s(mi( il<Miiiitivoiiioiil arri'tces; d'où il lôsiilto ([lie l'on no pinil divi-soi' cos ct)rii.s sans k's (jétruiro, et c'est ec que l'on indique par l'expression individu. Dans le rè;jnc inorgani(iue, il (>st plus ililliciie il'iicqiiérir Vidéi- d'individuttlité, et l'on no peut môme y parvenir tant que l'on considèio cos corps sous des rap|)Orts purement physiques : cela tient h ce que ni la l'orme ni la structure ne sont essentielles aux sul)stances inorganiques, qui dès lors peuvent 6lre divisées et subdivisées ^ l'inlini, sans cesser d'être toujours le môme corps, la moindre parcelle possédant évidemment les mêmes ])ropriétes ([ue le tout. Mais dès que l'on envisage la question sous les rapports chimiques, on yiarvient à des idées précises de l'individn. En elFet, du moins pour les corps composés, nous voyons qu'il y a certaines opérations que l'on ne peut pratiquer sur eux sans les détruire, sans les diviser en parties hétérogènes : ces opérations sont donc les limites de leur divisibilité, et pour elles les corps deviennent des individus. 11 résulte do là que l'individu minéralogique ne peut être que l'assemblage d'un certain nombre d'éléments en certaines proportions.
Dé là il est facile de tirer la notion de l'espèce. Eu etïet, des individus qui ont plus d'analogie entre eus qu'ils n'en ont avec tous les autres, ne peuvent être que des corps formés des mômes principes; mais comme ces principes peuvent se combiner en diverses proportions, il en résulte que l'analogie n'est la plus grande possible que dans les corps où ces proportions sont identiques. Donc l'espèce, qui doit être la réunion d'individus la plus simple possible, est nécessairement, en minéralogie, la collection des corps formés des mêmes principes et en mêmes proportions.
Cette définition suppose, à la vérité, qu'on a toujours les moyens de déterminer la véritable composition d'un corps ; et malheureusement la chimie des minéraux n'es.t pas encore assez avancée pour qu'on puisse prononcer avec certitude dans tous les cas ; mais les dillicultés que l'on rencontre dans les travaux d'analyses chimiques ne peuvent attaquer, en aucune njanière, les considérations que nous avons exposées; elles montrent seulement que nous ne sommes pas encore en état de tirer tout le parti possible de l'unique caractère qui puisse nous guider au milieu du dédale des espèces et de leurs nombreuses modifications.
11 ne faut pas croire cependant que le nombre des cas où l'analyse chimique laisse des incertitudes soit très-considérable; on peut regarder comme bien connus les corps simples, les oxydes des anciens métaux, leurs divers sels, ainsi que ceux des terres alcalines, la plupart des sulfures et des arséniures simples, ce qui forme ,iéj^ plus des deux tiers des substances minéraies. Le reste se compose en grande partie de corps formés car les oxydes qu'on a, pendant longtemps,
désignés sous le nom de terres, et la nature de ces corps s'éclainit de jour en jour, deiniis(iu'on a reconnu (pn' la silice y l'ail fonction d'acide; il en est déjà un assi;z grand nomi)re (pi'on doit regarder conune assez bien coinuis, et s'il existe des incertitudes sur beaucoup d'autres, cela parait tenir à co que les analyses n'ont pas été faites avec toutes les précautions que nous savons aujourd'hui nécessaires; elles s'cclairciront certainement, à mesure qu'on pourra examiner de nouveau ces corps.
Si l'on ne [)eut comparer entre eux, sous le rapport de plus ou moins d'importance, les caractères qui sont tirés de propriétés de genres différents, on peut les examiner comparativement sous un autre point de vue, celui de déterminer jusqu'où ils peuvent êti'e d'accord, pour étai)lir qu'il y a analogie ou diflerence entre telle ou telle substance. Or, si nous étudions ainsi les caractères tirés de la forme régulière, des |iropriétés optiques, de la composition chimique, nous remarquons qu'ils peuvent être mis assez souvent sur la même ligne. En effet, nous avons fait observer que le mode d'action des corps sur la lumière était en rapport avec le système deicristallisation, qu'il y avait identité d'action pour identité de formes, et différence, soit dans le genre, soit dans l'espèce, toutes les fois que les formes étaient différentes. L'ensemble des comparaisons qu'on a pu faire jusqu'ici entre la forme et la composition nous fait voir aussi que très-souvent les minéraux de même forme sont composés de la même manière, et que les minéraux de formes différentes sont composés différemment. Il résulte de là que ces trois sortes de caractères, les deux premiers surtout, peuvent, dans quelques cii'constances , se suppléer mutuellement, et conduire aux mêmes résultats; c'est-à-dire que ce qu'on distinguera par l'un de ces moyens sera assez souvent distinct par l'autre.
Mais si ces caractères peuvent être mis quelquefois sur la môme ligne, il ne faut pas croire cependant qu'on puisse toujours les employer indiiréremment, parce que, comme nous venons de le voir, ils n'ont pa* tous le même degré de généralité. 11 en eC ici tout autrement que dans le règne organique, où il paraît qu'on peut paitir indifféremment de l'une ou de l'autre des grandes classes d'organes (ceux de la nutrition , de la reproduction, etc.), et arriver à la même classification. En minéralogie, les classifications faites par la forme et par les jjhéno ■ mènes optiques seraient tout à fait identiques; mais, sans être absolument opposées à la classification chimique, elles s'en éloigneraient cependant, en cela qu'elles seraient moins complètes. En effet, un assez grand nombre de corps que la chimie distinguera toujours, cristallisant de la môni>. manière, se trouveraient nécLbsaiiement i unis dans une classification faite rigoureusement par la forme; c'est ainsi que l'on confondra le phosphate et l'arséniate de plomlj, le sulfate' de fer et le sulfure de cobalt, les diversos
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espèces d'ahin, It^ chlorure de sodium et le chlorure de potassium, etc., etc.
