‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 132 sur 354 · EV · texte numérisé non relu

EV

Tous les étliors do co geuro avaient été rogardt's coiimjo «les coinposc^s cI'hIcooI ot d'acide , mais MM. Dumas et Houllay (lut dù- Bionti-é, par leur analyse, qu'un pouvait les considrrer comme lormt^s d'éltier liydratique ot d'aeide, dont la formule rationnelle est C H" O' + 1 at. acide.

Ivlher nitreux. — Cet éther a élô. d'al»onl di^si^né iiuprO|irenient sous le nom d'éther nitrique, et ensuite sous celui d'vlhcr nitreux. MM. Dumas et BouUay ont démontré sa vi^ritable composition.

Ether acétique. — Cet éther, que l'on peut regarder comme formé d'étlier hydratniuo et d'acide acétique, a été découvert, en 1739, par M. de Lauiaguais.

Cet éther est employé en médecine ; on l'administre à petite dose à l'intérieur, comme sudoritique dans certains accès de goutte et de rhumatisme , mais on l'emploie le plus ordinairement pur en frictions ; il entre dans la composition de quelques lininients.

EÏHIOPS MARTIAL. Voy. Fer, deuloxyde , et Aimant.

ETHIOPS MINÉRAL. Foy. Mercure, protoxyde.

EUCLASE fqui se brise facilement). — Existe au Brésil et au Pérou, d'où elle fut apportée par Bombey. On ne l'a encore trouvée (]u'en cristaux dont la forme primitive est le |)risme droit à bases rectangles : le plus souvent elle est en prismes à quatre faces obliques, striés en longueur et à borls diversemenl tronqués. Couleur veite de diverses nuances et queUjuelois bleu de ciel, clivage et réfraction doubles, fraiigible, raye le quartz, éclat vitreux, cassure un peu conchiude. Poids spéclique île 2,9 à 3,3.

L'euclase est électrique par le frottement ; elle est frangible, d'un éclat vitreux, à cassure conchoïde ; exposée au chalumeau, elle Eerd sa transparence et se fond en un émail lanc.

EUDIOMÈTRE. Voy. Atmosphère.

EUPHORBE. — Il s'exirait par incision de Y euphorbia officinalis, de l'euphorbia antiquorum et de V euphorbia canarensis, qui croissent dans l'intérieur de l'Afrique. Il nous arrive en morceaux assez grands, irréguliers, souvent percés de trous, qui proviennent des épines de la plante autour desquelles l'euphorbe s'est solidifié. Il est extérieurement d'un jaune sale ou rougeâtre , intérieurement blanc.

L'euphorbe es! employé en médecine comme moyen vésicant.

ÉVAPORATION. — Quand on laisse de Veau à l'air libre, elle perd peu à peu de ••son poids , et finit par disparnître entièrement. C'est là ce qu'on appelle cvaporation. r,e phénomène a lieu d'autant plus rapidement que la température est plus élevée, la surface de l'eau plus étendue, et l'air qui la baigne plus renouvelé.

^ On a discuté pour savoir si, dans ce cas, Teau est uissoute par l'air, comme un sel l'est par l'eau, ou si elle se convertit eu un gaz sans intermède de l'air, et uniquement par l'eflet de la température. Cette deruièrq

opinion est celle en faveur de laquelle des opiTicnces exactes se sont prononcées.

EU'ectivemeiit, après avoir renfermé de l'eau dans le vide du baromèti'e, on a observé, non-seulement (pi'elle y prend la forme do gaz, tout aussi bien {\\iK l'air libre, mais encore qu'elle s'y va|)urise en aussi grande quantité, à hauteur égale du thermomètre, i^ue si l'a r avait accès dans l'instrument. Cette ex[)érieiice nous a appris aussi que notre planète, qu'elle fi'it ou non entourée par de l'air atinosphéiique , aurait autour d'elle une atmosphère de gaz aqueux, dont la quantité dépendrait de la tempéiatur(>, et serait toujours la niôrne à des températures égales, soit qu'il y eût de l'air, soit qu'il n'v en eût pas.

