AIR
iiirocli^s pjirlos niassos de (U'hiis oijj;aiU(|iios, nliaiidoiinivs jusiiii'ici ii toutes les altr'i>ili(jns siiontaïu'-os ([u'oiigciuli'i! ou lavoiiso lo coiifours (le la (Mialeui- et de l'iHMuidilù.
Outre les éiuaualious tles uiatières oi'i^aniqut's eapables de virier l'air aliuosphéricjuo liliie et 1 ail' couliiu'-, eelui-ci }>eul devenir insalubre, asphyxiant, vénéneux ou cxplosit' par iliverscs causes locales, luitaninieiit par les pi'oduils de la combustion complète ou incomplète, avec, ovi sans excès d'air, etc., des diverses nialièrcs qui servent à l'éclairage et au ehauU'age îles habitations.
Avant (l'iudi()uer la nature de ces substances, plus ou moins daui^iireuses h respirer, et les moyens tl'éviter leur mélange ou de diminui'r leurs proportions dans l'air conliné, nous devrons dénire les combinaisons du carbone et du soufre avec l'o.VNgène et l'hydrogène, les conditions usuelles du chauliage et les procédés d'éclairage par les coips gras, et les gaz pyrogénés de la houille.
Lorsqu'on vent procéder h cette analyse, dans la vue de déterminer les relations entre l'oxygène et l'azote, on doit éliminer préalablement la vapeur d'eau et l'acide carbonique. A cet ell'et, on fait passer lentement l'air, à l'aide d'un aspirateur, l°dans deux tubes courbés en U remplis de menus fragments de [lierre-ponce imprégnée d'acide suifurique; 2° dans deux autres tubes courbés en U, contenant de la ponce imprégnée d'une solution de potasse , et dans un troisième renfermant des fragments de potasse. Si l'on agit ainsi sur 80 à 100 litres d'air, il sera facile de déterminer les quantités d'eau et d'acide carbonique : l'eau est indiquée par l'augmentation de poids des deux premiers tubes qui l'ont retenue; l'acide carbonique est connu par l'augmentation qu'éprouve le poids des trois derniers tubes.
Quant à la détermination des proportions d'oxygène et d'azote, les procédés varient. 11 en est qui reposent sur la combinaison que l'on opère au moyen d'une étince'lle électrique entie l'oxygène et un excès d'hydrogène introduit à dessein : tout l'oxygène engagé dans la combinaison forme dela vapeur d'eau, qui se condense et fait disparaître ainsi du mélange, pour 1 volume d'oxygène 2 volumes hydrogène ; le tiers de la diminution de volume représente alors le volume d'oxygène.
Cette opération très- simple donnerait promptemeiit des résultats exacts, si Ion pouvait mesurer facilement, d'une manière piécise et dans des conditions bien tixes de tempér.dure et d'état hygroscopique, les gaz avant et aiirès l'jnllammation ; c est là le but que s'est proposé d'alte.ndre M. Kegnault, en construisant un appareil spécial, dans lequel les erreurs sont réduites à 3 ou k dix-mdaèmes.
Les résultats obtenus par MM. Dumas et Boussingaultavaient été déduits de l'augment-atiou de poids qu'éprouve le cuivre ni.'taljique, lorsqu'on fait passer graduellement l'air sur ce métal réduit en copeaux menus
ou raclures), et cliaull'é au rouge : tout oxygène est fixé par le cuivre; celui-ci étant exactement pesé avec le tube (pii lu contient, on coni|irend que le poids dont il a été augmenté représente précisément le pouls de l'oxygène (jui s'est séparé d(; l'air. Or, le poids de l'azote résidu, aspiré en ouvrant avec précaution le robinet d'un ballon dans leiiuel on a préalablement fait h' vide et qiiona taré alors, indique les quantités pondérables du second gaz, et la sonnne représente les proportions que l'air renferme de chacun d'eux.
Nous avons indiciué plus haut les résultats obtenus jiar ces deux méthodes analyli(|ues ainsi qu'en suivant le procédé employé par M. Doyère, è l'aide d'un appareil nouveau qui lixe l'oxygène dans une solution do chlorure de cuivre ammoniacal. Plusieurs autres procédés donnent des résultats moins exacts, notamment la combustion du phosphore dans une cloche graduée, l'oxydation du mercure dans un ballon communiquant avec une cloche sur le mercure, opération qui permit à Lavoisier de prouver, le premier, que l'air est un mélange de deux giz doués de propriétés très-dillérentcs, et d'indiquer approximativement leurs proportions.
Applications. — Les propriétés mécani ques, i)liysiques et chimiques des gaz et vapeurs, qui composent l'air, trouvent des applications nombreuses et variées dans les ai ts agrico es et manufacturiers : ainsi, l'air en mouvement oll're l'un des agents mécaniques naturels les plus anciennement employés ( moulins à vent pour la moulure des grains, Vélévalion de l'eau, etc.); le mouvement de l'air déterminé par des ventilateurs sert à éliminer les poussières qui salissent les grains, et à séparer les unes des autres les poudres de grosseurs différentes.
Les courants d'airs naturels ou artificiellement excités s'appliquent en une loule de circonstances pour opérer la dessiccation de divers produits. On met à prolit la |irésence de la vapeur d'eau dans l'air, pour hydrater les grains à moudre, les cendres et soudes à lessiver, etc.
La 4:>ression atmosphérique est employée pour faire pénétrer oes solutions antise|itiques dans le tissu du bois. En diminuant cette pression sur les liquides chaulfés, on hâte leur éva|)oration qui s'ojièie à une plus basse température , et évite l'altération des matières organiques dissoutes (sucre, glucose, principes colorants, gélatine, etc.). L'insufllation de l'air dans les intestins épurés facilite la dessiccation de ces produits, dits boyaux insuf/lés, qu'on exporte en Espagne pour contenir et conserver les aliments. L'air sert dans les opérations métallurgiques, tantôt à oxyder les métaux ou les sulfures chautfi's au rouge, tantôt à réduire les oxydes à l'aide des gaz réducteurs [oxyde de carbone, hydrogène carboné), produits et transportés j.ar l'air même fiass.intau travers' d'un excès de combust.ble. L'a' gène qu'il contient, favorise, lions, la germination, les dévi
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moisissures , pnénomènes tantôt utiles, tantôt nuisibles, et que l'on peut souvent exciter ou entraver à volonté en laissant libre ou eu interceptant laccès de Tair.
ALABASTRITE. Voy. Albâtre.
