‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 152 sur 354 · C.ER · texte numérisé non relu

C.ER

et se ressemblent, en général, beaucoup par tous les caractères extérieurs. Ce sont ces corps ijui se mélau|j;ent le plus fréquenuuent, et l'on remarque souvent qu'ils se trouvent aussi dans le même gisement général. C'est dans le genre des silicates qu'il est sui'tout utile de prendre ces sortes d'analogies en considération. Ainsi, en faisant une division des silicates à base de chaux, une autre des silicates à base de fer, une troisième des silicates à base de manganèse, etc., etc., ce qui paraîtrait d'abord assez naturel, on romprait les rapports les plus importants (jui existent entre les espèces. Au contraire l'on conserve, ou l'on établit ces rapports toutes les fois (ju'on se laisse guider par les formules. Ainsi, il est très-naturel de placer à la suite l'un de l'autre le grossulaire,ralm-uidin, la mélani te, etc., qui ont constitué jadis l'espèce grenat, et qui sont des silicates isomorphes de môme formule, parce qu'ils ont entre eux toutes les analogies possibles, que leur réunion forme un groupe très-important; il en est de même de la trémoliteet de l'actinote, qui ont constitué l'espèce amphibole, de la sahlite, l'hedenbergite, la jetl'er'sonite, qui ont constitué l'espèce pyroxène, de l'orthose, et de l'albite, qui ont constitué l'espèce feldspath, et à la suite desquelles se placent naturellement [)lusienrs autres espèces que l'on avait en même temps confondues dans le même groupe, etc., etc.

GEIIMINATION. — Linné est le premier qui ait posé en fait que tout être vivant, sans exception, se propageait par graines ou par œufs; qu'aucun corps organique ne prenait naissance sans être produit par un corps semblable, et que, conséquemraent, aucun corps nouveau ne pouvait augmenter le nombre de ceux qui existent. Cette manière de voir se trouve conûrmée par notre expérience, autant que celle-ci s'étend sur les corps b\en développés : mais dans des classes d'animaux et de plantes, où les phénomènes de la force vitale sont moins indépendants des propriétés primitives des éléments inorganiques, il n'est pas toujours facile de jjrononcer à cet égard, et l'on a [irésumé que dans cette classe il pouvait se former beaucoup de corps organiques ditférents les uns des autres, qui prenaient naissance sans germination, par la destruction d'autres corps inorganiques, tels que, par exemple, la moisissure, les excroissances spongieuses, etc. Cette production a reçu le nom de génération équivoque, et il est certain que fort souvent il est absolument impossible de reconnaître comment plusieurs corps de ce genre auraient été produits par des indivitlus de la même espèce. Une foule de matières organiques dans lesquelles la vie est éteinte, produisent, quand on verse dessus de l'eau, de petits cor()s doués de mouvement que l'on ne peut découvru' qu'à l'aitk- tl'un furt microscope, et qui continu(!nt itendant quelque temps à se mouvoir, après (|uoi ils paraissent mourir, et se trouvent quelquefois remplacés par d'autres. On leur a donni' le nom d'animaux infusoires. Quels qu'ils

soient, leur formation ne paraît pas être une i succession d'individus homologues, en sorte 1 qu'il est incertain et même douteux que l'observation de Linné s'ai)plique aussi aux classes les moins tléveloppées des cor|)s oiganiques. Hornschurh, naturaliste plein de sagacité, a émis et rendu probable la conjecture que les premiers germes d'un de ces corps moins développés , que ce soit une graine ou une partie détachée d'un individu vivant, se développaient dilleremment dans des circonstances did'érentes , par e\em|)le, suivant qu'il végète dans l'eau ou dans l'air, et aux dépens de différentes matières végétales et animales, et qu'il produisait ainsi des phénomènes et des formes ditférentes ; en sorte que dans ce's classes inférieurrs oCl la force vitale agit avec moins d'indépendance, la matière dillei-ente, aux dépens de laquelle la vie s'entretient, roncourt essentiellement à déterminer la nature du corps croissant. Cette idée présente beaucoup de probabilité, et se trouve appuyée d'un fait très-intéressant , découvert par Humboldl, qui consista en ce que des plantes d'un développement imparfait, (jui croissent dans des mines où elles ne sont pas frappées par la lumière, ne sont pas colorées, et prennent une forme qui empêchequ'onles reconnaisse; ces plantes, exposées à la lumière, meurent, mais leur racine donne, sous l'influence de la lumière, une nouvelle plante qui a les formes ordinaires.