Une autre circonstance qui s'oppose à l'identité des classitications physiques et chimiques est la faculté que paraissaient avoir les corps d'atfecter plusieurs formes diUérentes, et que la méthode purement chimique rapprochera toujours. Pendant loOjjtemps cette diversité de formes d'un même corps n'avait été reconnue que dans une seule substance, dans le carbonate de chaux, dont une partie se trouvait en rhomboèdre et l'autre en prisme droit rhomboïdal (arragonite); mais aujourd'hui nous la reconnaissons dans plus eurs autres : dans le sulfate de fer qui cristallise tantôt en cube (sulfure jaune), tantôt en prisme rhomboïdal (sulfure blanc] ; dans un doubles licate d'alumine et de soude, qui 'cristallise tantôt en prisme hexagone régulier, et constitue la néphéline, tantôt en dodécaèdre rhomboïdal, où il constitue le lazulite. Nous pouvons nous-mêmes provoquer ces ditïérences dans nos laboratoires, comme l'a fat M. Mitscherlich, en faisant cristalliser le soufre, à volonté, en prisme droit ou en prisme oblique, avec le nitrate de polasse, le nitrate de soude, le sulfate de fer.
Maintenant il se présente une question importante à résoudre : doit-on suivre, pour la classification des corps susceptibles de plusieurs formes, l'analogie fournie par les caractères chuuiques, on conserver ladistinctiou élab ie par la cristallisation? Il y a des données en faveur de c tte dernière manière de voi,, et d'autres qiimil. eut en faveur de la première. Si l'on fait attention que tout change dans ces corps avec la forme, que les phénomènes de réfraction, la pesanteur spécifi(iue, la dureté, etc., ne sont plus les mêmes, on sera conduit, comme plusieurs chimistes célèbres, à modifier la définition a'e l'espèce que nous avons vue précédemment, en y a.|Outant la condition qi.e les particules l'éunies se trouvent arrange'es entre elles lie la me'ine manière. .Mais si l'on se reporte à l'expérience importante que M. Mitscherlich a faite avec le soufre, il semble qu'on est conduit à penser tout aulreuieut; car les cristaux qu'il a obtenus appartiennent trop visibleuieut au même corps, pour qu'on puisse en faire deux espèces distinctes. Je ne puis m'empêcher de comparer ces étals dilféreiits qu'un même corps est susceptible d'oU'rir à ceux de l'acier réduit et de l'acier trempé, du métal de tam-tam refroidi lentement à l'air ou subitement dans l'eau de la larme batavique et du verre refroidi lentement, du phos|)hore refroi^li graduellement ou brusquement, etc. En etfet, dans cesddférents corps, les caractères de dureté, de pesanteur spéciliqoe, les ]iropriétés optiques (qu'on peut observer dans la larme batavique), etc., en un mot, l'arrangement des j)ai ticules, se trouvent entièrement dilféreiits dans les deux états. Or, cependant, personne n'a eu, et n'aura probablement l'iJée de considérer les métaux doux et les métaux (remués, le phosphore jaune doué de la cou-
ESP
leur noire, le verre qu'on a coulé sur le sable et celui qu'on a laissé tomber en gouites dans l'eau, mais constituant des corps ditférents. D'après ces considérations, il me semble qu'on doit maintenir la définitioii de l'espèce, telli' que nous avons été conduits à la donner, et que la différence de forme, et par suite celle de pesanteur spécifique, de dureté, etc., ne doit établir que des subdivisions. Il n'est pas inutile de remarquer que quand ces corps cessent d'êire cristadisés régulièrement, ou au moins transparents, les dilTérences s'évanouissent plus ou moins complètement, et que le caractère chimique est encore le seul q .i reste.
Les mélanges, quels qu'ils soient, apjiortent toujours quelques ditficultés dans l'application de la définition que nous avons donnée de l'espèce, et, comme nous l'avons dit, ce n'est que par de nombreuses analyses, par l'étude minéralogique du coips et de ses diverses associations, que l'on parvient à reconnaître ce qu'il renferme d'essentiel et ce qui est accidentel. Mais les mélanges chimiques, qui sont de véritables coinbinai- S(ms, offrent des difficultés de pilus, surtout lorsqu'ils se font entre des substances de même formule. En etfet, d'un côté la combinaison de ces corps peut se faire en toutes proportions, et de l'autre nous avons beaucoup d'exemjiles où tout nous imlique qu'elle doit avoir lieu en |)ro|)ortions définies : or, on Se demande naturellement quels sont les moyens que i.ous avons de distinguer ces deux cas, et lorsqu'il y a mélange en proportions illimitées, comment on peut rapporter le corps à telle o ' telle espèce.
