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xonstitution des individus doit sans doulo avoir aussi une grande influence sur les résultats produits.
CÎAZ-LIGHT. — Une des applications les plus importantes des matières résineuses, ("est de servir à la fabrication du gaz-light. .Oepuis longtemps déjJi, en Angleterre, on les emploie à cet usage ; en France, on n'a n(ioj)té cette méthode que depuis 10 à 12 ans. On utilise pour cela la résine commune des pins et sapms, la colopliane ou brai sec. Dans plusieurs villes, cet éclairage est établi avec succès.
Le gaz de la résine est, comme celui des huiles, exempt de matière sulfureuse ; il a une odeur d'huile empyreumatiquc ou de térébenthine avant sa combustion, et jiendant celle-ci il n'exhale aucune odeur et n'a aucune action sur les becs, sur les métaux, les peintures, les couleurs. Sa flannne est très-belle, et son pouvoir éclairant est supérieur à celui du gaz de houille; en etfet, 50 litres de gaz de résine donnent autant de lumière que 90 litres du second. 1 kilogr. de résine produit .'i-97 litres de gaz. Distillée en vases clos, celt matière donne 80 à 85 p. 0[0 d'une huile plus on moins visqueuse qui se transforme en gaz presque sans résidu, en donnant par kilogr. 822 à 891 litres de gaz.
11 y a deux méthodes très-dilférentes pour obtenir le gaz de la résine.
Dans certaines usines, notamment dans celle de M. Danré, à Belleville, près Paris, on distille d'abord la résine dans 'un vaste alambic, et on la convertit ainsi en produits huileux pyrogénés, qu'on soumet une seconde fois à l'action delà chaleur, mais d'une chaleur beaucoup plus intense, en la faisant écouler dans des cylindres en fonte, remplis de coke et élevés au rouge vif.
Dans d'autres usines, et notamment dans celle de M. Mathieu, Ji la barrière du Maine, près Paris, on liquéfie la résine {)ar la fusion, puis on la fait tomber directement dans les corimes remplies de coke et chauffées au rouge-cerise. Elle s'y décompose complètement, se réduit en gaz carbures, en Viipeur huileuse et en charbon. Le gaz se rend dans le gazomètre après avoir été lavé dans un réservoir où il abandonne une matière huileuse très-compliquée dans sa couqiosition. Cette huile se produit dans la proportion de 30 p. 0[0 de résine employée; elle est jiour le iabni-ant d'une grande importance. 11 la soumet à la distillation et en retiie divers produits employés acluellementdansles arts, noiaaimeiU pour la peinture en bâtiments et la fabrication de certains vernis.
C.AZ PORTATIF -pour l'éclairage. — M. Houzeau-Muiron, de Reims, a imaginé de transporter h domicile le gaz non comprimé dans des espèces d'outrés élastiques fi imperméables, munies d'un robinet ol d'un tuyau. Ces outres sont disposées sur des voitures très-légères, 'composées d'un grand compartiment en tùle mince, qui enveloppe l'outre de même forme. Quand le iMiiducteur de la voiture veut distribuer le Çaz dans les gazomètres des consonnnatfurs,
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il fait agli\ une petite manivelle placée à l'extérieur; la manivelle serre des courroies disposées de manière à comprimer 1 outre,qui opère alors à la manière d'un soufflet, et chasse le gaz dans le tube d'alimentation. Ce système, qui n'a aucun des inconvénients du gaz [)ortatif comprimé, est adopté dans plusieurs grandes vdles, telles que Paris, Reims, Sedan, Marseille; il a été en usage à Rouen pendant plusieurs années.
GAZ, LIQUÉFACTION, SOLIDIFICATION, CON- DENSATION, etc. — Les états des corjts n'ont qu'une existence relative, et aujourd'hui la chimie ne saurait admettre qu'un corps soit immuablement solide, liquide ou aériforme. Le platine, l'alumine et le cristal do roche, il est vrai, ne se liquéfient pas alors même qu'on les soumet à la chaleur la plus violente de nos fourneaux. Cependant, quand on les expose à la llamme du chalumeau h gaz, ces substances se ramollissent comme de la cire. D'un autre côté, parmi les vingthuit gaz connus, il en est vnigt-cinq qui so laissent réduire à l'état licfuiae. Enfin, il en est un que l'on est parvenu à solidifier.
La loi de Mariotte, quejusqu'alors on avait crue appliquable à tous. les gaz, ne peut plus être considérée comme une loi générale.