ALAMBIC ( lie 2fiSi|, vase distillatoire, et m, article arabe]. —Appareil distillatoire. C'était d'abord un instrument fort simple, nommé retorte; ce n'était qu'une bouteille dont le col était incliné de côté. Puis, on l'a fait de deux pièces: le corps de la bouteille, nommé cucurbite, par sa ressemblance avec une citrouille, et le chapiteau qui s'y adaptait. Pendant quatre siècles, la forme de l'alambic a peu varié. Ce n'est qu'au commencement de notre siècle que l'alambic des anciens a changé tout à la fois de nom et de forme.
ALBATRE CALCAIRE.— Ilprovientdes stalactites et stalagmites de carbonate de chaux que l'on rencontre dans les cavernes des pays calcaires; on recherche les pa. lies de ces dépôts, qui sont d'un blanc très-légèrement jaun;Ure, d'une lielle demi-transparence, avecdes veines d'un blanc laiteux; c'est alors l'a/ôd^z-e orientai ou antique. On recueille aussi les parties composées de couches parallèles bien distinctes, planes, ou contournées , les unes presque transparentes, les autres légèrement translucides, ou bien toutes de môme degré de translucidité, et différentes parla couleur ou la teinte de couleur; c'est alors Yalbâtre veiné ou marbre onix, marbre agate, dont le plus estimé est ordinairement jaune de miel, avec d s bandes ou zones plus foncées , qui ne tranchent pas d'une manière trop brusque ; il doit être à structure compacte et d'un éclat un peu gras ; mais il en est des variétés dont le tissu très-légèrement libreux produit un léger reflet soyeux qui est encore plus agréable. On emploie elicore les variétés qui présentent des taches irrégul.ères SU" des fonds de diverses couleurs dont les plus rL'cheichées sont encore jaune de cire ou jaune de miel ; c'est Yalbâtre tacheté. Enihi, on emploie des albâtres unis, mais toujours translucides , particulièrement pour des vases adaptés k divers usages ; les anciens ont employé un albâtre nébuleux, d'ua blanc laiteux presque transparent , pour les lampes qui devaient répandre un jour mystérieux dans leurs temples.
ALBATRE GYPSEUX [alabastrite ou sulfate de chaux). — Matière blanche dont on fait les vases, des pendules, etc., rarement travaillés avec soin ; cette matière est fort tendre, peu susceptible de poli et peu estimée; il y en a des variétés colorées, jaunes, brunâtres, qui ont des veines ou des zones plus pâles ou plus foncées , qui ressemblent xm peu à i'albàti'e calcaire , mais qui sont loin d'eu avoir l'éclat et l'agrément. C'est en Italie que se tabriquent presque tous les ouvrages que nous voyons en albâtre gypseux; on un tire les matières des environs de Volterra ; mais cette substance est très-commmie en France, dans les terrains secondaires, où l'on pourrait également l'employer avee 'succès. Le gypse de Lagny, dans les
dépôts tertiaires , qui est lamelleux avec de beaux reflets nacrés, a fourni des plaques assez agréables qu'on a employées de diverses manières, et que l'on a quelquefois colorées. Voy. Gypse.
ALBERT LE GRAND. — C'était un moine, un dominicain, qui a occupé l'épiscopat de Cologne. II naquit en Souabe , en 1205. Comme beaucoup de savants de ces temps éloi.^nés, c'était un homme universel , dont les études avaient embrassé toutes les sciences , et il avait à la fois des connaissances très-étendues et très - approfondies ; ce qui faisait dire de lui qu'il était : magiius in mugia, major in philosophia , maximus in theologia. En ellet.les ouvrages qu'il a écrits sur ces matières, et qui d'ailleurs sont fort nombreux, montrent qu'il possédait des connaissances prècises de diverse nature, et en particulier sur les propriétés chimiques des pierres , des métaux et des sels , pour nous borner à ce qui nous concerne , connaissances qu'on trouverait fort difficilement chez d'autres savants de cette éi)oque.
On ne doit pas d'ailleurs , pour s'en faire une juste idée, se figurer que Albert le Grand soit auteur de tous les ouvrages qu'on lui attribue. Il ne faut pas comjiter, parmi ses œuvres, les secrets du Petit Albert , ouvrage dont la composition est si peu eu rap|iort avec la nature des devoirs d'un évêque, et dans lequel personne ne pourrait sérieusement reconnaître le style d'Albert , du maître de saint Thomas d'Aquin , son disciple favori. Il faut même en écarter un certain traité d'alchimie, le Traité des secrets du grand Albert, auquel on fait porter son nom, et qui est postérieur à son époque. Quand on a étudié ses écrits véritables et qu'on jette les yeux sur ce traité , on aperçoit bien vite la fraude , tant ces livres , forgés par les alchimistes , sont tracés d'une main lourde et maladroite. Enfin, il faut surtout mettre de côté sa réputation de magicien , et oublier les merveilles qu'on en raconte, quoiqu'elles soient dignes de figurer [larmi les curieuses histoires d'enchalitement qui ont amusé notre enfance.
Ainsi, ce n'est pas une tèle d'airain que Albert le Grand avait fabriquée ; c'était un homme tout entier, ce qu'on appelle YAurdroide d'Albert, ]iersonnage qui résolvait ses pirincipales difticullés, et dont on serait tenté de croire que c'est tout simplement une machine à calculer, personniûée par l'exagération populaire.
Bien mieux, Albert le Grand avait invité à dîner un certain comte de Hollande. Puur recevoir dignement ce haut personnage , il fait dresser la table au milieu du jardin, ce qui naturellement étonne beaucoup le comte etles seigneurs qm l'accompagnaient; car on était enpiein hiver, et plusieurs pieds déneige couvraient le sol du jardin. Mais au moment de se mettre à table, la neige disparaît, une douce chaleur succède aux rigueurs de la froidure, les arbres se parent de leur feuillage et de leurs fleurs, (.'t les oiseaux joyeux font entendre à l'envi leurs chants du printemos
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Cotto scène se oontinuc aussi ]onf;;tomps que iliirt' lu re|ias. Mais il i'iiislaiil ciù le (liiiui' se toriiiiniv toiil roncliaiilcuiuiit s'éviiiioiiil , el l'iiivoi' roparaîl «vet; ses glaces et sou aridité.
Vous voyez quelle idiU; on se formait alors dos liouimos (jui S'; livraient à l'éliKln de la chimie. Eux-mônios ne contribuaient |ias pou à l'entretenir; ils aimaient, en général, à se donner connue dis^)osaIlt d'inie |)uissance bien supérienreàleuis forces. C'est ainsi qu'on les voit souvent se vanter île savoir l'aire de l'or, et d'eu faire en telle quanlité qu'ils veulent, ou du moins de connaître dus gens qui en font; de sorte que l'opinion qu'ils laissent établir sur leur coiufite va bientôt grossissant , et leur fait attribuer des connaissances qu'ils n'ont jamais possédées, et une puissance imaginaire.
