‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 133 sur 354 · EXT · texte numérisé non relu

EXT

ments d'une manière qui nous e,st inconnue, et qu'elle se reforme quand le ciel s'obsourcit et ([u'il commence à pleuvoir. Dalton prouva, par des expériences faites d'ans le vide barométrique, que la tension du gaz aqueux ne dépend pas de la présence de l'air, mais seulement de la température ; il détermina la tension de l'eau à diverses températures, et reconnut la plupart des lois qui président ïi l'évaporation des corps volatils. Ayant trouvé, par des expériences.

se réduit eu scories, et se sépare du sulfure métallique fondu, lequel se rassemble au fond du iourut-au, sous les scories. Après qu'on a débarrassé autant que possible le minerai de la gangue, on cherche à en séparer le soufre et l'aisenic : pour y parvenir, 6'tx la grillcj (pendant louj^temps, et sur la fn de l'opération oii éièvé cousidérableuient, ï^ chaleur; le soufre et l'arsenic s'échappent en grande partie, sous la forme d'acides sulfureux et arsénioux, et le métal reste à l'état

que la vapeur de l'éther a une tension égale d'oxyde. Il faut, pendant le grillage, ang-

à celle de l'eau, il conclut de là que tous les gaz non permanents doivent avoir la même tension relative. Mais cette assertion paraît ne point être exacte. Gay-Lussac, après avoir contîrmé les données de Dalton, a réduit en corps de système tout ce qu'on savait sur l'évaporation des corjjs volatils et sur leur tension à des températures inégales.

ÉXOSMOSE. Yoy. Endosmose.

EXPORTATION DES VINS. Voy. Vins.

EXTRACTION DES MÉTAUX. — Les métaux se rencontrent sous la surface de la terre, dans les montagnes, plus rarement dans les terrains sédimenteux, dans le sable des rivières ou dans le sol des lacs. Lorsqu'ils se présentent sous forme métallique et à l'état de pureté, ou les appelle natifs. Ce cas est rare. Ordinairement ils sont, comme on dit, minéralisés par l'oxygène, le soufre ou l'arsenic. Quelquefois on les trouve à l'état de sels. Les minéraux métallifères sont nommés minerais. Ils forment des couches Ou filons dans les montagnes, surtout dans les terrains primitifs et de transition, où ils sont séparés de la masse principale de la roche proprftnent dite, et mêlés avec presque toutes les espèces possibles de minéraux. Le minéral le plus abondant de la mine est appelé la gangue (mati ix) du minerai. La quantité du minerai n'est pas la même sur tous les points. Lorsque les minerais sont en liions, leur quantité est plus variable encore que quand ils conslituenl des couches, et la nature présente sous ce rapport des [>articularilés fort étranges, mais dont l'exposition serau déplacée ici.

Les métaux sont extraits des minerais par différents procédés, dimt voici le résumé. Si le minerai n'est pas pur, il faut en séparer la gangue, afin de ne pas augmenter iiuitilement les diilicultés de la fusiou du mi'tal. On casse donc le mineiai en morceaux, puis on le pulvérise ou boearde, ce qui s'exécute au moyeu de machines pariiculières. Ensuite, pour sé|iar8r les minerais des métaux rares de la gangue, on a recours au lavage à grande eau, c est-à-dire qu'on enlève avec l'eau les particules aela roche, qui sont plus légères, tandis quecellesdu minerai, qui sont plus pesantes, restent. Quelques minerais qui contiennent des sulfures ou des arséniures,dont la pesanteur n'est pas beaucoup plus considérable que celle de la gangue, et qu'on ne pourrait pai- conséquent soumettre au laviige sans éprouver une grande perte, sont ordinairement mis en fusion à l'aide de minéfdux très-fusibles j ce qui l'ail que la roche

monter la chaleur par degrés, alin que le minerai n'entre point en fusion, et quelques minerais exigent que l'on répète cette opération. Le grillagea lieu, soit dans îles fourneaux particuliers, soit en tas qu'on élève à l'air libre, sur iine base de bois à brûler.

