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et qui s étend sur des espaces souvent très-considérables, est conqiosé de détritus de roches diverses, qielquefois en morceaux roulés assez gros pour qu'on puisse en reconnaître la nature, le plus souvent réduits en matières sableuses et terreuses. Dans le premier cas on reconnaît des cailloux roulés de granit, de gneiss, de micashistes, de schiste argileux, de calcaire compacte, etc. ; dans le second on ne distingue plus que le mica par l'éclat de ses paillettes, le quartz en petits grains, qui forme souvent la base des dépôts, quelquefois des jiarcelles de matières leldspathiqucs qui se trouvent fréquennnent h l'état de kaolin. Ces matières sont agrégées entre elles par de l'argile ou par un ciment calcaire ; il en résulte des espèces de grès assez généralement de couleur terne, grise ou jaunâtre, mais qui varient beaucou|i dans retendue et dans l'épaisseur dudépôt. Quelquefois ces grès sont tout à fait blancs; dans d'autres cas ils prennent une teinte verte, due h une niultitndede petits grains verts. Dans le voisinage des dépôts de coud)ustibles ils deviennent chaiboiuieux, bitumineux et prennent desteintesnoirâtres plus ou moinsfoncées. Ils ont une grande tendance à la structure schisteuse, surtout dans les parties micacées, et la masse des dépôts est en général plus ou moins distinctement stratifiée.
Ces grès renferment des couches subordonnées de différentes matières. Les unes ne sont réellement que des modifications de la niasse générale : telles sont des couches de matières argileuses plus ou moins tines. Les autres sont des matières iiarticulières; ce sont des couches calcaires souvent noires et fétides, des couches ou amas horizontaux de carbonate de fer plus ou moins argileux, qui tantôt se trouvent çà et là dans le grès môme, tantôt accompagnent les couches de houille. 11 s'y trouve aussi des roches compactes, simi)les, ou porphyriques, d'un vert sombre ou môme noires, qui sont des diorites ou des dolérites comiiactes; tantôt ces roches simt en couches qui suivent la stratification générale du dépôt, tantôt elles sont en liions, ou clykes, qui traversent toutes les couches du terrain, dont l'éiiaisseur va jusqu'à 150 pieds, et qui se prolongent quelquefois sur plusieurs lieues d'étendue.
Les dépôts de grès houiller sont fréquemraent à découvert sur de grands espaces ; mais dans dilférents lieux ils sont surmontés et cachés aux yeux de l'observateur [lar des dépôts, souvent très-considérables, d'une autre espèce de matière arénacée que l'on désigne sous le nom de grès roMçe, parce qu'ils otlrenl héquemment cette couleur, surtout lorsqu'on les considère en grande masse. Ces ' grès sont (pielquefois assez grossiers, et pné- ' sentent alors des cailloux roulés de toute espèce, quel([uefois même des débris de véritable grès nouiler, qui sont empâtés i)ar une matière aigileuse plus ou moins fine. Dans quelques endroits, cette pâte est presque entièrement forméedekaolin, et réuni Ides grains de quartz; c'est ce qui a particulièrement lieu lorsuue le dépôt est appuyé immédiateiueu(
lieux elles sont que les mineurs
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sur lo gnnit ol sans apparence de V(^ritable gi-ès houiller. Dans d'autres cas, toutes les parties eoniposaules sont r(^(iuiles eu paiticules liiu's, et le gr6s est alors llu, quelquefois terreux, et souvent allecte la structure seliisteuse.
Ces sortes de grès renferment, comme ccuiilies ou amas subordonnés, des roches feldspalliiques porphyi'iqnes, le plus s(uiv('nt rouges, des rétiuiles, et îles aiuygdaliles dont les cellules sont tantôt vides, tantôt reuq)lies de diverses sid)stances.
Les [)or[ttiyres se troufi'ut quelquefois en amas horizoutaux. plus ou moins (';tetidus, mais fréqueunuent ils couionneul les collines de grès sous la forme de plateau. Les amygdaloidesall'ectent les mêmes manières d'être; mais les rélinites se trouvent seulement en amas ou bien en tilons.