Ceci , du reste , ne s'applique en rien à Albert le Grand, dont le traité de Minerulibus et Rébus metatikis oifre tout au contraire plus de réserve et de sagesse qu'on n'en devrait attendre de l'époque. L'autour y expose et y discute les opinions de Gebcr et dos chimistes de l'école arabe ; il admet leur façon de voir sur la nature des métaux ; il partage leurs idées sur la génération de ces corps ; mais il y ajoute des observations qui lui sont propres , et surtout de celles que l'habitude de voir des mines et des exploitations métallurgiques lui a permis de faire.
Ou ne pourrait donc extraire de cet ouvrage que des faits de détail , si l'on voulait citer quelque chose qui a]ipartint h son auteur ; mais on donnerait par ce procédé une mauvaise appréciation de son mérite. Ce qui caractérise le traité de Rébus metallicis, c'est l'exposition savante, précise et souvent élégante des opinions des anciens ou de celle des Arabes ; c'est leur discussicm raisonnée, où se dét'éle l'écrivain exeretj eu même temps que l'observateur attentif.
ALBUMINE. — Les chimistes ont donné le nom d'albumine à un principe immédiat, qui forme la base du blanc d'œuf (albumen j, et qui est très - répandu dans beaucoup de liquides animaux et quelques substances solides. L'albumini^ existe sous deux états dilférents ; à l'état solide, elle entre dans la composition de certains tissus ; à l'état liquide , ou unie à une plus ou moins grande quantité d'eau et à quelques substances salines , elle se rencontre abondamment dans le blanc d'œuf, le sérum du sang, le chyle, la synovie, etc. , et dans la plupart des liquides morbides.
L'analyse n'a constaté dans l'albumine que la présence de l'oxygène , de l'hydrogène , du carbone et de l'azote : cependant, comme elle noircit les vases d'argent dans lesquels on la coagule, et comme elle dégage de l'acide suif hydrique par la putréfaction, on est porté à penser, à supposer ([u'elle renferme une |ietite quantité do soufre.
L'albumine est liquide, visqueuse, transparente, insipide , inodore , plus dense que l'eau: elle mousse par l'agitation, et se coagule par l'action de la pile , de l'alcool , et
par une température de 60 ?i G.3". Cette cnagulatioii avait été priiuitiv(Muenl regardée coMUiio uiie oxygénationdo l'albuniiiie; mais cotte explication est peu probable, |)uis(pie le phénomène se produit encore dans le vide.
Le siru|ideviolett(! verdit légèrement l'albumiiie , jjarce (lu'ello contient une petite quantité de potasse. L'albumine est solublo dans l'eau , et cette dissolution , étendue et soumise à l'action de la clialeur, devient ojialino, sans (lu'ilyait coagulatiou, kupielle no peut avoir lieu que lorsque l'iuiu est évaporée. Abandonnée c\ elle-même, elle éprouve la fermentation putride.
Les acides se combinent avec l'albumine; les uns la coagulent , taiulis que les autres s'y combinent sans la coaguler; l'acide phosphori(jue et l'acide acétique sont dans ce dernier cas.
La potasse et la soude aidées de la chaleur empêchent la coagulation de l'albumine et dissolvent le coagulum formé primitivement. Presque tous les sels dos ([uatre dernières sections sont décomposés par l'albumine qui s'unit toujours à la base. L'albumine peut être desséchée dans le vide ou dans l'air, lorsqu'on opère rapidement à une température dQ»30'. Elle peut alors tièsbien se conserver, se dissoudre dans l'eau et présenter toutes les propriétés de l'albumine ordinaire.
L'albumine ordinaire diffère donc essentiellement de l'albumine coagulée qui se rapproche au contraire de la tibrine , dont elle a toutes les propriétés. Ce qui la distuigue, c'est que l'albumine coagulée n'a pas d'action sur Teau oxygénée , tandis que la ûbriae la décompose instantanément.
Les graines des graminées et d'autres plantes contiennent une matière albumincuse tout à fait identique avec celle que nous venons de décrire. Cependant quelques chimistes prétendent qu'elle est différente; d'autres admettent même plusieurs variétés d'albumine.
La présence de l'albumine dans la plupart des substances animales qui nous servent d'aliments doit la faire regarder comme une matière nutritive jiar ses propriétés ; elle est employée à plusieurs usages. C'est sur sa coflgulation par la chaleur qu'est fondé l'emploi qu'on en fait dans les arts pour clarilier les sirops , le petit -lait, etc. C'est aussi sur sa précipitation par le tannin et les acides qu'est établi l'usage qu'on en fait pour clarifier les vins et la bière. *
Tous les sels métalliques forment, avec l'albumine, des composés insolubles, dans lesquels elle joue le rôle d'un acide, et voilà pour(|uoi elle trouble toutes les dissolutions métalliques des quatre dernières sections. Les préci[)ités, dans ce cas, ont-îles couleurs différentes, mais ils sont floconneux ; ce sont dos albuminates , qu'un légj><OT*«feî^albumine ou de potasse caustiqu«5'j!**W''«*if^vec le sulfate de cuivre, l'albiimyffe don*i^iai à un précij)ité verdAtre, qiier fa potAse lèJissout en colorant la hqu^ufV en<ftèau yifilet
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C'est alors un véritable sel double, très-stable, qui résiste à rôv/ifioratiiiri, et dont on tirera sans doute parti dans la peinture.
C'est en raison de cette action remarquable qu'on fait usage, avec un grand succès, des blancs d'oeufs délayés dans l'eau pour le tr.iiteiuent des empoisonnements produits par les sels métalliques, et spécialement par les sels de cuivre et de mercure, attendu l'innocuité des composés insolubles qui se forment. C'est à M. Ortila qu'on doit d'avoir pleinement démontré cette vérité, contirmée, le 25 février 1825, d'une manière éclatante, l)ar l'accident arrivé au célèbre prufessenr Thénard, qui, ayant \>u par méprise une dissolution de chloricle de /ncrcure (sublimé corrosif], dut son prompt rétablissement <à dés blancs d'œufs qu'il avala aussitôt qu'il eut reconnu sa fatale errein-.
L'albumine est un réactif si sensible pour le cliloride de mercure, qu'elle forme un trouble apparent dans un liquide qui ne contient que cinq dix mi lièmes de ce composé mercuriel. Mais ce précipité se dissout trèsbien dans l'eau salée ; aussi dans le traitement de l'empoisonnement par le sublimé corrosif, au moyen du blanc d'œuf didayé dans l'eau, il faut provoquer le vomissement le plus tôt poNsible, pou* éviter qu'une partie du composé, formé par l'antidote, ne reste dissous dans les organes digestifs à la faveur du sel marin conlenu dans les aliments babituels. Vov- Aliments.