1° Reconnaître s'il y a espèce ou mélange. — La solution de cette uifficulté est une des plus embarra santés que l'on puisse avoir; car c'est là que se trouve la question de savoir s'il y a lies espèces dans le règne minéral, ou s'il n'existe que des individus; on peut dire même qu'elle est rigoureusement impossible, car tout ce que l'on peut faire est de tracer artificiellem^-nt des limïtes auxquelles on admettra l'espèce, et entre lesquelles on ne verra i|ue de simples mélanges. Pour cela rappelons-nous ce que l'on entend aujourd'hui par proportions définies : ce sont, pour les substances naturelles, les proportions qui se présentent constamment dans un assez giand nombre d'analyses, fuites sur dus échantillons de localités diverses, et qui olfrent des rapports simples de
1 atome a 1, 2, 3, k, etc., plus rarement d«
2 atomes à 3, de 3 à 4, etc. : ce sont ces nom bres que l'on peut prendre pour limites; on admettra espèce toutes les fois qu'il y aura constance et simplicité de rapports, et au contraire on adoptera qu'il y a mélange toutes les fois qu'on ne trouvera ni cette constance ni cette simplicité. Ainsi, on fera une espèce distincte du double carbonate de chaux et magnésie, dans lequel on trouve coustamineiit 1 atome du premier et 1 at 'me du second ; peut-être même devia-t-on faire d'autres espèces de diverses réunions de ces deux corps, ou de quelques autres qui soiit
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isoinoritliPS. clans lesquplles on (rouve 2 atomes de caibunate de clmux à 1 atome de earbonalo de magnésie, (luelcinel'ois en partie remiilaré par des carbonates de man|;an(>se et de fer. Au contraire, on devra regarder comme des mélanges les réunions ()iii ne présentent aucune constance dans les<livers échantillons et dans lesipicls les rapports sont plus com|)li(iués, tels que 3 atomes de carbonate de chaux , 5 atomes de carbonate de fer, 13 atomes de carbonate de manginôse, et beaucoup d'autres qui varient à l'intini. Si l'on no po-sédc qn'une seule analyse, et qu'on y remarque des rap|iorls simples, il sera encore prudent d'attendre, à moins qu'c'lle n'oll're que'(p]es parlicular ti-s déterminantes, [loiir voir si les mêmes raj)poris se soutiennent constamment ; autrement on risquerait de prendre pour une comhinaisnn délinie un mélange qui par hasard, dans l'échantillon analysé, se serait trouvé dans des proportions convenables.
Tel'e est la seule manière de sortir do l'embarras que présente la question proposée. Qu'on ne croie pas qu'il soit plus facile de sortir de celte difliculté en admettant la spécilication cristallographique, car les mélanges des corps de même formule, en quelques portions qu'ils aient lieu, font toujours varier les angles proport onnelleinent; par conséquent il faudrait de môme établir des limites qui souvent n'auraient ici d'autres bases qu^ l'idée particulière de chaque minéralogiste. 11 n'y a que les considérations atomiques qui puissent fournir ici des bases certaines à la cristallographie : ainsi, pour ne pas sortir des exemples précédents, si l'on admet l'angle de 105° 5' pour le carbonate de chaux le jJus pur, celui de 107° 25' pour le carbonate de magnésie , les considérations atomiiiues nous donneront pour caractères cristallographiques du double carbonate , composé de 1 atome de l'un à 1 atome de l'autre, l'angle de 106° 15'. Nous verrons de môme que les mélanges de 5 atomes à 2, de 19 à 5, doivent avoir pour mesures 105° 45', 105° 3i' 10", et que, par conséquent, ils se trouvent entre deux espèces délinies; ils peuvent être rang'''S avec l'une ou avec l'autre; avec la première, comme carbonate de chaux magiiésifèr ■ , ou, avec la seconde, comme double carbonate de chaux et magnésie cale fè; e. Nous pourrions prendre d'autres exemples dans un grand nombr • de corps, comme dans ceux que l'on désigne sous les noms de pyroxène, d'amphibole, où l'on remarque les mêmes variations d'angles, quoiqu'elles soient moins sensibles.
2" Trouver la place d'un jnélangc parmi les espèces. — Les mélanges des matières de môme formule, que 1 on observe si souvent parmi les espèces minérales, donnent lieu à beaucouf) d'incertitude sur la place qu'on doit leur assigner dans la méthode; ils semblent môme, au premier abord, renverser la définition de l'espèce : en etl'et, une réunion de corps formés des mômes principes et en mômes propoi tions ne parait guère pouvoir admettre ces coiubinaisons eij proportions
illimitées. Mais ici il en doit 6tre précisément comme des métis dans les règnes organiques, ori leiu' existence n'd pu fai.-'o concevoir d(M|iiuti's sur la déliuitionde l'espèce'; et, en etl'et, le viulrt et h; liardenu, p.ir exemple, ne peuvent empêcher de re-arder l'.hie et le cheval connue d(>s es|ieces distinctes, qui ont seulement ass.-z d'analogie pour pouvoir se croiser île toutes les manières : de même, en minémlogie, les mélîingcs, quelque variés qu'ils puissent être, n'empêcheront jamais de regarder l'une et l'antre des substances rr'unies cum'ne d 's espèces parfaitem-nt déterminées. Quant ,'i la place de ces mélanges, il faut encore suivre ici la règle que l'on observe dans les autres parties de l'histoire naturelle, oCi l'on place les métis on appendice auprès de 1 es;.èce avec laquelle ils ont conse'-vé le plus de rapport, et (]ui, dans l'ordre naturel, doit toujours être voisine de celle qui leur a aus-^i imprimé [ilus ou moins son type : cela vent dire qu'en minéralogie le mélange doit être placé auprès de l'espèce dont les proportions dominent, et qui, |)Our suivre l'ordre naturel, doit être voisine de celle que l'on ti'o va mélangée en plus ou moins gran Je quantité. 11 ne peut y avoir de difliculté que ilans le cas où les corps mélangés sont en parties à peu près égales : dans ce cas, on est libre de placer le mélange où l'on veut, et le corps est alors un être flottant entre les espèces réelles qu'il renferme. Il est assez jemar quable que la plupart des espèces que nous devons laire entrer dans la classification ne sont pas autrement établies, puisque, comme nous l'avons vu, il est infiniment rare que les substances minérales soient pures. Tous nos soins dans la discussion d'une analyse ont pour but de découvrir la composition des corps dominants : si l'on trouve que ce corps se rapporte à une espèce établie, c'est auprès de cette espèce qu'on le rang^^ ; s'il ne se rapporte à aucune espètîe connue, on en forme une nouvelle poi r le placer dans la méthode ; s'il arrive môme qu'on reconnaisse un mélange d'espèces inconnues, dont aucune ne domine, on ne laisse pas, et avec raison, de former une espèce particulière, qui n'est elle-même que l'appendice des corps que 1 on pourra trouver [lar la suite à l'état (Je pureté.