Ainsi on ne saurait admettre aujourd'hui que tous les gaz diminuent de volume projtortionnellement à l'augmentation de ta force comprimante. En général, cependant, uno pression double ou triple de la pression atmosphérique réduit le volume des gaz à la moitié ou au tiers de leur volume primitif. Mais dans le cas de certains gaz, tels que l'acide sulfureux et le cyanogène, la diminution de volume, quand on arrive à la pression de quatre atmosphères, cesse de correspondre exactement à la pression ; elle croît beaucoup plus rapidement que cette dernière. Lorsque, sous la [iression atmosphérique ordinaire, on réduit le gaz ammoniaque au sixième de son volume, il cesse de suivre la loi de Mariotte ; et à la pression de trente-six atmosphères, le gaz acide carbonique se com- ]iorte de la même manière. Sous l'intluence de la pression que nous venons de dire, une partie de ces gaz passe de la foi'iue gazeuse a l'état liquide ; mais à l'instant où la pression diminue, ces liquides repassent à l'état aéi'iforme.
Les appareils doht se servent les chimistes pour réduire les gaz cà l'état liquide sont admirables de simplicité. Un froid artificiel très-intense sous un simple tube de vcne recourbé remplace aujourd'hui les machines à comprimer les ])lus puissantes.
Lorsqu'on chautfe du cyanure de mercure dans un tube de verre ouvert, ce corps se décompose en mercure métallique et en cyanogène qui s'échappe sous forme de gaz; mais si l'on se sert d'un tube hermétiquement fermé à ses deux extrémités, la chaleur produira comme tout à l'heure la décomposition du cyanure de mercure : seulement le n anogène ne pourra s'échapper au dehors, et restera renfermé dans un espace clos qui (■«l phi'^ieurs centaines (lei'ni<i j)lus petit que
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celui qu'il occuperait sous la pression atmosphérique ordinaire dans un tube ouvert. La COnsé(lin'ni'e nalurelhs qui l'ésulte de i.'i, (■-'(!St que la |)lust;raude parlu" du ^az passe .\ l'état liquide dans la portion du tubi' i|ue l'on soumet .^ la réfrii^ératiou. Lorsque l'iui verse de l'acide sull'uri(|ue sur de la pierre à chaux dans un vase ouvert, l'acide carboniiiue se déj^age avec etlervesceneesous l'oiine de gaz. Mais si l'on opère cette décomposilioii dans un vase de 1er diî l'orme coiiveuablc, d'une extrùme solidité et hei'métiqiieinenl fermé, l'on peut obtenir jusqu'à une livre d'aeide carbonique à l'état li(iuide. Sous une [iression de 30 atmos|ilières, l'acide carbonique se sépare, sous l'oi'ine lluide, des corps-avec lesquels il était combiné.
Il n'est personne (pii n'ait entendu parler, ne l'ilt-ce que par la voie des journaux, des merveilleuses propriétés de l'acide carbonique liquide. Si on laisse couler à l'air libre un mince filet de ce liquide, il repasse à l'état gazeux avec une rapidité extraordinaire, et la portion d'acide qui redevient gazeuse soutire •'i la portion qui reste liquide une telle quantité de calorique, que cette dernière se congèle eu une masse blanche cristalliue.semblable à de la neige. On crut d'abord que cette substance cristallisée était réellement de la neige, c'est-à-dire de la vapeur d'eau de l'atmosphère qui s'était congelée ; mais un examen plus attentif démontra bientôt que celte prétendue neige était purement et simplement de l'acide carbonique cristallisé par le froid. Contrairement à ce que l'on attendait, on a remarqué que cet acide carbonique solidifié n'exerce qu'une très-faible pression sur les parois qui le contiennent. Ainsi, tandis que l'acide carbonique liquide, renfermé dans un tube de verre, repasse, aussitôt qu'on ouvre le tube, à l'état de gaz, avec une explosion cfui brise le tube en mille pièces, on peut toucher et manier l'acide carbonique solide , sans éprouver d'autre etlet qu'une sensation de froid excessivement intense. Les molécules de l'acide carbonique sont aussi rapprochées que possible lorsqu'il se trouve sous forme solide ; la force de cohésion des fluides , qui est d'ordinaire tout à fait imperceptible , se déploie ici avec toute son énergie. C'est cette force de cohésion qui empêche l'acide de repasser à l'état gazeux. Cependant elle est à la fin vaincue, et le solide repasse peu à i)eu à l'état aériforme, au fur et à mesure que les corps environnants lui cèdent du calorique. Le degré de froid, ou, si on le préfère, la réfrigération que détermine la transition de l'acide carbonique de la forme solide k la forme gazeuse, est incalculable. Qua-id on mot une masse de mercure pesant dix à vingt livres et môme davantage, en contact avec un mélange d'éther et d'acide carbonique solidifié, le métal devient en un clin d'œil solide et malléable. La génération future ne sera [il us aduuse à être spectatrice de cette admirable expérience exécutée en grand; car, par malheur, elle est extraordinairement dangereuse, ainçi que i'a