ALBUMINE A'ÉCÉTALE. — L'albumine, qui est un principe immédiat des substances animales, se rencontre parfois dans le règne végétal ; elle existe dans le suc de beaucoup de plantes, dans les semences émulsives et farineuses, dans un grand nombre de racines ; sa présence peut être facilement reconnue à la propriété que possèdent soit les sucs de ces plantes, soit les macéiations de ces parties de végétaux , de se troubler par la chaleur et de se coaguler en flocons insolubles ; d'être précipités par les acides minéraux , par la solution de deuto-chlorure de mercure et par l'acétate de plomb.
C'est à la présence d'une grande quantité d'albumine ijuc certaines semences huileuses jouissent de la propriété, lorsciu'elles oui été pilées et broyées avec de l'eau , de lormer un liquide blanc , laiteux, désigné vulgairement sous le nom d'émulsion. Ce liquide, analogue au lait des animaux par son aspect, résulte de la sus])ensioii de l'huile dans la solution d'albumine que contenaient les semences ; aussi, parle re(ios, l'huile se sépare peu à peu, et nage à la surface sous la forme d'un liquide épais, opaque, analogue à la crème du lail, tandis que l'eau chargée d'albumine se trouve au-dessous de celle-ci. C'est sans doute à cette propriété ({u'il faut attribuer le nom impropre de lait d'amandes, donné au liquide obtenu en exprimant les amandes pilées avec de l'eau.
Cette matière végéto-animale contenue dans les amandes a été regardée par quelques chimistes comme analogue au caséiuu du lait ; mais les expériences de MM. l'ayeu
et Henri fds prouvent qu'elle a plus de rap port avec l'albumine qu'avec le caséum.
ALCALIMÉTIUE. — La poiasse et la soudo constituent, à cause de leurs nombreux usages, une branche importante du commerce.
Mais ces substances, telles que le commerce les fournit, ne sont jamais pures ; elles contiennent des quantités notables de chlorure de potassium, de chlorure de sodium, de sulfate de soude et de potasse, se's que l'on considère comme des maliè.es étrangères.
Le consommateur a grand inté.èt a cunnaitre la quantité de |)Otasse ou de soude réelle (carbonate de potasse ou de soude) contem.e dans la potasse ou dans la soude brute du commerce. L'opération qui a pour but d'évaluer cette quantité s'ap|)elle alcalhnétrie.
Jusqu'à l'époque ou Descroizilles indiqua des procédés alcalimétriques à la poi'téc des manufacturiers, des négociants et des consommateurs, la fabrication, le commerc • et les applications des alcalis étaient sans règles certaines : des erreurs nombreuses, souvent graves, avaient lieu relativement à la valeur et au dosage de ces agents *i nti- .es à l'industrie et à l'économie dom stique ; le nouveau moyen pratique d'essai fut donc un très-grand sei-vice rendu aux arts industriels. Cliaque jour l'importance de la méthotle de Descroizilles apparaît p'us grande depuis queM.Cay-Lussac a perfectionné cette méthode, l'a étendue aux essais des sulfites, des hypochloriles de chaux, de soude , de potasse, des alliages d'argent , etc. ; depuis qu'enliu M. Pelouze et plusieurs autres savants chimistes ont doté l'industrie de moyens d'essais fondés sur le même principe et applicables à déterminer Ja valeur de divers jiroduits.
Méthode de Descroizilles. — La méthode d'essai alcalimi trique de Descroi/.illes repose sur la saturation de la base (soude ou jDutasse) par l'acide sulfurique étendu, dont le volume employé (très-facile à connaitie, puisquil est conlenu dans un tube dont la capacité est divisée en centièmes par une graduation), indique directi^ment le poids. On comprend que plus l'alcali exige d'aciue pour être saturé, plus il est riche. Descroizilli;s employait 5 grammes de soude, dissoute dans un décilitre d'eau; il saturait cette quantité avec le volume suflisant d'acide contenu dans une burette ou tube gradué, dont la capacité égale à 50 millilitres, divisée en cent parties ou degiés, renfermait une solution aqueuse de 5 grammes d'acide concentré.
Si l'on emplrnait tout le liquide de la bu rette , il était facile de voir que les 5 gram mes de soude avaient été s dures par 5 gram mes d'acide sulfurique concentré. Le carbonate de soude sec donne à peu près ce résultat : ainsi, chaque centième (ou degré de la burette) d'acide, employé |iour saturer une partie de soude, repr(''sente 1 centième de carbonate de soude. Les soudes brutes, saturant de 25 à 40 degrés, peuvent donc être considérées comme renfermant 25 à 40 0(0 de carbonate de soude pur. Mais les résul
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tats n'ont plus (lo signification directo s'il s'fip;il ilo soiiile (•aii.sli(iu<' ou, ii plus l'oito raison, (1(^ potasso causliipie uu caihonali'u! ; los ili'grc^s no sont plus alors (pie des Ici'nies (lo comparaison, et indiquent sculcniont i(i noniliro do c(Miti(Mnos d'acido suirui'i([iie (juc l'alcali peut saturer: la |)otasse (pu exige '(' ]>liis (l'acide est la plus riche.
Mvihodc perfectionnée de (iay-lAtssac. — dette méthode donne directement les centi(''nies (le sou(i(^ puro ou de potasse pure contenue dans les produits canstitpies ou carbonat(js. Pour obtenir ce résultat, il suflit d'opérer, non-plus sur un poids de l'alcali égulàceluideracide concentré contenu dans les 50 centimètres cubes de la burette, mais sur un poids tel cjuo si la potasse ou la soude étaient pures, l'acide des 100 divisions de la burette serait employé à le saturer ; c'est donc un poids équivalent à celui de l'acide. Ce poids est de 3^', 183 pour la soude, et de U^' , 807 [)our la potasse.
Atiii d'opérer sur un échantillon plus volumineux, on pèse 10 l'ois la quantité de l'un ou de l'autre alcali, c'est-à-dire 31 sr^ gg (je soude, ou 48^', 07 de potasse ; on fait dissoudre dans l'eau , ajoutée successivement et décantée, en broyant , à l'aide d'un mortier, jusqu'à ce que tout soit divisé et la matière soluble dissoute ; le volume total étant alors égal à un demi-litre ou 500=-% on agite, puis on laisse déposer ou l'on filtre. On prend avec une pipette, contenant 50'=-'= à un trait marqué, ce volume du liquide clair, et l'on a ainsi le dixième de la partie soluble de chaque échantillon pesé. Ces 50 ''••^ (ou 1 demi-décilitre) exigeraient donc les SO'"^ ou les 100 divisions d'acide étendu pour être saturés, si l'alcali était pur ; ils n'exigeraient que moitié ou 50 divisions d^^ la burette, si l'alcali ne contenait que la moitié de son poids de soude ou de potasse pures. Par conséquent, chaque degré ou centième de la burette à acide donne directement l'indication des centièmes de soude ou de potasse contenus dans l'échantillon essayé.