Des variétés de l'espèce. — Dans le règne minéral, comme dans toutes les autres ])arties de l'histoire naturelle, l'espèce se sousdivise en variétés; mais il ne peut y avoir ici aucune difficulté, et d'ailleurs chacun se trouve à peu près maître d'ajouter ou de retrancher. Ces distinctions sont fondées sur la diversité des formes régulières qui dérivent d'un type déterminé, suri s lormes oblitérées, les jfornies accidentelles, les formes empruntées, etc.; sur les diverses sortes de structures, lamedaire, bacillaire, fibreuse, grenue, compacte, schisteuse, fissile, etc.; sur les degrés de Iraiispai-ence et d'opacité; sur le genre d'édat; sur les couleurs, simples ou bi carrées ; sur les degrés de ténacité, de (lexibililé; sur l'odeur; sur les mélanges
ESP
ESP
TU
chimiques de diverses sortes; sur le mode de formation; sur le gisement; sur les matières minérales disséminées; sur la nature des débris organiques qui se trouvent renfermés dans une substance, ou sur lesquels cette substance est modelée, etc., etc. Sans doute il y a divers degrés d'importance dans ces variétés, mais toutes doivent être prises en considération dans une collection minéralogique; seulement il faut se garder d'attribuer à certaines variiHés une importance telle, que leurs détails fassent [)erdre de vue toutes les autres. A cet égard, je ne puis, dit M. Beudauf, partager les idées que Haiiy a émises dans ses ouvrages, où il attribue une telle valeur aux variétés cristallines , qu'il leur a imposé à toutes un nom particulier; je crois que c'est vouloir surcharger la mémoire sans aucun avantage, et qu'il y a même dans cette manière d'agir un très-grand inconvénient, celui de faire perdre dans les détails les objets généraux qui méritent le plus d'attention. Les détails minutieux de ces variations, auxquelles, dans tout état de cause, il ne faudrait pas donner de nom, ne peuvent convenir qu'à des monographies de chaque espèce.
Disons un mot en terminant sur les noms que l'on doit de préférence adopter dans la nomenclature des espèces.
Toutes les fois qu'une substance possède un nom qui est univoqtie, facile à prononcer, je crois qu'on doit le conserver scrupuleusement, quel qu'il soit, et qu'il faut toujours des ndsons majeures pour le changer. Dans les noms qu'on est obhgé de faire, il faudrait, autant que possible, éviter les noms signiticatifs qui sont dérivés de quelques idées théoriques, car de tels noms, qui conviennent aujourd'hui à certains corps, demain devioiidrout absurdes, parce que les théories seront changées : c'est ce qui arrive par exemple au mot pyroxène (étranger au leu), formé sur une idée particulière à Dolomieu, et ([ui aujourd'hui est devenu fort mauvais, parce qu'on pense absolument le contraire : il en est de même d'une infinité d'autres dont il faut oublier l'étymologie. Les noms iusigniOants seraient peut-être les meilleurs ; mais ils ont un autre inconvénient, car par cela même qu'ils n'expriment rien qui ait rapport au minéral auquel ils sont appliqués, ils deviennent très-dilliciles à classer dans la mémoire. On voit donc qu'on se trouve ainsi entre deux écueils; mois on pent éviter l'un et l'autre, en prenant le nom dans quelque propriété inhérente au corps, et qui soit indépendante de toute espèce de théorie : par exemple, les noms d'eurlasc ( (jui se brise facilement), d'ajîmi^e (qui a la forme de hache), de sphène (qui a la forme de coin), etc., sont très-bons, parce qu'ils expriment des propriétés des corps que les théories ne peuvent pas changer. Le premier rappelle la facilité avec laquelle la substance se clive, ce qui la distingue à l'instant de l'émeraude, avec laquelle elle a d'ailleurs quelques analogies. Le second rappelle les cristaux minces, très-
tranchants, et comme un fer de hache, que la substance affecte le plus ordinairement; enfin, le troisième a aussi une propriété analogue. Malheureusement il y a jieu de noms en minéralogie qui aient été faits avec le même bonheur; assez souvent ils sont fondés sur des observations si futiles, que c'est cl peu près comme s'ils n'exprimaient rien, fort heureux encore s'ils ne présentent pas une idée fausse. Cependant il n'est pas nécessaire que la propriété d'où l'on tire le nom soit bien importante; il suffit qu'elle rappelle quelque chose de constant, qui ne se rapporte pas indifféremment à un grand nombre de corps : elle peut être positive ou négative, exprimer un faitminéralogique, ou un emploi dans les arts, une opposition ou une comparaison à un objet quelconque, etc., etc. Les noms de localités sont assez bons jusqu'à un certain point, parce qu'ils rappellent du moins un fait de minéralogie géographique, le lieu où le minéral a été trouvé pour la première fois, où il existe en abondance, etc. ; mais il en résulte souvent des pléonasmes ou des contre-sens assez bizarres dans les indications des différentes localités où l'on rencontre le même corps , comme, par exemple, vésuvienne (.pierre du Vésuve) du Vésuve, vésuvienne du Tyrol, vésuvienne des Etats-Unis, etc. Les noms d'hommes ont le précieux avantage, soit de rappeler l'auteur 'de la découverte du minéral, ou d'une matière qu'il renferme, ou de quelques-unes de ses propriétés importantes, soit d'être un hommage permanent à quelque savant distingué; mais il est rare qu'ils puissent être formés autrement qu'eu ajoutant les terminaisons ite ou lithe, et nous avons déjà tant de noms qui set'erminent ainsi, qu'il en résulte une monotonie fastidieuse dans la nomenclature.