Il résulte encore de là que l'afllnité chimique de l'air pour l'eau n'augmente pas l'évaporation de cette dernière, et nous pouvons d'autant mieux en être convaincus, que tous les gaz absorbent la même quantité d'eau à des températures égales. D'un autre côté, il semble incompatible avec cette loi que l'évaporation de l'eau soit augmentée par 1.' renouvellement de l'air ou le vent, et que l'eau fasse passer ainsi à l'état latent une quantité de calorique assez considérable pour que la surface sur laquelle a lieu l'évaporation se refroidisse. Mais cette contradiction n'est qu'apparente; car le renouvellement de l'air ne favorise l'évaporation qu'en entraînant le gaz aqueux formé à la surface de l'eau. Lorsqu'on se représente une surface aqueuse en évaporation, on trouve qu'il doit se former, dans la couche d'air située immédiatement sur elle, une couche de gaz aqueux qui repose sur elle aussi, et que le nouveau gaz soulève à mesure qu'il se forme, mais que, par cela môme, l'évaporation doit se ralentir d'autant jilus, que cette couche de gaz aqueux devient plus épaisse. Le gaz aqueux met obstacle à l'évaporation, tant par sa pesanteur que par son inertie, c'est-à-dire par la résistance que tout corps en repos o|)pose à ceux qui veulent le mettre eu mouvement. L'air est donc plutôt un obsla le qu'une circonstance favuratile à l'évaporation, parce qu'il laisse occupé l'espace dans lequel le gaz a jueux se répan diait. C'est ce qui ex,dique po rquoi cette opération a lieu d'une manière b en jilus rapide sur de hautes montagnes, dans un air plusr.irélié, où le gaz a |ueux trouve davantage d'espace pour s'étendre. En généial, l'évaporat on augmente dans la même proportion que la pres.-ion de l'air diminue, de manière que, d'aiirès Daniel! , elle est doublée quaii 1 la pression se trouve réduite à moitié; dans le vide, elle s'opère avec la rapidité du boulet lancé par une pièce de canon.

L'évaporation doit refroidir la surface qui lui sert de point de départ, qu lique l'ascension de l'eau sous la forme de gaz ne .^oit déterminée que parla chaleur de cette surface. En ell'et, quand une surfice aciueuse s'évajiore, par exemple, à -|- 15 degrés, dans de l'air sec, c'est-à-dire daus?4e l'air ijui nq

EVA

EVA

contient pas déjà du gaz aqueux, le premier gaz s'élève avec la tension dont l'eau jouit à -f la degrés. Mais, pour passer à l'élat de gaz, l'eau est obligée d'absorijer du calori- (jue, et par là do refroidir la surface de laquelle elle s'élève sous forme de gaz. Si ce refroidissement était d'un demi-degré , l'eau restante serait à -f l'i' ly- degrés, elle s'évaporerait avec la tensi0!î qui appartient k ce degré de chaleur. Que le gaz nouvellement formé vienne à être enlevé en même temps, l'évaporalion devient d'autant plus rapide, et le refroidissement d'autant plus considérable proportionnellement, parce que laclialeur qu'a perdue l'eau ne peut point lui être restituée avec la même promptitude par l'air et les corps voisins. 11 résulte de là qu'à de basses températures, l'air étant sec, l'eau peut se refroidir, par l'évaporalion, jusqu'au point de se congeler, et que l'éther, le sullide carbonique et autres corps très-volatils produisent de même, en été, un degré de froid beaucoup plus considérable encore. Ainsi, toute surface qui s'évapore doit avoir une température plus basse que les corps voisins, et cela d'autant plus que l'évaporalion a lieu d'une manière plus rapide , et que le calorique est moins complètement restitué par les corps situés aux alentours.

De tout ce qui précède, on doit conclure que l'humidité atmosphérique ne dépend point de la faculté dissolvante de l'air, mais que l'eau contenue dans l'atmosphère est un véritable gaz aqueux, qui, l'air étant même absent, entourerait la terre en quantité invariable à chaque température donnée.