Le terme de la saturation se reconnaît facilement en ajoutant dans les 50'"= de solution alcaline deux ou trois gouttes d'une teinture de tournesol, et en versant de l'acide avec la burette jusqu'à ce i[ue la nuance, de bleue qu'elle était, commence à devenir rouge vif, sans s'arrêter à la teinte violette faible que donne l'acide carbonique lorsqu'on sature des carbonates.
Afin de s'assurer que la teinte indiijue un très-léger excès d'acide sulfurique , on pose vers la fin de la saturation une goutte du liquide sur du papier à lettre, teint légèrement en bleu par le tournesol : la nuance rougeàtre doit être à peine visible sous la goutte. On ajoute alors de l'acide par quart du degré ou par demi-degré, on s'arrête dès que la nuance rouge est prononcée et persiste sur le papier. Deux g(>uttes représentent un quart de degré. Si l'on avait dépassé le terme en ajoutant par deux gouttes, ilconviendrait de retrancher autant de quarts de degré qu'il resterait sur le [)a|)ier tlo manques rouges persistantes. DiGT. uii Chimie.
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ALCALIS (du chaldéen hilah, hnîler). — Dénomination généri(|ue (pii s'ap|ili(pio à la potasse, à la suuile, à 1 aminoni<t(/iie. Ia's d(;u\ premières siil)slan((;s s'aiipcllenl alcalis fixes, par rapiiort à l'aiiimonKUiue (lui est aussi connue sous le nom (['alcali volalil. Ce fut Marggraff qui le premier distingua, en 173(), la potasse de la soude, jusque-là confondues. (Voy. ces mots.)
Alcalis végétaux [alcaloïdes, hases sali fiables organiques). — On donne ce nom à des [irincipes immédiats qui, lorsipi'ds sont en dissolution dans l'alcool, ramènent au bleu lo papier de tournesol rougi par un acide, et qui , combinés avec les acides, donnent naissance à dos sels qui peuvent régulièrement cristalliser. — La découverte des alcalis végétaux est une des conquêtes chimiques les plus importantes de notre siècle; car ces produits ont reçu les applications les plus heureuses à l'art de guérir : tous les jours on emploie pour soulager de cruelles maladies le sulfate de quinine, los sels de morphine et la strychnine. C'est à Sertuerner, pharmacien du Hanovre, qu'appartient l'honneur d'avoir distingué le premier cette classe intéressante de corps ; mais pour être juste on doit dire que Dorosnes et Seguin avaient, bien avant lui, isolé de l'opium une base organique ; mais ils n'insistèrent point suffisamment sur ce caractère d'alcalinité. On compte aujourd'hui près de cinquante alcalis végétaux ditrérents ; mais tous n'ont pas été convenablement étudiés, et quelques-uns seulement doivent nous intéresser spécialement.
C'est dans la classe des bases organiques que se trouvent les poisons végétaux les plus actifs. C'est depuis la découverte des alcaloïdes qu'on a su se rendre compte de la prodigieuse activité de ces sucs avec lesquels les Indiens empoisonnent leurs flèches. Dans les Indes orientales, à Java, à Macassar, à Bornéo, aussi bien que dans l'Amérique méridionale, sur 'es bords de l'Orénoque, du Cassiquiaro et de Uio-Negro, les sauvages préparent mystérieusement depuis longues années, avec le suc épaissi ou l'extrait de certains végétaux, des poisons fort célèbres, qu'ils nomment iipas-antiar, xipas-tieiUé, curare. La quantité de poison attachée à chaque flèche est intiniment petite, et cependant les animaux qui on ressentent la piqûre éprouvent subitement de violentes convulsions, d'atfreux vomissements , et meurent au bout de quelques minutes.
Leur chair, toutefois, ne contracte aucune propriété malfaisante. Avant la soumission de Java, les Hollandais étaient obligés de se couvrir d'une espèce de cuirasse pour se préserver des blessures mortelles de ces armes. Ces redoutables préjtarations de l'Asie et du Nouveau-Monde doivent leur énergie h. la |)résence d'alcalis végétaux. Dans Vupasticiité il y a de la strychnine; dans l'w/jfjsantiar il existe une autre base qui n'a point encore été isolée à l'état de pureté ; dans le curare de rOréiio((uo, on sait (ju'il y a un alcali particulier qui a reçu lo nom de cura-
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rine. Ce sont de grandes lianes de la même famille que la noix voriiique, qui fournissent l'upas-Ctetilé et le curare; ïnpas-anliar est le suc d'un grand et gros arbre de la famille des orties.
Composition. —Tous les alcalis végétaux ont cela de commun qu'outre le carbone, l'hydrogène et l'oxygène, ils renferment de lazote. A la distillation sèche ils donnent, outre les produits ordinaires des matières non azotées, une portion de carbonate d'ammoniaque, et ils laissent beaucoup de charbon.— Ils contiennent tous :>[3 et S\k de leur poids de carbone. La quantité doxygène qu'ils renferment est moins considérable, et la portion dans laquelle ils saturent les acides n'a aucun rapport avec celle dans laquelle les bases inorganiques eu sont neutralisées.
On les rencontre toujours à l'état de sels, et ordinairement ils sont combinés avec un excès d'un acide végétal ; le plus souvent c'est le malique, quelquefois le gallique, le lactique, les matières colorantes, et dans certains cas avec un acide particulier.
Plusieurs alcalis végétaux cristallisent avec des formes déterminées et constantes; plusieurs sont fusibles et quelques-uns volatils. Ils sont ordinairement très-peu solubles dans l'eau, mais beaucoup plus solubles dans l'alcool, surtout à chaud; leur solution ramène au bleu le papier de tournesol rougi. Ils s'unissent aux acides pour former des sels ; ils forment des sels doubles avec plusieurs sels à bases d'oxydes métalliques. Ils exigent pour leir saturation une quantité très-petite d'acide ; plusieurs de ces sels cristallisent trèsbien, quelques-uns se présentent sous forme de masse gonimeuse ; ils sont beaucoup plus solubles que les alcalis végétaux eux-mêmes. Les acides nitrique et sulfurique les détruisent comme les autres matières organiques. Les solutions salines des alcalis végétaux précipitent toutes par l'infusion de noix de galle ou la solution de tannin; mais le précipité se dissout dans un excès d'acide ; elles précipitent également toutes par la solution d'iodurede potassium iodurée, et elles fournissent ainsi des iodures d'iodhydrates remarquables par leur coloration diverse.