Laissons à une expérience future plus étendue le soin de décider cette question, et revenons à la description des phénomènes de la germination. Les graines ressemblent aux œufs des oiseaux, en ce qu'elles renferment un petit point , h partir duquel commencent tous les phénomènes de la vie, et qui est enveloppé d'une masse végétale plus oumoins volumineuse, qui sertdematière nutritive au point vivant ; enoutre elles sont entourées d'une enveloppe ordinairement triple, destinéeà garantirles parties inlérieiu'es.

Toute graine porte la marque du 'point par lequel elle était en contact avec la plantemère pendant sa croissance. Ce point correspond au nombril des animaux, raison pour laquelle on lui donne le nom d'ombilic ou de cicatricule. Le point vivant de la graine se compose de deux parties : l'une destinée à former la racine, et appelée rarfjcM/p; l'autre, connue sous le nom de plumule, et destinée à devenir plante. Ces deux parties peuvent être distinguées dans quelques graines volumineuses, telles que les fèves, sur lesquelles on peut mieux que sur toute autre graine étudier la siructure de la graine; mais souvent leur séparation ne s'aperçoit bien que quand les graines ont commencé h germer. La matière organique destinée à servir de nourriture à la plante naissante est contenue dans des organes particuliers, qui se séparent pendhJt la germination, et qui reçoivent alors le nomdi' cotylédons. Los gi'aminéesn'ontqu'un seul cotylédon; la plupart des plantes en ont deux, ei (pielques-uncs, telles que le cresson, en ont jusqu'à six.

GKR

r.ER

■Pour iiiic los |ilu''iioiiièiios qui conslituont

l.i vii^ c'oninu'iiccut, il l'aiil ■■('•iiiiir trois conililions:l"il est nécessaire que la graine suit ei) coutacl nvee un (■or|)s humide, aui|uel elle puisse enlever une (;erl<uiie (juanlili' d'eau; 2" ellr (loil eUre exposées à une triii|M'ralin'e supérieure à 0% parce cpraucun pluMiduiène de vie U(^ p(^ut se uiauireslerdès que l'eau est à l'élal solide; mais la (empélatuic lie doil pas élri' au-dessus de 30", parce que la vie naissante est anéantie par une plus l'orte chaleur. 3" La graine doit être en contact avec l'air. Par l'ellet de la j^'ei'i"ination la graine se gonllc^ peu il peu, les cotylédons st( séparent, la racine se dévelo[)|)e, pénétre dans la terre; la plumule otlre les traces des |)r(Miiières feuilles, tend vers la lumière, et lève les cotylédons avec elle audessus de la terre; ces derniers se transi'or- Hieiit alors en feuilles semimdes, se dessèchent et tombent quand les véritables feuilles se sont formées.

"S'oici ce que nous savons sur la niarcho intérieure delà germination. La pellicule 'do la graine a des vaisseaux qui se remplissent d'eau, en vertu d'une force capillaire; celte eau, portée à l'intérieur, fait gonller la graine. Toutes les graines se gonileut tôt ou tard dans l'eau; mais les graines des plantes aquatiques sont les seules qui puissent germer au milieu de l'eau. Les gaines des autres plantes doivent être entourées d'urr corps humide qui n'empêche pas que l'air soit aussi en contact avec la plante. Ordinairement la graine se trouve enveloppée lie terre, dont elle absorbe l'humidité; mais la germination peut avoir lieu sans terre, et les graines germent tout aussi bien dans du papier brouillard humide ou sur une |)lanciie humide, etc.; bref, renvelopi)e solide n'influe sur la germination qu'en empêchant ou en favorisant les trois conditions essentielles énoncées plus haut. Toutes les autres causes de la continuation de la germination se trouvent dans la graine elle-même. L'eau qui pénètio à travers la matière organique contenue dans les cotylédons, y produit une réaction chimique, qui est accompagnée d'un dégagement de chaleur, et paraît avoir [lour but de préparer la nourriture nécessaire à la plante naissante. Les produits de cette réaction varient probablement en raison des matières contenues dans les cotylédons. Ce que nous savons à cet égard se raiiporte uniquement à la graine des graminées ; l'amidon que cette graine contient se transforme peu à peu en cette espèce de sucre dans laciuelle nous pouvons le convertir h l'aide des acides, et ce sucre disparaît pendant la germination, et laisse une substance gommeuse; en sorte que la matière contenue dans les cotylédons change chaque jour, tandis que la radicule et la plumule grandissent k leurs dépens.