Le minerai grillé est réduit dans un fourneau construit exprès poiir cet usage. Après l'avoir mêlé avec des sulistauces appelées llux, on l'y dépose [)ar couches avec du charbon. Les flux servent à faciliter la fonte des jiortions de gangue encore adhérentes, et à dissoudre l'oxyde de fer,,qu.' tous les minerais contiennent, quelques-uns en grande quantité, ils produisent un verre particulier, opaque et très-coulant, qu'on appelle scorie. La chaleur est accrue dans ces fourneaux par un fort tirage ou par des soutllets. L'oxyde métallique se trouve réduit par le charbon, et il sedég.ige du gaz oxyde carbonique et du gaz acide carbonique, dont le premier brûle avec une grande flamme d'un bleu rouge;\tre, à l'oriûce du fourneau. Le métal réduit, qui se rassemble au fond du foui'neau, sous les scories, est rarement pur; il contient d'autres métaux, même du carbone , que le charbon lui a communiqué au moment de la réduction. La scorie fondue, qui couvre sa surface, l'empêche de s'oxyder dans le fourneau. Celui-ci est disposé de manière qu'on l)eut laisser écouler e,t la scorie et le métal, chacun à part, à mesure qu'ils s'accumulent.

Quant à la purilication de la masse métallique ainsi obtenue, elle varie pour chaque métal. .

Quelques métaux n'ont pas besoin de toutes les opérations qui viennent d'être décrites, et d'autres exigent qu'on leur fasse subir certaines moditications.

L'art de déterminer en parlie la quantité de métal qui se trouve dans un unnerai, ainsi que les phénomènes qui doivent se présenter quand on le traite en grand , porte It nom de docimasie. On le partage en docimasie par la voie sèche, et docimasie parla voie humide. La première consiste à imiter en petit les opérations qu'on exécute en grand sur le minerai. L'éehantillon qu'on prend pour cela doit, autant que possible, être choisi, d'après ses caractères extérieurs, dans im minerai de moyenne qualité, ou se composer de morceaux pris sur diflerents points, et que l'on mêle bien ensemble. On le concasse, on le pèse, et on enlève la gangue par le lavage dans un vaisseau approprié. Alors on le fait sécher, et on le pèse de nouveau; la perte qu'il a subie fait connaître la quantité

FAH

FAM

7fiO

do sjanguo. Cela l'ait, on î,'Hlle lo minerai, en lo n-inûant tinijours dans un petit tôt, (ipi^ration (|ii'()i! exécute ordinairement dans un fourneau î» moulle, afiii de laisser un libre acri^s à l'air, sans ([u'il puisse tolnb(^r ni cendre ni ponssièri* dans la masse,. D'abord on couvre le tlH, atin (pi'il ne se perd(> l'ien par la décré|)itation ù huiuello donne lieu la première action de la chaleur. Ensuite on continue le grillaj^e tant qu'on remaniue encore un changement dans le poids du minerai. On note la perle que celui-ci a éprouvée; puis on lo môle avec de la poudre de charbon et un llux, et on l'expose, dans un creuset, à la chaleur nécessaire pour le réduire. La substance dont on se sert de préférence, à titre de llux, est la potasse chargée de charbon, que l'on obtient en faisant détoner un mélange de deux parties de tartre cru et d'une partie de nitre. C'est ce qu'on appelle flux noir, auquel on ajoiite comuiunémoit, dans les essais, un peu de sel marin, pour le rendre plus fusible. L'alcali concourt ici à la réduction, principalement en ce qu'une portion du potassium se dégage sous la forme de vapeurs, et réduit les parties de l'oxyde qui, sans lui, resteraient dans le même état, faute d'être en contact parfait avec le charbon. Lorsque l'essai a été bien fait, le flux présente une surface unie après le refroidissement, et on ne trouve au fond qu'un seul culot métallique, qu'on pèse après l'avoir débarrassé des scories. Il est presque inutile de dire que l'on doit employer, dans ces opérations, de bonnes balances bien sensibles. Une règle dont on ne doit jamais s'écarter dans ces sortes d'opérations, c'est de soumettre toujours le même minerai à deux essais successifs : si tous deux donnent le même résultat, ils sont exacts, sans quoi il faut recourir de nouveau à un troisième, pour savoir quel est celui sur lequel on peut compter.

Les métaux sont-ils simples? L'état actuel de nos connaissances ne nous permet pas de résoudre formellement ce problème, et nous ne pouvons que hasarder des conjectures à son égard. Un des corps que Berzelius range parmi les métaux, l'ammonium, est manifestement composé d'azote et d'hydrogène, et sa raétallisation par l'action de l'électricité semble indiquer que l'idée d'un métal composé n'est point une chose absurde. L'ammonium, comme métal composé, joue, par rapport

aux métaux simples, le môme rôle qu(î le cyanogène, comme corps halogène composé, à l'é-sard du chlore, du brome et des autres corps halogènes simples. Ce qui rend la simpliiilé (les autres métaux douteuse, c'est (pi'ils pai'aissent naître, dans la nature organi(iuo, de substan(;es dans lesquelles on n'a I)u jusqu'à présent on découvrir aucune trace.