Ils ont tous une saveur amère très-prononcée; ils jouissent en général de propriélés médicales très-énergiques ; plusieurs peuvent être considérés comme les plus 'violants poisons.
ALCALI MINÉRAL. Voy. Soude.
ALCALI MINÉRAL VITRIOLÉ. Voy. Sulfate DE SOUDE.
ALCALI VÉGÉTAL. Voy. Potasse ( car- [wnate) et Potasse.
ALCALI VOLATIL. Voy. Ammomaqce.
ALCALI VOLATIL CONCRET. Voy. Ses-
QUICARBONATE d'AMMONIAQUE, AU. mOt AmMO- MAQDE.
ALCALOÏDES ou BASES ORGANIQUES.
— Sertuerner est le premier chimiste qui ait soupçonné l'existence des bases organiques, cest-à-dire de composés azotés qui se comoineut, à la manière des bases métalliques, avec les acides, (|ui les saturent plus ou
moins complètement, et forment avec eux des combinaisons salines. C'est dans l'opium qu'il découvrit, en 1816, la morphine. Depuis CHtte éi>oque, les chimistes dirigèrent particulièrement leurs recherches sur les sucs des végétaux doués d'actions énergiques sur l'économie animale ; ce qui amena la découverte d'un grand nombre de bases salifiables végétales. Cescom|iosés sedistinguent essentiellement des bases non azotées, comme le méthylène etréther,ence que les acides renfermés dans leurs combinaisons salines peuvent être déplacés par double décomjiosition. Les sels des alcalis organiques ressemblent donc entièrement, sous ce rapport, aux sels ammoniacaux. Plusieurs autres bases ont été obtenues artificiellement, comme l'amilineet la mélamine que M. Liebig a trouvées au moyen du sulfucyanure de potassium.
Les végétaux qui fournissent la même base appartiennent au même genre ou du moins à la même famille. Quelquefois ces corps se trouvent dans la même plante, quelquefois dans une partie seulement ; quelquefois ils sont accomiiagnés d'acides, mais en quantité insuffisante pour les saturer.
Les alcalis organiques sont des corps ordinairement solides, blancs, inodores, plus pesants que l'eau, insipides et inaltérables à l'air; toutefois ces alcalis, pris eu dissolution ou sous la forme d'un sel soluble, possèdent ])resque tous une saveur fort amère et même Acre. Us sont doués d'une faible réaction alcaline sur les papiers, et peuvent saturer quelques acides dont on peut d'ailleurs Ibcilement les séparer. Quelques-uns sont liquidi's et possèdent une apparence huileuse et légèrement verdAtre ; les autres sont solides et souvent cristallisés, mais la quinine et la cinchonine ont une apparence résineuse, quoique leurs hydrates puissent cristalliser. On peut quelquefois foudre et vaporiser les alcalis organiques. Décomposés, ils produisent de l'ammoniaque, ce qui prouve qu'ils renferment de l'azote. Ils brûlent à l'air avec une tlamme fuligineuse, en produisant de la chaleur; ils peuvent assez bien cristalliser et rester sans altération dans les corps putréfiés.
Les procédés d'extraction des bases organiques sont très-variés et dépendent en général de l'état qu'elles affectent à l'état isolé, ainsi que de leurs caractères chimiques. Les alcalis insolubles dans l'eau s'obtiennent en épuisant les parties végétales qui les renferment , par un acide étendu pouvant former avec eux un sel soluble. On l'ait bouillir à plusieurs reprises les jiarties végétales avec de l'eau aiguisée par de l'acide chlorhydrique ou sulfurique , jusqu'à ce qu'on ne découvre plus d'alcali dans les extraits : ensuite, après avoir concentré les extraits, on les sature légèrement par un alcali soluble , soit par de l'ammoniaque ou de l'hydrate de chaux, soit par du carbonate de soude. L'alcali organique se préseuic alors à l'état coloré et impur. On le purilié par des cristallisations dans l'alcool, ou bien en le combinant de nouveau avec un acide qui
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fornio avec lui im sel soluhlo , et l'on fait crislallisor ce doniior dans l'eau, apri's l'a-, voir traitt^ par (lu cliarhmi animal oxoinpt (le cliauv ; oiitiii on i)r(''ci|)ito de noiivoaii par (in alcali minéral la soi ainsi pnrilié.
D'autres alcalis, à la l'ois soluhjes dans l'oau et volatils, pouvcnl (Mre distillés: la nicotine et d'antres sont dans ce cas. On obtient ces alcalis on épuisant <t chaud la partie végétale par un acide dilué, évaporant l'extrait jus(in'h consistance de sirop, mélangeant avec (me lessive (M)ncentrée de i)0lasse, et soumettant h la dislillalion. 11 passe alors un liquide (|ui reid'ernie l'alcali organique et une grande quantité d'ammoniaque; onlesaltu'o par de l'acide oxalique ou (le l'acide sull'ni'i(]ue étendu; on éva|iore jusiiu'fi siccité, et l'on fait di ,érer le ri'sidu il froid dans l'alcool; l'oxalate ou le sulfate d'ammoniaque ne s'y dissolvent {tas, tandis que l'alcool se charge de l'alcali organique uni i\ l'acide. On chasse ensuite l'alcool par évaporation, et l'on agite le résidu dans un llacon avec une lessive concentrée de potasse, et ensuite avec de l'étlier. La potasse déplace l'alcali organique, et celui-ci se dissout dans l'éthoi'; il se produit alors deux couches, dont la supérieure est une dissolulion éthérée de l'alcali, légèrement ammoniacale. Le liquide de cette couche étant soumis h la distillation dans une cornue, se dépouille d'abord de l'étlier, ainsi que de l'ammoniaque , de telle sorte que la cornue retient l'alcali, que l'on distille à son tour au Lain-marie, alin de le puritier.
Quand on traite les papavéracées par le jiremier procédé,, on voit qu'au-dessus du dépôt de mor|)liine se trouve la codéine dissoute, que l'on peut séparer par décantation et précipiter ensuite par l'acide tanniquo ; cela fait, M. Ilobiquet traite le précipité par l'acide sulfurique, ce qui produit un sulfate qu'il fait cristalliser et bouillir avec du charbon animal, puis qu'il traite par l'alcool et l'ammoniaque, afin de précipiter très-pure la codéine. La quinine et la cinchonine sont inégalement solubles dans l'éther et l'alcool faibles, ce qui permet de les séparer. On sépare la morphine, qui est soluble dans la potasse, de la nicotine , qui y est insoluble, en mettant à profit la diCférence d'action de la potasse sur ces deux bases. On sépare la brucine de la strychnine en se fondant sur ce que l'oxalate de strychnine est soluble dans l'alcool et non celui de brucine.