On ignoie si l'eau agit encore autrement qu'en transformant les corps solides do la graine en dissolutions, et les rendant ainsi actifs : si, par exemjile, la plante se combine avec les tléments de l'eau, et les fait passer

qu'une oarlie de l'oxygène Sf. transforme en gaz acide carboini[ue, sans changer de vo-

(lola combinaison binaire qui constitue l'eau, à l'elal (le combinaisons tiM'iiaires ; mais cetbi dernière supposition n'est pas probable.

J^es graines (pii germent dans l'air atinos- Iihéii(pu; ne changent pas sensiblement le volume (le l'air; mais (dies en changent la coniposilidii (le la même manière que la respiration des animaux la change; en sorte ! oarlie de l'oxygèn lue carboiii([ue, sai lume. Par conséquent, le carbone contenu dans la graine diminue constamment pendant la germination, tandis ipie l'oxygène ( t l'hydrogène qui entrent dans sa composition, pai'aissent passer, sans subir de diminntion, dans le germe qui se ilévelojipe. Cette séparation de carbone, c{ui ne peut avoir lieu sans la |)i'ésence de l'oxygène libre dans le m.lieu ambiant, paraît être une condition essentielle et ton .'amentale du phénomène de la vie dans tontes les classes des êtres organiques. En la supprimant, on empêche la vie de continuer : si ilonc on dé- ])oiiille l'air ambiant d'une certaine quantité de son oxygène, ou qu'on !e môle avec beaucoup de gaz acide carboiii([ue, la germination s'arrête et la graine meurt.

Si, en réunissant toutes les autres circonstances favorables à la germination, on essaye de faire germer la graine dans le vide, dans le gaz hydrogène, le gaz nitrogène, le gaz acide carbonique , etc. , elle ne présente aucun phénomène de la vie; au contraire, les graines gontlées commencent k subir d'autres changements, par lesquels h ur force vitale est détruite, lin revanche, elles germent très-bien dans le gaz oxygène, et on a trouvé, en répétant les essais de Humboldt, que des graines très-anciennes, qui m' veulent pas germer dans les circonstances ordinaires , peuvent être amenées k germer quand on les humecte avec une faible tlissolution de clilore daùs l'eau, (pii, par son action oxydante, |)rodu!t la séparation du carbone. Cette séparation de carljone fait que le jiremier produit de la germinaiion contient moins de matières solides que la graine. Th. de Saussure ayant séché et posé des pois, les lit germer, et au bout de trois jours il sécha la graine germée; il trouva ainsi qu'elle avait jicr(.lu 'i- -j jiour cent de sou poids. Le carbone etdevé par l'air entrait dans cette |ierte jiour un peu moins d'un pour cent. Les autres 3 | pour cent, que Saussure regarda comme de l'eau formée pendant la germination, étaient proliablenu'nt la dillérence entre la quantité d'eau contenue d.ins les pois secs non gernu's, qn'cm ne pouvait pas dessécher parfaitement sans les laire mourir, et entre la graine détruite par la dessiccation.

L'action immédiate des rayons solaires est nuisible k la germination. Partout dans la nature nous trouvons que les premiers phénomènes de vie, parmi les êtres organisés, prennent leur origine dans l'obscunté, et qu'ils n'ont besoin de l'intluence de la lumière et ne cherchent celle-ci, qu'ai)rès être arrivés k un certain degré de dévelopiie-

Page 1