Puisque je parle ici de gaz, je dois rappeler qu'un gaz diffère d'une vapeur, en ce que celle-ci est un gaz précipité dans l'air, au milieu duquel la matière qui le constituait voltige dans un état de division extrême , sous la forme d'une fumée opaque. Il importe donc de ne pas confondre les gaz non permanents avec les vapeurs, quoique certains auteurs considèrent mal à propos ces deux mots comme synonymes.

Le gaz aqueux a, comme tous les autres gaz, une tendance continuelle à se mêler avec d'autres substances gazeuses. De là vient qu'il se répand partout dans l'air, de sorte que la pesanteur de l'atmosphère ne met obstacle à l'évaporalion qu'en rendant l'expansion du gaz aqueux plus difïïcile. L'évaporalion ne peut point être empêchée par la pression d'un gaz autre que le gaz aqueux lui-même, ou en général par le nouveau gaz auquel l'évaporalion elle-même donne naissance, '^''oilà pourquoi elle s'opère d'autant plus rapidement qu'il y a moins de gaz aqueux contenu dans l'air, et qu'elle cesse à peu près entièrement lorsque celui-ci renferme autant de gaz qu'il peut en contenir à la température de la surface par laquelle l'évaporalion a lieu.

T(jut ce que nous avons dit de l'eau s'applique aussi aux autres corps volatils, comme l'étlier, l'alcool, le soufre, le phosphore, l'acide sulfurique, le mercure, etc., quoique l'évaporalion soit si peu considérable, dans ces

derniers corps, qui jouissent d'une volatilité moins grande, qu'on peut la considérer comme nulle à la température ordinaire de l'air.

Lorsque de l'eau ou tout autre liquide volatil s'évc.pore, et que le gaz c[ui s'en dégage se môle avec l'air, le poids du mélange gazéifbrme augmente d'une quantité égale au poids du gaz non permanent ajouté ; d'où il suit que celui-ci doit alors supporter une colonne de mercure d'autant plus élevée. On peut aisément s'en convaincre par une expérience fort simple: que l'on courbe un tube de verre d'un huitième à un quart de pouce de diamètre , de manière à lui donner la forme d'un siphon; ciu'on ferme l'une de ses extrémités à la lami)e de l'émailleur, qu'on verse ensuite dans l'autre assez de mercure pour que le métal s'élève un peu au-dessus du milieu de la branche ; puis, qu'en inclinant celle-ci on fasse sortir de l'autre assez d'air pour que le mercure soit à la même hauteur dans toutes les deux ciuaud on redresse le siphon ; cela fait, qu'on attache à l'extrémité d'un fil d'archal recuit un petit morceau d'épongé fine imbibée d'un liquide volatil quelconque, comme eau, alcool ou éther, et qu'on porte cette éponge, à travers le mercure , dans la branche fermée, oii on la laisse quelques instants : le liquide s'y évapore jusqu'à ce qu'il y en ail assez qui ait pris la forme gazeuse pour fournir la quantité de gaz susceptible de se maintenir à la température du moment ; qu'on retire ensuite le fil avec l'éponge, et l'cm trouve le mercure plus élevé dans la branche ouverte que dans l'autre. Lorsqu'on opère sur de l'eau, ce surcroît d'élévation ne çlépasse point une ou deux lignes à la température ordinaire de l'atmosphère , mais il est plus considérable pour l'alcool, et va même jusqu'à deux pouces pour l'éther.