Tous les alcalis organiques renferment de l'azote ; la plupart contiennent encore du carbone, de l'iiydrogène et de l'oxygène. Leurs propriétés basiques paraissent entièremont dues cl l'azote qu'ils possèdent. L'oxygène n'influe pas sur lour capacité do saturation, ce qui est en général le contraire des oxydes métalliques. Presque tous les alcalis examinés jusqu'à présent renfei-ment 2 équivalents d'azote kî' dans 1 é(|uivalent de base , c'est-à-dire dans la quantité qui est nécessaire pour saturer l'équivalent d'un acide quelconque. D'autres en renferment 2 et môme davantage.
Les alcaloïdes, privés de leur eau do cristallisation, s'unissent dircîctemc'nt et trèsbien aux liydiacides anhydres , sans rien perdre de leurs éléments. Ces corps se coniporlent avec los oxacides commis le fait l'ammoniaiiue. En cll'cil , ils ne peuvent se combiner ([u'avec les hydrates de ces acides, et l'on ne |)eut pas éliniiiier des sels produits l'oau d'hydratation sans los décomposer.
D'un autre côté , leurs hydrocl.!orales se combinent aussi , comme l'hydrochlorate d'ammoniaque, avec les bichlorures de jtlatine et de mercure, pour former des sels doubles : cependant ces hydroclilorates retiennent quelquefois de l'èau de cristallisation, ce qui ne se-présente pas pour l'hydrochlorate d'ammoniaque.
Les alcalis organiques ont une action énergique sur l'économie animale, surtout à l'état de sels, à cause de leur grande solubilité. Ce sont des poisons très-violonls, dont les efl'ets délétères no sont annihilés que par la décoction récente de noix de galle ou une dissolution d'acide tannique.
Les alcaloïdes sont, en général, précipités par l'acide tannique. Les sels d'aconitinc, d'atropine, de brucine, de quinine, de cinchonine, de codéine, de conine, de delphine, d'émétine, de morphine, de naxaline, de strychnine et de vératrine, sont précipités en blanc par la noix de galle. Ce précipité constitue un tannate qui absorbe l'oxygène de l'air et se transforme en un gallate soluble.
Les agents d'oxydation agissent d'une manière assez tranchée sur les bases organiques. L'acide azotique faible se combine avec ces corps; mais, lorsqu'il est concentré, il donne de l'acide oxalique et une matière jaune. L'acide hypochloreux donne de l'acide carbonique et du chlorure d'azote. L'acide chlorique faible se combine avec elles; mais, concentré, il donne de l'acide carbonique et du chlorure d'azote. L'acide iodique oxyde la mor|ihine et produit de l'iode. L'acide azotique concentré rougit la morphine et encore plus la brucine : \\ est probable que c'est une simple oxydation, car ces bases rougissent aussi quand une pile leur donne de l'oxygène. Le persulfate de fer bleuit la moriihine. M. Pelletier pense que c'est une combinaison de proloxyde de fer et de morphine. On a aussi observé que la morphine et ses sels prennent, au contact du perclilorure d'or et du perchlorure de fer, une teinte bleu foncé qui disparaît aisément. Le soufre altère la niorphine et produit de l'acide sulfhydiique, de l'amnioniaquo et une matière très-fétide; le soufre altère aussi la strychnine. Les alcalis minéraux ont une action qui est peu connue sur les alcali.'^ organiques. Plusieurs de ces derniers se dissolvent dans les alcalis minéraux : ainsi la quinine se dissout à chaud dans l'ammoniaque; la morphine se dissout dans les alcalis caustiques et fixes. La potasse et la soude trèsconcentrées dégagent de l'ammoniaque dp toutes les ba.^es. Les tannâtes des bases orrganiqucs sont insolubles, mais ils sont solu blés dans un acide. Les iodates sont solubles
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avec excès de bases et insolubles avec excès d'acide.
Sous l'influence de l'eau, le chlore fait éprouver une altération particulière aux alcaloïdes et h leurs sels; il |irodult de l'acide chlorhydriquo qui se combine avec l'alcaloïde libre, et un sel soluble i[ue l'action prolongée du chlore modifie encore davantage. Une dissolution de bruciiie , mise en contact avec du chlore gazeux, se colore en jaune, et cette teinte passe peu à peu par toutes les nu;inces du rouge, et redevient jaune à la fin. Le cldore ga/.eux détermine, dans les sels de strychnine, la formation d'un précipité blanc qui augmente lanl qu'il y a encore de l'alcali en dissoluiion. Lorsque la strychnine est mélangée de brucine, le précipité est jaune ou rouge;\tre ; il renferme dans tous les cas du chlore et de l'azote. Comme ce précipité se produit môme dans des liquides qui ne contiennent que -gl^ de strychnine, on peut employer le chlore pour découvrir cette base organique.
Les sels de quinine et de cinchonine sont colorés par le chlore en jaune 'd'abord, puis en rose et en violet; il se précipite un corps rouge et résinoïde, qui durcit à l'air en brunissant, et qui ])eut alors se pulvériser.
Dans les mêmes circonstances, les sels de morphine deviennent orangés , puis d'un rouge de sang, et enlin jaunes, en jirécipitant une matière de même couleur. La narlîutine prend une couleur de chair i|ui rougit peu à peu, et vers la lin de la l'éaclion il se précipite un corps brun qui devient gris par les lavages (Pelletier). Une solution de sulfate de quinine salurée de chlore prend, par un excès cl'ammonia(iuc, une couleur vertpr('', et il s'y forme une poudre grenue et de même couleur. Le liquide restant brunit à l'air, et donne par ]'éva[ioration un résidu soluble dans l'alcool, avec une couleur rouge.
L'iode peut se combiner avec les bases organiques et produire de v(''ritables iodures. Si l'on veut préparer une condjinaison d'iode et de strychnine, il faut dissoudre cette base et une très-petite portion d'iode dans l'alcool bouillant; il se forme alors, par le refroidissement, des paillettes cristallines semblables à l'or massif, et l'eau-mère fournit des cristaux d'hydriodate de strychnine. Une dissolution de brucine dans l'alciol donne, avec la teinture d'iode, un précipité orangé, qui devie^it brun et résinoïde par l'emploi d'un excès diode. La quinine et la cinclionine, traitées de la même manière , fournissent lies liquides bruns et limpides qui déposent par l'évapnration, d'abord des paillettes couleur de safran, d'une combinaison iodurée, puis de l'hydriodate.