On voit donc combien il est difficile d'imaginer un nom convenable, et l'on ne sera plus étonné d'en trouver un grand nombre de fort mauvais, et surtout de fort peu harmonieux dans la série des espèces. On ne peut trop recommander comme accessoire agiéable de la science, de choisir des noms sonores, d'intonations et de terminaisons variées, et surtout qui n'aient rien de bizarre. Enfin il est essentiel d'observer qu'on ne doit donner de noms qu'aux substances bien caractérisées comme espèces, dont on connaît la composition et dont on peut fixer nettement la place dans la méthode. 11 faut de grandes raisons pour se déterminer à donner un nom à un corps qui doit, jusqu'à nouvel ordre, rester dans un appendice parmi les espèces douteuses, et dont il ne sortira peut-être que pour être une simple variété d'une espèce déjà connue. Il est réellement à regretter qu'on ait ainsi appliqué la plupart des noms des savants les plus distingués à des corps qu'on n'a pu étudier que d'une manière très-vague, souvent sur des parcelles imperceptibles, et que l'on ne sait où placer faute de données positives.
ESPRIT PYROLIGNEUX ou PYROACÉ- TiQUE. Voij. acétom:.
72Ci
ESSAI DES VINS. Voij. Vin.
ESSENCE D'OKIENT. Voy. Ecailles de
l'OISSON et AIII.F.TTE.
ESSKNf.KS. Toi/. Huiles essentielles.
ÉTAIN (nlaniuim). — L'(Haiii est un <'les métaux lo plus aiu'ieniHMUonl coiiiius. Il on est dôih fait luontiou dans les livres do Moise (1). On le lire, on Kurdpe, de l'AnjîlotoiTO, do rAllouiatJ,iio, do la JiolicMno, de la MonjJ,rii', et, hors do l'Europe, tie l'ilo de Uaiira, de la pros([u'ile do Malacca, du Chili o.t du Mexique. C'est Malacia qui i'ournit l'olain lo plus pur, et Coriiouaillos, on Anglolerre, qui en |)roduit lo plus. On le trouve rarement en couihiuaison avec le soufre ; presque toujours on le rencontre à l'état d'oxyde stanniiiue , plus ou moins pur. On a trouvé aussi cet oxyde on Suède, par exemple, K Finbo dans le voisinage de Fahlun, et dans la mine de fer d'Ulô (Outeu), mais en si petite quantité, qu'il ne fournit que des échantillons pour les collections de minéralogie.
L'oxyde stannique est le minerai d'étain le |)lus commun; on ne le rencontre que dans les terrains primitifs, où il est accompagné de l'arsenic, du (ungslène, de l'antimoine, du cuivre et du zinc, qui altèrent la pureté de l'étaiu quand ils se mêlent avec lui, a|)rès avoir été réduits pendant le cours des opérations que l'on fait subir au minerai, pour en extraire l'élain. En Coruouailles ,
(1) Les mines d'étain du comté de Cornoiiailles en Angleterre, qui sont irès-considérables, ont été exploitées depuis les temps les plus reculés; car leurs produits attiraient dans les ports de la GraiMle-Bretagnc, alors nommée iles Cnssitérides, du mol grec cassileros, étain, les vaisseaux des Phéniciens qui venaient s'y approvisionner. Mais après la destruction de Carlhage, les marchands de Marseille se rendirent maitres de ce commerce et transportèrent l'étaîn de Cornouailles à Narhonne, qui devint alors le grand marché de ce métal ; mais lorsque l'Angleterre l'iit conquise par les Normands, ces peuples s'emparèrent des mines détain de Cornouailles et en tirèrent de grands prolits. Au xiu' siècle, on ne connaissait, en Europe, d'autre étain que cehii de Devon et de Cornouailles, car les Maures avaient dévasté et comblé les raines d'iispagne ; ce ne fut qu'en 12i0 (pie l'Allemagne commença à exploiter les mines d'étain qu'elle possède. La producUon de ce métal dans le Cornouailles représente, à peu de chose près, toute la production européenne; elle a, en effet, atteint le chiffre de 45,000 quintaux métriques, tandis que celle de la Saxe ne dépasse plus 5,500 quintaux, et que celle de quelques mines existant en Suède et en Autriche s'élève à peine à 750 et 580 quintaux. Le Mexique, l'ile de Banca et la presqu'île de Malaca, dans la mer des Indes, fournissent beaucoup d'étain. L'ile de Banca en produit à elle seule plus de 55,000 quintaux métriques. La France consomme annuellement 15 à 19,000 quintaux qu'elle reçoit de l'étranger.