Si, variant l'expérience, on remplit plusieurs tubes barométriques de mercure, et qu'on les renverse les uns auprès des autres dans un vase rempli du même métal, on trouve (lorsque, avant qu'on versât le mercure, l'un de ces tubes était bien sec et les autres mouillés, l'un avec de l'eau, le second avec de l'alcool, le troisième avec de l'éther) que le métal s'y tient à des hauteurs inégales dans tous, et que celui dans lequel il s'élève le moins est celui oîi il offrait la hauteur la plus considérable dans l'expérience précédente. Mais la cause est la même dans les deux cas : dans le premier, la pesanteur du gaz non permanent soulève une colonne de mercure jusqu'à une certaine hauteur ; dans le second, au contraire, la pesanteur de ce gaz supplée à une colonne de mercure d'égale hauteur, pour faire équilibre à l'atmosphère. On se sert de la hauteur de la colonne de mercure })Our mesurer la tendance des liquides volatils à prendre la forme de gaz, et on appelle celte tendance leur force d'c.rpansion ou leur tension. Ainsi, par exem;>le, on dit que la tension de l'eau s'élève à -f 15 degrés à ^ pouce, ou plus exactement à 1-2,837 millimètres, parce qu'à cette température le gaz

711 EVA

aqueux supporte une colonne do mercure de cetto liiuiU'ur.

Si nous venons h l'cxomplo précité du siplion, l't ([uo nous nous lij^uiions lu vorro do s;i hiaiH'lie IVtinéo jnant la l'acuité de se distendre, le mercure devrait Ijaisser dans la branche béante, tandis ([ue l'air au!;uuMitorait de volume dans l'auhv, par l'addilion du gaz aqueux. Mais lorsi|u'ou connaît la force d'expansion ou la tension du Ii(piitlo évaporé, il est facile de calculer de combien l'air se trouve distendu par le nuMango de celui-ci, parce que la somme des tensions do tous deux fait équilibre à la i)ression de l'atmosphère, c'est-à-dire doit être égale à la hauteur barométrique à kuiuolle on fait l'expérience. Supposons que nous fassions évaporer dans de l'air h 7(5 centimètres de hauteur barométrique un liquide dont la tension soit de 38 centiuièlies, la somme des tensions de tous deux est de l,l'i- mètre, tant qu'ils sont renfermés ; mais accpnèrent-ils la liberté de s'étendre, leur volume augmente jusqu'à ce que leur tension commune soit de 70 cenliuiètres. Mais alors le volume de l'air est doublé, de manière que sa tension n'équivaut qu'à 38 centimètres, c'est-à-dire que le volume du gaz ajouté était égal à celui de l'air. Si, au contraire, la tension du liquide est de 19 centimètres, il faut que l'air se dilate jusqu'à ce que sa tension soit de 57 centimètres, c'est-à-dire que son volume augluenle d'un quart; car 19 : 70 :: 1 : 4, et le volume du gaz nouvellement formé fait le quart du volume de l'air. Enfin, si la tension du liquide était de 72 centimètres (telle, par exemple, que celle de l'éther près de son point d'ébuUition), il faudrait que l'air se dilatât jusqu'à ce que sa tension fût seulement encore de 4 centimètres, c'est-à-dire que son volume se multipliât dix.-neuf fois ; car 4. : 76 :: 1 : 19.

La tension de tous les liquides volatils est la môme (c'est-à-dire égale à la hauteur du baromètre ) au degré de l'ébullition ; et comme tons les gaz sont dilatés d'une manière uniforme par le caloricpe, on devrait croire qu'à un pareil nombre de degrés audessus du terme de l'ébullition leur tension augmente uniformément aussi. La môme chose devrait avoir lieu également pour la diminution de leur tension au-dessous de ce terme, de sorte qu'elle fût la môme pour tous les liquides volatils , à un môme nombre de degrés au-dessous du point où ils commencent à bouillir. Ainsi, par exemple, l'eau bout à -f 100 degrés, l'alcool à 78, et l'éther à -f 35 : donc l'eau à -[- 80 degrés, l'alcool à -j- 58, et l'éther à ■\- 15, devraient avoir la même tension, tous trois se trouvant alors refroidis de 20 degrés -au-dessous du terme de l'ébullition. Des expériences faites par Ure et Despretz ne conlirment pas cette opinion de quelques chimistes.

