HU
HOUILLE sèche, maigre ou limonôuse.
Voy. Stipite.
HUILES. — Chevreul a admis que toutes les Iiuil.es se composaient de deux huiles , dont l'uno est moins ifusible et ressemble à du suif, raison pour laquelle ce chimiste lui a donné le nom de stéarine (de otsk/s, suif); tandis que l'autre, plus fusible, est liquide à la température ordinaire c^e ratmosphère; il appela cette dernière élaïne. ((}e eXatov, huile), nom qui fut plus tard changé on oléine. Certes il est très-important de distinguer les huiles inégalement fusibles qui eom])Osent une huile; mais rien ne prouve que cette dernière ne contienne pas iilus de deux huiles. Pour séparer au moins l'huile la moins fusible d'une de celles qui l'est le plus, on a inventé plusieurs méthodes. On ex|iose l'huile à un H"oid artificiel, en sorte qu'une partie se solidifie et se sépare; ou recueille cette partie sur du papier Joseph, et on l'exprime entre des doubles de papier successivement remplacés par d'autres jusqu'à ce que le papier ne devienne plus gras; la partie qui reste est de la stéarine. L'élaïne peut être extraite du papier en faisant bouillir celui-ci avec de l'eau; l'huile vient alors nager à la surface, tandis que le papier imbibé d'eau tombe au fond. D'après un autre procédé, on dissout l'huile dans l'alcool bouillant, et on laisse refroidir la dissolution; la stéarine se précipite alors, tandis que l'élaïne reste avec un peu de stéarine dans la liqueur alcoolique. Evaporée avec précaution, cette liqueur donne une nouvelle quantité de stéarine, et si l'on y verse un peu d'eau et qu'on chasse l'alcoolpar la chaleur, l'élaïne se sépare aussi; néanmoins chacun de ces corps retient en mélange une petite quantité de l'autre. On obtient aussi de l'élaïne en faisant digérer une huile avec une quantité de soude caustique égale à la moitié de celle qu'elle exige pour sa saponification; la stéarine est la première transformée en savon, puis une portion de l'élaïne subit le môme changement ; le résidu est de l'élaïne pure. Mais ce mode de séparation ne réussit qu'avec des huiles fraîches et récemment exprimées. Les propriétés de ces deux princi- Êes des huiles grasses varient suivant les uiles d'où on les a extraites, et la différence entre les huiles ne consiste pas, comme on pourrait le croire, en ce qu'elles contiennent des proportions différentes de stéarine et d'élaine; en outre, ces deux substances isolées, extraites de différentes huiles, ne se liquéfient ni ne se solidifient pas aux mêmes degrés, et la substance, qui est de l'élaïne dans une huile solide à la température ordinaire, pourrait être de la stéarine dans une huile plus fusible.
En vases clos, les huiles se conservent très-longtemps sans subir de changement; mais au contact de l'air elles s'altèrent pou à peu. Certaines huiles s'épaississent et finissent par se dessécher en une substance transparente, jaunâtre et flexible, qui foi'iue d'abord à la surface de l'huile unr peau qui ralentit l'action de l'air sur l'huile restuiile.
Les huiles qui se dessèchent ainsi prennent le nom fi'huiles siccatives, et servent, en raison de' cette pi'Opriété, dans la préparation des vernis et des couleurs à l'huile. D'autres huiles ne se dessèchent pas, mais s'éjiaississenl, Reviennent moins combustibles et jirennent une odeur désagréable; on dit alors qu'elles sont devenues rances; dans cet état, elles réagissent comme des acides, et ])rennent à la gorge quand on les avale. Cela tient à ce qu'il se forme dans l'huile un acide ])articulier, que l'on peut enlever en majeure partie en faisant bouillir l'huile avec un peu d'hydrate magnésique et de l'eau, pendant un quart d'heure, ou jusqu'à ce que l'huile ait perdu la propriété de rougir le papier de tournesol. L acide provenant des huiles végétales devenues rances a été peu étudié. Ordinairement on attribue sa formation à des substances étrangères dissoutes dans l'huile.
Pendant que les huiles éprouvent ces changements, elles absorbent peu à peu plusieurs fois leur volume d'oxygène. De Saussure a reconnu qu'une couche d'huile de noix de trois lignes d'épaisseur, placée sur du mercure à l'ombre , dans du gaz oxygène pur, n'en avait absorbé qu'un volume égal au plus à trois fois celui de l'huile , pendant nuit mois; mais, dans les dix jours suivants, elle en avait absorbé 60 fois son volume. Cette absorption a diminué successivement et s'est arrêtée au bout de trois mois , époque à laquoUe l'huile avait absorbé 145 lois son volume de gaz oxygène. L'absorption la plus rapide commença à s'opérer au mois d'août; d'où l'on peut conclure que l'élévation de température de l'air y a contribué. L'huile n'avait point produit d'eau, mais elle avait dégagé 2i,9 volumes de gaz acide carbonique , et elle s'était transformée , d'une manière anormale , en une masse gélatineuse c[ui ne tachait pas le papier. L'huile de noix est du nombre des huiles siccatives. On doit attribuer à la même cause l'élévation de température produite, lorsque de la laine graissée avec de l'huile d'olive ou de navet reste en tas ; circonstance dans laquelle la laine s'est enflammée plus dune fois, ei a, de cette manière, causé la ruine de plusieurs manufactures de drap. Il est probable que l'élévation de température provient de l'absorption rapidi de l'oxygène. '
Les huiles grasses sont complètement insolubles dans l'eau. Lorsqu'on les agite avec ce liquide, le mélange devient trouble; mais pour peu qu'on le laisse l'eposer, l'Iniile se rassemble -de nouveau à la surface de l'eau. On a souvent recours à ce moyen |)0ur jiurifier l'huile, car l'eau s'empare de certaines matières végétales dissoutes ou suspendues dans l'huile. A cet effet , on bat l'huile dans des tonnes ou dans des barattes avec de nouvelles quantités d'eau, jusqu'à ce cjue celleci ne lui enlève plus rien. Après avoir subi ce traitement, l'huile renferme de l'eau, dont on la débarrasse en chauffant doucement le mélange au contact de l'air. Les huiles sont peu solubles dans l'alcool, et beaucouu plus