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prouvé un événement déplorable arriré dans le laboratoire de l'Ecole polytechniijuo da Paris, iiunu';diatiMU(wit avant le cours de chimie. {}n cylindre de fer d'un pied de diamètre et "de deux pieds et demi de longueur, où l'on avait fait dégager de l'acide cni-biiniipu' poui- fair(! une expérience devant l'auditoire, éclata tout h coup, et ses fragments fui'ent lancés avec la violeni.'c la [)lus terrible. Le ])réparateur, cpii était seul présent, eut les deux jambes enqiortées et mourut (l(,'S suites de sa blessure. On no peut, sans frémir, songer à la catastrophe elfroyable ((u'aurait causée, au milieu d'une salle reuqilie d'élèves, la ru|iture de ce vaisseau en fonte de fer, extrêmement épais et tout à fait semblable à un canon de fort calibre. Cependant, ce qui éloignait encore lilns toute idée de danger, c'est que ce tube avait déjà souvent servi à exécuter cette curieuse expérience. Voy. Carbonique (acide). Depuis que l'on sait que la plupart des gaz se fluidifient par l'elfet de la compression ou du froid , la singulière propriété que possède le charbon do bois d'absorber et de condenser de dix à vingt fois son volume de certains gaz, a cessé d'être un mystère. Ce corps absorbe même soixante-dix à quatre-vingt-dix fois son volume de gai ammoniaque et de gaz aeide chlorhydrique. Ces gaz se trouvent renfermés et condensés dans les pores du charbon dans un espace de plusieurs centaines de fois plus petit que celui qu'ils occupaient auparavant. Ou ne peut douter maintenant qu'ils n'y existent en partie à l'étal liquide ou à l'état solide. Ici donc, comme dans mille autres cas, l'action chimique remplace les forces mécaniques. L'idée que l'on se formait de l'adhésion a, par cette découverte, acquis une signification plus étendue. Jusqu'à présent on ne l'avait jamais crue capable de déterminer un chani^ement d'état dans la matière : aujourd'hui on voit dans la cause qui détermine l'adhérence d'un gaz à la surface d'un corps solide l'antithèse de la dissolution.
Le plus petit volume d'un gaz, d'air atmosphérique par exemple, peut, à l'aide do la simple compression mécanique, être réduit à un volume mille fois plus petit. La masse de ce volume de gaz est, à l'égard do celle que présente la surface mesurable d'un corps solide, comme la masse d'un globulo de moelle de sureau est à la masse d'uno montagne. Donc, par la simple action de la masse, c'est-à-dire par le simple etl'et de la pesanteur, tout corps solide doit attirer les molécules gazeuses et les faire adhérer à sa surface. Mais si à cette force physique so surajoute une affinité chimique, pour faible qu'elle soit, il est évident que les g&^ voercibles ou liquéfiables ne pourront persister dans leur état aériforme.
Il nous est évidenf«<ïient impossible de mesurer la coiubv-tsation ([u'une surface d'un pouce carré fait éi)iouvi.'r à l'air ; mais si nous nous figurons un corps solide présentant, dans l'espace d'un pouce cube, une surface do plusieurs centaines dcpieds cm'isi
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puisqueiiousplncionscecorpsauniilioiurim volume (le gnzrlétcrminé, il nous devient facile de comprcudro pourquoi ce volume d" gaz diminue: tous les gaz se comportent de la môme manière dans les mêmes circonstances; ils so!)l, comme Fondit vulgairement, absorbés. Les |)ores d'un [louce cube de charbon oQVent, au calcul le i)lus bas, une surface de cent ()ieds carrés. La propriété que possède celle substance d'absorber les gaz varie suivant res[)èce de charbon (ju'oa emploie. La quantité de gaz absorbée est d'autant plus grande que les pores sont plus nombreuv et par conséquent plus petits dans un môme espace ; en d'autres termes, le charbon à grands pores absorbe beaucoup moins que le charbon à petits pores.
Pour Ja môme raison, toutes les substances poreuses, telles que les diverses espèces de pierres et de rociies poreuses, les mottes de terre, absorbent réellement l'air atmosphérique et par conséquent l'oxygène.