La manière dont un gaz non permanent se comporte lorsqu'il se répand dans l'air atmosphérique est aussi celle dont il se comporte en se répandant au milieu d'un autiu gaz non permanent. Voilà pourquoi, en distillant

EVA

deux liquides môles, mais non combinés enseud)le, on peut, quand on connaît h» point au(iu(<l tous deux cnlreut en éhullition, déternuncr <ravan('e (piel est le volume relatif de clia('un ipii pass(! à l'élal de ga/,; et quand on sait en outre (pielle est la ji 'santeur spécifique do leurs ga/, on peut môme calculer d'avanie la quantité relativ(> en poids que la distillation l'uurnira de chacun : il sullit, pour cela, de uuiltiplier la tension de cha([uo liquide au degré (l'ébullition du mélange par la pesanteur spécifique de son gaz.

L'eau perd de sa tendance à s'évaporer, c'est-à-dire de sa force expansive ou de sa tension, lorsqu'elle tient d'autres corps en dissolution; et elle exige alors, pour entrer en ébullition, une température d'autant plus élevée, que son affinité pour les substances dissoutes est jjIus consiclérable. Elle a bien, dans cette circonstance, une tension égale à celle de l'eau jjure, à un pareil nombre de degrés au-dessous du point de l'élndlition ; mais cette tension change par l'évaporation de l'eau et la quantité relative des substances dissoutes : de manière que continuellement elle devient de plus en plus faible, et que le degré d'ébuUition s'élève d'autant plus que le liquide se concentre davantage. Lorsqu'enhn ce liqtdde est complètement saturé des substances qu'il tient en dissolution, la tension et le point d'ébuUition demeurent invariables. Ainsi, par exemple, une dissolution saturée de sel marin bout à -|- 109 degrés, et une dissolution également saturée de nitreà -f 115 2/3. Certains corps s'unissent à l'eau avec une telle force, que sa tension devient égale à zéro; mais cet effet n'a lieu que quand l'eau entre en combinaison chimique avec les acides forts ou avec les bases fortes.

Le gaz aqueux contenu dans l'air, ou l'humidité atmosphérique, peut varier par une infinité de circonstances. Ainsi cotte humidité varie suivant la nature du pays : elle est plus considérable sur les bords de la mer et dans le voisinage des grands lacs, moindre sur les continents et lorsqu'il a été longtemps sans pleuvoir. Ses variations dépendent principalement de la température : lorsque celle-ci diminue dans un air contenant autant de gaz aqueux qu'il peut eu admettre à ce degré de chaleur, c'est-à-dire saturé d'humidité, une partie du gaz aqueux perd sa forme gazeuse, se précipite et se convertit en vapeurs ; la transparence de l'air se trouve troublée par là, et il devient p-lus ou moins opaque et nébuleux, suivant que la quantité d'eau précipitée qu'il tient en suspension est plus ou moins considérable.

Ainsi, par exemple, lorsqu'on hiver, par un froid très-vif, on ouvre une porte, l'air froid du dehors se précipite dans la chambre, avec l'air plus chaud de laquelle il se môle, et un nuage se fait apercevoir dans l'appartement, si le soleil y a accès. Ce nuage n'est autre chose que là vapeur aqueuse qui se précipite de l'air plus chaud de la chambre, quand celui-ci vil lit à être rafraîchi par l'air du dehors. On obsoi've rarement ce phénomène dans les froids ordinaires , parce que l'air

EVA

EVA

extérieur s pcnauffe sur-le-champ jusqu'au degri'- (jui pcniint au gaz aqueux do se miintenir. ha mCiue cause fait que l'air expiré prend la forme d'un nuage on hiver, et non point en été; car le froid de l'hiver précipite le gaz aqueux qui, dans l'expiration, s'exhale de la surface interne des poumons ; tandis qu'en été ce gaz demeure à l'étit galeux et se répand dans l'air extérieur, qui est plus chaud. Cependant, lorsque celui-ci e>t déjà saturé d'humidité, coiume il arrive pendant ou immédiatement avant une pluie, on peut souvent apercevoir la vapeur de l'haleine, même à une température de -f 18 et -f 20 degrés, quoifju'elle soit beaucoup moins sensible qu'elle ne l'est en hiver.