L'étain des Indes est le plus pur, surtout celui de Malaca. On l'appelle étain en chapeau, parce qu'il est en pyramides quadrangulaires à sommet tronqué, et dont la base est entourée d'un rebord saillant horizontal. L'étain d'Angleterre, (pii est en saumons plus ou moins pesants, en lingots, en bagneilos, en larmes ou en grains, renferme du cuivre et une trèspetite proportion d'arsenic. L'étain d'Allemagne, celui du Mexique, sont les plus impurs.
l'étain se trouve, tantôt en fdons dans l«s teri'ains primitifs, tantùt on dépôts ])ai-ticulii'i's dans les lorrains do Iraiisilion. Dans lo dornicr cas, l'uxydo slanni(pio se i)résoiito à l'état do grains arrondis, plus ou moins volumiiioux, qui forment oiisomblo une (^ou(;lio (■(tuvcMto par do l'argile ot dos cailloux roulés. Cet oxyde ayant visibh.'inont été onlové d(! son silo primitif pai' l'oau, (U arrondi sur les angles pendani h; luouvemont ([uo l'eau lui a fait subir, s'est tiouvé par cola même débarrassé des matières métallicpios moins dures, lestpielles, étant plus fac^ilement réduites on [joudro, ont été enlraînées par l'oau. Il on est donc |)arfaitomenl exempt, ot donne l'étain le plus pur par la simple réduction avec du charbon do bois; cette opération se fait dans des fourneaux particuliers, qui ressciublent à ceux qu'on emploie en Suède pour l'extraction du cuivre. Ce minerai est appelé, en Anglok^rro, «/ren/oïm; il donne de tJ3 à 75 pour cent d'étain. Quant à celui qu'on retire des mines, il faut le débarrasser, j)ar le bocardage et lo lavage, de la gangue adhérente, et ensuite lo griller pour chasser le soufre, l'arsenic et une [lartie do l'antimoine; après quoi on le réduit dans des fourneaux particuliers, avec du charbon de terre. L'étain qu'on obtient par la première fusion est soumis à la liquation, à laquelle on procède dans un fourneau à réverbère, à l'aide d'une légère chaleur. L'étain pui' entre le premier en fusion, et se sépare d'une combinaison moins fusible d'étain, de cuivre, d'arsenic, de fer et d'antimoine. L'ét.iin, ainsi obtenu, s'appelle, eu Angleterre, common grain-tin. Le résidu est fondu et donne de l'étain en saumon (ordinary-tin). Le grain-tin se consomme en grande partie en Angleterre même, et les espèces les moins pures sont celles qu'on verse ordinairement dans le commerce. L'étain de Malacca est autant estimé que le grain-tin des Anglais; au contraire, celui que l'on tire d'Allemagne est toujours de la qualité de Vordinarij-lin dos Anglais.
L'étain pur est d'un blanc argentin, trèsmou et très-malléable ; de sorte qu'on peut le réduire en feuilles de paisseur, et môme vent pour mettre les glaces au tain. Il fait entendre, quand on le [)loie, un bruit particulier, que l'on a nommé le cri de rétain, et qui provient de ce que la cohésion qui réunit ses molécules est détruite. Cette circonstance fait que l'étain qui a passé à la filière est très-cassant, et qu'un lil de -^ de pouce de diamètre ne porte pas plus de trente-une livres. Quand on ploie l'élain ou qu'on le frotte, il répand une odeur particulière, dont les doigts restent souvent imprégnés pendant longtemps. Sa pesanteur spécifique est de 7,285, et de 7,293, après qu'il a été laminé. En général, il est d'autant plus léger que sa pureté est plus grande. La pesanteur spécifique de l'étain du commerce varie entre 7,56 ot 7,(j. En outre, il a la propriété de produire, en se combinant avec quelques autres métaux plus "aesants
Yyo- de pouce d'émoins : ces feuilles ser-
que lui, des alliages dont la densité est plus " grande que celle du UKÎial plus pesant. L'6tain fond, d'après Creigliton, à + 228 degrés ; mais une fois qu'il est fondu, on peut le refroidir jusqu'à -|- 225 degri''s et demi avant qu'il ne commence à se lî.;er, et alirs sa température remonte tout h coup jusqu'à ■\- 228 degfés; par un refroidissement lent, il crist<iliise, mais irrégulièrement. A une très-haute température, il se volatilise lentement.
Deutoxyde d'étain. — Cet oxyde est b'anc, indécomposable par la chaleur , fusible à une chaleur rouge ; il rougit légèrement le tournesol, ce qai lui a fait donner le nom d'acide stannique par quelques chimistes, car ni't oxyde est capable de saturer en quelque sorte les alcalis, et de former avec la potasse et la soude des combinaisons crislallisahles, analogues aux sels. C'est de cet oxyde naturel qu'on retire l'étain pour les besoins des arts.
On emploie cet oxyde dans les arts pour la fabrication des émaux blancs opaipies qui recouvrent les f.iiences communes, atin de masquer la couleur rouge de la terre. Fondu avec le borax ou avec le phosphate de soude, il donne un émail blanc, employé dans la fabrication des cadrans de montre , etc. Une très -petite quantité de cet oxyde fondue avec du verre suffit pour lui doimer un aspect laiteux. Dans le commerce , on en fait usage pour donner un cei tain poli aux glaces et aux verres des lunettes ; alors on le connaît sous le nom de potée d'c'tain. Sa préparation s'exf'cute facilement en calcinant l'étain au Cnntact de l'air, ou plutôt un alliage de ce métal avec 1h plomb ; alors il est uni à une certaine quantité de protoxydede plomb.