Les coudies (hi houille affectent souvent des formes très-remai'quables. Elles paraissent être ordinairement à peu près planes, lorsqu'on ne les considère que sur une partie de leur étendue, et elles plongent alors sous un angle ou sous nu autre vers un point de l'horizon ; mais lorsqu'on les examine en
§rand, en com|)arant entre elles les profoneurs des divers puits d'extraction d'une même contrée, ou les différentes inclinaisons de la même couche dans les dilférentes parties de son étendue, on reconnaît que dans le plus gi-and nombre des concaves, et forment ce nomment le bateau ou le eut de chaudron. A partir du point le plus bas, les couches se relèvent plus ou moins rapidement de tous côtés, sur les pentes des montagnes environnantes, et leur direction en suit toutes les sinuosités.
Outre la courbure générale que nous venons d'indiquer, les couches de houille affectent encore, dans dilféi'eats points de leur étendue, des ondulations plus ou m^ins apparentes, irrégulières, qui, partout oi!i l'on a pu voir la superposition au sol préexistant, sont évidemment le résultat de la forme que présentait la surface de ce dernier.
Les couches de houille présentent encore d'autres circonstances qui ne sont pas moins remarquables. Il arrive fréquemment que la même couche se trouve repliée sur elle-même, contnuinée de la manière la plus bizarre, en formant un nombre plus ou moins considéiabl.' de zigzags plus ou moins ouverts, à branches plus ou moins longues, et qui se répètent de la même nnmière un nombre infini de fois, dans toute l'étendue du dépôt. Le plus souvent toutes les couches de la même mine sont contournées de la même manière, et les matières terreuses qui les séparent le sont également. Quelquefois elles sont fracturées à l'endroit des plis, mais il hvv'we souvent aussi que le coude est parfaifement arrondi et sans aucune rupture.
La disiJOsitiou générale des couches de houille eu forme de bateau, leur diiection, qui suit toujours les sinuosités du pied des montagnes environnantes, les diverses ondulations qu'elles présentent dans les dift'é-
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renis points de leur étendue, et qui se trouvent en rap|)nrt avec les irrégularités du sol ' sur letpiel elles re(iosenl, mettent hors de doute que ces dépôts iic soiu fiirmés dans U's enfoncements du tc^rrain piéexislant, dans les bassins et vallées (jue les montagnes laissaient entre elles, et (pi'ils en ont recouvei't le fond et les j)entes jn.sipi'à une certaine hauteur, en se mod'rlanl exactement sur leur parois. La plupart des (h'qiôts liouil- 1ers (jne nous connaissons paraissent réellement autant de iietits bassins parliiuliei'S, dans lesquels on lecoiniail plus (ju moins les caractères que nous venons d'indiquer :
mais il est rare que les divers bassins soient isolés; ou en voit fréipuMument un certain nond)re ([ui se rattachent les uns aux autres, et dont l'ensemlile constitue une zone d'une direction constante, quehiuefois sur un trèsgrand espace. Ce sont, à ce qu'il parait, des dépôts partiels cfui se sont formés çà et là, à la même époque, dans de longues et larges vallées, ainsi que dans les vallons qui y aboutissent transversalement, ou bien dans de vastes golfes que les montagnes laissaient entre elles. Dans chacun de ces dépôts partiels, on remarque souvent quelques dispositions jiarticulières, qui tiennent sans doute à des circonstances locales; mais dans tous ceux d'une même zone, il existe une disposition et une direction qui s'accordent partout avec la forme et la direction de la grande vallée. Ce n'est que quand le terrain a été soulevé par les lOches cristallines qui l'ont traversé, que ces dispositions générales ne peuvent plus être aperçues ; en effet, on n'en voit plus que des traces à peine visibles dans les anthracites qui sont intercalés avec des roches cristallines, ou qui sont voisins de ces matières, quelle que ^il réjioque de <"ormalion à laquelle on puisse les rapporter.
Quant aux replis en zigzags que nous avons fait remarquer, ils ne peuvent être attrijjués à la foiine du sol sur lequel le dépôt s'est formé. Les fi'actures que 1 on remarque quehiuefois dans les dilférents coudes, et la dis|iosilion même des couches, semblent indi(pier que la masse du terrain a soulfert quehpies dérangements? C'est sur quoi nous ne pouvons avoir que des conjectures. La I lus simple parait être la supposition d'un alfaissement des parties latérales, et par conséquent très-indinées, sur elles-mêmes, à une certaine époque où la masse n'était pas entièrement consolidée.
l'artoul où l'on reconnaît les terrains dont nous avons étudié les caractères, on peut espérer de rencontrer de la houille, quoiqu'elle y soit quelquefois peu abondante et de mauvaise ([ualité. Ces terrains occupent des étendues considérables à la surface de la terre, et dans un grand nombre de lieux ils assurent pour longtemps au pays une source de richesses, si l'on sait en proliter.