Quand on [lace un cor|)s très-froid dans de l'air chaud, il se couvre d'eau, qu'il précipite de l'atmosphère, en refroidissant les couches d'air qui l'entouient et soustrayant le calorique au gaz aqueux qui s'y trouve contenu. C'est ce (jue nous voyons sur une bouteille qui vient d'être remplie d'eau fraîche, et en hiver sur les vitres de nos croisées. L'air de nos appartements a ordinairement une température de -}- 18à -f 20 degrés, et contient en môme temps beaucoup de j^az provenant de notre res|)iration et de notre transpiration; mais cet air est continuellement refroidi en hiver par les vitres des croisées , sur lesquelles , par conséquent , l'eau se précii'ile el se convertit en glace si le fioid est assez considérable. Si l'air di' la chambre est très-sec, les carreaux ne gèlent point, même quand il y a une grande ditférence entre la température du dehors et celle du dedans; mais qu'on porie dans la chambre un vase pie n d'eau chaude, par l'évaiioration de laqui lie l'air se sature complètement de gaz aqueux, les vitres commencent à se geler au boui de quelques minutes.

L'humidité de l'air varie aussi en raison des animaux et des plantes, dont les exhalations continuelles l'augmentent. Elle varie également en raison de diil'érents sels et d'une foule d'autres corps situés à la surface de la terre, qui , par leur affinité pour l'eau, la précipitent de l'air, où elle était disséminée sous forme de gaz, et diminuent ainsi l'humidité atmosphérique.

La propriété qu'ont les corps poreux d'admettre et de comprimer des substances gazeuses dms leurs interstices, se manifeste d'une man ère bien plus sensible dans le gaz aqueux interposé au milieu d 'S molécules de l'air, que dans les gaz permanents. L'eau est condensée par eux en quruitilé considérable, et c'est pourquoi nous disons que ces corps absorbent l'humidité. Si on les chaulfe ensuite dans une petite cornue de verre ou dans un tub; de verre souillé en boule à l'une de ses extrém tés, ils rendent l'eau, qui se dépose en gouttelettes sur la partie la moins ecliautfée du tube. 11 suit de la (|ue des corps dont les pores s ml trop larges pour leur permettre d absorber une quantité noiabl.î de gaz |)ermaneiils condensent cependant ceux qui ne sont i)as permanents, et (jue des corps pulvéryleuts qu'où laisse

exposés pendant quelques heures à l'air, même sec, dimnent di-s gouttes d'eau lorsqu'on vient ensuite à les faire chauffer dans une cornue ou un tube de verre. Retirés de l'appareil et laissés de nouveau à l'air, ils en attirent encore l'humidité, comme auparavant. La quantité d'eau condensée de cette manier ' varie suivant la nature des cor[)s et l'humidité plus ou moins grande de l'atmosphère. 11 se condense davantage de gaz aqui'ux dans un air humide, et quand celuici redevient plus sec, il reprend de nouveau une partie du gaz qui s'était condensé d'abord. C'est pour cette raison qu'il est trèsditticile de peser des corps pulvérulents pour des 0 érations délicates de chimie , parce que, même quand on a eu soin de les priver d'eau en les faisant rougir, ils condensent, pendant la pesée, assez de cille qui est contenue dans l'air pour que cette quantité j)uisse intluer sur le résultat de l'exiiérience. Aussi doit-on ê re convaincu qu'il ne faut jamais peser de poudres dans un air humide, lorsqu'on veut entreprendre des recherches où 1'. xacti ude est nécessaire.