Les précipités dont on vient de parler renferment tous de l'iode; car lorsqu'on les chauffe avec un'acidr', ils se décomposent en dégageant cet élémeul, tandis que l'acide retient en dissolution l'alcali inaltéré. Au contact de la soude et de la potasse, ils donnent de l'iodure de sodium ou de potassium; avec le nitrate d'argent, ils produisent l'iodure d'aigent jaune, ainsi que du nitrate à base
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d'alcaloïde. On ne sait ce que devient, dans ces réactions, l'oxygène de la potasse ou de l'oxyile d'argent, lès métaux de ces oxydes se transformant en iodures.
Plusieurs chimistes se sont occupés de l'analyse des bases organiques; mais les résultats qu'ils ont trouvés varient beaucoup : de telle sorte que les formules qui se trouvent dans les traités, et qui représentent les équivalents de ces bases, sont |ieu certaines et ne doivent être considérées que comme approximatives. Le prix élevé de ces corps, la didiculté de les obtenir toujours identiques, sont les causes qui em|)êcheront les chimistes de tenter sur eux de nouvelles expériences et de nouvelles analyses. M. Regnault a fait l'analyse des bases principales, en les unissant avec l'acide chlorhydrique , parce que les chlorhydrates formés sont parfaitement cristallisables, et peuvent être obtenus toujours purs et identiques à eux-mêmes. Cependant les formules et les nombres qu'il a donnés ont été attaqués et n'ont pas été admis, ce qui prouve combien la question est difficile.
Voici un tableau qui contient les équivalents des bases organiques et les formules de ces équivalents. Ce tableau a été extrait de la Chimie organique de M. Liebig, le plus récent ouvrage sur la matière. Toutes les formules qui sont terminées par un point (?) sont douteuses.
Alcalis renfermes dans les quinquinas.
Equivalent. Formule.
Quiiiiiio 2062 C'M'K^iHV
Ciiidionine 2005 C"ll".\7.'0
Aritiiie 215S CH^A/.'O' (?)
Pour cette dernière base, le poids de l'équivalent a été calculé. M. Pelletier a trouvé ciu'elle était formée :
Carbone 7i,0
Hydrogène 7,0
Azole 8,0
Oxygène li.O
La formule C'H^Az'O' rend assez bien compte de cette composition, et , en suiipo-r saut qu'elle représente (ce qui est très-probable) 1 équivalent de cette base, on tiouve, par le calcul, que le poids de son équivalent est 2155.
Alcalis contenus dans les papavéracées.
Morphine 3070 C'HV'ki'O^
Codéine, poids calculé. 5702 C^H^Az'O»
Naicolino, idem. . . . 4684 C'«H'»Az'0" On donne encore pour la
nanotine 5645 C^II^'Az'O'»
Thel.aine 2625 C"H"Az»0^ (?)
Psendomorpliine, poids
calculé 4090 C"II"Az«0"(?)
Narceine, idt-m 4821 C'41'"Az'0"
Chelidonlne 4434 C"H'»Az'0'
Alcalis renfermés dans les solanées, les slrfichnos, etc. Atropine, poids calculé. 3662,9 C'''H'«Az'0« (?)
Solanine 10763 C'H^'AzH)"*!?)
Brucine 4860 C"H»»Az"0'
Strychnine 4404 C^H-f^Az-O'
Sàhadelline 2637 C'»H'-Az'0» (?)
h ,1 '■ ... ^«^7 (:"ir\.Hnn |.-„',,i„, (:"ii»\\/,'(r»c')
te:!;;l;r: :::::: 5^0 o'm14M!« ^-^
r-a(oino, poids calculé. ^2-27 (."IP«A/.»0 ItoluMiMO. irf.m 4177 (;MI"Az'0"
La coiDiiaraison de| la fnriiiiild do la quiiiiiio avi'c relie de la ciiichoiiiiK^ (Iriiioiitro ,|m' ces deux bases ne dillèreut qiw. jKir 1 (^(luivaleiit d'oxyi:;f'ne, de sorte (lu'oii ixiiinvul les envisager comme dérivées d'un seul et même radical. Un rapport seml)lal)le s'ohserve entre la codéine et la morphine; et si Ton considère ([ue ces alcalis se rencontrent ensendile en quantités variaLiles, ce rapport prend ([uelque importance, puis(pril l'ait entrevoir la possibilité de les transfoiiner l'un dans l'autre itar un etl'et d'oxyj^énation ou de (léso\.yt:;énation. 11 est vrai (|ue les expériences" tentées dans ce Init n'ont cncpre conduit à aucun résultat satisfaisant ; mais cela ne prouve pas que la chose soit absolument impossible.
Plusieurs ohimistes avaient supposé que l'azote renfermé dans les alcalis organiques s'y trouvait sous forme d'annnoniaiiue ou d'annde, et que de là provenaient leurs projiriétés alcalines. Si les alcalis renfermaient de l'ammoniaque toute formée , il est certain qu'en les décomposant jiar l'acide nitrique on devrait obtenir un sel ammoniacal, ou bien en les traitant par la potasse en fusion, ils devraient produire une combinaison oxygénée correspondant à un amide.
Les hydrochlnrates de tous les alcaloïdes connus donnent , avec le bichlorure de platine, des combinaisons doubles qui sont exemptes d'eau. Ordinairement ces combinaisons sont insolubles et se présentent h l'état de précipités jaunes et cristallins. Celles de la nicotine et de la morphine sont peusolubles; le composé de conine est, au contraire, très-soluble dans l'eau. Comme il est assez ditticile de se procurer les alcaloïdes sous une forme propre à la détermination de leur équivalent ou poids atomique , on emploie souvent pour cela les hydrochlorates doubles. On considère comme un équivalent la quantité d'alcaloïde qui se trouve combinée avec 1 équivalent de platine ; le résidu de platine qui reste après la calcination du sel double donne, par le calcul , l'équivalent de sel ; car 1 équivalent de bichlorure de platine en étant déduit,, on a en même temps le poids de l'équivalent de l'hydrochlorate neutre et anhydre. Voy. Alcalis.
ALCHIMIE. Voy. Pierre philosophale.
ALt^OOL [esprit de rin , eaux-de-vie). — L'alcool est dans la nature une de ces productions éphémères cfui prennent naissance au moment oii certains principes immédiats iommencent à s'altérer. Ainsi, dans tous les fruits où la matière sucrée se développe, auprès d'elle se rencontrent des ferments prêts à' agir dès (jue la déchirure des tissus, accidentelle ou spontanée, met en contact les