En I rance, les mines les plus inqioi'tantes sont dans le département du Nord, autour de Lille et de Valenciemies. C'iist là que se trouvent les mines d'Anzin, les plus considérables et les plus remarquables par les
travaux et les machines qu'on y a exécutés. Ces dépôts houillers Ib'it partie de la grande zone de 2 lieues de large sur plus de 50 de long, qui s'étend de l'ouest ^ S.-O. à l'E. J-N"-E. , depuis le dépaileuient du Pas-de- Calais jusqu'au delà d'Aix-la-Chapelle ; elle semble se rattacher aux terrains houillers des duchés de Luxembourg et de Deux-Ponts, du département de la Moselle, où nous avons encore beaucoup d'exploitations, aux environs de Sarrelouis, et enfin à ceux du déiiartement du Haut-Rhin.
Hors de cette zone nous retrouvons de grands dé|)ôts de terrains houillers dans le centre et le miiii de la France. On les voit d'abord dans le département de Saône-et-Loire, où ils sont particulièremezat exploités au Creuzot: plus ou moins interrompus par des montagnes qui les recouvrent, et par d'autres sur lesquelles ils sont a.lossés et autour desquelles ils tournent, ils se prolongent dans le département de la Nièvre, où l'on exploite de la houille à Décise; dans celui de l'Allier, où ils se trouvent princij)aleuient dans la vallée de la Queune, dans laquelle on exploite les mines de Noyant, de Fins, etc.; et enfin dans le département de la Creuse. Ils se prolongent aussi par Roanne, Montbrison , Saint-Etienne, Rive-de-Giei-s ; il se fait une exploitation considérable de houille, qui alimente les nombreuses usines de cette contré'", et en fournit en outre une très-grande quantité au commerce. A partir de Rive-de- Giers, le terrain houiller se continue au pied oriental de la chaîne de montagnes qui forment au loin la droite de la grande vallée du Rhône, et on le suit dans les départements de l'A rdèche, du Gard, de l'Hérault, del'Aude, jusqu'au pied des Pyrénées; il existe sur cette ligne plusieurs mines exploitées, particulièrement aux environs d'Alais , de Lodève, etc. Il se représente également sur la pente occidentale de la môme chaîne, parcourt les départements du Tarn, de l'Aveyron, du Lot, de la Dordogne, et va finir dans le Cantal. Il paraît renfermer encore, dans cette partie, une grande quantité de houille, que l'on grapille çà et là; on y trouve les mines des environs d'Aubin (Aveyron), qui offrent des gîtes très-considérables de combustibles et qui sufliraient seules pour l'approvisionnement de la Fiance, si l'on facilitait le transport par quelques canaux de navigation; plus loin sont les mines des environs de Figeac (Dordogne), etc. On doit voir que ces dépôts entourent partout le groupe de montagnes anciennes qui s'élèvent au centre de la France.
Au delà de ces grands dépôts on trouve un espace immense où il n'existe plus d'indices de terrain houiller : ce n'est plus que dans les déjwrtements de .Maine-et-Loire, de Loire-Inférieure, qu'il se présente; on y exploite les mines de Saint-Georges-Chatelaison, à peu de distance de Saumur, et de Montrelaix, à 5 lieues au nord de Nantes. Plus loin, on reconnaît encore ce môme terrain dans les départements de la Manche
et du Calvados, où l'on exploite surtout les mines de Litry, à 6 lieues de Caen.