Chlorure d'étain. — Ce composé , employé dans les arts, était regar lé comme^ un sel et désigné sous le nom de muriate d'étain.
DeiUochlorure d'étain. — Ce composé a été découvert par un chimiste du xvr siècle , nommé Libavius , et connu pendant longtemps sous le nom de liqueur fumante de Libavius.
Ce deutochlorure étant principalement employé dissous dans l'eau pour la fixation de certaines couleurs sur la l'ine, se prépare en dissolvant l'étain en grenailles dans un mélange d'acide nitrique et d'acide hydrochlorique, ou en faisant agir sur ce métal un mélange de huit jtarties d'acide nitrique et une oartie d'hy irochlorate d'ammoniaque. Cette dissolution d'étain est surtout usitée dans la teiuture en écarlate comme mordant.
Deutosulfure d'étain. — Cette combinaison était connue et désignée par les anciens chimistes sous les noms d'or mussif, aurum mosaicum, or de Judée, à cause de son brillant métallique et de sa couleur jaune dorée. Depuis longtemps on le prépare pour les arts, en exposant à une douce chaleur une partie d'amalgame d'é ain en poudre formé d'une même quantité de mercuie et d'étain , une partie et demie de Heur de soufre et une partie d'hydrochlorate d'ammoniaque. Après
avoir mélangé toutes ces substances réduites séparément en poudre, on les introduit dans un niatras de verre luté, qu'on remplit jusqu'aux trois quarts , et on chauffe doucement pondant plusieurs heures. Au bout de ce temps , on trouve au fond du matras une masse très -légère, formée de petites paillettes j ninAtres I rillantcs , qui est le deutosulfure d'é ain. Les réactions qui se produisent dans cette opération sont très -compliquées, à en juger parles produits différents qu'on obtient; car, indépendamment du deutosulfure d'étain fixe , on remarque la formation successive d'une certaine quantité d'acide hydrosulfuriquc libre, d hydrosulfate sulfuré d'ammoniaque , puis du sulfure et du deutochlorure de mercure qui se subliment à l'entrée du col du matras, et au-dessus de ceux-ci, une couche mince de soufre.
Il est assez probalile que dans les premiers moments de l'opération les deux métaux passent à l'état de sulfure, mais qu'à une température un peu plus élevée, une partie du sulfure de mercure réagit sur l'acide hydrochlorique du sel ammoniac, d'oii résulte du deutochlorure de mercure pur et de l'hydrosulfate d'ammoniaque qui , en se dégageant , absorbe du soufre pour se transformer en hydrosulfate sulfuré.
On peut , d'après les observations de M. Pelletier père, obtenir de l'or mussif en exposant à une douce chaleur un mélange de protosulfure d'étain , de fleur de soufre et d'hydrochlorate d'ammoniaque.
Le deutosulfure d'étain bien préparé se présente sous la forme de légères écailles brillantes, d'un j unie doré, adnérant facilement les unes aux autres. Il est doux au toucher et donne aux corps sur lesquels on le frott ' un aspect jaunâtie métalliquf, un peu analogue à celui que donne la poudre d'or.
Lorsqu'on le chauffe au rouge obscur, il ab mdoinie la moitié ilu soufre qu'd contient, et se transforme en protosulfure.
D'après les analyses de Ber/elius et John Davy, ce deutosulfure est formé de :
Elain 100 1 alonie.
Soufre 5i,4 2 aïonies.
Ce composé est employé dans les arts p^ur bronzer les statues de plAtre ainsi que le bois peint ; il sert aussi pour frotter les coussins des machines électriques , afin d'accroître l'électricité sur le plateau de verre.
Les SELS D'ÉTiiN oiit uuc réaction acide. Le /.inc, le fer, le cadmium , précifiitent l'étain de ses dissolutions sons forme de poudre grisc' qu'on peut aplatir sons le marteau, et réunir en un ()etit culot d'étain métallique. Fondus avec du liorax, les sels d'étain donneiit des émaux opaques, qu'on applique sur la faïence ou sur la poterie. Comme la faïence et la couche d'émail qui la recouvre sont inégalement dilatables, il arrive que la surface se fendile sous l'influence de la chaleur.
Les sels d'étain sont nombreux, mais sans importance.
Alliages d'étain. — La plupart des métaux malléables deviennent cassants et per-
dent de leur dnotiliW quflnd on les unit à l'étain : c'est la raison pour laquelle on don-
nait autrefois h metallorum.
lY'tain lo nom de diabolu»
Poterie d'clain de»
ouvriers de P.iris.
Métal argentin de Paris.
Et.iiii. 90 Aiiiiiiioiiic 9 Cuivro l
Etain 8.';,44 Antimoine 14,r)0 Plomb 0,00
Pewter des Anglais pour vases il boire.
Minofor pour ustensiles et couverts.
Elain 88,42 Aiiiiinoine 7,16 Cuivre 5,54 Bisuiulb 0,88
Eiaiii C8,63 Anlinioine 17,00 Zinc 10,00 Cuivre 4,37
M(*t,il d'Alger pour couverts cl plani hes à
graver la nuisi(|ue.