L'art d'évaluer la quantité d'eau contenue dans l'air porte le nom û'hyqrométrie, et les instruments dont on se sert à cet effet sont appelés hijgrom '1res. D'après ce qui a été dit précédemment, l'humidité atmosphérique est Iiropoitionnelle à la température; de manière (lu'avec la même quantité de gaz aqueux qui lui imprime le maximum d'humid.té à -f 5 degri'S, par exemple, l'air |)eut être parfaitement sec h -i-20 degrés. L'hygromètre sert à rious indiquer h quel degré de chaleur l'air aui'ait acquis son m iximum d'humidité avec la quan ité de gaz aqueux qu'il contient; ou, pour s'exprimer dune manière plus précise, à quelle tension de t;^mpérature correspond son contenu en gazajueux; j3ar conséquent de combien il peut se refroidir sans déposer rien de son eau, ou combien de gaz aqueux il peut absorber encore, indépendamment de celui qu'il contenait déjà.

Maintenant, pour trouver à quel degré de température correspond la quantité d'eau contenue dansl atmosphère, on remplit d'eau un cylindre allongé de verre : s'il se dépose de Ihumidité à la surface du verre, on le vide, on l'essuie bien à l'extérieur, et on y verse de nouvelle eau ; de l'humidité se dépose-t-elle encore à sa surface, on le vide une seconde fois, [luis on l'essuie en dehors, et l'on recommence ainsi jusqu'à ce qu'il cesse de s'humecter à la surface, après avoir été rempli d'e lu. Alors on examine la température de l'eau, qui fait connaître à quel degré de chaleur l'air serait saturé par la quantité d'eau qu'il contient ; cherchant ensui'e ce degré de cluleursur les tables dressées ad hoc, on trouve la tension du gaz aqueux exprimée par la hauteur de la colonne de mercure qu'il serait en état de porter.

Une autre luétho e plus |)récise el plus facile dedéteniiiiier la quantité d'eau que l'air contient, consiste à prendre une boule de thermomèlre en acier ou eu argent, à la faire

EVA

EVA

bien polir on dohors, ot h y adapter parl'aiteuuMit un tuho de llioniirtiuètro do longueur convenabk'. On oaiplil l'instrument, d'a[)rès le (irocédi^ ordinaire, de mercure, ou, si la boule est on argent, d'alcool coloré. Veuton savoir quelle (juantité d'eau l'air contient, on prend de l'eau froide, ou, si l'on ne jieut pas s'en procure^' qui le soit assez, on fait un mélange de sel aiumoniac et d'eau ou de neige : on entoure ensuite la boule du thermomètre d'un étui en tall'elas ciré impénétrable à l'eau, et on la plonge dans l'eau froide; à chaque fois que le thermomètre baisse d'un ou deux degrés, on le retire do son étui, pour voir si la boule se couvre d'humidité : on finit par arriver de cette manière à un point où la boule, quand on la retire, se couvre d'une vapeur qui ne tarde pas à disparaître; on s'assure du degré auquel ce phénomène arrive, et, au moyen de la table, il sert à faire connaître la tension de l'eau atmosphérique. Plus la différence entre la temjéralure extérieure et le degré de chaleur auquel on arrive ainsi est grande, p!us aussi l'air est sec, et vice vcjsa. Si, par exemple, la température de l'air est de -f 20 degrés, mais que Ihygromètre se couvre seulement d'humidité lorsqu'il est refroidi jusqu'à -j- 8 degrés, il s'ensuit que l'air pourrait être refroidi de -f 12 degrés avant de déposer aucune parcelle d'eau, et que toute évaporalion devrait s'y faire avec une force égale à la ditlérence entre la tension de l'eau à -|- 8 degrés et celle dont elle Jouit à -}- 20 degrés.

Daniell a imagmé un hygromètre fort commode, qui consiste en un cryophore, dans lequel on met de l'éther au lieu d'eau, et dans l'une des deux branches duqujjl se trouve un petit thermomètre. La boule de ce dernier est oblougue, et enfoncée jusqu'à moitié au-dessous de la surface de l'éther. Si l'on refroidit la boule du cryo[ihore avec de la glace , ou, dans l'été, en l'entourant d'une mousseline qu'on imbibe d'éther, il résulte delà que l'éther s'évapore tlans l'autre boule, qui se refroidit et commence à se couvrir extérieurement de vapeur aqueuse. Le thermomètre intérieur indique alors la température de la boule.