Telles sont, en France, la position et l'étendue des terrains liouillers : nous avous cru devoir en pai-ler avec quelques détails, parce que ce combustible étant d'une haute importance pour nous, il n'est pas inutile de connaître quelles sont les contrées où l'on peut espérer de ne pas faire des recherches vaines. Nous n'avons pas besoin d'avoir autant de détails sur les pays étrangers; et après avoir mentionné les mines de la Relgique et des provinces prussiennes sur les bords du Rhin, nous nous contenterons d'observer qu'on en retrouve aussi en plusieurs endroits, au Harz , en Saxe , en Roliême, en Autriche, en Hongrie, sur les frontières de Croatie , etc. Toutes ces contrées sont , comparativement , beaucoup moins riches que la France, et il n'y a que l'Angleterre qui puisse être mise eu comparaison sous ce rapport; elle possède de trèsgrandes richesses, qui sont partout exploitées avec une prodigieuse activité. Le Portugal, l'Espagne, l'Italie, renferment trèspeu de houille connue; en Suède, il n'en existe que dans la province de Scanie; il paraît qu'il n'en existe pas du tout, ni en Norwége ni en Russie; on en connaît quelques exploitations en Sibérie. La Chine et le Japon paraissent en renfermer une trèsgrande quantité. On en a découvert à la Nouvelle-Hollande, près de la ville de Sydney ; il en existe aussi en Amérique , et particulièrement aux Etats-Unis, etc.
Usages. — La houille est susceptible de beaucoup plus d'applications aux arts et aux usages de la vie que l'anthracite et que tous les autres combustibles minéraux; elle peut suppléer le bois dans presque tous les cas, et elle a sur lui l'avantage de donner à poids égal une chaleur beaucoup plus intense. Les salines, les fonderies de toute espèce, les verrerie», les poteries, les fours à chaux, pour lesquels on emploie les qualités inférieures, les savonneries et une multitude d'ateliers de tout genre, en font journellement une consommation prodigieuse dans toutes les contrées où on l'extrait, et dans toutescelles oùellepeutarriveràbon compte.
Les machines à vapeur, moteur si puissant, et par lequel on remplace ou ou supplée si avantageusement les macliines hydrauliques et les manèges, doivent en quelque sorte à la houille leur existence, ou tout au moins la propagation de leur emploi.
La houille est aussi employée dans un très-grand nombre de lieux pour le chauffage des appartements, et son usage va sans cesse croissant, à mesure qu'on peut parvenir à déraciner le préjugé qui attribue une influence délétère à la légère odeur bitumineuse qu'elle dégage, et qu'il est d'ailleurs si facile d'empêcher en disposant les foyers convenablement. Lorsqu'on a soin de cnoisir les houilles qui ne renferment pas de sulfure de fer , l'odeur bitumineuse qui s'exhale pendant la combustion est plutôi saine que nuisible; on lui attribue même dei
propriétf^s salntairos aux poitrines faiblos, comme à la l'iiuiiW' des n^siiies et des baiiines. Ou eroit ciuiire ((uc la t'uiiK^o de houille arri>te la iiropaKatiou îles maladies coulagieuses, et on rcmaniuc que depuis qu'où a employé ce eonihustihlc h Londres, on u'a plus vu pai-aiire les lièvres qui désolaient eetto ville.
La faculté ipie possèdent les bonnes qualités de houille de se t'oiulre en l)rfilant, en vertu du bitume (pi'elle renferme, et de manière qm\ les moreeaux s<î collent les uns aux autres, la fait rechercher [>ar les serruriers , les maréchaux , i)i'éférablement à tout autre combustible. Il résulte' de cette propi'iété qu'il se forme au devant des soufflets une petite voilte sous laquelle le fer est chaulfé de toutes parts, et peut être placé facilement. On concentre en quelque sorte la chaleur sous cette voûte , en mouillant la surface du combustible, et l'empêchant ainsi de briller. Mais celte qualité, précieuse pour les petites forges de divers ouvriers, devient fort incommode , parce que les morceaux, en se collant, interceptent le courant d'air, dans les fourneaux dont on se sert pour une multitude d'oi)érations , comme dans les fourneaux à réverbère, et même assez souvent dans les fourneaux de fusion et de raffinage : aussi préfère-l-on fréquemment les houilles moins bitumineuses, qu'on trouve souvent dans les mômes lieux que la première.
Pour remédier h ces inconvénients , on carbonise la houille, ce que mal à propos on nomme quelquefois la désoufrer, par une opération semblable à celle par laquelle on réduit le bois en charbon, et qui la débarrasse de tout son bitume. On obtient alors pour résultat une matière purement charbonneuse, solide, celluleuse , d'une teinte grise, avec éclat métallique, qu'on désigne en général sous le nom de coak oxi co/(;e,era]irunté aux Anglais. Cette carbonisation delà houille se fait à l'air libre, ou dans les fours, dans les fourneaux fermés. Dans la première méthode, on profite souvent de la chaleur qui se dégage pendant l'ruération, pour griller des minerais qu'on mélange avec la houille.