Plusieurs physiciens, ' tels que Schrader, Braconnot, Grci'lf, ont semé des grain(>s, par exemple, de cresson, dans diverses poudres, dans des fleurs de soufre, de l'acide silicique pur, de ro.xyde plombique, de la cendrée de plomb, etc., corps dont nous considérons la composition comme parfaitement connue. On arrosa les graines avec de l'eau distillée. Elles gennèrenl, et ces plantes continuèrent à végéter; en les coupant de temps en temps, on parvint à s'en procurer une assez grande quantité, que l'on fit sécher et qu'on réduisit en cendres. Un seul gros de ces graines donna assez de végétaux pour que leurs cendres s'élevassent à plusieurs gros. Ces cendres contenaient les mômes alcalis, terres ou sels qu'on trouve dans celles de la même plante, qui croit en plein air, par exemple, de l'acide silicique, de l'alumine, du phosphate et du carbonate calciques, du carbonate magnésique , du sulfate et du carbonate potassiques, de l'oxyde ferrique. Comme ces substances n'existaient ni dans la poudre servant de sol à la plante, ni dans l'eau employée pour l'arroser, et qu'elles ne se trouvent pas non plus, que nous sachions, dans l'ai*, il ne reste d'autre manière d'expliquer leur présence dans la plante que d admettre qu'elles ont été tirées, pendant l'acte de la végétation, des matières dont la plante était entourée, c'est-à-dire de l'air, de l'eau et du corps pulvérulent destiné à la soutenir. Mais comme nous croyons connaître la composition de ces matières, il semble qu'on pouiraît être conduit par là à conjecturer que les ditlérents corps trouvés dans la cendre, c'est-àdire la potasse, la chaux, la magnésie, l'alumine, 1 oxyde ferrique, l'acide silicique, l'acide sulfurique et l'acide phosphorique, sont composés d'élémejits communs à tous. Il ne faut pas toutefois considérer cette hypothèse comme une vérité démontrée.

EXTRAIT de Saturne ou de Goulard. Voy.

Acétate de plomb.

FABRICATION DU VERRE. Voy. Verue.

FABRICATION DE LA SOUDE au moyen dji sel commun, et son iraporiance poui' le c'otamerce et l'industrie. V- SounE, sub fine.

FALSIFICATIONS par le plAtrc V. I'latre.

FALSIFICATIONS et altérations du iail.

Yoy. Lait.

FAMILLES {Minéralogie). ■ ■ Les espèces se réunissent en genres, les genres se groujfent en familles. Pour former les familles,

il faut, suivant le principe général des classifications naturelles, rapprocher les genres qui ont entre eux le plus (l'analogie. Ôr, si , pour la formation des espèces et des genres, on n'a pu cmiilOyer les projtriétés physiques, il est clair qu'on pourra encoi'e mo.ns s'en servir pour rétablissement des familles : donc il faut recourii' à des caractères chimiques, et ces caractères entraînent nécessairement un principe commun dans les genres,

FAM

FAM

puisqu'il serait impossible de comparer chimiquement des corps complètement dilférents par la nature de leurs éléments. Mais il se présente ici des didicultés de diff-rents genres : d'abord, si l'on vient à imaijiner de réunir les genres en familles d'après l'élément électro-négatif seul, on ne peut arriver à rien ; en effet il ne peut pas exister deux genres de comjiosés qui aient le même principe éleciro-négatif, puisqu'ils n'en formeraient réellement qu'un seul ; d'oii il suit que tout ce que l'on pourrait faire alors serait de réunir certains composés auprès de l'élément qui joue en eux le rôle électro-négatif; c'est-à-dire réunir, par exemple, les sulfures avec le soufre, les arséniures avec l'arsenic, les antimoniures avec l'antimoine, les telluriures avec le tellure, les hydrargures avec le mercure, etc. Tous les genres de selsresteraientnécessairementisolés,àmoius qu'on ne les plaçât à la suite de leur acide, auquel cas il faudrait démembrer le genre formé par la réunion des corps oxygénés (oxydes et acides), ce qui est un autre inconvénient , et encore ne formerait-on jamais que des couples de genres ; or, il est évident que ce ne sont pas de tels petits groupes, qui ne pourraient jamais s'étendre quels que soient les progrès de la science, que l'on peut regarder comme des familles, et comparer aux familles naturelles des autres règnes.