Elain (iO,0
Plomb 34,6
Antimoine 5,4
100,00 Le fer-blanc est un nllia,j;e dY'tain et de fer. Lhie feuille de fer bien dc^oapée (tôle), qu'on |)longG dans un bain d'étain, se mouille comme dans de l'eau; à mesure que la couche d'étaiu se refroidit, elle reste forteaient adhéri'iite au 1er (superposition de l'élain). L'étain rend le 1er trùs-ias-ant, et susceptible de s'allérer rapiiieme, t <iaus l'i au. En lavant le fer-blanc avec de l'eau regaie ou avec de l'acide azotiipie affaibli, on met à déciuveit la face cristalline de l'étain, offrant des dessins bizarrcj assez agréables à la vue. C'est là ce qui constitue le moir-é (mot tatare signifiant bigarrure) qui se vendait autrefois au poids de l'or, et que les Chinois et les Orientaux connaissaient bienlongtempsavant les Européens. Connue le moiré se ternit à l'air, il faut le recouvrir d'une légère couche de vernis. Le moiré n'est autre chose que la cristallisation naturelle de l'étain allié avec le fer. Les acides enlèvent la couche d'étain la plus superficielle, ternie par l'action de l'air et confusément cristallisée par su te d'un refroidissement brusque et inégal (1).
(1) « Un Français, nommé Alard, a découvert, il y a quelques années, une mélbode pour rendre cristalline la surf.ice du ler-lilanc ; il donna le nom de moiré métuttiqne au lér-blanc ainsi proparé. Pour obtenir ce nioiié, on chaude la feuille de fer-blanc, jusqu'à ce ([ne l'étain soit litndu à sa su l'ace, puis on la refroidit, en jeiaiil de l'eau sur l'autre cote. L'élain pieuil alois, en se solidifiant, la forme de ramifications cristallines, semblables à celles qui se l'ormenl en hiver sur les vitres des croisées; mais celle crislallisalion n'est pas visible de suite, parce ([u'elle se trouve couverte de la pédicule du métal, qui s'est soliditiée la première. Plus le refroidissement est prompt, plus les ramifications sont petites, de manière qu'il dépend entiéremenl de la volonté du (abricant de les rendre plus ou moins grandes, en v.irianl la température de l'eau qu'il emploie pour refroidir le fer-blanc. Si l'on chauffe assez la feuille sur un point, pour que l'étain se fonde à partir de ce poiiil vers la péripiiérie, il se forme une éloile crislaffiiie, ayant ce point pour centre. On peut, à l'aide d'u.i fer à souder lienq)é dans de l'élain fondu, dessiner sur le revers de la feuille des lettres ou des figures, qui deviennent visibles de l'autre côle. Ou couvre de rpsine le côté sur lequel on veut dessiner, et il faut que le fer à souder soil assez, chaux pour fondre l'élain sur Icciuel on le pose. Pour mettre ensuite la crislallisalio.i à nu, on ei>dnit le colé opposé d'un melai^e d'acide hydrochlorique et d'acide nitri-
100,0 Métal de la reine pour
théières anglaises.
Elain "3,36
Antimoine 8,88
Plomb 8,88
Bismuth 8,88
Comme le fer-blanc est moins oxydable que le fer, il sert à cause de cela pour la
de vases et d'us-
confection d'une infinité tensiles.
Le cuivre et l'étain forment les alliages que l'on appelle bronze et métal, de cloche. Une petite quantité d'éta n rend \r cuivre jaiinàire et augmente sa dureté, sans rien lui faire perdre de sa ténac té. Les anciens se servaient de cet alliage pour la fabrication des épées et des armes, avant que l'acier fût connu. Aujourd'hui on se sert d'un mélange sembfible, de dix parties de cuivre et d'une partie d'étain, pour faire le métal des canons.
Si l'on abandonne cet alliage h un refroidissement lent, l'étain se sépare du cuivre. Aussi, lorsqu'on brise le bouionaprès la fonte des canons, on remarque q e la surface de la cassure présente un mélange purement mécanique d'étain et de cuivre, et quand on chauffe la masse jusqu'au point de fusion de l'étain, celui-ci s'écoule, et il reste une masse poreuse, qui est du cuivre contenant moins d'étain. Par une plus grande quantité d'étain, par exemple 20 à 25 pour cent, la masse devient élastique, sonore et cassante : on l'emi loie alors pour faire les cloches. Refroidi lentement, cet alliage durcit. Si on le plonge incandescent dans l'eau, il devient mou, susceptible d'être tourné, et se laisse forger h une température voisine de la chaleur rouge. Une proportion u'étam plus forte encore donne un méial blanc, argentin, qui })rend le poli, et dont on se sert pour la confection des miroirs métalliques. L'addition
que, qui ne doit pas être très-roncentré, sans quoi tout l'etamage serait dissons. Quand les cristaux paraissent avec un éclat sulTisanl, on plonge la feuille dans de l'eau pure, et on y passe ensuite à plusieurs reprises un peu de lessive de pelasse cau-lique, alin d enlever la pellicule d'oxyde stamiique, qu(^ l'eau précipite souvent de l'acide, après quoi on rince la îenille avec de l'eau pure. Pour conserver l'éclat de ces crislaux, il faut recouvrir le (ei-blanc d'un vernis transparent. Dans celle opération, l'acide ne dissout d'abord que la couche non cristalline, parce (|ue les parties qui ont cristallisé rapidenieniet d'une manière irréguliére sont dissoutes plus vile, par '.ous h'S dissiilvunts, que ceffes qui sontà l'élal de crislaux réguliers. Tout acide suscepiible de dissoudre l'élain produira ees crisiallisalioiis, en y introduisant le ferblanc. I Beiizelhs.