Chaque ruolécule de ces corps se trouve donc entourée i)arde l'oxygène condensé qui lui forme une petite atmosphère particulière ; et si, dans le voisinage de ces molécules, il existe d'autres substances qui aient de l'afiinité pour l'oxygène, il s'opère une combinaison. Lorsque, par exemple, les corps situés à proximité contiennent du carbone et de l'hydrogène, ce carbone et cet hydrogène se transforment en acide carbonique et en eau, deux combinaisons chimiques nécessaires à la nutrition des végétaux. Le développement de calorique qui s'opère lorsque l'air est imprégné d'eau, et la jiroducîion de vapeurs qui a lieu lorsque la terre est humectée par la pluie, sont évidemment le résultat de cette condensation par l'action des surfaces.
Le corps qui exerce l'absorption la plus extraordinaire sur l'oxygène de l'air, est le platine métallique. Le platine est un métal d'un blanc brillant lorsqu'il est eu masse; mais quand on le séjiare des liquides dans lesquels on l'a fait dissoudre, il se présente à nous dans un tel état de division, c'est-àdire sous foruie d'une poudre tellement ténue, que ses molécules ne rédéchissent plus la lumière, et qu'il paraît aussi noir que du noii' de fumée. Dans cet état, il absorbe plus de huit cents fois son volume de gaz oxygène. Cet oxygène doit donc se trouver alors dans un éfat de condensation qui le rapproche de l'eau à l'état liquide.
Lorsqu'un gaz est ainsi condensé, c'est-àdire lorsque ses molécules primitives se trouvent a*nsi extrêmement rapprochées les unes des autres, ses propriétés deviennent évidentes et faciles à apprécier; car l'action chimique qui est propre à chaque gaz se développe avec d'autant plus d'énergie que celui-ci perd davantage sa propriété physique caractéristique. En effet , ce qui distingue essentiellement un corps gazeux, c'est que ses molécules tendent continuellement à s'écarter les unes des autres. Or, coiumo l'action chimique ne peut s'exercer qu'autant que les molécules sont à un cer-
tain degré de proximité les unes des autres, il est facile de comprendre comment l'élasticité des gaz est le principal obstacle qui cmpôclio le déploien»ent de leur activité chimi(iue. Mais (piand les molécules gazeuses cess.^nt de se repousser, et c'est ce qui a lieu lorsqu'elles se trouvent renfermées dans les pores ou adhérentes à la surface des corps solides, le gaz peut alors déployer tout3 son activité chimique. Ainsi certaines fombirdsons dans lesquelles l'oxygène ne peut pas entrer tant qu'il est sous "son état oramaire, certaines décompositions qu'il ne peut pas opérer, lorsqu'il est également sous sa forme habituelle, ces combinaisons et ces décompositions, dis-je, s'efl'ectuent au contraire avec une facilité extrême dans les pores du jdaline qui contiennent de l'oxygène condensé. Dans le platine réduit eii poussière très-fme, et même dans ce qu'on appelle l'éponge de platine, nous possédons un véritable mouvement perpétuel, c'est-à-dire un mécanisme qui marche et se monte luimême, une force qui ne s'épuise jamais et qui est capable de produire des effets extrêmement puissants, lesquels se renouvellent d'eux-mêmes à l'infini. Quand on dirige un courant d'hydrogène sur une éponge de platine dont les pores, ainsi qu'on vient de le dire, sont constamment remplis d'oxygène condensé, les deux gaz se trouvant en contact se combinent ensemble, et il se forme de l'eau dans l'intérieur de l'éponge métallique. Le résultat immédiat du dernier phénomène, c'est-à-dire de la combustion de l'hydrogène pour former de l'eau, est un dégagement considérable de calorique ; le platine rougit et le courant d'hydrogène s'enflamme. Si l'on interrompt le courant du gaz inflammable , les pores du platine se remplissent instantanément d'oxygène, et en dirigeant denouveau le courant d'hydrogène, on voit se réproduire immédiatement le môme phénomène ; l'expérience peut donc se répéter à l'infini et toujours avec le môme résultat.
La découverte de cette propriété des corps solides, et particulièrement des corps poreux, a rendu un grand service à la science, en lui permettant d'expliquer d'une manière parfaitement satisfaisante bon nombre de phénomènes qui avaient jusqu'à ce jour résisté à toute explication. La transformation de l'alcool en vinaigre par le procédé connu sous le nom de fabrication instantanée du vinaigre, est certainement une des branches les plus importantes de l'industrie agricole. Cette fabrication est fondée sur des principes à la découverte desquels les chimistes sont arrivés par l'étude sérieuse des propriétés des corps poreux.
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GAZ, fixes, coercibles, non permanents.
Vpij. Calorique.
GAZ HYDROGÈNE PROTOPHOSPHORÉ.
Voy. PuospiioRK.
GAZ OXY-MURIATIQUE. Voy. Chlore.
GAZ employé comme force motrice. Voy, Carbonique (acide).