On n'est pas plus avancé si l'on imagine, par suite de ces difficultés, de prendre les corps électro-positifs pour bases des diverses sortes de réunions. En effet, il faut d'abord changer les genres, qui dès lors n'offrent plus, comme nous l'avons fait voir, rien qui puisse les faire regarder comme naturels; et ce changement absurde étant fait, on retombe sur des difficultés plus grandes encore que les précédentes, car on ne trouve alors que des génies isolés, qu'il est impossible, dans laplupart des cas, de réunir même deux à deux.

C'est donc nécessairement d'une autre manière qu'il faut former les familles, et d'abord rejeter l'idée d'un principe unique, déterminé a priori, j)our base de la réunion des genres ; il faut se borner seulement à admettre un principe chimique commun , sans spéciher qu'il soit électro-positif ou électro-négatif, et le prendre seulement de telle manière qu'il y ait le plus d'analogie possible entre les genres qu"on réunit. Or, voici comment on est conduit. Le soufre et les sulfures vont parfaitement ensemble ; c'est un corps simple, puis le même corps faisant fonction de principe électro- négatif. Après ces deux genres se présentent naturellement les sulfates, qui renferment un principe commun aux deux autres, et offrent par cela môme un caractère chimique facile à saisir, qui ont du reste de l'analogie avec les sulfures, [luisque chacun d'eux peut être considéré comme un sulfure oxydé ; il serait d'ailleurs impossible de trouver une autre place à ce genre, car auprès de quelque autre qu'onpuisselemettie, il n'aura

jamais avec lui la moindre des analogies qu'il peut avoir avec les précédents. Mais les sulfates entraînent nécessairement l'acide sulfurique auprès d'eux, et par suite Vacide sul' fureiix,de sorte qu'en délinitive on groupera naturellement ensemble le soufre, les sulfures, Vacide sulfureux, Vacide sulfurique et ]cs sulfates ; cette réunion de toutes les substances qui renferment du soufre, et où ce corps est tantôt électro-négatif, tantôt électro-positif, a l'avantage de pouvoir ôtie assez nettement caractérisée pour qu'on ne puisse jamais errer dans l'ajjplication du caractère à la reconnaissance des corps qui lui appartiennent.

En faisant des raisonnements analogues, on trouve à réunir ensemble le carbone, les carbures, Vacide carbonique, les carbonates et les carbonites ; Varsenic, les arséniures, Vacide arsénicux, les arse'niates et arsénites ; la silice et les silicates ; Voxyde tilanique, les titanates et silicio-titanates, etc., etc. Le seul inconvénient réel de ces sortes de réunions est le démembrement du genre formé par les corps oxydés, qui est en quelque sorte forcé, et qui, une fois commencé, paraît devoir être continué, puisqu'il serait ridicule de laisser subsister un reste de genre. C'est sans doute un résultat fâcheux, beaucoup moins cependant qu'on ne pourrait le croire au premier abord, parce que ce genre oxyde est presque impossible à caractériser ; mais en voulant l'éviter, on tombe dans un inconvénient plus grave encoi'e. En effet, pour être conséquent, il n'y a alors d'autre parti à prendre que de former un groupe de corps simples, un groupe de composés non oxygénés, un groupe de corps oxygénés simples, et un groupe de sels comprenant les hydiates. Or, non-seulement ce serait alors la méthode la plus artihcielle possible ; mais encore, si l'on était forcé d'admettre de tels groupes, il serait impossible de les caractériser d'une manière générale.

Etant ainsi conduit à classer les corps oxydés auprès de leur élément électio-pooatif, on doit leur annexer nécessairement les oxydes hydratés, qui ont chacun plus d'aialogie avec l'oxyde anhydre qu'i.s n'en ont entre eux ; par conséquent, il faut aussi démembrer le genre hydrate ; mais à cet égard nous dirons que si l'on conservait un genre hydrate dans la méthode, il faudrait de toute nécessité y placer les sels hydratés ; or, ces sels se trouveraient alors réparés des mômes sels à l'état anhydre, avec lesquels cependant ils ont plus d'analogie qu'ils n'en ont entre eux. Ce dernier inconvé.ient nous paraît assez grave pour que, dans tout état de cause, on rejette le genre hydrate.

On voit, d'après cette discussion, que la réunion des genres en familles présents de grandes difûcultés; mais qu'on ne croie pas qu'elles tiennent à l'état actuel de la science, ou à ce qu'on n'a pas encore trouvé la véritable manière de l'envisager ; elles ont une tout autre cause, et quels que soient les progrès de la minéralogie, quelles que soient les considérations auxquelles on puisse se

Page 1