Lorsqu'on emploie les fourneaux fermés, on peut recueillir une espèce de goudron qui sert avec avantage pour la marine, et dont on peut, par une nouvelle distillation douce, retirer du bitume et de l'huile empyreumatique. Dans quelques cas , on fabrique du noir de fumée en même temps que l'on carbonise la houille ; c'est ce qui se pratique aux environs de Sarrebruck, mais le coke qu'on en retire est un peu plus brûlé que dans les autres manières d'opérer.
Entin c'est par une carbonisaiion dans des appareils clos que l'on obtient le gaz hydrogène carboné, dont on a imaginé de sesërvir pour l'éclairage. L'idée première de cette application est duc à Lebon, ingénieur français; elle est aujourd'hui exéculée en grand dans plusieurs pays, et notamment en Angleterre, où plusieurs villes, un grand nombre d'ateliers, sont éclairés de cette manière. DicnoNN. DE Chimie.
Elle est aussi exéculée h Paris, dans divers étalilisstnnenls; mais le bas prix des huiles, joint à la cherté de la houille, a em|)êché de donnera ce |)roi',édé l'extiMision rpi'il a prise en Angleterre. On conçoit que les houilles les plus prO|)res à ce genre de préparation sont celles qui renferment le |)lus d'hydrogènc; ainsi le cannel-coal d'Angletcîrr'e est, de toutes les variétés d(^ houilles (>xaminées, celle qu'il conviendrait le mieux d'employer, si l'on pouvait se la procurer en quantité sufhsanle.
Le coke obtenu par les divers procédés que nous avons indiqués brûle plus facilement que l'anthracite, auquel il ressemble beaucoup; mais, il a besoin, pour s'allumer, d'un courant d'air très-fort. Il donne une très-grande chaleur, beaucoup plus que le charbon, et est employé à un grand nombre d'opérations, et surtout pour celles auxquelles le bitume, que la houille brute renferme, peut nuire d'une manière quelconque. Il est aussi employé avec avantage [)Our les appartements, soit seul, auquel cas il produit un feu agréable et d'une chaleur très-intense; soit concurremment avec le bois, qu'il soutient pendant la combustion.
On emploie aussi la houille dans les appartements d'une autre manière. On se sert pour cela des parties menues, dupoussierde houille, C}ue l'on pétrit avec de la terre, pour en former des briquettes des bûches économiques, qui sont d'un très-bon usage et aujourd'hui fort employées à Paris. On fait ordinairement pour cela un mélange de différentes espèces de houille, pour avoir un corps qui ne brûle ni trop lentement, ni avec trop de vivacité. On emploie dans ces mélanges les houilles grasses d'Anzin ou de Saint-Etienne, et la houille des mines de Fraisnes, qui est un véritable anthracite.
L'emploi du charbon de terre comme combustible, et dans les travaux métallurgiques, remonte à une assez haute antiquité, puisque Théophraste d'Eressos,qui vivait 315ans avant Jésus-Christ, nous apprend que de son temps les fondeurs et les forgerons de la Grèce faisaient une grande consommation des charbons fossiles qui venaient de la Ligurie et de l'Elide. Suivant Wallis, auteur d'une Histoire du Northumberlaiid, les mines d(' houille du nord de l'Angleterre furent exploitées par les Romains, alors qu'ils étaient en possession de cette rie. C'est sous Henri UI, en 1272, que les mines de Newcastle commencèrent à être exploitées d'une manière régulière. En 1306, Fidouaid IV défendait l'usage de la houille dans la ville de Londres, à cause de l'inconvénient de la fumée. Les mines du pays de Liège furent ouvertes dès le \i° siècle. A Saint-Etiemie, l'on possède des documents inédits qui établissent que la houille y était employée dès le xiii" siècle; mais, pendant longtemps, l'extraction fut faite d'une manière irrégulière et pour les seuls besoiiis de la population ; le (h'faut do voies de coumuniication ne p(M'mettait pas d'exporter ce précieux combustible.
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