Il existe encore, pour déterminer l'humidité atmosphérique, divers autres instruments, dont la construction repose sur des pruicipes tout ditférenis, et qui donnent des résultats beaucoup plus incomplets. On les désigne sous ie nom général d'hygroscopes, parce qu'ils n'indiquent le degré de sécheresse de l'air que d'une manière approximative. Tels sont l'hygronièire à cheveu de Saussure, l'hygromètre à baleine de Deluc, ot ceux qu'on f.iit soit avec une corde à boyau , soit avec une planchette de sa[)in. Tous sont fondés sur ce (|ue hs corps qu'on emploie pour les fabriquer attirent, suivant le degré d'humidité do l'atmosphère, une quantité d'eau plus ou moins considérable, qui les oblig(! à se dilater ou à se resserrer sur eux-mêmes.

L'hygromètre de Saussure se distingue

DiCTIONN. DE CuiMIli:.

des autres par sa commoaitû et par l'exactitude des résultats (|u'il fournit. (Cependant il ne fait pas connaître, comme la méthode précédente, la (|naniité tolale du gaz aqueux contenue dans l'air, mais seulement la se cheresso relative do ce dernier; c'est-à-dirô qu'il indi(]ue do combien l'air est éloigné de son maximum d'humidité à la température sous laquelle se fait l'observation.

(jay-Lussac est pourtant parvenu à cons truire une table dans laquelle les degrés de l'hygromètre à cheveu sont exprimés en ton siôns correspondantes du gaz aqueux.

Le thermohygromètre de Leslio se com pose de deux thermomètres à marche uniforme, de l'un desquels la boule est entourée d'un morceau de toile imbibée d'eau. Tous deux mar(|uent la même température dans l'air humide ; dans l'air sec, au contraire, celui qui est enveloppé descend d'autant plus, que la sécheresse est plus grande et la boule plus refroidie par l'évaporation. August a reproduit l'usage de cette méthode, et fait voir qu'elle procure des résultats aussi certains que l'hygromètre de Daniell : seulement la difl'érence de température entre la boule humide et la boule sèche n'est que la moitié de celle qu'indique l'instru ment de Daniell, ce qu'il faut rectifier en suite par le calcul.

Leslio a encore imaginé, pour mesurer la (juantité d'eau contenue dans l'air, un autre instrument qui consiste en une boule de grès poreux, à laquelle se trouve adapté un tube de verre gradué : on emplit cette boule d'eau distillée, par le tube, et on bouche ensuite celui-ci, afin que la hauteur de la colonne de liquide ne pèse pas sur les parois de la boule. Le grès poreux laisse alors suinter l'eau, de manière que la boule se maintient toujours humide à l'extérieur.

Plus l'air est sec, plus il s'évapore d'eau à la surface de la boule, et plus le liquide baisse rapidement dans le tube. Si l'air était dans un repos parfait autour de la boule, la rapidité de l'abaissement du liquide dans le tube serait en raison directe de la sécheresse de l'atmosphère, et l'instrument de-' viendrait un hygromètre; mais comme le mouvement de l'air favorise l'évaporation, cet instrument ne peut servir que |)our mesurer la force de cette deiniôre : c'^ st pourquoi Leslie lui a donné le nom d'atmomêtre.

La théorie de l'évaporation, si intéressante sous le rapport tant chimique que physique, est un résultat des recherches faites dans ces derniers temps. Leroy, qui souienait l'ofiinion que l'eau est dissoute dans l'air à la manière d'un corps soliile dissous dans l'eau, contribua beaucoup |)ar ses ox|iérieiices à répandre du jour sur ce point de doctrine. 11 se servit le premier d'un mélange ii'eau et de glace , qu'il remuait avec un thermomètre, afin de déterminer la température à laquelle la paroi externe du veire commence à se couvrir d'humidité. Deluc, (jui rejetait les vues de Leroy, croyait que l'eau contenue dans l'air s'y trouve réduite en ses élé-

Page 1